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Sa Possession, Son Évasion
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Chapitre 5

Bastien est parti et n'est pas revenu. Il envoyait chaque jour une servante à l'hôpital avec de la nourriture, un geste d'attention aussi creux que ses promesses. J'étais prisonnière dans une chambre privée, ses yeux vigilants toujours sur moi à travers son personnel.

J'ai ignoré la comédie. Je me suis concentrée sur mon plan. J'ai parlé au médecin à voix basse, loin des oreilles des serviteurs de Bastien. J'ai passé un marché. Ma liberté en échange d'informations que j'avais sur un de ses rivaux, un homme que le médecin avait ses propres raisons de détester.

Un soir, Bastien est apparu à l'improviste. Il portait un costume sur mesure, l'air en tout point du puissant chef de syndicat.

« Habille-toi, » a-t-il dit, sa voix étonnamment douce. « Nous allons au gala de charité de la fondation. »

La fondation. Il l'avait créée en mon nom des années plus tôt, une façon de blanchir sa réputation, de présenter un visage civilisé au monde. J'assistais à ces événements avec lui, jouant le rôle de l'épouse dévouée et de sa secrétaire personnelle, une partenaire silencieuse dans son empire.

L'idée d'y aller maintenant, de jouer à nouveau ce rôle, était nauséabonde. Mais je me suis souvenue. C'était ma dernière nuit. Mon évasion était prévue pour demain. Qu'importait une nuit d'humiliation de plus ?

« D'accord, » ai-je dit.

Une voiture m'a emmenée à l'hôtel somptueux où se tenait le gala. Alors qu'on me poussait dans la grande salle de bal, la première chose que j'ai vue fut Chloé, perchée sur les genoux de Bastien, riant alors qu'il lui murmurait quelque chose à l'oreille.

Ils étaient entourés de l'élite de la ville, des hommes et des femmes qui souriaient à Bastien, inconscients du monstre qu'il était. Ils voyaient un homme puissant, un philanthrope. J'ai entendu quelqu'un derrière moi murmurer : « Regardez-les. Il l'adore. »

Les mots étaient un poison amer. C'était moi qui étais censée être à ses côtés. C'était moi qu'il adorait autrefois. Maintenant, j'étais une relique oubliée, poussée dans un coin dans un fauteuil roulant.

On ne peut pas cacher l'amour. Et on ne peut pas le simuler. La façon dont il la regardait, la façon dont sa main reposait sur sa taille... c'était une déclaration publique.

Chloé m'a vue. Elle a glissé de ses genoux et s'est approchée, son sourire un masque de douce innocence. « Alix, merci beaucoup pour le cadeau. »

J'ai froncé les sourcils. « Quel cadeau ? »

Elle a gloussé. « La fondation, idiote. Bastien me la donne. Pour aider à lancer ma carrière artistique. »

Ma tête avait l'impression qu'elle allait exploser. La fondation était mon dernier lien avec l'héritage de mon père, la seule partie de son monde qui était destinée au bien. C'était mon bébé. Bastien et moi l'avions construite ensemble. Il avait dit un jour que c'était comme notre enfant.

Et il la donnait. À elle.

« Certains des anciens loyalistes de ton père se sont opposés, » a poursuivi Chloé, sa voix un murmure triomphant. « Mais avec toi ici ce soir, c'est un signe de ton approbation. Ça les fait tous taire. »

Je ne pouvais plus respirer. Il m'avait amenée ici comme un accessoire. Un outil pour démanteler la dernière pièce de l'honneur de ma famille.

J'ai fait tourner mon fauteuil roulant, les roues grinçant en protestation, et je me suis poussée vers lui.

« Bastien, » ai-je étouffé, ma voix épaisse de larmes non versées. « La fondation... »

Il m'a coupée. « C'est pour le mieux, Alix. Chloé a un vrai talent. C'est une cause louable. »

Chloé s'est penchée et lui a embrassé la joue. « Oh, Bastien, je t'aime. »

Il a souri, un sourire sincère et épris que je n'avais pas vu sur son visage depuis des années. Il l'a embrassée en retour, un long baiser langoureux, juste devant moi, devant le monde entier.

« Ne fais pas de scène, » m'a-t-il prévenue, ses yeux froids et durs.

Les lumières de la salle de bal se sont tamisées. Un projecteur a éclairé la scène. Le maître de cérémonie a annoncé Chloé Favier comme le nouveau visage de la fondation. Elle est montée sur scène, tenant la main de Bastien.

Elle a fait un discours, plein de fausse modestie et de déclarations de bonheur. Puis Bastien s'est avancé. Il a sorti une boîte en velours de sa poche. À l'intérieur se trouvait un collier de diamants, une cascade de feu et de glace.

C'était le collier que j'avais montré dans un magazine des mois plus tôt. Celui dont j'avais rêvé.

Il l'a attaché autour de son cou. « À mon unique amour, » a-t-il dit dans le micro, sa voix résonnant dans la salle silencieuse. « Pour toujours. »

Un rire étranglé s'est échappé de mes lèvres. Tout n'était qu'un spectacle. Un grand spectacle public conçu pour cimenter sa position et m'effacer complètement.

Je n'en pouvais plus. J'ai tourné mon fauteuil roulant et j'ai fui la salle de bal. J'ai trouvé mon chemin vers une terrasse sur le toit déserte, les lumières de la ville un flou à travers mes larmes.

Je me suis appuyée contre la balustrade, essayant de reprendre mon souffle, quand je les ai vus. Dans un coin sombre, Chloé murmurait de manière urgente à quelqu'un. Un homme.

Il a légèrement tourné la tête, et la faible lumière de la rue en dessous a illuminé son profil.

Mon cœur s'est arrêté.

Le frère de Jeanne Zimmerman. Le fils sociopathe de notre rival le plus détesté, un homme que Bastien lui-même avait exilé des années plus tôt après qu'il eut tenté de me tuer.

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