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Quand le PDG Devient PÈRE

Quand le PDG Devient PÈRE

img Romance
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img C.D
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Résumé

« Que savez-vous vraiment de la trahison ? Rien ou pas grande choses probablement. Moi, je l'ai vécue. » La trahison est l'une des blessures les plus silencieuses, mais les plus ravageuses. Elle ne hurle pas, elle s'infiltre - dans les regards détournés, dans les mots qui changent de ton, dans les gestes qui deviennent froids. Ce qui la rend insupportable, c'est qu'elle vient souvent de ceux dont on n'aurait jamais douté. Commençons. À 18 ans, elle perdit tout en une seule journée. Les voix qui l'entouraient, jadis pleines de tendresse, s'étaient changées en jugements acérés. Celui dont l'amour semblait acquis détourna les yeux, sans même chercher à comprendre. On la bannit sans explication, sans appel. Elle disparut, brisée, abandonnée, effacée. Sept années s'écoulèrent dans l'ombre. Lorsqu'elle réapparut, elle n'était plus la même. Dans son regard : la tempête calmée d'une survivante. À ses côtés marchait un garçon aux yeux perçants, silencieux mais dangereux - son fils. On la raillait, la traitant de mère indigne. On murmurait sur son passage : « enfant né sans père » ...sans savoir qu'il était le fils caché, inavoué, d'un puissant PDG - dissimulé par sa mère pour mieux le protéger... ou mieux frapper.

Chapitre 1 Chapitre 1

Sous un ciel saturé de colère, les rues de South Hampton disparaissaient dans un rideau d'eau épais. La ville semblait se recroqueviller sous le poids des nuages, comme si l'orage cherchait à en écraser chaque pierre.

Derrière les portes closes du manoir Lawrence, la magnificence des lustres et des boiseries dissimulait mal la noirceur qui y régnait. Dans le silence tendu, un gémissement étranglé fendit l'air. Au milieu du grand salon, Jeanne rampait, haletante, ses mains laissant des traces rouges sur le parquet ciré. Ses forces se délitaient, mais la lueur glaciale de sa volonté refusait de s'éteindre.

Chaque pas vers elle aurait dû être un secours, pourtant personne ne bougeait. L'abandon avait pris forme autour d'elle, froid et solide comme les murs du manoir. Dans son esprit résonnaient encore les phrases venimeuses de celui qui aurait dû la protéger.

- Jeanne... tu déshonores notre nom. Si tu n'avais pas tenu à Eden, je t'aurais jetée dehors le jour même où ta mère t'a mise au monde.

- Mes enfants sont Jasmine et Joshua. Toi... tu n'es rien.

Ces souvenirs mordaient plus fort que ses blessures. Ses lèvres fendues s'étirèrent en un sourire amer. Sa demi-sœur avait pris son amour, piétiné son avenir, et pourtant c'était elle, la paria.

Une silhouette s'abaissa devant elle. Jasmine. L'innocence de ses traits avait disparu, remplacée par un éclat cruel.

- Alors, Jeanne... comment ça fait d'être corrigée par papa ?

Jeanne tourna la tête, refusant de l'ancrer comme dernier visage.

- Tu te croyais intouchable. Tu pensais qu'Eden t'aimait ? Quelle naïveté. Il est à moi.

Si ses os n'avaient pas crié à chaque mouvement, elle aurait eu assez de haine pour l'entraîner dans sa chute.

- Tu n'es plus qu'une humiliation pour la famille, murmura Jasmine. Crève, et épargne-nous ta présence.

Mais Jeanne refusait d'obéir à cette injonction. Vivre, pour frapper en retour - c'était tout ce qui la tenait encore. Jasmine, ravie, emplit un verre d'eau, y jeta une poignée de sel, puis versa le mélange sur ses plaies.

Son cri déchira l'air, mais pas un membre de la famille ne détourna le regard. Le couteau apparut dans la main de Jasmine, lame brillante prête à tracer un sillon sur son visage, quand la porte céda sous un coup violent.

- JEANNIE !

Monica jaillit, le souffle précipité, et se jeta à genoux pour soutenir Jeanne.

- Je t'emmène à l'hôpital.

- Ne rêve pas, cracha Jasmine.

Monica ne baissa pas les yeux.

- Ton père peut menacer, je m'en fiche.

Alexander apparut, trônant en haut de l'escalier.

- Pose-la.

- Tu vas la laisser mourir ? Tu es son père, bon sang !

- Ce n'est pas ton affaire.

- Si. À partir de maintenant.

Elle fit un pas, mais les domestiques se refermèrent sur elles. Jeanne lui fut arrachée des bras.

- Ramenez-la dans sa chambre, ordonna Alexander.

Monica tremblait, mais sa voix claqua.

- Si elle meurt, je reste ici et je meurs avec elle.

Le verdict tomba, glacé :

- Jeanne Lawrence n'existe plus.

Profitant d'un instant d'inattention, Monica reprit Jeanne et franchit la porte. Cette fois, personne n'intervint.

Dehors, la pluie la fouettait, mais elle avançait, ses chaussures se disloquant à chaque pas.

- Tiens bon...

- Merci... souffla Jeanne.

- Ne me remercie pas. Si tu pars, je pars avec toi.

Elles atteignirent l'hôpital. Mais la répit fut bref. Sur ordre d'Alexander, Jeanne reçut un billet pour l'exil. Dix-huit ans, et déjà bannie de South Hampton, éloignée de Harken.

Sept ans passèrent. La ville brillait toujours, masquant sous ses bals et ses conversations dorées un vide gorgé de rancunes. Puis, un jour, elle revint.

Au hall de l'aéroport, Jeanne avançait, une valise de cuir usé derrière elle. À ses côtés, un petit garçon de six ans, boucles sombres, lunettes fines, un livre serré contre lui.

Elle, drapée d'un manteau qui semblait taillé pour une reine déchue, portait sur son visage l'assurance des tempêtes. Ses cheveux roulaient comme des vagues sombres, ses lèvres rouges semblaient pouvoir trancher les promesses. Les regards glissaient sur elle comme attirés par un aimant invisible - et elle passait, droite, implacable.

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