Un destin Sans pareil
img img Un destin Sans pareil img Chapitre 4 Le passé de veuve Evelyne
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Chapitre 6 Gladys et Jules img
Chapitre 7 Le décès de jules img
Chapitre 8 Et mon père alors, comment était-il  img
Chapitre 9 Quitter Bouaké pour Abidjan! img
Chapitre 10 Départ pour Abidjan img
Chapitre 11 Non voisine, je ne peux pas monter ! img
Chapitre 12 La belle Samira img
Chapitre 13 Change, ma fille ! img
Chapitre 14 La mort de Gladys img
Chapitre 15 Gérald: le prétendant de Samira img
Chapitre 16 Réussir là, où tout le monde a échoué img
Chapitre 17 La drague de Gérald img
Chapitre 18 Elle m'a humilié ! img
Chapitre 19 Le plan B img
Chapitre 20 Le dangereux plan! img
Chapitre 21 Je ne suis pas amoureuse d'Atsé img
Chapitre 22 Kévin img
Chapitre 23 Tu ne veux pas , passer la nuit ici img
Chapitre 24 Le kidnapping img
Chapitre 25 Le viol img
Chapitre 26 Laisse le temps, panser tes blessures ! img
Chapitre 27 Elle était vierge !!! img
Chapitre 28 Depuis combien de temps, tu vomis img
Chapitre 29 Tu es enceinte !! img
Chapitre 30 Ce nouveau né : c'était mon petit enfant ! img
Chapitre 31 Elle passa de la vie à trépas ! img
Chapitre 32 Retour au quartier ! img
Chapitre 33 Un sommeil perpétuel ! img
Chapitre 34 Ma grand-mère m'a quitté ! img
Chapitre 35 La réaction de Solange img
Chapitre 36 Docteur Kamissoko img
Chapitre 37 La tirade défensive de docteur Kamissoko img
Chapitre 38 Vous ferez ce sacrifice pour moi img
Chapitre 39 La chambre mortuaire img
Chapitre 40 Les médecins après la mort img
Chapitre 41 Abidjan ici !! img
Chapitre 42 Veillée funèbre img
Chapitre 43 L'inhumation img
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Chapitre 4 Le passé de veuve Evelyne

Mon Dieu ! Mémé, tu as beaucoup souffert oh !

Mais, pourquoi tu n'étais pas parti lorsqu'il te faisait vivre tous ceci ? Interrompit Amira.

-Ma fille, le foyer n'est pas du tout facile, notre temps de jadis et le vôtre est très différent ! Tu sais à notre époque, la femme n'avait pas les mêmes droits que l'homme. Pour dire vrai, la féminisation n'était pas trop d'actualité. Du coup, la soumission de la femme était beaucoup recommandée dans le foyer. Elle n'avait pas le droit, de quitter ou de demander le divorce à son mari !

C'était indéniable !!

Nonobstant ce qu'elle subissait et devrait subir dans son ménage, elle était amenée à supporter tout au nom du mariage. A vrai dire, Seul son mari, avait le droit de la répudier ! C'est ce qui justifiait le fait que les mariages d'antan faisaient longue feu, avec moins de divorces. Ce qui est tout le contraire, de votre génération !! Voilà pourquoi, le choix du conjoint est un choix très crucial !! Puisqu'on ne se marie pas ; pour divorcer !

- ça alors mémé ! coupa à nouveau la petite fille d'Evelyne.

Les temps ont vraiment changé aujourd'hui ! Malheureusement, le mariage a beaucoup perdu sa valeur de nos jours ! Mais dis-moi, il parait qu'à votre temps-là, les mariages forcés et arrangés étaient beaucoup récurrents c'est vrai ?

- Oui ma puce, c'est très vrai !

- Et, tu n'as jamais été victime de ce genre de phénomène ?

- Non, au fait cela dépendait de chaque famille.

Mon père n'était pas homme ancré dans la tradition ! ni garant modérateur de la tradition. En effet, il ne faisait pas partir des géniteurs qui imposaient un mari à leur fille. Lui par contre, il te laissait faire ton choix, c'est-à dire trouver ton mari. Mais, une fois mariée, tu ne devrais pas t'aviser à divorcer !!! Au risque, de te voir renier par lui !!

- Je pense que ce choix, était mieux que d'imposer un mari à sa fille.

- Pour toi, ça te paraissait facile, mais sache que la vie après le mariage est tout une autre vie ! Il faudrait d'abord être forte sur tous les plans, pour faire long feu dans un mariage. Le mariage n'est pas fait pour des mômes !

Je continus mon récit, ainsi tu sauras pourquoi je n'étais pas parti !

Je refusais de quitter mon foyer nonobstant les conseils de mon entourage, et aussi par crainte aux avertissements de mon père qui me rappelait à chaque fois cette même phrase :

<< Evelyne le mariage c'est d'abord pour le meilleur et le pire ensuite chez nous, on ne se marie pas pour divorcer. Car, le mariage est sacré ! par conséquent, on ne t'a pas imposé un mari. Ce fut plutôt toi qui la choisi ; donc tu ferais mieux de supporter. De plus, si tu t'entêtes à quitter ton foyer pour mettre l'opprobre sur moi ; moi ton père, je te renierais ! >>

Ne voulant pas, jadis être reniée par mon père, mon seul parent qui me restait. Vu que j'avais perdu ma mère, lorsque j'eus mes 18 ans.

Je décidais donc, de supporter coups et meurtrissures au nom du mariage et surtout dans le but de ne pas perdre ma fille ! Puis, de ne pas donner l'occasion à une autre femme de venir la maltraiter.

Vu que moi-même, j'avais vécu pareil avec la femme de mon père.

Après avoir prononcé cette dernière phrase, la grande mère d'Amira marqua une pause pour assouvir son désir de soif.

-Et qu'est-ce que, tu avais vécu avec la femme de ton père dans le passé ?

Relate-moi, tout mémé ! Demanda à nouveau Amira toute excitée.

- Tu es très curieuse ma fille (sourire) et pour ton si jeune âge c'est tolérable et avantageux.

Toutefois, prends garde à toi à l'avenir, de peur que cette curiosité ne soit pas excessive et qu'elle ne soit une occasion de chute pour toi. Après tout, la curiosité est aussi un vilain défaut. Cependant, je vais car même te le relater ; même si cela, risque de réveiller des amers souvenirs en moi.

Ma mère, avant de mourir continua mémé Evelyne, me légua sa maison comme héritage.

C'était une maison deux pièces (une chambre salon) ; qu'elle acheta avec son salaire d'institutrice au fil des années tout juste après sa séparation d'avec mon géniteur.

En effet, leur séparation résultait du fait que, mon père l'abandonna quand elle était enceinte de moi. Au détriment d'une autre femme, qu'il avait aussi engrossé. Suite à cette déception amoureuse, elle ne refit plus sa vie. Cette autre femme qu'il engrossa, c'était la mère de ma sœur cadette nommée Anissa ; qui naquit un an après ma naissance.

Deux ans après la naissance de ma sœur cadette, mon père épousa coutumièrement la mère d'Anissa. Puis s'installa, avec sa nouvelle petite famille dans la commune de Koumassi.

Ma mère Quant-à elle avant de connaitre mon père ; fut bannie de la famille et jeter à la porte par son géniteur sous les railleries de ces demis frères et sœurs. Tout simplement, parce qu'elle avait refusé d'épouser le Vieil ami de son père : Un riche sexagénaire.

C'était dans cette situation qu'elle connut mon père qui s'occupait d'elle à cette époque, en lui louant un studio moderne.

De cette relation idyllique, survint une grossesse inattendue qui bouleversa leur amour au point même qu'ils en vinrent à la séparation.

Heureusement, qu'elle réussit à économiser l'argent que mon feu géniteur lui donnait. Ce qui lui permit par la suite, de miser cette somme dans un concours 1 ans après ma naissance.

C'était dans cette optique qu'elle, réussit à intégrer la fonction publique en tant qu'institutrice du primaire. Et par la suite, libéra le studio que lui louait mon géniteur pour se prendre une maison à elle à Abobo Baoulé. Une maison qu'elle acheta avec son salaire d'institutrice du primaire, au fil des années.

Ce ne fut que plus tard, que ces demis frères et sœurs lui demanda un pardon factice. Parce qu'ils avaient vu qu'elle s'était maintenant faite une place sous le soleil ; contrairement à eux. Dans le but de, bénéficier de ces largesses.

Ma mère de nature magnanime, accepta leur pardon ; tout en leur aidant financièrement comme elle le pouvait.

Bref

D'ailleurs, Ce fut après sa mort c'est-à-dire lorsque j'eus mes 18 ans que mon père me récupéra chez lui à Koumassi.

Il faut dire que, la mort de ma mère n'avait pas pu été élucidée par la médecine à cette époque. Aujourd'hui je pourrais affirmer haut et fort que sa mort n'était pas naturelle. Puisqu'elle n'avait aucune maladie, qui justifiait son décès si brusque à ses 35 ans.

Après son décès, ses démis frères et sœurs qui étaient venus s'installer à fortiori dans la maison de ma défunte mère fût frappés alternativement de mort mystique par l'âme vengeresse de ma mère. Vu qu'elle voulait que ce soit moi sa fille, qui hériterait de sa maison et non de ses bourreaux et assassins de frères en complicité avec quelques tantes paternelles.

Ah l'Afrique et ses mystères !

Avant, je croyais humblement aux revenants, comme ce fut le cas pour ma feue mère. Mais cette conception sur les morts changea, lorsque je commençais à aller à l'église Evangélique et par la suite fut endoctrinée.

Bref, je continus mon récit.

Ensuite, ce fut après ce drame que les clés de la maison de ma défunte mère me, fut remises. Etant très jeune et ne pouvant pas rester toute seule dans cette maison, je fusse contrainte de rejoindre mon père pour terminer les études scolaires.

A cette époque, je faisais la classe de terminale. Sa femme Quant-à elle, avait une influence sur lui, ce qui faisait qu'on n'avait pas de bons rapports. Mais, je le comprenais parfaitement.

Une fois, chez mon père, ma sœur cadette et moi on s'entendait à merveille, on faisait presque tous ensemble. Quand sa mère me privait de nourriture, elle me rapportait son plat en catimini. Lorsqu'on me frappait elle pleurait pour moi en silence.

Anissa ma cadette, était presque ma sœur jumelle la différence ; était qu'on ne se ressemblait guère. Elle ressemblait plutôt à sa mère et moi à ma défunte mère. Mais, cette différence physique ne nous empêchait pas de s'aimer mutuellement.

Malheureusement, elle tomba enceinte à ses 18 ans de son petit-ami. Son petit ami Romaric, était à l'époque un jeune informaticien exerçant à la fonction publique qui était âgé jadis de 25 ans et était aussi issu d'une famille aisée. Il faut dire, qu'Anissa avait de la chance ! En ce moment, j'avais 19 ans.

Mon père considéra la grossesse d'Anissa hors mariage ; comme un déshonneur c'était ainsi qu'il obligea l'auteur de sa grossesse à l'épouser.

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Les parents de ce dernier entamaient rapidement les démarches pour le mariage coutumier de ma sœur cadette.

Le toqué porte, fut fait en premier lieu ! Il était décidé ; qu'après l'accouchement s'en suivrait la dot. Car chez nous, la tradition exigeait qu'on « ne dote pas une femme enceinte ».

-Mémé désolée de te couper cette fois, peux-tu me dire pourquoi on ne dote pas une femme enceinte ?

-La dot d'une femme enceinte est interdite chez nous les Akan, pour la simple raison qu'on craindrait que la femme ne meure au cours de l'accouchement.

- C'était pour une si simple raison alors, moi qui croyais qu'elle cachait une raison mystique.

- Pour d'autres traditions, je dirais oui qu'elle cache des raisons mystiques. Mais là, n'est pas la pertinence de mon histoire et sur ce que tu dois savoir. Pourrais-tu me laisser terminer mon récit ?

- Vas-y mémé, je te fatigue trop.

- Non, ce n'est rien mon bébé, c'est tout à faire normal de poser des questions.

Pendant la grossesse d'Anissa, j'étais la source de moquerie de sa mère et source d'humiliation de mon père. Parce que, ma benjamine allait épouser un homme qui venait d'une famille nantie et moi je n'avais pas encore trouvé un homme qui m'épouserais.

A chaque erreur dans les activités de la maison ; comme le ménage ou autres, mon père m'exposait et m'injuriais, je souffrais le martyr en silence et ma sœur me consolait à chaque fois que j'éclatais en sanglots.

Cette situation, dura jusqu'à ce que ma sœur conçoive sa fille nommée ketiane qui est la cousine de ta mère Samira.

Après son accouchement l'année qui suivit, Anissa fut dotée. C'était un mariage grandiose. C'était ainsi que ma cadette, quitta la maison familiale et alla vivre aux côtés de son mari dans le quartier luxueux de Cocody.

Quant-à moi je pleurais le départ d'Anissa chaque soir ; cependant on se voyait quelques rares fois lorsqu'elle venait saluer la famille. De plus elle en profitait pendant ces moments, pour me remettre quelques billets de banque secrètement. C'était ces billets qui me permirent de débuter dans un petit commerce vu que j'avais arrêté les études après l'obtention de mon baccalauréat. Parce qu'il eut une erreur sur mon extrait de naissance.

Anissa Quant-à elle, arrêta les études depuis la classe de première pour devenir une femme au foyer faute de sa grossesse.

Petit à petit, mon commerce me rapportait largement. De surcroît, ne supportant plus les humiliations de mon père et de ma marâtre. Je quittai le domicile familial, pour loger dans la maison que ma mère m'avait laissé en héritage sis à Abobo Baoulé. Et, C'est cette même maison dans laquelle nous vivions aujourd'hui. Quand je ne serais plus de ce monde, elle serait à toi.

- C'est le seul héritage que, je puisse te laisser ma puce.

-Non mémé, ne dis pas cela, tu ne vas pas mourir de sitôt, je trouverais de l'argent pour acheter tes médicaments et tu vas te rétablir.

-Tu ne peux pas comprendre ce que je vis et vois venir, ami. Bientôt tu comprendras !

Il faut dire que, mon père était contre cette décision au départ, continua mémé Evelyne. Il fut Convaincu par sa femme, la mère d'Anissa qui rêvait depuis toujours de mon départ définitif de la maison.

A Abobo dans mon nouveau quartier, je continuais mon commerce d'igname grillé et cela marchait très bien.

Ma sœur venait me voir souvent pour me raconter ces problèmes de foyer, à vrai dire elle souffrait déjà le martyr. Son mari la trompait à plusieurs reprises sous ses yeux, un sans-gêne. Connaissant mon père elle ne pouvait rien y faire, même pas pour demander le divorce.

C'était dans cette période, que je fis la rencontre de Sévérin qui était autrefois militaire en stage à Bouaké. Cependant, il venait voir sa famille sous permission à Angré. C'était ainsi que, Je fréquentais Séverin pendant six bons mois. On se voyait que, pendant ces congés sous permissions. A cette époque, il était un homme doux, gentil, protecteur. Après son stage, ce fut ainsi, qu'il m'épousa coutumièrement et je le suivis par la suite à Bouaké où il fut affecté.

Parfois, Anissa rejoignait quelques rares fois son mari lorsqu'il venait à Bouaké pour une mission de travail et en profitait pour me voir. Il faut dire que, c'était après ma dot que mon mari m'aida à ouvrir mon magasin de vêtements.

Depuis que la crise avait débuté, je n'avais plus des nouvelles de ma sœur Anissa. Croyant qu'elle était rentrée avec son mari sur Abidjan depuis. C'était, Quelques années après cette crise, que j'appris son décès par le biais de son mari au téléphone. IL m'annonça tristement, que ma sœur avait perdu la vie lors de son deuxième accouchement.

Mais, malheureusement son bébé n'avait pas survécu. Te rappelles tu, du jour que je t'avais annoncé que j'avais perdu ma sœur cadette et je me lamentais sans cesse ?

- Oui, je me rappelle mémé, en ce moment j'étais en classe de troisième, tu m'avais montré sa photo elle était très belle comme toi.

- Oui ami très belle, et c'est très difficile de perdre un membre de sa famille.

-Mais, mémé et sa fille ketiane, qu'est-ce qu'elle est devenue après la mort de sa mère ?

-Bonne question, Ketiane la cousine de ta défunte mère, s'était envolée pour la France afin de continuer les Etudes supérieure après l'obtention de son baccalauréat. C'était son père qui la fit parti en Europe. Lui-même refit sa vie quelques temps après, le décès de ma sœur cadette. Selon ce que j'aurais appris, de la bouche de mon père qui était lui aussi décédé l'an passé et ça tu le sais ; Amira.

- Tellement de décès dans ta famille. Donc mémé, si je comprends bien je n'ai plus de famille à part toi ? Demanda, avec un ton élégiaque Amira à sa grande mère.

            
            

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