Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
L'Île, mon Nouveau Destin Amoureux
img img L'Île, mon Nouveau Destin Amoureux img Chapitre 8
8 Chapitres
Chapitre 10 img
Chapitre 11 img
Chapitre 12 img
Chapitre 13 img
Chapitre 14 img
Chapitre 15 img
Chapitre 16 img
Chapitre 17 img
Chapitre 18 img
Chapitre 19 img
Chapitre 20 img
Chapitre 21 img
Chapitre 22 img
Chapitre 23 img
Chapitre 24 img
Chapitre 25 img
img
  /  1
img

Chapitre 8

CONSTANCE POV :

Un rire amer s'est échappé de ma gorge, strident et incontrôlable. Gauvain, les yeux écarquillés, m'a regardée comme si j'étais folle. Mélisse, blottie contre lui, a levé les yeux, un air effrayé, mais aussi satisfait, sur son visage.

- T'excuser ? a-t-il répété, son ton menaçant.

J'ai cessé de rire, le silence retombant, lourd.

- S'excuser de quoi, Gauvain ? D'avoir failli la rattraper ? D'avoir évité qu'elle ne tombe réellement ? Si tu veux la vérité, on n'a qu'à demander les images des caméras de surveillance. Elles sont certainement là, à l'entrée de l'hôpital.

Gauvain a rougi de colère.

- C'est ridicule ! Je connais mon amie ! Elle ne mentirait jamais ! Et toi, tu as déjà prouvé ta jalousie !

Mélisse, à ses côtés, a tendu une main tremblante vers lui.

- Non, Gauvain, ne fais pas ça. Ce n'est pas grave. Laisse tomber. Je ne veux pas que tu te fâches avec Constance à cause de moi.

Sa voix était douce, mielleuse, le parfait rôle de la victime. Elle ne voulait pas des caméras, bien sûr. C'était trop risqué.

- Tu vas t'excuser, Constance ! a répété Gauvain, son ton sans appel.

- Non, ai-je dit, mon regard clair et froid. Je ne m'excuserai pas. Je n'ai rien fait de mal.

Pourquoi devrais-je m'excuser ? Pour avoir respiré le même air qu'elle ? Pour avoir existé ? J'étais fatiguée de me soumettre à ses caprices, à ses exigences. Mon corps ne luttait plus, mais ma dignité, elle, était intacte.

Mélisse a gémi, se tenant le ventre, l'air pâle.

- Oh, Gauvain, je ne me sens vraiment pas bien. Le bébé... J'ai peur.

Immédiatement, Gauvain l'a serrée contre lui, son visage affichant une anxiété sincère.

- On va aux urgences, mon amour. Viens.

Il l'a soulevée, la portant comme une princesse, et s'est précipité à l'intérieur de l'hôpital, sans même me jeter un regard. Je les ai regardés s'éloigner, la scène se rejouant sous mes yeux, encore et encore. Une performance bien rodée. La douleur a refait surface, un pincement lancinant dans ma poitrine. Il était tellement facile de le manipuler. Tellement facile.

Cette relation est basée sur le mensonge, la culpabilité et la manipulation, ai-je pensé, une amère lucidité m'envahissant. Et moi, j'ai été la victime consentante de tout ça.

Quatre jours se sont écoulés. Gauvain n'est pas rentré. Pas un message, pas un appel. J'ai imaginé la scène : il était à ses côtés, à l'hôpital, la main dans la sienne, veillant sur elle et son bébé. Mon cœur était vide.

J'ai passé ces jours à finir de vider l'appartement. Les cartons étaient prêts, les meubles à vendre. Il ne restait que mes documents de voyage, mon sac à dos et mon passeport.

Le soir du quatrième jour, Gauvain est rentré. Son visage était sombre, fatigué, mais son regard était dur. Il m'a vue debout au milieu de l'appartement presque vide.

- Comment oses-tu faire ça ? a-t-il dit, sa voix basse et menaçante. La laisser seule à l'hôpital, après ce que tu lui as fait ? Tu es sans cœur, Constance.

J'ai failli exploser. Sans cœur ? Moi ? Après tout ce que j'ai fait ? Après tout ce que j'ai enduré ?

- Je ne suis pas sans cœur, Gauvain, ai-je répondu, ma voix tremblante de colère contenue. J'ai juste atteint mes limites.

Son regard a balayé l'appartement. Il a vu le calendrier, la date du mariage encerclée, barrée. Il a vu le vide. Un éclair de compréhension a traversé son visage. Son ton s'est adouci.

- Constance, je suis désolé. J'ai été... j'ai été stupide. On s'est emportés. Mais on peut arranger ça. Le mariage... On est censés nous marier dans trois jours.

Il a jeté un regard autour de lui, un air paniqué sur le visage.

- La lune de miel... On ira où tu veux, je te le promets.

Mes lèvres ont esquissé un sourire amer. La lune de miel. Maintenant, il s'en souvient.

J'ai gardé le silence. Il était tellement aveugle, tellement égocentrique. Il ne voyait pas ce que j'étais devenue. Il ne voyait pas le vide qu'il avait creusé en moi.

- Constance ? a-t-il demandé, sa voix suppliante. Dis quelque chose.

J'ai pris une profonde inspiration. Je devais le lui dire. La vérité. Toute la vérité.

- Gauvain, il faut que tu saches...

Mon téléphone a vibré. C'était Mélisse. Gauvain l'a saisi, son visage s'est éclairé.

- Oui, mon amour ? Tu vas bien ?

Il a écouté, son visage se tordant d'inquiétude.

- Je suis en route. J'arrive. Ne t'inquiète pas.

Il a raccroché, son regard tourné vers moi, un air pressé.

- Je dois y aller. Mélisse a besoin de moi. Je serai de retour le jour du mariage, pour nous. Promis.

Puis, il est parti. Il m'a laissée seule, les mots bloqués dans ma gorge. Le jour du mariage. Le jour de ma libération.

Je me suis assise sur le sol froid, au milieu de l'appartement vide.

- Le mariage est annulé, Gauvain, ai-je murmuré au silence. Et je ne reviendrai pas.

La nuit est tombée, longue et silencieuse. Je n'ai pas dormi. Au lever du soleil, mon téléphone a sonné. C'était mon alarme. Le 15 juin. Mon départ.

Je me suis levée, un dernier regard à l'appartement, notre appartement, qu'il ne verrait plus jamais de la même façon. J'ai pris une feuille et un stylo. J'ai écrit quelques mots, simples, directs.

Puis, j'ai posé la lettre sur la table basse, à côté de la bague de fiançailles que j'avais retirée. J'ai attrapé mon sac et mon passeport. Un dernier coup d'œil à ce lieu qui avait été ma prison dorée.

Je suis montée dans le taxi, mes yeux fixant la route devant moi. L'aéroport. La liberté.

Adieu, Gauvain. Adieu, ma vie d'avant. Je ne suis plus Constance Sauvage. Je suis une femme nouvelle.

Précédent
            
Suivant
            
Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022