Chapitre 2 Chapitre 1

Nous sommes en 2001 où l'esclavage existe encore enfin dans certains pays comme ici. J'ai du mal à croire que quelque part dans ce monde il puisse exister des endroits où blancs et noirs vivent en harmonie, arrivent même à s'aimer, à se marier, à avoir des enfants. Alors qu'ici nous vivons un véritable enfer avec ces démons. Je ne sais pas pourquoi mais j'en veux à ces pays. Peut-être parce qu'ils savent ce que nous endurons chaque jour ici et malgré ça aucun d'entre eux ne tente de nous aider.

Oui j'ai la haine envers eux et envers ces démons, rien que de voir leurs faces et de devoir leur obéir m'écoeure au plus haut point.

Tout à coup, Je reçois un violent coup de fouet dans le dos ce qui me fait grimacer de douleurs. Je serre les dents pour éviter de crier et leur donner ce plaisir.

- avance sale négresse ! Tu crois que t'a le droit de rêvasser ici ?

C'est avec difficulté que je me remets en marche, les pieds nus touchant ce sol chaud. Je n'avais pas remarqué que je m'étais arrêtée. Je ne sais pas combien de route on devra faire avant d'arriver, je ne sens même plus mon corps tant j'ai mal. Des chaînes de fer brûlant sont attachées à mes chevilles, je suis obligée de traîner avec moi deux gros boulets plus lourds qu'un sac de ciment. Mes poignets sont attachés et reliés au collier de fer qui entoure mon cou, une chaîne qui les maintiens est attrapées par cet homme.

Toutes ces chaînes qui maintiennent mon corps me donnent l'impression d'être enchaîné comme un animal après tout c'est ce que nous sommes pour eux, des animaux, des singes qui ne méritent pas de vivre qui ne valent rien, nos vies n'ont aucune importance à leurs yeux. Alors quand réalité sans nous ils ne sont rien.

- ça me fait mal de savoir qu'on va bientôt se quitter Aya.

Je relève la tête et regarde ce cet homme qui me fait face. Je fronce les sourcils et une colère noire m'envahit.

- j'aurais bien aimé qu'on s'amuse encore un peu, pas toi will ? Dit-il un sourire aux lèvres en regardant l'autre type par-dessus mon épaule.

S'amuser ? J'ai tellement envie de lui foutre mon poing dans sa face. Chaque jour passé à côté de ses deux hommes ont été un véritable enfer, je suis même arrivé à haïr mon existence. Coup de fouet, torture, expérience malsaine, tentative de viol et bien plus encore m'ont fait regretter qui je suis.

Quand j'ai appris qu'ils m'avaient vendu à un riche propriétaire j'ai ressenti un soulagement que je ne me connaissais pas, mais je savais aussi que mon calvaire n'était pas fini.

- maintenant que tu le dis frérot, il faudra chercher un autre jouet. On demandera au maître s'il a une nègresse moins chère à nous vendre. Réponds le dit will.

- tu veux déjà remplacer Aya ?Elle ne t'a pas assez satisfait à ce que je vois.

will se contente de sourire sans répondre.

Tout à coup on s'arrête, le chariot devant nous ne roule plus et l'homme qui le conduisait en descend il vient jusqu'à nous et chuchote dans l'oreille du Will celui-ci fronce les sourcils et ne semble pas content.

Quelques minutes après il se retourne vers nous une fois l'autre partit.

- il y a un attroupement devant nous, il semblerait que ce soit des marchands du marché noir.

À ce que je sais, le marché noir est un marché de vente d'esclaves volés et de trucs pas net. Ses marchands sont des voleurs et souvent des criminels.

- qu'est-ce qu'on fait ? On emprunte un raccourci ?

- il n'y a en aucun dans cette forêt. Nous passerons la nuit ici et demain ils seront peut-être parti.

Je sursaute en entendant ces mots passer la nuit avec eux ? Non ! Non !

***

Assise par terre sur le sol froid le dos contre un arbre, je me remémore les souvenirs de mon enfance enfin ce dont je me rappelle. Le sourire de ma mère, nos rires joyeux quand on jouait avec les amis, le levé du jour dans mon village à quel point j'aimais ça. Tous ces souvenirs me semblent tellement lointains. "Maman je resterai forte quoi qu'il arrive" cette phrase je me le répète à chaque fois. Elle m'a permis de tenir tout ce temps, elle m'a empêché de me suicider quand j'en avais assez de cette souffrance et aujourd'hui elle m'aide encore.

La brise de vent frais soufflant sur mes plaies et mon corps à moitié nu me fait frissonner. Je relève la tête et regarde les étoiles brillées fièrement dans le ciel, elles au moins sont libres. Mes poils s'hérissent quand je sens un souffle dans mon cou. Je n'ai pas le temps de m'enfuir quand on m'attrape violemment les cheveux, j'essaie de me débattre mais avec les mains enchaîner c'est impossible.

- où pensais-tu aller comme ça négresse ?

Je ne reconnais pas cette voix ce n'est pas celle de will et l'autre.

La personne se lève et me traîne par terre par les cheveux ce qui me procure une douleur atroce sans pareil, je serre tellement les dents que j'ai l'impression qu'elles vont craquer.

- Éeh ! Les gars ! J'ai trouvé une bonne marchandise !

Nous arrivons dans un endroit un peu plus éclairé d'où j'étais. L'homme me jette comme un vulgaire chiffon à côté d'un feu de bois où je manque de me bruler. Coucher contre le sol j'attrape ma tête entre mes mains, j'ai l'impression de l'avoir en feu tant la douleur est insupportable.

- elle est très maigre celle-là je ne pense pas qu'elle se vendra cher. Dit une personne.

L'homme de tout à l'heure s'abaisse à ma hauteur, m'attrape brutalement le bras et me relève. J'écarquille les yeux en voyant tous ces regards d'hommes sur moi, ils sont si nombreux que je n'arrive pas à les compter.

- sérieusement les gars ? Pour une fois qu'on en trouve gratuitement !

- elle est enchaînée, elle appartient peut-être à quelqu'un ? Dit une autre personne.

- quoiqu'il en soit elle n'a pas été dresser, elle ose nous regarder dans les yeux ! Dit un autre homme en me regardant avec haine.

- amusons-nous un peu avec elle demain on la vendra au marché noir. Dit un autre d'un regard pervers.

Marché noir ?...ce sont ces hommes ! L'attroupement dont parlait le démon will !

- cette esclave est déjà prise.

Nous tournons tous la tête vers cette voix familière. Will apparaît devant moi très irrité et prend la chaîne de mon cou qu'il tire sans aucune douceur me retirant des mains de l'autre.

- désolé mon gars, on l'a trouvé seule, elle nous appartient.

- mon frère était avec elle. Réponds Will.

- je n'ai trouvé aucun homme avec cette esclave.

L'air est tendu, la tension est palpable. Le silence règne, je ne sais pas du tout ce qui va se passer. J'ai envie que ces hommes battent will à mort mais s'il meurt que m'arrivera-t-il avec eux ? Je mourrais certainement aussi de leurs mains dans d'atroces circonstances. Je ne pensais pas le dire un jour mais au fond de moi j'espère vraiment répartir avec Will.

            
            

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