Un homme avec une cicatrice vicieuse sur le visage s'est penché sur moi. « Alix Valois, » a-t-il dit, sa voix un grognement sourd. « Ton mari va payer cher pour te récupérer. »
Mes ongles se sont enfoncés dans mes paumes. Tout était un coup monté. Chloé n'était pas une victime. Elle était une conspiratrice.
L'homme a jeté un téléphone à mes pieds. L'écran s'est allumé. C'était ma photo de mariage. Celle de la cave, maintenant une moquerie cruelle d'une vie qui était terminée.
« S'il vous plaît, » a commencé à pleurer Chloé, sa voix un gémissement pathétique. « Laissez-moi partir. Je suis l'amante de Bastien. Il vous donnera n'importe quoi pour moi. »
La pluie a commencé à s'abattre sur le toit en tôle de l'entrepôt, le son comme un tambourinage en colère.
L'homme balafré s'est approché de Chloé, un sourire méchant sur son visage. « Son amante, hein ? On va voir ça. »
Juste au moment où il tendait la main vers elle, les portes de l'entrepôt se sont ouvertes violemment. Une femme se tenait là, flanquée de deux hommes immenses.
C'était Jeanne Zimmerman.
Elle a marché droit vers l'homme balafré et l'a giflé violemment. « Idiot, » a-t-elle sifflé. « Je t'avais dit d'être prudent. »
Chloé s'est précipitée sur ses pieds et a couru vers Jeanne. « Jeanne, Dieu merci tu es là ! Sors-moi de là ! »
Mon sang s'est glacé. « Vous êtes de mèche, » ai-je dit, ma voix tremblante.
Jeanne s'est tournée vers moi, ses yeux remplis d'une haine profonde et glaçante. « Bien sûr. Elle veut ton mari. Moi, je veux juste te voir souffrir. »
J'ai lutté contre les cordes, les fibres rugueuses coupant plus profondément dans ma peau. « Qu'est-ce que vous voulez ? »
« Je ne vais pas te tuer, Alix, » a-t-elle dit avec un sourire cruel. « Pas encore. Je vais te faire regarder Bastien la choisir plutôt que toi. Ce sera bien plus douloureux. »
Elle a arraché un morceau de ruban adhésif et m'a scellé la bouche. Puis elle a sorti son téléphone et nous a filmées, moi attachée et bâillonnée, Chloé s'accrochant à elle, une parfaite demoiselle en détresse.
Puis elle est partie, les lourdes portes se refermant derrière elle.
Quelques minutes plus tard, j'ai entendu le bruit d'un moteur puissant à l'extérieur. L'homme balafré a souri. « Ton mari est là. »
Il s'est agenouillé devant moi, son haleine fétide m'inondant le visage. « Maintenant, voyons qui il choisit. »
Mes yeux se sont fermés. J'ai vu le visage de Bastien, la façon dont il me regardait autrefois. *Je te choisirai toujours, Alix.* Une promesse d'une autre vie. J'ai secoué la tête, essayant de chasser le souvenir. Cet homme avait disparu.
Les portes se sont de nouveau ouvertes violemment. Bastien se tenait là, son costume trempé, son visage un masque de fureur. Ses yeux m'ont trouvée, et je les ai vus s'agrandir de choc à la vue du sang sur ma jambe.
« Laissez-les partir, » a-t-il commandé.
L'homme balafré a ri. Il a sorti un couteau et l'a tenu à la gorge de Chloé. Un autre homme a fait de même avec moi. « Choisis, Moreau. Tu ne peux en sauver qu'une. »
Les yeux de Bastien étaient comme des éclats de glace. « Je les veux toutes les deux. »
« Une seule, » a répété l'homme, pressant la lame contre la peau de Chloé, traçant une fine ligne rouge. Il a fait de même avec moi. L'acier froid contre mon cou était une promesse terrifiante.
La mâchoire de Bastien s'est crispée. J'ai vu l'hésitation dans ses yeux.
Chloé, dans un moment de timing parfait, a réussi à retirer le bâillon de sa bouche. « Bastien ! » a-t-elle crié. « C'était elle ! Elle a tout manigancé ! Elle m'a entraînée là-dedans ! »