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Azoum est toujours étendu sur ce lit. Elle ne s'est pas réveillé. La veille Edza ne détecte plus aucun problème chez elle. Adam ne comprend pas pourquoi elle ne se réveille pas.
Adam : mais pourquoi elle est toujours dans cet état ? Il faut bien qu'elle se réveille pour manger.
Edza : elle a peur de se réveiller. Les horreurs du monde la hantent. Ses yeux refusent de voir la souffrance à nouveau, son corps refuse de la subir.
Adam : je vois tellement de souffrance en elle
Edza : ne la regarde pas avec les yeux d'un homme comme tu le fais. On nous a assigné de l'envoyer chez les amazones dès qu'elle sera sur pied. On nous a ordonné de nous assurer qu'elle apprenne à se battre comme une geurriere. C'est ce que nous allons faire. Ne la regarde plus avec les yeux d'un homme.
Adam : pourquoi nous avons reçu ces ordres ? Qui est-elle ?
Edza : il vaut mieux pour toi que tu ne le sache jamais. Une fois qu'elle sera réveillée, tu l'amènera chez les amazones. Tu devras y aller à pieds. C'est à deux jours d'ici. Si tu déploie encore tes ailes, les chasseurs risquent te tuer.
Adam : si elle pouvait respirer sous l'eau, on y serait en moins d'une journée. Mais bon, on va faire comme tu le dis. Vivement qu'on en finisse pour que je puisse retourner au royaume. La terre n'est pas un lieu pour moi.
Edza sort de la case. Comme à la veille, elle doit aller chercher des plantes pour ses potions. Adam a toujours le regard posé sur Azoum.
Adam : je vais te verser un seau d'eau si tu ne te réveille pas.
Aucune réaction. Il porte un petit bol d'eau près de lui. Il avance la main vers le visage d'Azoum. Soudain, elle prend le bol et le frappe sur la tête d'Adam avant de sauter du lit. Elle lance la main et ramasse une lance qu'elle tend vers Adam. Elle est prête à lui transpercer le cœur.
Azoum : si vous avancez d'un seul pas, je vais envoyer ça dans vos tripes.
Adam ouvre grandement les yeux.
Adam : j'ai failli me faire braiser dans le feu rien que pour te sauver. Tu veux me tuer ?
Azoum ne reconnaît pas son visage. Elle sait que c'est un animal volant qui l'a sorti des flamme.
Azoum : menteur, tu n'es qu'un menteur. Je vais te tuer...
Il tend la main. L'arme entre les mains d'Azoum fond en eau et se retrouve sur la main d'Adam.
Adam : il ne faut pas jouer avec ça, ma petite. Retourne au lit, c'est mieux pour toi. Ton corps n'a pas encore pris toutes les forces nécessaires. On a pourtant un long voyage à faire. Azoum tremble. Elle ne comprend pas ce qui vient de se passer.
Azoum : qui êtes-vous? Comment vous avez fait ça ? Vous êtes un sorcier, vous allez me tuer, c'est ça ?
Adam : couche toi et attend, Edza va venir t'expliquer. Je ne te connais pas et je ne veux même pas te connaître. Je vais finir ma mission et m'en aller.
Azoum : c'est quoi cette mission ? Où sont mes sœurs ? Mes sœurs, il va les tuer. Il va tuer mes sœur.
Ses souvenirs lui reviennent un à un. Elle s'agite dans tous les sens. Le traumatisme a eu raison de son être. Adam avance jusqu'à elle. Il essaie de la calmer mais elle devient d'un coup très féroce. Elle l'accueil avec une gifle très violente. Malgré cela il réussi à lui tenir les mains et à la tirer dans ses bras. Il lit la souffrance en elle.
Adam : par tout les saints, qu'est-il donc arrivé à une si jeune enfant pour qu'elle ait autant de tourments ?
De leur côté, Ada et Ama sont assises côte à côte. Le chariot avance en direction de ce marché où la maltraitance est à la fois son apogée. Ada et Ama sont assises dans cette petite case, face à une dizaine d'autres enfants. Elles sont blotties l'une contre l'autre, la peur au ventre. Les hommes qui les ont pris de force marchent en chantant tandis que le chariot est tiré par deux jeunes garçons maigres. Il semble n'avoir rien mangé depuis des jours. Le soleil brûlant les a rendu plus noire que la nuit. Ada se demande dans quel genre de travail on pourra bien les mettre.
Une fois au grand marché, on les fait sortir du chariot. Ce petit groupe d'enfant est conduit jusqu'à la place où ces hommes faisaient leur commerce d'enfants. Là-bas, il y a des personnes assez riches, qui attendent ce genre d'occasion pour se faire plus de domestiques.
Ada et sa petite sœur restent inséparables. On ne voit pas l'une sans voir l'autre. Un homme vêtu d'or arrive. Il pose l'œil sur Ada. Il lui souri. Elle baisse le regard, elle a peur. Il avance jusqu'à ces enfants, il les regarde un à un et s'arrête sur Ada.
-celle-ci me plaît bien, j'espère qu'elle sait faire tout ce qu'une femme peut faire.
Ada : si vous me prenez, vous prenez aussi ma sœur
-qui ? Cette petite ? Sait-elle danser nu sur un lit ? Je ne veux pas de morveuse pleurnicharde chez moi. C'est toi que je prends et toi seule.
Ada serre sa sœur. Elles n'ont déjà plus de force, que va-t-il se passer si elles sont séparées ? Elle sent cette montée de larme revenir. Elle grelotte de tout son corps. Elle sait très bien le type d'esclave qu'elle sera pour cet homme.
Elle ferme les yeux, elle prie. Elle demande à sa mère de lui venir en aide, elle le lui demande de tout son cœur.
Ada : mama, si tu m'entends, vient nous sortir d'ici. Viens nous sauver des griffes de ces gens. Il va me violer, je ne veux pas être violée. Il veut me séparer d'Ama. Je ne veux pas être loin de ma sœur. Viens nous sauver mama.
Aucun signal, aucune réponse. L'homme continue de sourire à la jeune enfant. Il a une dentition aussi repoussante que celle de Mbarga. Ada sait que cet homme est un bourreau. Elle doit trouver le moyen de fuir de là avec sa sœur. La surveillance est pourtant au top de la forme. Il n'y a pas moyen de bouger sans être vu.
Les autres enfants n'ont même pas l'idée de fuir. Ils semblent même être heureux d'être là. Ada s'adresse à l'un d'eux,
Ada : tu veux qu'on t'achète ?
-c'est beaucoup mieux que de continuer de travailler dans les mines. Ici, des personnes riches nous prennent soit pour être leur petite femme de nuit, soit pour faire du nettoyage. Tu as de la chance, cet homme veut passer du bon temps avec toi. Tu n'auras à rien faire si tu le satisfait bien au lit. Il pourra même t'ouvrir les portes vers la prostitution de luxe. On y gagne beaucoup d'argent.
Les yeux d'Ada sortent de l'orbite. Elle regarde cette jeune fille qui semblait n'avoir que dix-huit ans au plus.
Ada : tu aimerais faire ce genre de chose ?
-ça fait un ans que j'ai été prise comme esclave. Pour ne pas être battue, il faut se plier aux règles. Si tu boudes, ce sont les miettes de ton corps qu'on va retrouver. Pire, si tu essaie de fuire, on te tue de la plus moche des manières. J'ai vu tellement de personnes mourir.
Ama se met à hurler d'un coup. Tout ce qu'elle vient d'entendre lui entre dans le ventre et forme des boules de peur. Elle pleure en criant de vive voix. Ada ne sait pas comment la calmer. Elle tire sa sœur vers elle et colle sa bouche sur sa poitrine pour étouffer ses pleures.
Ada : si tu continues, ils vont nous tuer. Arête, arrête s'il te plaît.
Ama : ils vont nous tuer de la plus moche des manières, elle l'a dit. Ils vont nous battre, nous insulter. Je veux ma mama, je ne veux pas être esclave. Je veux rentrer chez Mbarga même s'il est méchant. Je préfère qu'il nous fouette tous les jours.
Ada : ne prononce plus son nom, si quelqu'un entend, on va nous tuer tout de suite. Ressaisie toi vite. Si tu continues à pleurer comme ça, je vais te laisser à ces gens et partir, c'est ce que tu veux ?
Elle entre dans les bras de sœur et cesse de pleurer. Elle sniffe, elle tremble. Leur voisine n'a pas pu s'empêcher d'entendre leur conversation.
Comme ça vous êtes les filles de Mbarga d'Azoul.
Ada : je t'en supplie, ne le dit à personne. Si on le sait, on va nous mettre à mort immédiatement. Notre père nous a chassé. Notre mama et notre sœur ont disparu. On veut juste les retrouver.
-si tu veux que je ferme ma bouche, fais tout pour que l'homme en vêtement d'or me prenne chez lui. C'est tout ce que je veux. S'il ne me prend pas, je vais hurler le nom de ton père ici.
Ada : comment veux tu que je fasse ? Comment ça se passe pour nous vendre ?
-quand tous les clients arrivent, on commence avec la vente aux enchères.
Ada : il n'y a plus qu'à espérer qu'on paie le prix fort pour toi. N'est-ce pas ?
-je me fiche du prix fort. Si je ne suis pas avec cet homme, tout le monde saura que vous êtes des progéniture du sanguinaire Mbarga. Je ne donne pas très chère de votre peau. Tous ceux qui sont là rêvent de livrer vos tête sur un pique à votre père.
Ada : pourquoi a-t-il fallu qu'on monstre soit notre père ?
Tous les clients sont enfin arrivés. Ils sont assis sur des chaises en bois lissés. Il y a une femme parmi. Tous les enfants ont peur d'elle. Personne ne veut aller avec elle. Les ventes commencent à l'autre bout du fil. Les enfants ont été alignés. Ada et sa petite sœur sont en dernière position avec cette voisine à la longue bouche. Pendant un bon moment, les enfants sont vendus un à un. Il ne reste plus que les trois dernières personnes. Celui qui convoite Ada ne s'est prononcé sur personne depuis le début. Tous les autres clients ont déjà leur marchandise. Ada est horrifiée. Elle se dit à elle même.
Ada : un jour je serai une très grande dame dans la société. Je mettrais à mort toutes ces personnes qui achètent de pauvres innocents pour les maltraiter. Je le jure.
Aucun client ne se prononce sur la fameuse voisine. Elle semble avoir déjà été trop vu. Les deux nouveaux visages au fond semblent intéresser tout le monde. On saute la voisine qui se sent insulté.
La dame luisante de diamant lève la main.
-je donne vingt pièces d'or pour la jeune fille derrière.
Ada : si vous me prenez, madame, vous prenez aussi ma petite sœur. Je n'irai nulle part sans elle.
Son audace crée une minute d'étonnement. Elle serre sa sœur contre elle. Elle est déterminée.
La dame reprend,
-bon d'accord, je donne donc ces vingt pièces pour vous deux.
L'homme vêtu d'or lève la main,
-je donne cinquante pièces d'or pour elle toute seule. Je ne prends pas la petite. C'est elle seule que je veux.
Une seconde passe, puis deux et bientôt trois. Le marchand est prêt à dire ''vendu''.
La dame lève la main,
-cent pièces d'or pour les deux, je paie dès maintenant.
Le monsieur touche sa bourse d'or et la sent moins vide que celle de la dame. Il se met en colère. Il est obligé de prendre la dernière fille au pris de rien. Ada et Ama sont contextes de devoir rester ensemble. Elles sont conduite jusqu'au chariot luxueux de la dame. Elles ont l'impression qu'elles seront traitées comme des reine mais hélas...
La dame arrive. Elle souri aux enfants. On l'appelle dame katrine.
Dame katrine : je vous ait acheté chère sans savoir pourquoi. Vous allez donc vous battre de toutes vos forces pour que je n'aie pas à regretter toute mon or.
Ada : nous savons tout faire madame. Notre mama nous a appris à tout faire.
Dame katrine : vous savez aussi marcher pendant les longues distances, cela dit. Nous partons dès maintenant.
Vêtue de sa robe diamantée, la dame entre dans son chariot qui est tiré par des esclaves. Ada et Ama sont surveillés par un autre. Elles commencent à marcher.
Alors que ces deux jeunes enfants se brûlent la plante des pieds sur le sol épineux, leur père chercher mille et un moyen de retourner l'enfant avalé par l'eau. Il est assis au bord de l'eau, il y envoie par moment sa tête pour voir ce qui se passe à l'intérieur. La punition du chef est le cadet de tous ses soucis. Il devient comme fou.
Mbarga : si tu ne me rend pas cet enfant, je te jure que je vais te faire quelque chose.
Il s'adresse à l'eau en pointant sa lame vers elle. Une jeune fille qui venait puiser de l'eau esquisse un rire moqueur. Dès que Mbarga pose le regard sur elle, elle s'enfuit en criant.
Mbarga se retourne. Il donne le dos à l'eau. Soudain, il sent que ça bouge derrière lui. Il se retourne brusquement. Il écarte grandement les yeux. Il y a une femme, une femme radieuse et lumineuse. Sa peau est aussi sombre que l'obscurité et aussi fraîche que la rosée matinale. Elle lève la tête, elle n'a pas de visage. De l'eau lui sort par tous les pores du corps. On ne voix aucune bouche mais on entend une voix.
-elle m'a dit de te dire, elle arrive. Une fois ses forces revenues, elle va revenir pour te trancher la gorge. Une fois ses larmes séchées, elle viendra te faire pleurer et souffrir comme tu le fait avec sa progéniture.
Mbarga comprend rapidement de quoi il s'agit.
Mbarga : dis lui que je suis là Mbarga d'Azoul, le guerrier sanguinaire. Dis lui que quoi qu'elle soit, je vais lui transpercer le cœur avec la lame qui a tranché son cou. Je suis prêt à l'accueillir. En passant, dis lui que toutes ses filles doivent être sous terre à l'heure qu'il est.
Il soulève sa lance et la pointe vers cette créature sans visage. Il lance avec précision mais ça traverse la chose. Il recul de deux pas, il sent la peur monter. Elle éclaté de rire,
-tu as peur, tu aimes voir. Tu vas voir.
Elle puise un peu d'eau avec ses mains. Elle propulse cette eau en direction de Mbarga. Toute une vague d'eau arrive à lui et le propulse jusqu'à un tronc d'arbre. Il s'y cogne violemment et retombe sur le sol. Il lève la tête, la créature à disparu.
Il sent tous ses os broyés. Il se tord de douleur. Il entend des rires moqueurs dans l'eau. Il sait que le combat ne sera pas fait d'armes dont il dispose. Il veut se lever mais sa jambe est coincé dans une fissure de l'arbre.
Mbarga : aaaaaaa... À l'aide... Ma jambe... À l'aide... Ça fait maaallll...
#À_suivre