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Renaître riche: Ma vengeance s'élève
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Renaître riche: Ma vengeance s'élève

Auteur: Wombat
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Chapitre 1 1

La poignée en laiton de la double porte en chêne glacie la paume de Séraphine-Jonc. C'est la seule chose froide dans ce couloir ; le reste du trente-quatrième étage de Varenne Innovations est suffocant, vibrant de l'énergie frénétique et invisible d'un empire technologique valant des milliards. Mais ici, juste devant le bureau de son mari, l'air est immobile. Mortellement immobile.

Elle ne devrait pas être là. C'est mardi. Le mardi est réservé au bénévolat à la bibliothèque ou au classement des archives au sous-sol-ce travail d'occupation que Le Roc lui autorise pour qu'elle ne "l'embarrasse pas" en essayant d'avoir un vrai métier. Le mardi est fait pour être Mme Le Roc, l'épouse décorative et silencieuse, venue de nulle part et ne sachant rien.

Mais elle a oublié son chargeur de téléphone. Une raison triviale, stupide, pour mettre fin à un mariage.

Sa main se crispe sur le métal. Elle s'apprête à abaisser la poignée quand elle l'entend.

Un rire.

Ce n'est pas le rire du Roc. Le sien est un aboiement sec, calculé, qu'il utilise dans les salles de réunion pour asseoir sa domination. Ce son-là est grave, rauque, féminin. C'est un son qui vibre à travers le bois lourd et vient se loger directement au creux de l'estomac de Séraphine, changeant le café de son petit-déjeuner en acide pur.

Elle connaît ce rire. Lys-Ronce. Sa "meilleure amie". La femme qui l'a aidée à choisir sa robe de mariée il y a trois ans. La femme qui est actuellement la Directrice Marketing de cette entreprise.

Séraphine ne frappe pas. Elle ne s'annonce pas. Le temps de la politesse s'est évaporé à la seconde où ce rire a frappé ses tympans.

Elle abaisse la poignée. Le mécanisme clique-un jugement sec et mécanique-et la porte s'ouvre à la volée.

La scène à l'intérieur n'est pas juste une trahison ; c'est un cliché. Une scène sordide et bon marché tirée d'un film qu'elle aurait éteint pour sa prévisibilité.

Le Roc est sur le canapé en cuir, sa cravate desserrée, le col de sa chemise blanche déboutonné. Lys-Ronce le chevauche, sa jupe remontée haut sur ses cuisses, la tête renversée en arrière. Ils ne sont qu'un enchevêtrement de membres et d'ambition.

La porte heurtant la butée claque comme un coup de feu.

Lys-Ronce s'écarte de lui précipitamment, non pas avec honte, mais avec agacement. Elle lisse sa jupe, ses doigts effleurant le tissu avec une décontraction qui brouille la vue de Séraphine. Le Roc se redresse. Il n'a pas l'air coupable. Il n'a pas l'air horrifié.

Il a l'air irrité. Comme si elle était une serveuse qui lui avait apporté la mauvaise commande.

- Séraphine, dit Le Roc.

Il ajuste sa cravate, ses mouvements saccadés mais précis.

- Tu ne frappes pas ?

L'audace de cette remarque aspire tout l'air de la pièce. Il ne cherche pas d'excuse. Il la réprimande pour ses manières.

Séraphine reste figée dans l'encadrement de la porte. Elle ressent une étrange sensation dans sa poitrine, comme si son cœur avait cessé de battre pour simplement vibrer contre ses côtes. Elle regarde Lys-Ronce. Son rouge à lèvres est étalé-un rouge vif, violent, la teinte exacte qu'elle avait convaincu Séraphine d'être "trop audacieuse" pour une épouse.

- Nous devons parler, dit Séraphine.

Sa voix la surprend. Elle ne tremble pas. Elle est plate. Morte.

Lys-Ronce a un petit sourire en coin. C'est une micro-expression, là et disparue en une seconde, mais Séraphine la voit. C'est le regard de quelqu'un qui a gagné un jeu dont l'autre joueur ignorait même l'existence.

- Chérie, dit Lys-Ronce, sa voix dégoulinant d'une fausse sollicitude. Ça a l'air mauvais, je sais. Mais Le Roc et moi discutions juste... de stratégie.

- Stratégie, répète Séraphine.

Elle entre dans la pièce. La moquette épaisse étouffe le bruit de ses chaussures bon marché.

- C'est comme ça qu'on appelle ça maintenant ?

Le Roc se lève. Il marche derrière son immense bureau en acajou, mettant le meuble entre eux comme un bouclier. Il s'y sent plus en sécurité. Puissant.

- Ne sois pas dramatique, Séraphine. Tu es hystérique. Rentre à la maison. On parlera plus tard.

Il agite la main, un geste de renvoi. Comme si elle était un chien qu'il pouvait chasser de la table du dîner.

Séraphine plonge la main dans son sac fourre-tout. C'est un vieux sac en toile, un qu'elle avait avant de devenir une épouse Varenne. Le Roc le déteste. Il dit que ça la fait passer pour une pauvresse.

Elle en sort une épaisse enveloppe kraft. Elle la transportait depuis des jours, débattant, hésitant. Elle contient l'ébauche d'une requête qu'elle a imprimée à la bibliothèque.

Elle la laisse tomber sur le bureau. Elle atterrit avec un claquement léger contre le bois poli.

- Je demande le divorce, dit-elle.

Le silence qui suit est lourd, pressant contre ses oreilles.

Le Roc regarde l'enveloppe, puis elle. Un rire remonte de sa gorge-ce son bref et aboyant.

- Toi ? Me quitter ? Avec quel argent, Séraphine ? Tu n'as rien. Tu n'es rien sans moi.

Lys-Ronce s'approche du bureau, appuyant sa hanche contre le bord, s'alignant avec lui. L'image est claire : eux contre elle.

- Oh, ma douce, roucoule Lys-Ronce, sa voix doucereuse à en donner la nausée. Ne sois pas imprudente. Où irais-tu ? Retourner au parc à roulottes ?

Séraphine l'ignore. Elle verrouille son regard sur son mari.

- Différends irréconciliables. Je veux une rupture nette.

Le Roc saisit le dossier. Il feuillette la page unique avec un rictus de mépris.

- Tu ne veux rien ? Pas de pension alimentaire ? Pas de maison ?

- Je veux juste sortir, déclare Séraphine.

Ses mains sont jointes devant elle pour cacher le tremblement de ses doigts. Pas de peur. De rage.

Le Roc rejette le papier.

- Bien. Parce que tu n'aurais pas eu un centime de toute façon. J'ai des contrats prénuptiaux en béton. Tu franchis cette porte, tu ressors comme le cas social que j'ai trouvé.

- J'en suis consciente, dit doucement Séraphine.

Elle se retourne. La vue d'eux-Le Roc arrogant et Lys-Ronce ressemblant au chat qui a eu la crème-ne lui procure aucune joie. Juste de l'épuisement.

- Attends, dit Le Roc.

Sa voix change, devenant plus sombre.

- On ne quitte pas simplement un Varenne. Pas avant que je dise que c'est fini.

Il se jette autour du bureau.

- Tu ne vas nulle part tant qu'on n'a pas discuté de la façon dont tu vas présenter ça à la presse !

Il tend la main vers elle. Sa main se referme sur son poignet, sa poigne blessante.

Dans cette fraction de seconde, Séraphine ne réfléchit pas. L'instinct s'enflamme, mais elle réprime l'envie de frapper. Elle n'est pas un soldat ici ; elle est une épouse.

Elle tire brusquement son bras en arrière, utilisant la sueur sur sa peau à son avantage, se tordant frénétiquement. Elle écrase violemment le cou-de-pied de son mari-un mouvement maladroit et désespéré de femme effrayée.

- Lâche-moi ! hurle-t-elle.

Le Roc glapit, surpris par la douleur soudaine dans son pied, et sa prise se relâche. Séraphine trébuche en arrière, son épaule heurtant le cadre de la porte.

Il la fixe avec des yeux écarquillés de colère. Il ne l'a jamais vue riposter, même maladroitement. Il s'attendait à des larmes, pas à de la résistance.

Séraphine se tient dans le couloir, serrant son poignet là où ses doigts ont laissé des marques rouges. Son cœur martèle ses côtes comme un oiseau piégé.

- On se verra au tribunal, Le Roc.

Elle se tourne et marche vers les ascenseurs. Elle ne court pas. Elle marche avec rythme, se forçant à respirer.

Click. Click. Click.

Elle atteint l'ascenseur. Elle appuie sur le bouton. Les portes s'ouvrent. Elle entre.

Alors que les portes se ferment, coupant la vue de son mari criant son nom, Séraphine-Jonc laisse enfin échapper le souffle qu'elle retenait. Ses jambes se dérobent. Elle s'effondre contre la paroi métallique de l'ascenseur, glissant jusqu'au sol. Elle ramène ses genoux contre sa poitrine et enfouit son visage dans ses mains.

Elle ne pleure pas. Elle ne peut pas. La partie d'elle capable de pleurer est morte il y a longtemps. Mais ses mains tremblent si fort que son alliance-un diamant modeste que Le Roc avait acheté en solde-claque contre ses dents.

            
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