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Azoum cour vers l'eau, elle crie, elle hurle.
Azoum : mon bébé, rendez-moi mon bébé.
Elle se retrouve au milieu de cette eau, elle va jusqu'aux profondeurs mais peine perdue. L'enfant n'est pas là. Il a complètement disparu de la surface de la terre. Elle fouille dans cette eau comme on cherche un objet dans un sac. Elle ne comprend rien.
Son père est placé sur la terre ferme avec son allié. Les deux sont plus perdus que la mère de l'enfant.
Mbarga : qu'est ce qui vient de se passer ?
-tu viens de perdre ton trône. Je vais aller voir une autre personne.
Mbarga : laisse moi du temps pour retrouver l'enfant. Il ne doit pas être bien loin. Ce qui l'a pris va sûrement revenir pour prendre un autre enfant. Je vais lui tendre un piège.
-tu vas faire comme si tu ne sais pas ce qui vient de se passer. Ce qui a pris l'enfant ne va pas revenir, une sirène ne vient pas deux fois sur son lieu du crime. Tu sais que l'enfant ne reviendra jamais. Console plutôt ta fille.
Azoum sort de l'eau sur ses genoux. Elle se jete sur le sol. Elle a mal au cœur, elle est perdue. Son cœur est brisé, ce petit enfant lui a brisé le cœur.
Azoum : mama, vient m'aider mama. Ta fille souffre, ton enfant souffre.
Mbarga s'approche de sa fille, il est en colère. Il veut trouver une raison à ce qui vient de se passer. Il l'a pointe du doigt.
Mbarga : cesse donc de jouer à l'innocente, tu as amené l'enfant ici pour le faire disparaître. Tu es réellement une sorcière.
Mbarga sait que la cour royale va lui demander des explications. Il sait que mainte questions vont lui être posées. Il cherche donc à se libérer les épaules en chargeant celles de sa fille qui ne cesse de pleurer.
Mbarga : dis moi la vérité, tu as porté cet enfant pour quel démon ? Si demain à la première heure, cet enfant n'est pas ici, je mettrais moi même le feu sur le bûché qui va te consumer.
Elle se lève brusquement. Elle ne comprend pas le jeu de son père.
Azoum : mais père, c'est toi qui m'a amené jusqu'ici. C'est toi qui connait ce qui vient de se passer. De grâce, rendez moi mon enfant. J'ai besoin de lui.
Mbarga : si tu oses répéter ce que tu viens de dire à la cour demain, je vais me charger de tes cadets comme je me suis charger de ta mère.
Azoum reçoit un coup en plein cœur. Tout son corps tremble, non pas de de froid mais de peur.
Azoum : tu parles de quoi ? Tu as fait quoi à mama ?
Mbarga : c'est mieux que je te dise toute la vérité, tu vas mourir de toutes les façons. Mais laisse moi te prévenir, si jamais tu ouvres la bouche, je vais faire en sorte qu'on te laisse en vie une journée de plus. Je vais t'apporter le corps de chacune de tes sœurs à tour de rôle. Tu sais que je n'ai jamais aimé les filles.
Azoum se recouvre la bouche, ses mains rejoignent la salives et les morves qui coulent depuis un moment.
Azoum : qu'as-tu fait de notre mama ? Où est-elle ?
Mbarga : je ne sais pas où se trouve son corps. Des chasseurs ont sûrement trouvé son corps et sont partis avec.
Azoum : son corps ? Comment ça, son corps ?
Mbarga : elle a voulu faire échouer mes plans alors le mieux pour moi était d'en finir avec elle. Je n'aime pas les gens qui n'aiment pas le progrès.
Azoum : père, dis-moi que cela n'est qu'une blague. Dis moi que tu dis ça juste pour me faire du mal et que c'est faux. Où est ma mama ? Où est-elle ?
Mbarga : quand nous avons découvert ta grossesse, nous avons cherché à savoir d'où elle vienait mais nous n'avons pas vite trouvé.
Azoum : père, tu sais qui m'a mise enceinte ?
Mbarga : plutôt ce qui t'a mis enceinte mais je ne vais rien te dire. Ça me fait plaisir que tu meurs sans le savoir, hahaha, j'aime bien voir des femmes dans l'ignorance.
Cet homme était sûrement le plus cruel de tous les temps. Il se foutait que ce soit son enfant ou un animal. Pour lui, la race féminine était vouée à l'esclavage.
Mbarga : pour ne pas qu'on soit tous renvoyé du village à cause de toi, on a opté pour l'avortement. Sauf qu'on a tout essayé mais cette chose est restée dans ton ventre.
Azoum : tu m'as même donné un poison qui aurait pu me tuer. Tu n'as pas de cœur.
Mbarga : ceux qui ont un cœur ne vive pas bien longtemps. Pour ceux qui vivent longtemps, ils ne font rien de leur vie. C'est comme ça. Je suis fait de pierre et j'en suis fier.
Azoum : un jour tu regrettera tes mots, quand l'enfer s'ouvrira à toi, il n'y aura personne pour te tendre la main.
Mbarga : ta mère a pensé comme toi et je l'ai remis à sa place. Comme je le disais, on a tout fait mais l'enfant est resté dans ton ventre. Puisqu'il n'allait nous servir à rien, j'ai préfèré le mettre sur le marché noir. J'ai fait un pacte avec un sorcier qui m'a promis le trône en échange de l'enfant. Ta mère était d'accord. On pensait te cacher dans la maison jusqu'à l'accouchement. Vendre l'enfant à la naissance et tout redevient normal.
Azoum : mais tu as été le premier à me livrer, à dire que je suis enceinte. Tu as été le premier à me faire passer au test de la vierge, à dire que je suis une sorcière.
Mbarga : je savais que quoi qu'il arrive, l'enfant allait naître. Ça me faisait donc plaisir de te voir souffrir et de voir ta mère en pleurer toutes les nuits. Je lui ai dit que si elle essaie un tant soit peu de t'aider, je devais m'assurer que tu sois brûlé vive sous ses yeux.
Prise de rage, Azoum saute et se jete sur son père. Il lui tient par le cou, la soulève jusqu'à ce que ses pieds ne touchent plus le sol avant de la propulser jusqu'à l'eau. Il la rejoins dans l'eau.
Mbarga : j'ai une folle envie d'en finir avec toi ici et maintenant, j'ai envie de te trancher la gorge comme je l'ai fait avec ta mère un peu plus tôt dans la journée.
Ces mots pénètrent les oreilles d'Azoum comme un coup en plein cœur. Elle se croit dans un rêve cauchemardesque.
Azoum : mama...
Mbarga : il n'y a plus de mama. Mama doit être entrain de parler avec Lucifer en enfer car elle doit y être à l'heure où je te parle. J'en ait fini avec elle et je lui ai fait la promesse de lui envoyer toutes ses filles une à une.
Azoum : non, père, non...
Mbarga : cela n'en tient qu'à toi. Tu vas fermer ta petite bouche et dire que tu as fait de la magie. Tu diras que tu convoitais et trône et que l'enfant était ta garantie pour l'avoir. Tu vas dire que tu as vendu l'enfant comme prévu mais tu as été berné. Aussi, ma chère fille, tu diras que tu es à l'origine de la disparition subite de la katana.
Ces mots sont d'une cruauté sans pareille. Le cœur de la jeune adolescente ne le supporte pas. Son corps ne tient pas le coup, elle se laisse s'affaiblir et s'évanouit sous le regard assassin de son père. Il éclate de rire, il sait qu'il a gagné.
Mbarga : que les dieux ne me donnent plus jamais de fille.
Il tient sa fille par les cheveux. Comme il l'a fait avec sa mère, il la traîne sur le sol jusqu'à la grande cour. Il sait qu'elle ne parlera pas de lui. Il sait qu'il a peut être raté sa chance d'être sur le trône. Son objectif est désormais de retrouver l'enfant pour en finir avec son pacte.
Il prend la route du retour. Sur son chemin, il croise le guerrier avec qui il était sensé aller voir Azoum. Celui-ci est furieux d'avoir été berné comme s'il était un enfant.
-tu m'as donné un faux rendez vous uniquement pour que je ne te suive pas. Pourquoi as-tu fait ça ?
Mbarga : je n'y suis plus allé. Ma femme est allée seule et depuis elle n'est pas rentrée. Je suis allé la regarder mais je n'ai trouvé personne à la cour. Elles doivent être au cachot ensemble.
-j'espère pour toi que tu dis la vérité. Demain à la première heure, nous serons tous à la cour pour vérifier ce que tu dis. Si jamais c'est faux, toi même tu vas sentir la colère du roi sur toi. Bonne nuit Mbarga.
Il s'en va. Mbarga n'en a rien à faire de ce qu'il peut bien penser de lui. En ce moment il ne pense qu'à rentrer manger. De retour à la maison, tous ses enfants sont encore éveillés. La nuit est pourtant à son extase. Ses deux fils sont aussi petits que ses deux filles. Tous attendent le retour des parents. Ils voient le père entrer et fermer la porte. La plus jeune s'écrie,
-ne ferme pas la porte, père. Mama n'est pas encore rentrée. Nous pensions qu'elle était avec toi.
Mbarga : depuis quand tu me parles avec un ton aussi élévé ? Tu te prends pour qui ?
-excuse moi père, je disais juste que mama n'est pas de retour. Nous l'avons cherché mais elle n'est même pas au marigot.
Mbarga : donnez moi à manger et partez dormir. Votre mama ne va pas rentrer.
La plus grande répond,
-nous n'avons pas cuisiné. Mama n'a rien dit en ce qui concerne le repas.
Mbarga se met en colère.
Mbarga : si je comprends bien, vous êtes des filles inutiles alors. Vous ne savez rien faire. Vous faites quoi dans ma maison si vous ne parvenez pas à faire à manger ? Sortez de chez moi.
Personne ne comprend ce qui se passe. Ces enfants qui vivaient sous ce toit sous la protection de leur mère ne comprennent rien. Il prend chacune par le bras et la timbale jusqu'à l'extérieur. Il les pousse sur le sol et verrouille la porte. Il retourne vers ses fils.
Mbarga : nous sommes maintenant entre nous, les hommes. Vois devez prendre exemple sur moi, vous devez faire comme moi si vous voulez réussir dans la vie. La femme ne vous servira jamais à rien. Tant que vous pouvez l'utiliser pour parvenir à vos fins, faites le. Après cela, jetez là.
Ils ne sont pas d'avis mais ne peuvent répondre sous peine d'être châtié. Ils observent leur père, ils ont mal mais il n'y a pas d'autre choix que de supporter ces maux.
Il rejoint la chambre et s'endort. Il dort toujours avec son arme dans la main, une lame bien tranchante. C'est un homme méfiant, rusé et mesquin. Pas une souris ne passe sans attirer son attention, pas un moustique ne perturbe son someil. Tout être le craint.
Il dort sans interruption jusqu'au petit matin. Il est le tout premier à se réveiller. Sans se demander ce que vont manger ses enfants ou même où se trouvent ses filles, il s'en va pour la grande cour. À son arrivé, tout le village est déjà sur place. Tous crient, tous sont étonnés. Il se fraye un chemin dans la foule en jouant au plus étonné. Une fois près des sages, il lance l'œil et voit sa fille assise toute seule.
Mbarga : où sont le bébé et ma femme ?
Le chef : à cause de toi, nous avons laissé cette sorcière tuer nos gardes. Elle a tué tous les gardes pendant la nuit dernière. Fais tout pour qu'elle parle. Elle doit parler.
Mbarga : hier je ne me sentais pas très bien alors ma femme s'est proposée de venir la voir à ma place. Elle n'est pas rentrée de toute la nuit, j'ai pensé qu'elle a préféré dormir ici avec elle. Je suis même venu la chercher mais je ne l'ai pas trouvé. J'ai pensé qu'elles étaient au cachot avec le bébé.
Le chef : il n'y a pas ta katana et il n'y a plus de bébé. Qu'elle parle sinon je ne répondrai plus de rien.
Mbarga : parle, Azoum, dis la vérité. Dis nous ce qui se passe.
Azoum : je l'avoue, je suis une sorcière.
Tout le monde crie à l'horreur. La vieille femme qui l'a nettoyé la veille pose les mains sur la tête.
-m'as tu menti, mon enfant ?
Azoum : j'ai menti à tout le monde. J'ai menti à toute ma famille. Je suis une sorcière et ceux depuis bientôt douze lunes. Cet enfant, je l'ai eu par un grand sortilèges qui allaient me permettre de tuer le roi et de prendre sa place. Je devais le livrer hier soir et le roi devait mourir ce matin. À l'heure qu'il est, je devais déjà être votre reine.
Le chef : voilà donc ce qu'on disait. Voilà ce que nous disions, Mbarga, ta fille est le démon. Je n'admet pas de démon sur mes terres. Qu'on prépare le bûché.
Azoum : hier j'ai donné l'enfant comme prévu mais je me suis faite avoir depuis tout ce temps. Le sorcier qui devait m'aider à fuit. Il ne m'a rien laissé. Pas de trône, pas d'enfant.
Mbarga : et ta mère ? Et tes sœurs ?
Azoum : mes sœurs ?
Mbarga esquisse un sourire que seul sa fille remarque.
Mbarga : tes sœurs n'ont pas passé la nuit à la maison. Seul tes frères ont dormi au chaud. Je ne comprends pas pourquoi.
Azoum comprends très bien la menace. Son père sait s'y prendre. Les yeux de la jeune fille se remplissent de larme. Sa vie n'est que tourment.
Azoum : pour ma mère, pour ma mère... Hier elle est venue s'occuper de moi. Je... Je... J'ai donné ma mère au sorcier aussi.
Les femmes dans la foule posent les mains sur la tête. Des voix sortent de partout.
-ta propre mère ? Tu as vendu ta mère ? Celle qui t'a accouché ?
Azoum : le sorcier à dit que ça allait augmenter mes pouvoirs. Mais il ne s'est rien passé. J'ai tout perdu.
Le roi : c'est Mbarga lui même qui va mettre le feu sur sa fille. Que cela serve de leçon à tous ceux qui vont essayer d'avoir mon trône. Je vais mourir sur ce trône et mon fils aîné prendra ma place.
Le roi et ses guerriers se reculent. On traîne Azoum jusqu'à ce tas de bois. Elle ne ressens plus aucune envie de se battre. Savoir que sa mère n'est plus de ce monde à été son coup fatale. Elle ferme les yeux et laisse ces gens lui verser de la matière inflammable sur tout le corps. Ils posent des bouts de bois sec sur elle, elle ne dit rien. Elle sens qu'elle n'a plus rien à dire. Elle supplie la mort d'être douce avec elle.
Azoum : j'arrive mama, je vais venir te retrouver là où papa t'a amené. Je suis désolée d'avoir pensé que tu m'avais abandonné. Je suis désolée, ma mama.
Son père avance avec un bois au bout enflammé. Il regarde sa fille, il souri.
Mbarga : tes sœurs vont te rejoindre.
Elle écarquille les yeux, il lui a menti. Elle veut bouger, elle crie.
Azoum : tu m'as menti...
Mbarga : tu es aussi stupide que ta mère.
Il lance le bois enflammé. Ce bois se dirige vers la jeune enfant qui hurle de toutes les forces qui lui restent. Les larmes de cette innocente enfant sont pleines sur son visage. Au moment où le bois arrive sur elle, quelque chose l'arrache de là. Un animal volant la porte des flamme comme un aigle capture un poisson dans l'eau.
Le feu brûle fortement mais la belle Azoum n'est pas dans les flammes. Elle survol au dessus de ce peuple meurtrier. Elle lève la tête et ne reconnaît pas cet animal, elle n'en a jamais vu un pareil. Elle baisse la tête et voit le peuple étonné, voit son père en train de préparer une lance au bout pointu pour l'atteindre. Il assaie plusieurs fois mais en vain. Azoum hurle,
Azoum : je reviendrai, je reviendrai pour vous. Je reviendrai pour chacune des personnes qui ont levé la main sur moi, qui m'ont jeté une pierre ou qui m'ont craché dessus. Je reviendrai pour toi. Oui ! Pour toi, Mbarga d'Azoul.
#À_suivre