"Impossible" ,m'étais-je dis. Il ne pouvait pas me faire ça ! Mais connaissant mes parents ils le feraient et ça sans doute avec un de ces types qui étaient si imbus d'eux même que je finirai par faire une overdose de ressentiments.
L'idée de la fuite vint à mes pensées , je pouvais partir et prétendreme faire oublier de tous , mais ils me chercheraient et pouvaient me ramener par la peau des fesses .
Mais je ne comptais pas rester sans rien faire , j'avais le temps de digérer la nouvelle et de faire une crise de nerfs à l'avance , une petite escapade , voilà ce dont j'avais vraiment besoin , pensais
Et comme si cela avait été ma poisse depuis ce jour j'accumulais accident sur accident .Un matin à peine réveiller , en tentant d'attraper une brosse sur une étagère je m'étais étalée par terre .
Par la suite , une chute alors que je montais à cheval m'avait cloué au lit , me frustrant , car si j'avais eu la chance de fuir la maison avant désormais ils étaient tous sur mon dos, Amadine était en voyage avec son fiancé impossible pour elle de me soutenir , d'ailleurs je ne lui avais pas encore fait part de ma découverte qui me chamboulait beaucoup plus que je n'avais voulu l'avouer .
Un lundi au cours de la journée , l'agitation qui régnait au manoir me fit perdre complètement toute ma sérénité , ils arrivaient je le sentais , je m'étais bien remis de ma chute survenue des semaines plus tôt .
Ma mère me para de mes plus beaux vêtements et bijoux , me fit confectionner un sourire commercial , jolie comme tout , malheureuse pour un sou.
À quatre heure de l'après-midi , une magnifique automobile fit son entrée dans notre demeure plus que vaste , je n'entendis pas mes parents s'entretenir avec leurs hôtes , ni ne vit le sourire satisfait de ma soeur ainée Marsha , je n'osais bouger de mon siège , tremblante , ma mère finit par me rejoindre et j'avais dû faire preuve de bonne manière en sortant de mon mutise , je m'étais courber pour saluer les invités sans même les avoir regardés dans les yeux, j'avais peur que ma vie ne change à jamais en pire si j'osais le faire .
Amandine , oh priais-je , je n'avais aucun soutien! .
Ce fut des mains posées sur mon bras qui me firent lever la tête et tomber sur ce gris que je ne cessais de voir ces temps-ci .Mais ce n'était pas lui , remarquais-je déçu !
Le tumulte de la vaissellerie , titillait mon envie de partir en courant , cet inconnu avec un visage bien que mignon avait quand même des formes disgracieuses , comme son menton qui rebiquait vers le ciel rejoignant presque ses épaisses moustaches noires. Ses grands yeux de prédateurs auraient fait peur au pauvre chat gris un peu sauvage de mémé mais qui malgré les quelques rides au coin de ses yeux ne réduisait son charme tout à fait grossier.
Mes yeux se baladèrent par la suite sur ce qui m'entourait comme si j'étais celle qui était invité , je remarquais les rideaux bougés au frénétique coup de hanche du vent , suivre le rythme et me laisser parfois quelques fentes sur le jardin .
Une pression sur mes mains me fit revenir à l'instant présent et replonger mon regard dans ce gris grostesque qui me fixait , aucune aminosité , rien , si ce n'était qu'un grand vide comme notre puit dans la grande cour arrière du hangar , parfois je menais mon cheval prendre du bon temps dans cette partie-là de notre demeure , en cachette car cette partie-là ne devait être fréquentée que par les domestiques .
Puis un sourire lumineux prit place sur ces traits, le rendant attrayant ."Savait-il l'effet que cela faisait sur les gens " ? me demandais-je.
-Dame Emmanuella, avait-il finit par murmurer
- Sir ?
-Klaüsh Viltach mademoiselle , puis-je vous parlez en privez , d'un sujet assez important ?
Alors que je l'entraînais à ma suite sur la terrasse du manoir , je vis alors ses yeux dans lesquelle j'aimais plongé durant mes nuits , il était toujours aussi beau , mais cette fois-ci il dégageait la même aura de séduction que lors de notre première rencontre .Un sourire narquois sur les lèvres , il me fixait alors que je détournais les yeux pour tracer ma route .
Il y avait quelque chose de déroutant chez Sir klaüsh-peut-être était-ce cette malice que se lisait dans son regard perdu sur la cour principale , ou peut-être était-ce la douceur de sa voix qui me caressait la peau qui m'intriguait ? Il était bien bâti pour un homme de notre époque , avec un caractère que je décelais bien pimenté , rigide , travailleur , l'homme à côté de moi observant mon jardin et me parlant était un roque , sa posture , tout en lui démontrait qu'il n'était pas à prendre à la légère .
Sir Klaüsh m'apprit qu'il n'était pas question de mariage , et qu'il était trop vieux pour m'épouser et que de toute façon il était déjà marié .Il voulait de préférence que je passe quelque temps dans sa demeure , et qu'il avait été decidé par mes parents avec son accord qu'étant une demoiselle de la cour j'apprendrai à être une dame , ce que je ne compris pas puisque je pouvais apprendre les leçons chez moi , j'en avais donc déduis qu'il y avait aiguille sous roche mais acceptait quand même , même si la décision avait déjà été prise et que je dise oui ou non n'aurait rien changer à la donne.
Sir Klaüsh avait été d'une grande gentillesse vis-à-vis de ma personne , ce que j'avais aimé , avait été le fait qu'il ne m'avait rien promis , pas de montagne, aucun luxe , aucun faux bond , juste de simples stipulant que je devais habiter avec sa famille et lui.
Par la suite nous sommes rentrés , j'avais fait preuve de sang froid , de respect , mon inconnu m'avait-il dit était sa progéniture, le Benjamin! J'aurais aussi à rencontrer les autres Seigneurs , je me demandais bien comment mon séjour se passerait , manquerais-je à mes parents ?
Nous avions mangés dans notre première et vaste salle à manger, mon père et sir Klaüsh en tête de table , moi assise à coté de mon inconnu, mes trois soeurs ainées en face de moi , mes deux frères à coté de ma mère qui était assise à coté de mon inconnu , deux places vides .
Nous avions mangés dans une ambiance chaleureuse et comme il commençait à se faire tard , des lampes ont été allumés pour éclairer la maison , autour de la table , sur les étagères à coté de la grande fenêtre .
Il était resté égale à celui que j'avais rencontré la première fois , des regards aimantés , des sourires innocents , une courtoisie sans faille , mais derrière tout ça , je sentais autre chose , qu'il avait au-delà de son attitude une sorte d'engagement pour une chose qui m'était interdit, et quand mes yeux se posaient sur lui , et qu'il se tournait pour me regarder , je détournais les yeux , les laissant vagabonder partout dans la pièce sauf sur la personne qui occupait mes pensées.
Puis après le repas , mère m'avait incité à jouer une partition de violon pour nos invités , j'avais joué une de mes créations "Le hurle Vent "puis ce fut une de mes soeurs ainées qui joua pour nos invités alors que nos parents nous écoutaient heureux .
J'avais eu vent de tout un tas de choses , mais je n'avais pu au cours de la soirée en parler à Sir Klaüsh pour qu'il m'éclaire, je n'avais eu qu'une occasion de parler à mon inconnu.Je n'avais pas respecté les règles de bienséance et si mère l'apprenait j'étais bon pour avoir des corvées de tailles à l 'affront mais il ne me tint pa rigueur de ne lui avoir pas dit un mot alors que j'en avais envie .
J'étais certes une jeune femme rebelle , je n'aimais pas me sentir humilier , j'avais pour mon époque des idées et des envies qu'une femme ne devait avoir , j'étais femme comme le dictait ma société . La place d'une femme était dans le foyer , à se comporter comme une reine de la vaisselle , et se laisser dicter par un homme .Un père devait trouver un bon parti pour sa fille ou son fils , et surtout la fille devait être une femme exemplaire et toujours plaire à son futur mari ou mari .
Mais moi je trouvais à redire sur cette société , une femme était bien plus qu'une gardienne de maison , une femme devait selon moi être capable d'être libre de pouvoir marcher et choisir d'être avec une personne qu'elle aimait et non un simple bon parti , l'amour m'avait toujours paru beau , et même enviable .
Je ne voulais pas de cette société, ni de ses règles , et l'amour que je rêvais le soir ne me semblait pas à porter de main.
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