Chapitre 2 02

Elle se leva précipitamment, cherchant une échappatoire, mais ses jambes tremblantes l'empêchaient de s'échapper. Ses yeux se posèrent sur la porte, mais elle savait au fond d'elle qu'aucune fuite ne serait possible. Pas avec lui. Pas avec cet homme qui se tenait là, dans l'ombre de la porte ouverte, comme un prédateur guettant sa proie. Il se fichait de sa peur. Elle n'était qu'une simple composante de ce jeu dont elle n'avait pas conscience des règles.

Il avança lentement, chaque pas résonnant dans l'espace clos. Il n'y avait pas d'urgence dans ses mouvements, aucun signe de hâte. Juste cette détermination implacable. Comme si le temps lui appartenait. Elle se figea, son souffle se bloquant dans sa gorge tandis qu'il s'approchait. Ses yeux, d'un bleu perçant, étaient comme des flammes froides, et pourtant une chaleur intense émanait de lui.

« Tu as peur. » Sa voix, profonde et riche, se faufilait dans l'air, douce mais menaçante. Il s'arrêta juste devant elle, trop près pour qu'elle puisse respirer correctement, mais pas assez pour la toucher encore. « Ce n'est pas un simple accident, Élise. »

Elle déglutit difficilement, essayant de contrôler le tremblement qui secouait son corps. Il la dévisageait, et elle se sentait fragile, vulnérable. Chaque fibre de son être lui hurlait de fuir, mais il n'y avait nulle part où aller.

« Tu crois que tout ceci a été un accident ? » Il fit une pause, comme s'il attendait une réponse qu'elle ne pouvait pas lui donner. « Que tu as été entraînée dans tout ça sans raison ? » Il haussait légèrement un sourcil, son regard devenant plus perçant, plus pénétrant. « Tu m'as choisi autant que je t'ai choisie. »

Elle frissonna à l'idée de ce qu'il venait de dire. Choisie. Elle n'avait jamais eu l'intention de... Elle n'avait même jamais voulu le rencontrer. Tout ça... Ce n'était pas ce qu'elle avait planifié pour sa vie.

Lui, il la regardait comme une énigme, quelque chose à découvrir, quelque chose à comprendre. Un sourire presque imperceptible étira ses lèvres. C'était un sourire qui ne portait aucune tendresse, seulement une promesse sinistre.

« L'enfant que tu portes... » Il laissa les mots flotter dans l'air entre eux. « C'est notre lien. »

Les mots s'infiltrèrent dans son esprit, troublants, dérangeants. Elle secoua la tête, mais un part d'elle savait qu'il disait la vérité. Ce n'était pas un hasard. Ce lien existait, il était là, palpable, invisible mais réel. Et il n'avait rien de normal. Il n'avait rien de ce qu'elle aurait imaginé.

Il s'agenouilla devant elle, doucement, lentement, son visage maintenant à sa hauteur. Le regard qu'il lui lança était si intense qu'il semblait vouloir l'engloutir tout entière.

« Tu as ressenti la douleur, n'est-ce pas ? » Il murmura presque pour lui-même. « La douleur de notre lien. Ce n'est que le début, Élise. »

Elle baissa les yeux, honteuse de la faiblesse qu'il venait de révéler. Elle avait ressenti cette douleur. Ce n'était pas juste physique, non. C'était... quelque chose de plus profond, de plus ancien. Quelque chose qu'elle ne pouvait pas expliquer.

« Pourquoi ? » sa voix se brisa, fragile, presque inaudible. « Pourquoi moi ? »

Il la regarda, son regard devenant plus doux, mais toujours aussi perçant.

« Parce que tu es ma compagne. Parce que tu portes en toi ce qui est à moi. Et ça ne se changera pas. » Il se redressa, ses yeux ne quittant pas les siens. « Tu vas apprendre à accepter ce que tu es maintenant. Ce que tu portes. Ce que cela signifie pour nous. »

Il se détourna lentement, comme s'il laissait le poids de ses paroles se déposer dans l'air autour d'elle. Elle le regardait, mais elle ne savait pas ce qu'elle ressentait. Elle était partagée entre la peur, la colère et... une étrange forme de résignation.

« Nous avons beaucoup à apprendre l'un de l'autre, Élise. » Il s'arrêta un instant, tournant la tête pour la regarder de biais. « Mais pour l'instant, tu dois te reposer. »

Il se dirigea vers la porte, et avant de la franchir, il se tourna une dernière fois vers elle, son regard plus pénétrant que jamais.

« Ne t'éloigne pas trop. » Il sourit légèrement, un sourire qui glissait entre la menace et le contrôle. « Parce que je reviendrai. »

La porte se referma dans un bruit sourd, laissant Élise seule avec ses pensées, avec la présence de cet homme qui occupait désormais une place indélébile dans sa vie. Et avec cette vérité qui s'imposait à elle : elle ne pourrait jamais échapper à ce lien.

Elle resta là, immobile, les yeux fixés sur la porte désormais fermée. Le silence dans la pièce semblait lourd, oppressant, comme si chaque respiration était un effort. Elle se sentait paralysée, incapable de bouger, de penser clairement. Chaque pensée semblait se heurter à l'autre, chaque question restait sans réponse. Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ? Comment en était-elle arrivée là ?

Les secondes s'étiraient interminablement, et pourtant, une partie d'elle savait que tout cela n'était que le début. Elle pouvait sentir quelque chose bouillir en elle, quelque chose qu'elle ne comprenait pas encore, mais qui ne demandait qu'à éclater. Elle posa sa main sur son ventre, tentant de comprendre ce qu'il venait de lui dire. L'enfant que tu portes... C'est notre lien...

Elle n'avait jamais voulu cela. Elle n'avait jamais voulu qu'il y ait un lien entre eux, mais la réalité était là, indéniable, marquée dans son corps. Et même si elle fermait les yeux, même si elle se forçait à ne plus penser à ce qu'il venait de révéler, elle savait que son corps ne l'oublierait pas.

Un bruit léger, presque imperceptible, la fit sursauter. Elle tourna la tête, apercevant une silhouette qui se glissait dans l'ombre de la porte entrebâillée. Ses yeux s'écarquillèrent, reconnaissant immédiatement la silhouette qui apparaissait dans la lumière pâle de la chambre.

L'homme se tenait là, son regard comme un feu glacé. C'était lui. L'autre. Celui qui, elle le savait, avait toujours été dans l'ombre de l'autre. Elle l'avait croisé une fois, une seule, avant tout cela. Un regard qui ne disait rien mais qui pourtant disait tout. Ce regard... celui de l'observateur, de l'ombre mouvante, de celui qui attendait dans le silence.

Il s'approcha lentement, ses pas lourds mais mesurés. Elle le suivait des yeux, son cœur battant plus fort. Pourquoi était-il là ? Pourquoi maintenant ? Que voulait-il ?

Son regard se fixa sur elle, et il esquissa un sourire, mais il n'avait rien de chaleureux. Rien de rassurant. Au contraire, c'était un sourire de défi, un sourire de connaissance intime, comme s'il savait exactement ce qu'elle ressentait, ce qu'elle pensait, ce qu'elle avait vécu.

"Tu es en train de comprendre, n'est-ce pas ?" Il s'arrêta à quelques mètres d'elle, son regard toujours aussi intense. "Tu penses pouvoir fuir. Mais tu ne peux pas. Pas avec lui, pas avec moi. Pas avec ce qui grandit en toi."

Elle déglutit, sa gorge sèche, une vague de panique montant en elle. "Qui êtes-vous ?" Sa voix était faible, presque étranglée. "Pourquoi êtes-vous là ?"

L'homme se pencha légèrement, son visage se rapprochant du sien. Ses yeux brillaient d'un éclat étrange, comme un prédateur scrutant sa proie. "Je suis celui que tu ne connais pas encore, mais tu apprendras à me connaître. Tout comme tu apprendras à connaître cet enfant. L'enfant que tu portes. C'est la clé de tout."

Elle secoua la tête, désorientée, ne pouvant plus comprendre où elle se trouvait. "Qu'est-ce que vous voulez de moi ?" demanda-t-elle, sa voix tremblante.

L'homme sourit à nouveau, un sourire presque amusé. "Ce n'est pas ce que nous voulons de toi, Élise. C'est ce que tu dois apprendre à comprendre. Ce que nous avons tous en nous, ce qui nous lie." Il recula lentement, observant chaque mouvement d'elle avec une précision glaciale. "Ton voyage ne fait que commencer. Et crois-moi, ce ne sera pas facile. Mais tu n'as pas le choix."

Avant qu'elle puisse répondre, il tourna les talons, se dirigeant vers la porte d'un pas calme et mesuré. Avant de disparaître derrière la porte, il se tourna une dernière fois vers elle, son regard perçant et énigmatique.

"Ne cherche pas à fuir. C'est déjà trop tard pour ça."

La porte se referma avec un bruit sec, la laissant seule dans la pièce, avec ses pensées enragées, son esprit en feu. Des questions tournaient sans cesse dans sa tête, se bousculant, se percutant. Que voulait-il dire ? Pourquoi me dire que c'est trop tard pour fuir ? Et surtout... Quel était ce lien dont ils parlaient ?

Elle se laissa tomber sur le lit, épuisée, son esprit tournoyant, mais au fond de son cœur, une vérité s'insinuait lentement en elle. Ce n'était pas juste un accident. Ce n'était pas une simple coïncidence. Il y avait une raison à tout ça, une raison qu'elle n'arrivait pas encore à comprendre, mais une raison qui, tôt ou tard, allait se dévoiler.

Et elle serait prête. Elle n'avait pas d'autre choix.

            
            

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