Chapitre 4 Chapitre 4

#MON_HANDICAP

#Episode_4

Une semaine était passé depuis la scène d'humiliation que j'avais vécu dans les bras de Franck et je ne savais pas si c'était de la haine ou de l'amour que je ressentais pour lui. À chaque fois que je pensais à lui, je me revoyais dans ses bras et puis je le revoyais me dire toutes ces horreurs. Il m'avait jeté comme un déchet et j'étais prête à lui faire payer chacune de ses humiliations, je voulais le voir ramper derrière moi pour me supplier de lui donner une chance. Je n'avais parlé de cette scène à personne même pas à Stella car j'en avais encore extrêmement honte.

On avait commencé les préinscriptions et maman avait finalement décidé que je devais faire la faculté des sciences juridiques et politiques. Pour la première fois depuis que je fréquente, elle ma chargea de constituer tout mon dossier et de le rapporter juste pour la vérification. Cette situation ne m'enchantait pas car je ne comprenais pas pourquoi elle avait constitué les dossiers de Sarah mais à mon tour elle m'envoyait me promener sous la pluie et le soleil toute la journée.

Maman : je veux que tu grandisses Nelly, on ne va pas toujours être là pour toi. Tu dois apprendre à frapper aux bureaux administratifs

Moi : je vais aller suivre les long rangs alors que d'un claquement de doigts tu peux constituer tout mon dossier. J'ai déjà compris que tu préférais Sarah qui n'est même pas ta fille à moi.

Maman : finis ton bavardage tu pars continuer tes courses, tu dois récupérer les documents à légaliser que tu as déposé avant midi.

Cette journée était interminable, je sentais mes pieds chauffer dans mes tennis et j'avais honte d'être mélangé à tous ces gens qui étaient là pour le même but que moi. A la sous-préfecture, il fallait attendre une éternité pour entendre son nom et récupérer ses documents. Ce n'était vraiment pas mon jour car au moment de lire mon nom, j'étais distraite dans mes pensées et j'entendis la fin de mon prénom lorsqu'on l'avait lu pour la troisième fois.

Moi : présente... c'est moi je...

C'est même quel genre d'enfant qu'on veut envoyer à l'université comme ça ? on lit ton nom plus de dix fois tu ne réponds pas ? c'est quel genre d'habillement que tu as comme ça ?

Moi : votre problème c'est lequel ? On vous paye pour lire nos noms et nous remettre nos documents. Mon habillement a quoi à y voir ? J'étais juste un peu distraite

Tout le monde avait le regard figé sur moi et je ne les gérais pas. J'avais mon matelot et ma petite chemise, je me sentais plus belle que jamais. Pendant que je gueulais le monsieur, tous ceux qui étaient près de moi se reculèrent et je ne comprenais pas ce qui pouvait bien se passer. Une main descendit un violant coup sur mon fessier et mon hurlement fit rire tout le monde. Cet homme en tenu de police me faisait avancer vers le commissariat en me donnant un coup aux fesses à chaque fois que je voulais résister. Il m'insultait et cette humiliation faisait grandir mon mépris pour les gens autour de moi. La sous-préfecture était juste à quelques pas du commissariat et quand on arriva, un inspecteur courut vers nous et se mis à réprimander son collègue qui m'avait trimbalé comme une vulgaire criminel.

Tu connais qui est le père de cette jeune fille ? tu veux finir dans la rue ?

Même si c'est la fille du pape elle n'a pas le droit d'insulter un membre de l'administration. Regarde comment elle est habillé on dirait une gamine qui fait un stage pour faire le poteau.

Ils s'éloignèrent de moi pour continuer la conversation et quelques minutes après, l'inspecteur vint me remettre mes documents sans dire un mot. Mon quartier était non loin de là alors je rentrai tout de suite étant plus que furieuse. La nouvelle était déjà à la maison, pendant que Sarah en riait, je trouvais maman dans le salon avec les larmes aux yeux. Elle me tendit son téléphone et je vis qu'on avait déjà tout balancer dans les réseaux sociaux.

Maman : pourquoi tu mets la honte sur moi ? Tu es sorti de cette maison en pantalon et te voici encore en pantalon. Comment on te voit sur Facebook avec le caleçon sur toi en pleine rue ? Tu es même quel genre d'enfant ?

Moi : non maman ce n'est pas...

Maman arracha mon sac en main et retira mon matelot à l'intérieur. Je ne supportais pas qu'on m'empêche de sortir avec ce que je voulais alors je mettais toujours mes petits habits dans mon sac pour fermer les yeux de maman. Une fois à l'extérieur de la maison, je me cachais dans les buissons pour me changer. J'avais adopté cette méthode quand j'étais au lycée et que je voulais fuir les cours.

Maman : pourquoi tu salis le nom de ton père ? Tu sais ce qui va arriver à ce policier ?

Moi : s'il meurt même où est mon problème ? Il ose me frapper en pleine route ? J'espère qu'il va perdre son emploi après ça. Je ne continu pas tes histoires de préinscriptions là j'ai eu ma dose pour aujourd'hui. De toute façon il ne reste plus qu'à aller déposer ça à la scolarité.

Ma façon de parler avait effrayé maman, je voyais dans ses yeux la peur de me parler. J'étais tellement furieuse ce jour que j'allai directement me réfugier dans ma chambre. Papa était en voyage et je n'attendais que lui pour faire virer ce policier de son travail. Mon fessier me faisait vraiment mal et j'avais extrêmement faim. J'avais fait le buz des réseaux en quelques heures et au fond ça me faisais plaisir qu'on ne parle que de moi. Je recevais des centaines de messages par heure et je m'étonnai de me rendre compte que Stella ne m'avait pas contacté mais était en ligne.

Un long sommeil m'emporta et à mon réveil, maman me tendit mon programme pour le compte du premier semestre. On devait commencer les cours dans deux semaines et je ne me sentais pas du tout prêt. J'étais énervé de devoir aller me mélanger avec tous les pauvres de la ville comme au lycée alors que papa pouvait très bien m'inscrire dans un grand institut privée hors de la ville. Stella avait bientôt fait deux jours sans prendre de mes nouvelles alors je décidai d'aller lui rendre visite.

Moi : ma puce c'est comment ? Tu m'évite seulement ? Je t'écris tu vois même et tu ne réponds pas ?

Stella : écoute Nelly, tu es mon ami et je t'aime bien mais je ne peux plus te supporter. Figures-toi que mon gar a rompu avec moi après avoir vu ta vidéo sur le net sous prétexte qu'il ne peut pas continuer avec ce genre de fille.

Moi : s'il a mis un terme à cette relation ça veut dire qu'il cherchait juste un motif pour...

Stella : et c'était toi le motif parfait. En tout cas si tu ne veux pas changer de comportement hein, tu ne me cherche plus. Tu ne peux pas gâcher toutes tes chances et venir gâcher mes miennes également

Moi : Stella c'est à moi que tu parles ooo

Stella : Franck m'a aussi raconté la façon facile avec laquelle vous avez failli coucher ensemble et ça m'a vraiment dégouté. Vraiment je refuse de continuer ce genre d'amitié. Voilà ma mère qui m'interdit les sorties et mon père qui menace de me faire quitter la ville toujours à cause de toi... Bref je ne veux plus avoir les problèmes à cause de toi. Je t'aime beaucoup mais je tiens à mon image aux yeux de ma famille et de la société

Moi : tsuip je ne savais pas que tu étais encore un bébé à maman, ta mère parle quoi jusqu'à tu acceptes aussi ? Et ton père me connaît où ? Pardon excusez ma vie hein.

Stella : pardon ne mal parle pas de mes parents chez nous tu te prends même pour qui ? Tu deviens méchante à la longue

Moi : je m'en fou de toi et de toute ta famille

Je m'en allai de chez elle ce jour avec une grande peine au cœur. Je venais de perdre une amie en or du jour au lendemain à cause de ma méchanceté. Je ne laissais pas transparaitre ma tristesse car je voulais qu'elle pense que ça ne me faisait ni chaud ni froid.

Le soir en aidant maman à saisir quelques textes dans sa machine, on entendit papa rentrer de voyage. Lorsqu'il sortit de sa voiture, il était tellement en colère en parlant avec un interlocuteur inconnu au téléphone.

Papa : je ne cautionne pas ce comportement monsieur le commissaire

Dès que j'entendis le mot commissaire sortir de sa bouche, je savais que ce mal élevé de policier qui avait osé me trimbaler dans la rue allait finir en prison. Maman alla accueillir son mari comme à l'accoutumé avec ses baisers qui redonnaient le sourire à papa même lorsqu'il était en colère. Parfois je me demandais d'où je venais avec mes habitudes mais je me sentais bien de ne pas être aussi moue que ma mère. Maman donnait cette impression de dissuader papa sur quelque chose et je compris qu'elle voulait l'empêcher de punir le policier pour le tort qu'il m'avait causé. Je m'avançais vers eux pour convaincre papa mais plus mon pas allait vers eux, plus maman retenait papa en me faisant des signes que je ne comprenais pas du tout. Une fois devant papa,

Moi : mon papou est enfin rentré je t'attends depuis longtemps hein, tu as...

Papa : fermes ta bouche petite délinquante, tu sautes ma barrière pour aller t'exhiber je ne sais où avec je ne sais qui et comme si cela ne suffisait pas tu te pavane dans les bureaux administratifs habillé comme une prostitué. Ce que ta mère et moi t'enseignons n'a donc pas de valeur ? Tu veux me diminuer aux yeux de tous pourquoi ?

Moi : je suis désolé papa je ne vais plus recommencer, je suis vraiment désolé papa...

Papa : continue dans la même lancé et ton avenir finira dans l'eau, sache qu'un jour je vais mourir, un jour ta maman va mourir et c'est là que tu comprendras. Vas vider ma mal-arrière il y'a les ignames blanches et le plantain mur dedans.

Moi : mais Sarah est dans la cuisine elle peut bien le...

Décidément c'était mon jour de malchance, ma sale bouche avait une longueur démesurée. Du revers de la main, papa m'avait donné une gifle qui m'avait fait m'étendre sur le sol pendant plus de dix minutes avant de commencer à porter les provisions que papa avait ramené. Je me demandais ce que tout le monde me reprochait réellement, je ne faisais réellement de mal à personne pour ma part mais tous était contre moi.

Ce fâcheux moment passa et je me sentais très seule depuis ma dispute avec Stella. Mon orgueil m'empêchais d'aller vers elle et je repensais au fond qu'elle prenait le parti de Franck, ''au bout du compte ce n'est pas une amie pour moi'' me disais-je pour me convaincre que j'étais une bonne personne. À la veille de la rentrée, j'avais tout le nécessaire pour un premier jour parfait. Lorsque tout le monde alla se mettre au lit, j'entendis frapper à la porte de ma chambre. Grande fut ma surprise que mon père qui ne connaissait même pas l'aspect de ma chambre vienne m'y retrouver pour ce traditionnel dialogue qui se tenait généralement en la présence de maman dans leur chambre conjugale.

Papa : tu sais ma chérie, tu es ma seule fille et donc l'une de mes plus grandes fiertés.

Quand j'entendais cette phrase, je priais le bon Dieu pour qu'il augmente la vitesse du temps. ''Et c'est reparti''

Papa : tout ce que j'ai réussi à obtenir dans ma vie c'est pour que ta maman, ton frère et toi ne manquiez jamais de rien. Et même jusque-là regarde ta mère, si je ne suis pas présent même pour toute une année elle pourra subvenir à tous vos besoins. Elle n'a jamais pris ses études à la légère et son travail c'est le fruit de son dur labeur. Quand je te vois te comporter comme une mal élevé j'ai très mal car tu ne mets pas en valeur tout ce que nous t'avons appris.

Moi : papa c'est juste que personne n'apprécie ce que je fais, la faute est toujours rejetée sur moi.

Papa : tu as même d'abord fait quoi de bien pour qu'on apprécie ? Tu penses que sortir de chez toi comme une voleuse mérite des applaudissements ?

En parlant de ça, qui avait dit à mon père que j'étais malgré son interdiction partie à cette fête ? Sarah avait bien trop peur de moi pour faire une telle bêtise et Stella ne pouvait pas me faire ça. Il ne restait plus que cet Idiot de Franck qui hantait mes pensées à longueur de journée et toutes les nuits.

Moi : je vais faire de mon mieux pour changer papa mais je veux avoir un peu plus de liberté, on me garde ici comme un chien en cage.

Papa : concentre-toi sur tes études pour le moment car chaque chose en son temps. Aie la crainte de Dieu ma fille car sa colère n'a pas de mesure.

Je ne comprenais pas pourquoi papa me parlait de cette façon mais ce n'était même pas mon problème. Je ne voyais pas un jour où je pouvais souffrir si je n'étudiais pas. J'avais vraiment hâte d'être à l'école le lendemain et de rencontrer de nouvelles de personnes, car je devais montrer à Stella que je ne suppliais pas une amitié.

Mon premier cours devait commencer à 10h et maman m'avait conseillé de me rendre au campus très tôt si je voulais avoir une bonne place pour mieux suivre le cours. À 8h, j'étais déjà ce grand amphi de près de 600 place qu'on appelait communément ''amphi 600''. La sale était presque vide alors je choisis une place pas très éloigné du podium. Plus l'heure de mon cours se rapprochait, plus la salle se remplissait. Quelques minutes à contempler cette salle et je me retrouvai avec un voisin vraiment stylé mais je ne pensais qu'à Franck, je ne voulais que Franck. Je ne l'avais pas revu depuis ma petite séance d'humiliation.

Bonjour voisine

Moi : merci bonjour

C'est comment ? tu es vraiment très belle

''Cette qualité sort encore d'où ? On se connaît ?'' Pensais-je avant de répondre :

Moi : merci

Il me racontait des histoires sans sens comme quoi s'il avait bien étudié il devait être au moins au doctorat. J'avais grave envie de changer ma place pour échapper à ce bavardage. J'étais engagé à ne manquer de respect à personne pour ce premier jour mais là je sentais la pression montée. Le bon Dieu fit entrer le professeur et mon voisin arrêta son discours.

Le prof avait l'aire plutôt gentil et nous faisait comprendre qu'il n'était pas seul.

Bientôt mon jeune doctorant viendras m'assister... tiens il est là !

Je ne sais pas si c'était un coup du destin ou le bon Dieu qui voulaient me donner une chance de prendre ma revanche mais c'était Franck. Il était là encore plus beau et plus élégant que le soir de notre rencontre. Je sentais mon dessous se mouiller par ce liquide qui s'écoulait lorsque je m'excitais. Il quitta le podium pour aller s'asseoir au fond la salle pour suivre le cours comme nous. Je ne manquais pas de me ridiculisé en me retournant chaque fois pour le regarder. À un moment, je reçu un message dans mon portable,

Franck : essaie de suivre le cours madame, me regarder ne va rien t'apporter.

Au moins cette fois il m'avait remarqué.

À suivre...

            
            

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