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Mbarga, le chef et tous les habitants ont les yeux rivés vers le ciel tandis qu'Azoum a les siens dirigés vers le sol. Elle pleure pour ses petits, elle hurle à cette chose qui la tient mais elle ne l'entend pas.
Azoum : allons chercher mes cadets, je ne peux pas partir sans eux.
C'est peine perdue. Les turbulences de l'air empêchent toute autre sonorité. La chose survole avec elle. Elle peut voir tout ce qui se passe sur la terre. Son corps très faible ne supporte pas autant d'action. Elle perd connaissance. L'animal volant baisse la tête en une fraction de seconde et remarque qu'elle ne bouge plus. Il accélère le rythme. Il faut un atterrissage. Il ne peut pourtant pas se poser n'importe où, sous peine d'être pris par des chasseurs. Il vole aussi rapidement qu'il peut jusqu'à sa destination. Un petit jardin au milieu duquel une case était posée. Un endroit reculé de tout le village, bordé d'un petit lac éblouissant. Il se pose sur sur le jardin après avoir étendu Azoum sur le sol avec délicatesse. À peine il a touché le sol qu'il prend forme humaine. Son nom, Adam. Il crie,
Adam : Edza, Edza, vient m'aider, elle va mourir.
Une veille femme, veille de près d'une centaine d'années sort de la case. Elle regarde de partout. Elle ne voit pas très bien ce qui se passe sous ses yeux. Elle a oublié ses verres de correction à l'intérieur. Le jeune homme porte Azoum jusqu'à elle.
Adam : laisse moi passer. Il faut la sauver.
La veille Edza se recule et laisse passer Adam. Il pose Azoum sur un lit en bambou. Voyant qu'Ezda avait laissé ses lunettes, il les ramasse et les lui donne. Elle voit beaucoup mieux après les avoir mise. Son regard se pose sur la jeune fille.
Edza : sacrilège, cette jeune enfant est en train de mourir. Pourquoi est-elle dans cet état ? Où l'as-tu retrouvé ?
Adam : la où on m'a indiqué de la chercher. Encore un peu elle allait finir dans les flammes. Maintenant, il faut la sauver.
Edza : va me prendre un peu d'eau du lac. C'est tout ceux dont elle a besoin.
Adam prend un petit bol et cour jusqu'au lac. Il puise un peu d'eau et la ramène. La guérisseuse en boit une petite quantité et verse le reste sur la visage d'Azoum. Au bout d'une fraction de seconde, toutes les blessures d'Azoum se mettent à guérir. Sa beauté lui revient, son teint noir se renforce. Ses lèvres pulpeuses s'embellissent, sa poitrine se raffermi. Elle est toujours endormie mais elle a l'air d'aller beaucoup mieux.
Edza : je vais aller chercher des plantes pour mes potions. Tu restes avec elle jusqu'à mon retour. Dès qu'elle ouvre les yeux, tu lui donnes à manger et à boire. Elle doit avoir très faim.
Adam : il n'y a rien à manger ici. Je vais lui donner quoi ?
La veille dame donne un coup de poing sur le ventre d'Adam.
Edza : tu ne peux pas réfléchir avec ta tête ? Je dois tout penser pour toi ? Tu apprends quoi depuis trente ans ?
Il froisse le visage et baisse la tête. Tenant sa canne en main, Edza sort de sa case et s'en va. Adam est ébloui par la beauté de la jeune dame. Il la regarde pendant un bon moment. Il ne veut pas qu'elle se réveille aussitôt.
Adam : qui es-tu, belle luciole ? pourquoi m'a-t-on déplacé pour aller te sauver des flammes ? Que peut bien représenter une humaine pour mon peuple au point où on m'envoie, moi, un futur roi, pour aller te chercher ?
Pendant ce temps, Mbarga, toujours placé sur la cour à regarder le ciel, pense et repense aux paroles de sa fille. Il sait qu'il doit bien s'armer pour l'accueillir au cas où un jour elle revient.
Il a un peu honte devant le peuple et devant le roi. Toutes ses manigances sont tombées à l'eau. Il n'a plus aucune arme sous la main. Cela augmente sa fureur, son degré de méchanceté avec.
Le chef et ses guerriers avancent jusqu'à lui.
Le chef : ton enfant à promis de dessimer tout le village.
Mbala : la chose qui l'a emporté va sûrement la tuer. Elle ne pourra pas revenir.
Le chef : et si elle revient ? Si elle s'allie à cette chose ? Tu as bien entendu tout ce qu'elle a avoué avec sa propre bouche.
Mbarga : si jamais elle revient, je me chargerais moi même d'en finir avec elle et tous ses alliés. Vous avez ma parole, mon roi.
Le chef : c'est mieux pour toi que cette parole soit de bon ton. Si jamais elle n'est pas tenue, je n'hésiterait pas à mettre le feu sur toute ta famille et toi. Mon trône restera à moi pour l'éternité.
Mbarga : longue vie au roi
Le chef s'en va. Mbarga est est placé là, ne sachant quoi dire ni quoi faire. Il se demande si ce n'est pas sa femme qui lui joue de sales tours. Il se souvient de ses denieres paroles, de la disparition soudaine de son corps. Les événements le dépassent.
Il fonce vers la foule, il avance brusquement. Celui qui ne cède pas le passage est violemment bousculer. Une voix audacieuse sort de là.
-ce n'est pas parce que ton enfant est le diable que tu vas pousser tout le monde comme ça. Va verser ta colère sur tes enfants.
Mbarga s'arrête et se retourne. Ses yeux ont cette couleur rouge. Il fait bouger le percing qu'il porte sur son nez. Il présente sa dentition repoussante, envahi par la maladie dentaire qui n'est rien pour lui. Il fait gonfler son torse en soulevant ses bras, il respire tel un buffle.
Mbarga : qui a dit ça ?
La foule ses détache jusqu'à ce qu'il ne reste plus que ce jeune adolescent. Il semble ignorant et très naïf. Il tremble de la tête aux pieds.
Mbarga avance d'un pas rude, le jeune homme recule d'un pas léger. Mbarga sort sa hache de guerre, la foule se met à hurler. Le roi qui n'était pas très loin entend les bruits et rebrousse chemin à temps pour refroidir le volcan en éruption.
Le chef : Mbarga, mon peuple ne doit pas être ton calme douleur. Retourne chez toi et reste y jusqu'à ce que tu ai retenu la leçon. J'enverrai quelqu'un te prévenir si tu peux sortir ou pas.
Mbarga : vous ne pouvez pas me faire ça, mon roi. J'ai des enfants à nourrir.
Le chef : tu n'en a rien à faire de tes enfants. En plus tu as deux hommes, ils iront chercher à manger pour tous. Une femme viendra s'occuper de tes filles. C'est tout ce que la cour peut faire pour toi.
Mbarga : majesté, vous me traitez avec ingratitude, j'ai tout fait pour vous. Je suis votre guerrier le plus fidèle. Je n'ai jamais failli à une seule mission.
Le chef : c'est ton devoir de tout faire pour la couronne. Il n'y a pas d'éloges à te faire pour cela. Tu as juré de me protéger au prix de ta vie et c'est ce que tu fais. Que veux-tu comme récompense mis à part la rémunération que je te paye ? Maintenant, va et ne ressort de chez toi que sous mes ordres.
Mbarga veut s'en aller mais un guerrier lui lance,
-prosterne toi devant ton roi
Il leve la tête vers le roi. Il lui broie le regard avec le sien. Il se frappe fortement la poitrine et baisse la tête.
Mbarga : que votre règne soit éternel, mon roi
Il s'en va, furieux et honteux. Il vient d'être rabaissé devant tous les sages, tous les enfants et même les bébés. Il sent une forte envie de se débarrasser de cette fureur dans son corps. Il lance de longs pas jusqu'à la maison. À son arrivé, les enfants s'étaient fait à manger. Ils mangeaient en pleurant. Ils avaient appris ce qui s'étalent passé avec leur mère. Mbarga les regarde, il regarde beaucoup plus les hommes. Il pointe l'un du doigt.
Mbarga : toi, viens ici
Tout peureux, le plus jeune vient vers lui avec le reste de sa nourriture dans la bouche. Il se tient devant son père, il est tout petit.
Mbarga lui donne une gifle qui le propulse sur le mur. Il hurle de douleur après s'être cogné la tête. Ce père sanguinaire appel son deuxième fils. Il a l'aire bien plus coriace que l'autre. La scène se répète, il sème la terreur dans sa maison. Il regarde les deux petites fille, la petite Ama, dix ans et sa grande sœur Ada, quinze ans.
Mbarga : je vais faire quoi de vous ? Vous ne pouvez pas rester dans ma vie, vous ne me servez à rien. Vous êtes un frein à ma vie, je vous déteste tellement. Je ne veux pas de vous, vous devez sortir.
Ada : mais père, nous sommes tes enfants. Pourquoi nous détester ? Qu'avons nous fait de mal ? Nous t'avons même fait à manger.
Mbarga : vous avez commis l'erreur de naître. Je n'aime pas les femmes.
Ada : père, n'êtes vous pas né d'une femme ?
Mbarga sent une nouvelle vague de colère grimper. Il avance jusqu'à sa fille. Il envoie la main sous son cou et l'arrache du sol. Elle perd le rythme de sa respiration, elle gesticule, elle se sent mourir. La petite Ama ramasse un couteau et donne de minuscules coups sur le pied de son père. Les deux autres la suivent. Il fini par laisser leur sœur qui tombe sur le sol en pleurant, en pleurant sa mère.
Mbarga les tient fermement par les épaules et les traînent jusqu'à l'extérieur. Il n'en a que faire de la punition du roi. Les jeunes filles ne savent pas où est-ce qu'elles sont amenées. Mbarga veut en finir.
Il traverse la moitié du village en les tirant comme des bouts de bois, la plus jeunes à déjà les pieds ensanglantés. Leur hurlement ne pique pas un tant soit peu les passants. Ceux ci se cachent dans les buissons pour ne pas être vus pas Mbarga. Personne ne veut le croiser sur son chemin.
Il amène ses filles jusqu'à la sortie du village. Des gardes qui surveillent quittent leur poste et viennent jusqu'à lui.
-qu'ont donc fait ces jeunes filles pour que tu veuilles les donner à manger aux dangers de l'auteur côté ?
Mbarga : si je vous donnes quelques pièces dorées, allez-vous taire vos sales voix ?
Les gardes s'écartent de son chemin et ouvrent le grand portail. Mbarga reste à l'intérieur et propulse ses filles à l'extérieur. La plus grande se lève brusquement et cour vers la porte. On a déjà refermé. Elle cogne dessus, elle crie, elle a peur.
Ada : père, ne nous abandonne pas ici. On va mourir de faim, on va mourir de soif. Pourquoi tu nous fait ça ? Pourquoi ?
Ama est allongée sur la sol. Elle a très mal aux pieds. Un garde perché sur la barrière lance l'œil et trouve la scène très pathétique. Il ne peut rien faire pour ces enfants qui ont l'âge des siens.
Ada sait qu'elles ne peuvent pas rester à cet endroit. Il faut commencer à marcher dans l'espoir de trouver un abrit pour la nuit.
Ada tend la main à sa petite sœur. Celle-ci la tient et elles commencent à marcher, sans chaussures, sans direction. Elles marchent dans la direction du vent.
Ama : où allons nous ? On ne connaît aucune route par ici. On va mourir ?
Ada : on ne peut pas mourir. Nous allons chercher Azoum. Il paraît qu'elle fait de la magie. Elle va nous aider.
Ama : il paraît aussi qu'elle est une sorcière très méchante. Et si elle nous donne à un sorcier comme elle l'a fait avec mama et son bébé, on va mourir ?
Ada : ne pense pas à la mort petite sœur. Mama dit qu'il 'en faut pas avoir peur de la mort pour qu'elle s'éloigne de nous. As-tu oublié ?
Ama : non, je n'ai pas oublié. Je ne vais plus y penser. Qu'allons nous manger ? Père ne nous a rien donné.
Ada : je ne sais pas encore. Marchons d'abord.
Elles suivent un chemin sans vraiment savoir jusqu'où elles vont aller. La grande Ada a un batton qu'elle utilise pour enlever les pierres sur la route. C'est pénible de marcher dans ces conditions.
Elles arrivent au bord d'un petit fleuve et s'y arrêtent.
Ada : il faut qu'on trouve une gourde pour puiser de l'eau pour la route.
Ama : il y'a aussi des goyaves sur cet arbre.
Les deux fillettes courent vers l'arbre. Elles savent qu'elles doivent avoir assez de vivres pour la route. Ada enlève son pull et emballe autant de goyave que possible. Sa petite sœur fait de même. Utilisant des feuilles d'arbres, elle fabriquent une petite poche d'eau comme mama leur a appris. Elles sont prêtes pour la route.
La petite Ama demande à sa sœur,
Ama : grande sœur, tu sais que notre père est craint de tous. Personne ne l'aime ni dans le village, ni ici dehors. Si les gens demandent nos noms et que nous disons que moi c'est Ama d'Azoul et toi, Ada d'Azoul, on va nous tuer.
Ada : si les gens demandent, on dira qu'on n'a pas de noms de famille. Tu es très intelligente.
Ama : comme Azoum. J'espère qu'on va vite la retrouver. Je ne veux pas passer ma vie à marcher ici comme ça.
Ada : moi j'espère qu'on va retrouver mama. Elle doit être quelque part en train de nous attendre. Notre mama ne peut pas nous abandonner comme ça.
Elle veut pleurer mais elle sait que pour sa sœur, elle doit rester joyeuse. Cette petite de dix ans d'âge sait ce qui se passe mais ne mesure pas la gravité de sa situation. Sa grande sœur, plus mâture, sait que le danger les guette dans cet endroit où les hors la loi font la loi.
Elles marchent assez lentement et se reposent par moment. Le jour devient pâle, elles n'ont encore vu personne sur leur chemin. La nuit tombe, la petite Ama a de plus en plus peur. Elle se sont assises sous un arbre pour y passer la nuit.
La tête posée sur les jambes tendues de sa sœur, Ama pleure. Elle a froid, elle a peur. Jamais elle n'avait vécu une situation semblable. Sa mama était toujours là, près d'elle.
Ama : je veux ma mama, je ne veux pas rester ici. Il fait froid et il y'a des moustiques partout. Il y'a des blessures sur mes pieds, ça fait très mal. Je veux qu'on rentre à la maison.
Ada ne supporte pas ces mots, son cœur saigne autant ou plus que celui de sa sœur. Elle pleure, elle sniffe en s'essuyant les morves. Il lui est difficile de consoler sa petite sœur quand elle même elle est inconsolable.
Elle s'endorment à la belle étoile. Au petit matin, Ada est la première à se réveiller. Ce qu'elle voit la fait hurler. Cet homme est placé devant elle, il tient une lame tranchante dans sa main.
-que font deux petites filles ici ? Comment on vous appelle ?
Ada : je suis Ada et voici ma petite sœur Ama. Nous n'avons pas de nom de famille. J'ai quinze ans et elle en a dix. Nous cherchons notre grande sœur Azoum et notre mama Katana. Ne nous faites pas de mal, s'il vous plaît.
-je ne peux pas faire de mal à ma marchandise. Vous êtes mon bijoux d'aujourd'hui.
Il lève la main et un autre homme le rejoint.
-mets les dans le chariot avec les autres. On va les vendre au marché des esclaves. Elles savent sûrement faire quelque chose avec leurs petites mains.
Ama se réveille. Elle voit cet homme robuste l'arracher des bras de sa grande sœur. Elle hurle de toutes ses forces en se débattant. Ada est coincé dans les bras de l'autre.
Ada : ne nous faites pas ça, on ne veut pas devenir des esclaves.
#À_suivre