Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
L'épouse rejetée est milliardaire
img img L'épouse rejetée est milliardaire img Chapitre 1 1
1 Chapitres
Chapitre 9 9 img
Chapitre 10 10 img
Chapitre 11 11 img
Chapitre 12 12 img
Chapitre 13 13 img
Chapitre 14 14 img
Chapitre 15 15 img
Chapitre 16 16 img
Chapitre 17 17 img
Chapitre 18 18 img
Chapitre 19 19 img
Chapitre 20 20 img
Chapitre 21 21 img
Chapitre 22 22 img
Chapitre 23 23 img
Chapitre 24 24 img
Chapitre 25 25 img
Chapitre 26 26 img
Chapitre 27 27 img
Chapitre 28 28 img
Chapitre 29 29 img
Chapitre 30 30 img
Chapitre 31 31 img
Chapitre 32 32 img
Chapitre 33 33 img
Chapitre 34 34 img
Chapitre 35 35 img
Chapitre 36 36 img
Chapitre 37 37 img
Chapitre 38 38 img
Chapitre 39 39 img
Chapitre 40 40 img
Chapitre 41 41 img
Chapitre 42 42 img
Chapitre 43 43 img
Chapitre 44 44 img
Chapitre 45 45 img
Chapitre 46 46 img
Chapitre 47 47 img
Chapitre 48 48 img
Chapitre 49 49 img
Chapitre 50 50 img
Chapitre 51 51 img
Chapitre 52 52 img
Chapitre 53 53 img
Chapitre 54 54 img
Chapitre 55 55 img
Chapitre 56 56 img
Chapitre 57 57 img
Chapitre 58 58 img
Chapitre 59 59 img
Chapitre 60 60 img
Chapitre 61 61 img
Chapitre 62 62 img
Chapitre 63 63 img
Chapitre 64 64 img
Chapitre 65 65 img
Chapitre 66 66 img
Chapitre 67 67 img
Chapitre 68 68 img
Chapitre 69 69 img
Chapitre 70 70 img
Chapitre 71 71 img
Chapitre 72 72 img
Chapitre 73 73 img
Chapitre 74 74 img
Chapitre 75 75 img
Chapitre 76 76 img
Chapitre 77 77 img
Chapitre 78 78 img
Chapitre 79 79 img
Chapitre 80 80 img
Chapitre 81 81 img
Chapitre 82 82 img
Chapitre 83 83 img
Chapitre 84 84 img
Chapitre 85 85 img
Chapitre 86 86 img
Chapitre 87 87 img
Chapitre 88 88 img
Chapitre 89 89 img
Chapitre 90 90 img
Chapitre 91 91 img
Chapitre 92 92 img
Chapitre 93 93 img
Chapitre 94 94 img
Chapitre 95 95 img
Chapitre 96 96 img
Chapitre 97 97 img
Chapitre 98 98 img
Chapitre 99 99 img
Chapitre 100 100 img
img
  /  3
img
img

L'épouse rejetée est milliardaire

Auteur: Anaise
img img

Chapitre 1 1

Le papier entre les mains de Gisèle n'était pas un simple document. C'était l'arrêt de mort de la vie qu'elle avait bâtie avec tant de soin.

Les résultats du test ADN pesaient lourd. Le papier, épais et coûteux, semblait se moquer de ses mains tremblantes. Dehors, la tempête s'acharnait contre les baies vitrées du Manoir de Val-Royal, le tonnerre faisant vibrer le verre au rythme effréné de son cœur.

0 % de correspondance.

Ce test avait été exigé par la famille Sylvestre dès la réapparition de Clairière-Sylvestre. Une confirmation finale et brutale pour trancher les liens que Gisèle avait désespérément tenté de nouer. Le texte rouge au bas de la page devint flou alors que les yeux de Gisèle se remplissaient de larmes qu'elle refusait de verser.

Elle se tenait au centre du bureau aux boiseries d'acajou, se sentant minuscule. Insignifiante.

Les lourdes portes en chêne derrière elle s'ouvrirent. Le claquement sec des talons aiguilles sur le marbre résonna avant même que la femme n'entre.

Bruyère de Val-Royal. Sa belle-mère.

Elle ne marchait pas ; elle défilait. Une phalange d'avocats la suivait comme des charognards attendant une carcasse. Elle jeta un dossier sur le bureau. Il atterrit avec un bruit sourd qui fit tressaillir Gisèle.

- Tu es vraiment un sacré numéro, Gisèle, cracha Bruyère, la voix dégoulinante d'une satisfaction venimeuse. Une fausse héritière. Une fraude. La famille Sylvestre a déjà publié un communiqué. Ils t'ont reniée. Tu n'es rien. Tu n'es personne.

- Je ne savais pas, murmura Gisèle.

Sa gorge semblait remplie de coton.

- Bruyère, je t'en supplie, je ne savais pas.

- Ne t'avise pas de m'appeler ainsi, coupa-t-elle sèchement. Tu as humilié cette famille pour la dernière fois. Tu es un déchet, Gisèle. Un parasite dont nous nous débarrassons enfin.

L'un des avocats s'avança, le visage impassible, professionnel. Il déboucha un stylo plume et le lui tendit. La plume en or scintillait sous la lumière du lustre. Il pointa la ligne pointillée sur les papiers du divorce étalés sur le bureau.

Gisèle ne prit pas le stylo. Ses yeux étaient fixés sur l'embrasure de la porte. Elle attendait. Elle priait.

Joseph.

Il devait venir. Il devait écouter. Trois ans. Ils étaient mariés depuis trois ans. Il y avait eu des moments - petits, silencieux - où elle pensait qu'il la voyait vraiment. Pas la fusion d'entreprises, pas l'accord commercial, mais elle.

L'air dans la pièce changea. Il devint plus froid, plus tranchant.

Joseph de Val-Royal entra.

Il portait un costume noir sur mesure qui épousait parfaitement ses larges épaules. Il semblait immaculé, intouché par le chaos de la tempête dehors ou la destruction de la vie de Gisèle à l'intérieur. Il ne regarda pas sa mère. Il ne regarda pas les avocats.

Ses yeux sombres se posèrent sur Gisèle.

Elle y chercha de la colère. De la tristesse. N'importe quoi. Mais il n'y avait rien. C'était comme regarder dans le vide. Il la regardait avec la même indifférence qu'il affichait devant un graphique boursier fluctuant.

Gisèle fit un pas vers lui, sa main se tendant instinctivement.

- Joseph...

Il l'évita. Fluidement. Sans effort. Comme si elle était contagieuse.

Il contourna le bureau massif et s'assit dans son fauteuil en cuir. Il prit un coupe-cigare, le bruit métallique claquant fort dans le silence. Il alluma le cigare, tira une bouffée et expira un panache de fumée grise qui dériva entre eux comme un mur.

- Signe, dit-il.

Sa voix était basse, grave, et totalement dénuée d'émotion.

La poitrine de Gisèle se serra. Respirer lui faisait physiquement mal.

- C'est tout ? demanda-t-elle, la voix tremblante. Trois ans, Joseph. Cela ne signifie rien pour toi ?

Il tapota la cendre dans un cendrier en cristal. Il ne leva même pas les yeux.

- Ce mariage était une transaction commerciale, Gisèle. Et le produit que j'ai acheté était frauduleux. La famille Sylvestre a menti. Tu n'es pas qui tu prétendais être.

- Je n'ai pas menti ! cria-t-elle. Je suis la même personne qui te faisait ton café chaque matin. Je suis la même personne qui...

- Tu es un passif, l'interrompit Bruyère, un sourire cruel aux lèvres. Et Joseph mérite mieux. Il mérite Clairière-Sylvestre. La vraie fille. Celle qui a un pedigree.

Clairière-Sylvestre. Ce nom lui tordait les entrailles. La femme qui avait rôdé aux marges de leur cercle social, toujours souriante, toujours observatrice.

Gisèle regarda de nouveau Joseph. Il lisait un dossier sur son bureau, ignorant totalement la conversation. Il s'ennuyait. Il en avait fini.

La réalisation la frappa avec la force d'un coup physique. Il ne l'avait jamais aimée. Il ne la détestait même pas. Pour lui, elle n'était qu'un actif dont la valeur avait chuté à zéro. L'espoir qui l'avait soutenue pendant trois ans s'évapora, laissant place à une clarté froide et anesthésiante. Il n'y avait aucune pitié ici. Seulement du calcul.

Gisèle tendit la main et prit le stylo de l'avocat. Le métal était glacé contre sa peau.

Elle se pencha sur le bureau. Sa main tremblait, mais elle se força à la stabiliser. Elle pressa la plume contre le papier. L'encre coula, sombre et permanente.

Gisèle.

Elle signa son nom. Elle signa la perte de sa maison. Elle signa la perte de son cœur.

Joseph regarda le stylo bouger. Pendant une seconde - juste une fraction de seconde - ses sourcils se froncèrent. Une micro-expression d'inconfort. Mais il cligna des yeux, et ce fut fini.

L'avocat arracha les papiers dès qu'elle leva le stylo.

- Sortez ses affaires, ordonna Bruyère au personnel. Maintenant.

Gisèle redressa l'échine. Cela lui demanda chaque once de force qu'il lui restait. Elle regarda Joseph une dernière fois. Le désespoir avait disparu, remplacé par un vide creux là où son amour résidait autrefois.

- J'espère, dit-elle d'une voix calme mais ferme, née d'une ruine absolue, que tu ne regretteras jamais ce que tu as fait aujourd'hui.

Joseph laissa échapper un rire bref et sec. Il fit un geste de la main vers la porte, un geste de renvoi.

- Pars.

Gisèle se retourna. Ses jambes pesaient des tonnes. Elle passa devant les avocats, devant le sourire triomphant de Bruyère. Elle marcha vers les lourdes doubles portes.

Elle pouvait sentir son eau de Cologne - bois de santal et pluie. C'était autrefois l'odeur de sa sécurité. Maintenant, c'était l'odeur de sa perte.

Elle poussa les portes. Le tonnerre rugit, l'accueillant dans les ténèbres.

            
Suivant
            
Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022