Pas de réponse. J'ai attendu quelques minutes, puis j'ai vérifié. Mon dernier message à Constance datait d'il y a deux semaines. Deux semaines. J'ai fait défiler nos conversations. Mes messages étaient de plus en plus espacés, de plus en plus courts. Ses réponses, au début, étaient longues, pleines de détails sur l'organisation du mariage, sur ses projets. Puis, elles s'étaient raréfiées. Puis, elles avaient cessé.
Un frisson m'a parcouru. J'ai réalisé qu'elle n'avait pas riposté à mon ignorance. Elle n'avait pas protesté. Elle était devenue silencieuse, comme si elle s'était éteinte petit à petit.
Comment ai-je pu ne pas le voir ?
J'ai essayé de l'appeler. La boîte vocale. Encore et encore. Constance ne laissait jamais son téléphone éteint. Jamais. Une angoisse sourde a commencé à monter en moi.
Je me suis précipité vers l'hôtel où nous devions nous marier. La salle des fêtes était vide. Pas de fleurs, pas de chaises. Pas de musique. L'organisatrice de mariage m'a regardé, l'air désolé.
- Monsieur Pons ? Le mariage a été annulé il y a deux semaines. Par Madame Sauvage.
Annulé. Deux semaines. Le monde s'est effondré autour de moi.
Mes parents m'ont appelé, puis les siens. Tous les invités. Tous me posaient la même question : "Que s'est-il passé, Gauvain ? Où est Constance ?" Je n'avais aucune réponse. Je n'avais que le vide.
- Je... je ne sais pas, ai-je balbutié à ma mère. Elle est partie.
Ma mère était furieuse.
- Partie ? Comment ça, partie ? Le jour de ton mariage ? C'est inacceptable ! Après tout ce que tu as fait pour elle, après toutes ces années !
Ses mots ont résonné en moi : "Après tout ce que tu as fait pour elle." J'avais toujours pensé que je lui avais donné le meilleur. Le plus bel appartement, les plus beaux voyages, les plus beaux bijoux. Je n'avais jamais rien refusé à Constance.
Mais les mots de ma mère m'ont frappé. Elle avait toujours été la plus lucide.
- Dis-moi la vérité, Gauvain, a-t-elle exigé, son ton menaçant. Qu'est-ce que tu lui as fait ?
Mon silence était une réponse. Elle a gémi de frustration.
- Je vais appeler Clara, a-t-elle finalement dit. Elle, elle saura.
J'ai couru vers notre appartement. Il était vide. Presque vide. Tous les meubles avaient disparu. Ses livres, ses tableaux, ses souvenirs. Ses affaires personnelles. Même ses plants, qu'elle aimait tant. Il ne restait que mes affaires, la marque de mon passage éphémère.
J'ai vu la lettre. Sur la table basse. À côté de la bague de fiançailles. Mon cœur s'est serré. Elle était partie. Définitivement.
Je me suis souvenu de son calme, de son silence, de ses réponses courtes. C'était ça. Elle était déjà partie, bien avant ce matin-là. Elle s'était éteinte, sans un bruit, sans un cri.
Une rage sourde a commencé à monter en moi. Elle m'a fait ça ? Elle m'a abandonné le jour de notre mariage ? Après tout ce que j'ai fait pour elle ? C'était une vengeance. Une punition pour mon aveuglement.
Je me suis effondré sur le canapé vide, le visage entre mes mains. La pièce résonnait de son absence. J'avais tout perdu. La femme que j'aimais, la femme qui avait été à mes côtés pendant dix ans. J'avais tout détruit.
Elle reviendra, ai-je pensé, une lueur d'espoir insensée. Elle ne peut pas me laisser comme ça. Elle m'aime. Elle reviendra.
J'ai secoué la tête, essayant de chasser cette idée folle. Elle était partie. Et elle ne reviendrait pas.
L'humiliation, l'angoisse, la douleur m'ont submergé. J'ai crié son nom, ma voix brisée, écho lugubre dans cet appartement vide.