-Oui, tu as raison ma fille, Je me rappelle le jour des funérailles de sa mère Anissa ; Ketiane ne voulait pas que je m'approche physiquement d'elle. Elle m'avait jeté cette phrase mortifiante à la face qui m'affecta jusqu'à présent << Ne t'approches pas de moi, mamie (ma marâtre c'est-à dire la femme de mon feu père) dit : tu es une sorcière et que c'était toi qui avais éliminé ma maman>>.
Je tentais farouchement de me défendre en lui expliquant que, je n'avais aucun pouvoir pour faire du mal à qui que ce soit ! En vain, c'était plutôt peine perdue, elle s'était enfuie après m'avoir calomnié. Je me disais qu'elle était encore une enfant, qu'avec le temps elle reviendrait à de meilleurs sentiments, mais hélas !!
Même ayant grandi, Ketiane avait gardé cette accusation factice contre moi au point même, qu'elle oublia mon existence. Sinon depuis longtemps, elle serait venue me rendre visite !
Ah Amira, qu'est-ce que j'avais fait à la vie pour souffrir ainsi ?
La seule personne qui me comprenait, après le décès de ma mère et qui me soutenait avait quitté ce monde et pire encore sa fille me détestait !
Je ne savais pas ce que j'avais fait à la femme de mon père pour qu'elle m'ait autant en haine jusqu'à m'accuser d'avoir tué ma cadette par jalousie.
La vie ne m'avait pas fait de cadeau, même mon défunt mari en qui je croyais trouver refuge et consolation était devenu mon pire ennemi.
Amira, maintenant vois-tu les retombés de perdre sa mère biologique ?
La seule personne au monde qui peut t'aimer inconditionnellement et fermer les yeux sur tes défauts !
- Oui je vois mémé, moi je n'ai pas eu cette chance de connaître ma mère, mais j'ai eu la chance de te connaître toi. Tu es la meilleure au monde, tu as joué le rôle de père et de mère pour moi, tu m'as aussi inculpé de bonnes valeurs qui resterons gravées dans ma mémoire à jamais. Pour cela, je me battrais contre vents et marrées pour trouver un bon travail afin te donner le bonheur que tu mérites depuis longtemps. Crois-moi mémé, je prie Dieu qu'il te donne longue vie seulement et tu verras.
- Tu me fais couler des larmes ma petite fille, en toi je vois ma défunte fille Samira qui fut très tôt emportée par la mort et n'a pas pu réaliser ce même désir de me rendre heureuse. C'était les mêmes phrases qu'elle m'avait dit autrefois sans savoir ; qu'elle serait la première à quitter ce monde avant moi.
Ah la mort, nul ne sait quand on partira ! C'est pour cela qu'au lieu de faire des projets, il faut remercier Dieu chaque jour pour cette grâce qu'il nous accorde, de se réveiller de notre sommeil.
Samira, avait fait des projets sans savoir ce qui lui arriverait à l'avenir. Aujourd'hui elle me manque énormément. Et heureusement, qu'elle t'a mise au monde avant de quitter ce bas monde pour me consoler de son départ éternel (Pleures).
- Ne pleure pas mémé, ce n'est pas bon pour ta santé tu sais. Si cette histoire te fait pleurer autant et rappeler de mauvais souvenirs alors, je préfère que tu arrêtes de me la conter.
- Non, je dois terminer cette histoire pour avoir la conscience tranquille, surtout respecter la dernière volonté de ta mère et mourir en paix !
-Je t'interdis de proférer de telles paroles qui révèle du pessimisme à ton endroit non, j'aimerais que tu sois optimiste. Je n'ai que toi seule au monde mémé ! Sois forte tu vas vite te rétablir, fais-le pour moi stp !
-Tu ne peux pas comprendre ma puce, stp laisse-moi terminer l'histoire stp !
-D'accord, si cela est si important allez vas-y, mais, ne pleure plus !
-D'accord, c'est compris Mais tu dois savoir que, ce n'était pas la seule personne de cœur que j'ai perdu. Il y avait aussi, ma voisine du quartier nommée "Gladys". Je reviendrais sur son cas.
Kili Lili... c'est le téléphone d'Amira qui sonne.
-Mémé, une minute stp, je vais prendre l'appel de Christina.
-Vas-y, ma puce !
-Allô, Christie
-Oui, ami tu es à quel niveau ?
- A l'hôpital, toujours !
-Tu es là-bas, depuis quelle heure ?
- 10 heures. Pourquoi cette question ?
- Pour rien, juste que je m'inquiétais. Il est 15 heures à présent, façon tu as duré là-bas tu es sûre que mémé vas bien ?
-Oui, elle va bien t'inquiète pas, on cause même à présent.
- Ah Dieu merci, Sinon je comptais venir là-bas tout à l'heure ; mais je me sens si épuisée actuellement. Imagine la marche que j'ai effectué, vu qu'il n'avait pas de voiture pour rentrer sur abobo. J'ai dû marcher de deux plateaux jusqu'à Adjamé pour ensuite avoir un mini car, pour rentrer à la maison.
- Je n'ose même pas imaginer ta fatigue à présent ma sœur, yako !
- Merci, ma puce donc je serais là demain.
- D'accord il n'y a pas de soucis !
- Okey mais Solange est car même, venir te tenir compagnie non ?
- Non oh, elle m'a envoyé un message pour m'informer que le ménage était en tas sur elle aujourd'hui. Qu'elle ne pourrait me tenir compagnie à présent, que ce serait demain !
- Ah d'accord, donc demain on serait toutes deux présentes avec toi. D'ailleurs, on se retrouvera où ?
- Vous m'appelez, comme d'habitude afin qu'on se repère.
- Ami, ça là, Je suis sûr que c'est sa tante qui la mise dans la merde aujourd'hui. Bref je vais te laisser, je dois prendre ma douche et ensuite me reposer. Je salue ta grande mère hein. A demain !
- A demain ; ma puce !
Bip Bip, puis elle raccrocha à l'appel.
-Tes amies sont très gentilles Amira, restez unies et que rien ne vous sépare. Déclara mémé Evelyne à sa petite fille.
-Oui mémé, je dirais très gentille elles sont ma deuxième famille, après toi. Maintenant, tu peux continuer ton récit.
En vérité, J'avais souffert, sans mon commerce de vêtements je n'aurais pas pu tenir dans ce ménage. Puisque ce dernier, me rationnais selon ses humeurs. Maintenant qu'il était mort, je devrais faire face toute seule à l'éducation de ma fille.
Tirée aussitôt de mes pensées par la doublure d'intensité des mêmes coups de portes, j'avançais à grand pas vers le portail avec un couteau en main, tout en demandant avec un air chevrotant à mon interlocuteur mystérieux :
- Qui est là ?
- Voisine, c'est Gladys ouvre moi stp !
Ayant Ouïe le nom de ma voisine, je baissai en toute hâte la garde, et rangeai mon couteau pour ouvrir la porte. Dès que j'ouvris la porte, ce que je vis me glaça le sang.
- Gladys, mon Dieu Qu'est-ce qui lui était arrivé ?
- Voisine pourrais-tu me laisser rentrer chez toi stp ? m'implorais Gladys en larmes.
Tellement choquée par la scène qui s'offrait à moi, j'oubliais d'inviter la pauvre dame à rentrer chez moi.
- Désolé Gladys stp entre ! Lui priais-je tout en l'aidant à porter le cadavre du défunt.
A peine rentrées, que ta feue mère fit son apparition devant le corps du défunt, couché à même le sol.
- Maman, tonton Jules est aussi parti comme papa ?
- Rentre immédiatement dans la chambre et fais comme si tu n'avais rien vu ! lui criais-je d'un ton sévère.
Voyant mon air fâcheuse et triste elle sut aussitôt que ce n'était pas de la badinerie alors, elle se faufila en une fraction de seconde dans la chambre qui était juste en face du salon.
Moi, la regardant partir, telle une détective, j'assaillais rapidement Gladys avec une série de questions ; afin de savoir comment était mort son mari.
Gladys chialant abondement, me relata comment cet incident était arrivé.
-J'étais avec Jules dans la chambre. Moi, posée sur le lit en pleine réflexion et jules sur une chaise en face du lit tout en feuilletant un livre qu'il tenait en main.