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J'ouvre les yeux, mais les referme aussitôt dû à l'intensité de la lumière. Je me tourne sur le côté, à l'ombre et seulement là je remarque que je suis couchée dans un petit lit posé sur le sol. J'ouvre une nouvelle fois les yeux et me relève. Je sens une petite douleur dans ma tête mais elle s'éternise aussitôt. Je regarde un peu partout autour de moi. Il semblerait que je sois dans une petite maison, mais alors là très petite. Le mur intérieur semble fait d'argile. Il n'y a qu'une seule pièce, celle où je me trouve.
Seuls les rayons de soleil passants par les fenêtres et la porte éclairent la salle. Une petite natte est posée sur le sol près du lit. Un petit bol en fer remplie d'eau est posé sur celle-ci. Qu'est-ce qui m'est arrivée ? Et où suis-je ? J'essaie de me rappeler mais je n'y arrive pas, tout est flou dans ma tête. Mon ventre crie famine, j'ai l'impression de n'avoir rien avalé depuis des jours.
Malgré le manque de beauté, la pièce reste chaleureuse mais aucunes affaires personnelles n'y réside. Je regarde mon Habit et remarque que je porte une robe blanche très simple qui semble être fait pour tous et qui m'arrive aux genoux, des pansements recouvre par-là même occasion mon corps.
Ce reste will qui aurait pu s'occuper de moi ? Je ne sais pas. Mais l'idée qu'il aurait pu le faire est quasi impossible. Je m'assois en tailleur sur le lit et ramène mes jambes contre moi.
Quelques minutes après, quelqu'un entre dans la pièce. Je relève la tête et remarque une jeune femme noire très belle. Ses cheveux sont attachés en chignon, quelques gouttes de sueurs perles son visage. Elle porte une petite robe de servente sur lequel est passé un tablier. Je suis peut-être une villageoise mais le temps passé avec Will et son frère m'ont permis d'apprendre et connaître tous ces trucs moderne qui font partie de leurs vies. Ils m'ont appris à parler le français et l'anglais, mais bien sûr pas de la meilleure des manières.
La jeune femme s'approche de moi en tenant dans sa main un bol fermé et une sorte de feuilles de bananier enroulées. Elle s'assoit près de moi sur la natte où elle place le tout. Elle lève la tête vers moi, me regarde, puis sourit :
- tu es enfin réveillé. Je commençais à avoir peur.
Son sourire est sincère et il émane d'elle une telle gentillesse.
- tu dois avoir faim, tiens mange un peu, tu reprendras des forces.
Elle prend le bol de tout à l'heure et me le tend, j'hésite un peu avant de l'attraper. Je l'ouvre mais ne reconnaît pas le contenu, qu'est ce que c'est ?
- c'est de la bouillie, désolé je n'ai pu trouver que ça. Répond t-elle comme-ci elle m'avait entendu.
De la bouillie ? J'avais l'habitude de ce genre de nourriture avec Will et son frère. Mais celle-ci est différente, elle est clair et semble un peu plus lourd en plus elle dégage une bonne odeur tout le contraire de ce que je mangeais avec eux. Je prends la petite cuillère et place une première bouchée dans ma bouche, vraiment délicieux je ne me rappelle plus de la dernière fois où j'ai mangé une aussi bonne nourriture.
En quelques minutes, je finis de tout manger sous le regard bienveillant de la jeune femme. Je suis rassasié, je n'aurai jamais cru un jour pensé ce mot.
- bois un peu d'eau. Dit-elle en me tendant le bol qui en était rempli.
Je bois trois gorgés suffisante et lui tend le reste. J'aimerais la remercié pour tout ce qu'elle a fait pour moi, parce que si ça se trouve c'est sûrement elle qui s'est occupée de moi. Ça serait compliqué mais je dois le faire.
- mer...mer...ci...pour...tout terminé-je avec difficulté avant de tousser bruyamment.
Elle s'approche aussitôt de moi et me donne de l'eau tout en caressant mon dos.
- bois lentement...
Finalement je vide le contenu du bol. Elle s'assoit en tailleur et me regarde inquiète.
- tu n'étais pas obligé. J'ai bien remarqué que t'avais du mal à parler. Ces crapules t'ont fait tellement de mal.
Connait-elle Will et Liam ? Est-elle aussi passée entre leurs mains ? J'ai tellement de questions...
- ne t'en fais pas je t'expliquerai tout, pour l'instant laisse-moi te soigner.
Je ne sais pas comment elle s'y prend, mais elle arrive toujours à savoir ce que je pense.
Elle déballe les feuilles de bananier enroulées, à l'intérieur se trouve une sorte de feuilles pilées et mélanger à de la boue. Bizarrement ce truc me rappelle quelque chose...
- c'est une plante médicinale. On l'utilise souvent pour guérir nos blessures.
Ça me revient, ma mère l'utilisait aussi pour mes bleues quand j'étais petite, elle guérit sans trop de mal. Ça me surprend qu'elle ait ça, mais peut être qu'elle vient du même village que moi ? Elle est tellement belle... Est-elle aussi une esclave ? Je ne sais pas pourquoi elle m'a aidé mais je lui en serai éternellement reconnaissant.
Elle prend une petite poignée de feuilles pilées, la frotte entre ses mains puis avance vers moi.
- donne-moi ton pied.
J'hésite un moment mais fini par m'exécuter, qu'est ce qu'elle veut faire ? Contre toute attente, elle le pose sur ses cuisses et d'une main, retire la bande de ma cheville. Une blessure entoure celle-ci. Mon visage se décompose dû à la grandeur de celle-ci, qu'est ce qui a pu causer ça ?
- les chaînes de fer qui te tenaient aux chevilles, aux poignées et au cou étaient rouillées. Elles t'ont infecté la peau et créé des bleues. Mais ne t'en fais pas, elles cicatriseront.
Elle place ensuite les feuilles sur chaque partie de ma cheville avec douceur, la froideur de celles-ci me fait grimacer, mais aucune douleur ne me revient. Elle en fait de même aux autres et replace les bandes.
Après qu'elle ait fini, elle ressort en emportant tout. Elle revient quelques minutes après le sourire aux lèvres, elle s'assoit près de moi et me regarde intensément. Je tourne la tête gêné, ce qui lui fait encore plus sourire.
- mon nom est Diane. Comment t'appelles-tu ?
Je la regarde sans répondre, a-t-elle oublié que je ne peux pas placer un mot après l'autre sans avoir mal ? Face à mon silence elle semble se rappeler et affiche une mine inquiète. Avant de reprendre :
- ne t'en fais pas je parlerai de ce problème à Xavier.
J'hoche simplement de la tête sans pour autant connaître ce Xavier. Soudainement elle se relève et se dirige dans un coin de la maison où elle ramasse quelque chose à terre. Elle revient directement vers moi en tenant dans sa main un petit bois, peu long mais qui semble rigide.
Elle s'assoit ensuite à côté de moi sur le petit lit et me montre le bâton.
- avec ça, tu écriras sur le sol tout ce que tu veux savoir et je te répondrai. Pour commencer, écrit ton nom.
Elle me tend le bâton et attend que je le prenne. Sauf que, je ne suis pas très sûre de son idée. Pourra-t-elle déjà lire ce que je vais écrire ? Malheureusement Je ne le saurai qu'en essayant.
Je prends donc le bâton et m'assois dans une position plus ou moins confortable pour mieux écrire. J'emprisonne l'objet dans ma paume et écrit les mains tremblotantes, mon prénom.
- "AYA"