Chapitre 2 Un amour inavoué

*** Riade ***

Le réveil retentit, me plongeant dans une sensation électrique. Misère de misère. Je quitte le lit, encore noyée de sommeil. Je me sens tellement mal, mais je n'ai pas le choix, car aujourd'hui, c'est école, donc pas la peine de jouer la paresseuse.

Marlène est sans doute encore fâchée contre moi. C'est vrai, ma conscience me gronde ; je n'aurais pas dû autant m'introvertir dans sa relation en essayant de lui donner des conseils. Dégourdie, je divague moralement et lance un soupir profond.

- Hhahhhh, Marlène, pardonne-moi, lançai-je d'un air farouche.

Je me rends dans ma salle de bains après m'être débarrassée de mon pyjama. L'eau est excellente, très froide, pour me débarrasser de toutes mes écailles pointues. J'espère ne pas me disputer avec quelqu'un une fois arrivée au lycée.

Étant sèche, je mets ma tenue, en berçant tout doucement mes oreilles de ma voix angélique, tout en observant l'horloge.

Au fur et à mesure que je traîne, l'heure n'avance que gentiment. À bas les retards! Je quitte ma chambre, le sac mal arrangé. En pressant le pas, je trouve ma mère déjà à table, prenant le petit déjeuner, qui m'invite aussitôt à la rejoindre.

- Riade, mon amour, tu viens déjeuner ? me propose-t-elle en mâchant du pain garni de miel.

- Non, maman, je risque d'être en retard si j'accepte. Je jette un œil sur ma montre pendant quelques secondes. Je tends les yeux vers ma mère. Fhum, désolée, je dois vraiment partir, je te souhaite une bonne journée.

Je prends l'enveloppe d'argent sur la table, puis je me précipite vers la sortie, mais elle me relance en insistant.

- Mais allons, chérie, ce ne sont pas deux petites minutes qui te mettront en retard, voyons ! insiste-t-elle, bien déterminée.

Je me précipite vers elle, avec le sourire aux lèvres, lui donnant un énorme baiser de reconnaissance et d'amour. Elle me fait aussitôt un sourire.

- Merci, ma prunelle, passe une merveilleuse journée et surtout, apporte-moi d'excellentes notes ce trimestre, d'accord ?

- Promis, maman, réponds-je, surexcitée. Subitement, je cesse de sourire et m'éloigne d'elle tout doucement vers la sortie, sans dire un mot.

Des idées sombres refont surface dans ma tête. Elle comprend tout de suite que quelque chose ne va pas. Son sourire volé se transforme en inquiétude, et elle me relance.

- Riade, est-ce que ça va ? demande-t-elle.

- ... mm... maman, je suis désolée, à bientôt, je dois... vraiment partir.

Je marche à reculons vers la sortie. Les souvenirs refont surface. Je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à accepter la séparation de mon père et de ma mère. Dans le jardin, je continue à marcher jusqu'au goudron. Étant seule dans la pièce, l'appétit coupé, elle murmure :

- Que se passe-t-il avec cette enfant ?

Dès lors, elle quitte la table, prenant avec elle les aliments, les assiettes et les verres pour les ranger dans la cuisine. Bientôt, elle doit se rendre à son travail, donc elle fait tout avec précipitation afin de ne pas arriver en retard.

La ruelle est bondée de monde ; il y a des hommes à pied, des femmes à pied et des enfants qui s'accrochent à leurs parents. Quant à moi, je suis démoralisée, triste d'être loin de mon père, car je n'ai aucune idée de ce qu'il devient maintenant ou s'il s'est peut-être remarried avec une autre femme.

**6:20 PM**

Quelques minutes plus tard, j'arrive à l'école. Petit à petit, mon mal se dissipe. Marlène est la première personne que je veux voir, car j'ai prévu de m'excuser auprès d'elle à cause de mon comportement inadéquat, un peu trop sévère à son égard que j'ai affiché hier.

Quand je pénètre dans la classe, elle n'y est pas. Je me sens aussitôt vide de cette énorme énergie qui m'animait. Furieusement, j'éclate dans ma bulle.

- Zut ! J'espère qu'elle est déjà en route. Ah, j'espère qu'elle va me pardonner ! Mince.

Je me sens mal de lui avoir mal parlé hier. Malgré cette petite mésentente entre elle et moi, je la veux avec un mec bien meilleur que ce chenapan coureur de jupons.

Hier soir, je me rappelle avoir trop bu. Malheureusement, j'ai encore des migraines qui me donnent des coups violents dans la tête.

Une heure passe, je jette un œil sur mon portable. L'heure du premier cours approche à grands pas ; j'ai l'impression que le temps file très vite.

- Mais pourquoi elle n'arrive pas ? Il est bientôt 8 heures pourtant, me dis-je. Non, je dois vérifier ça.

Je me déplace discrètement, me retournant doucement en espérant ne pas voir d'enseignant. Je reviens vers mon téléphone qui montre son petit bout de museau sortant de mon sac à dos.

Je consulte ma liste de contacts, puis je compose le numéro de Marlène, qui sonne à peine. Je fais le même processus plusieurs fois sans aucun succès.

- Pourquoi elle ne décroche pas ? me dis-je, après de vaines tentatives. Ôh mon Dieu, peut-être qu'elle m'a bloquée ? Non, je ne pense pas qu'elle ferait un truc pareil.

Je suis intriguée par ce silence, étrange et très inhabituel. Le temps file et, à chaque minute qui passe, le premier cours s'annonce.

- Étrange, j'espère qu'elle va bien, dis-je en pensant aux plus profonds de mon cœur.

Ce pressentiment n'est pas dans mes habitudes. Bref, c'est nul de penser à quelque chose de négatif à chaque fois. Je suis à bout, je ne sais plus quoi penser de tout ça maintenant.

Je regrette tellement mes agissements, et j'ai du mal à rester saine d'esprit. Je ne parviens pas à rester calme ; j'ai une impression étrange qui m'anime. Quelque chose, mais quoi ?

Mes pressentiments n'ont jamais été nuls ; ils se réalisent toujours, et c'est ça qui me fait aussi peur.

Bientôt, la cloche retentit, et il n'y a pas de Marlène en vue. Soudain, en me retournant, par hasard, je croise le regard de Christian. Je me retourne aussi vite que je peux.

- Pourquoi me regarde-t-il de cette façon ? murmure-je doucement, sans que personne ne m'entende.

Je ne veux pas être impulsive, mais plus je repense à Marlène, plus je ressens le pire arriver. Je suis très inquiète à son propos ; cette inquiétude me domine. Je retente une nouvelle fois son numéro, mais il ne sonne pas.

Soudain, deux hommes entrent dans la salle de classe après la sonnerie. Je range rapidement mon téléphone dans mon sac et prends une meilleure pose.

J'ai aussitôt reconnu le surveillant, Monsieur Alexandre Dumas, et l'autre homme, Cabral, que je ne connais pas très bien. D'ailleurs, je n'ai pas non plus envie de le connaître de toute façon.

- Encore eux, merde ! lançai-je d'une voix désagréable.

Pendant ce temps, je suis perdu, préoccupée par autre chose, et très stressée. Les deux hommes veulent s'entretenir avec toute la classe, occupant chacun leur place respective.

- Bonjour à tous ! lance le surveillant Alexandre Dumas, portant sur son visage un air triste. Nous avons une mauvaise nouvelle, chers enfants.

Soudain, je suis interpellée par ce message. Je me demande ce que ces types essaient de dire.

- Qu'est-ce qu'il raconte, celui-là ? murmure-je dans le silence.

Aussitôt, l'ambiance se calme. Je me redresse normalement pour écouter ce qu'ils ont à nous dire. Leurs visages montrent que ce qu'ils ont à nous annoncer est vraiment sérieux.

- Comme vous l'avez si bien entendu, Monsieur Alexandre, rétorque Cabral, nous avons le regret de vous annoncer le décès de Mademoiselle Marlène Louisiane du Forchet, décédée par balle hier soir. Son corps a été retrouvé dans la ruelle du 16ème ! Une enquête vient d'être ouverte à ce sujet, et nous espérons retrouver les assassins !

- Non ! m'écriai-je en sanglots, le regard inondé de larmes, qui coulent en moi tel un ruisseau.

Des frissons me parcourent. Je sens aussitôt dans ma tête un vertige, un effondrement progressif se manifester dans mon crâne.

Je n'arrive pas à croire cette histoire. Rien de ce que les deux hommes disent sur Marlène n'est vrai, pour moi ce ne sont que des bobards.

- Non, ne me dites pas que c'est vrai, je n'y crois pas ! C'est de la pure invention ! Pas Marlène, non, elle ne peut pas être morte ! m'écriai-je en sanglots, non !

Je hurle, j'éclate et je verse toutes les larmes de mon être. Je veux des réponses à ce moment-là, des réponses qui ne viennent pas. À ma place sur mon banc, je cogite comme une malade. De ma vie, je n'ai jamais été autant touchée. Ne plus jamais revoir Marlène me tranche le cœur.

- Non, ce n'est pas vrai ! lançai-je à nouveau. Non, pas elle ! Pas Marlène, non ! Pourquoi, pourquoi si tôt ? Je n'ai même pas eu le temps de m'excuser auprès d'elle. Marlène, reviens s'il te plaît !

Les deux hommes, après avoir créé cette effervescence dans la classe, s'en vont. Tandis que Christian m'observe depuis un bout de la salle avec beaucoup d'attention, sans éveiller de soupçon.

Compatissant, il vient vers moi, me trouvant à ma table, portant sur son visage un regard triste, compatissant et réconfortant.

- Salut Riade ! lance-t-il dans le silence que je fais régner entre nous.

- ...

Silence radio. Je n'ose pas ouvrir la bouche, de peur de me faire encore plus de mal. Je suis mal dans ma peau, je ne suis plus moi-même. Je deviens une autre personne, loin de la Riade que j'étais il y a une demi-heure.

J'en ai plutôt marre qu'il soit là, en face de moi, à me regarder sans ouvrir la bouche. Entre ses mains, il a un mouchoir qu'il tient très fortement.

Il hésite depuis un moment pour le faire, mais il finit par poser sa main glacée sur mon visage, essuyant les larmes qui coulent avec délicatesse.

Je suis noyée de questions, je me fous de tout, je veux savoir ce qui s'est réellement passé. C'est horrible ce qui arrive à Marlène. Pour quelle raison s'est-elle fait tuer de cette manière ? Les questions me pèsent lourd dans la tête, telles des ballons remplis d'eau, prêts à éclater.

Christian profite de ma faiblesse en caressant mes cheveux tout doucement, jusqu'à la dernière mèche, mais il m'est impossible d'arrêter de pleurer. Il ne laisse jamais le temps aux larmes de mes yeux d'y séjourner et me lance d'une voix fraîche.

- Riade, ça va aller, mais tu dois maintenant arrêter de pleurer, s'il te plaît, lance-t-il en me consolant.

- Christian, dis-je, le visage froissé, les yeux pleins de larmes. Je tends mes yeux vers lui et dis : rien ne va, Christian. Baisant de nouveau les yeux, je replonge dans les questions auxquelles je n'ai pas de réponses.

- Riade, je sais à quel point toi et Marlène vous étiez proches, mais tu ne dois pas te faire du mal à ce point, dit-il en ouvrant grand les yeux.

- Elle est morte, Christian, donc je ne devrais pas pleurer pour ça ? lui demande-je en serrant mes lèvres supérieure et inférieure l'une contre l'autre.

- Non, je n'ai pas dit ça. Ta santé compte beaucoup... Elle compte énormément pour moi, Riade, me dit-il en me regardant avec affection et des yeux pétillants.

- Dis-moi, Christian, tu crois qu'elle est vraiment morte ? demandai-je, sachant en âme et conscience la vérité.

Confus, il me jette un regard perdu, perplexe, qui me fait redescendre sur terre.

- Riade, sache que pour moi, Marlène vivra toujours dans nos cœurs. Elle est gravée à jamais dans nos mémoires, tu comprends ?

- Merci, Christian. C'est gentil, tu sais. C'est ça dont j'avais besoin, merci.

- Ce n'est rien, Riade. Allez, viens dans mes bras.

Aussitôt, il me prend dans ses bras, et je me sens tout d'un coup en sécurité et très à l'aise. C'est ce qu'il me fallait. Il a su être pour moi un très bon ami pendant ce moment difficile.

De près ou de loin, Lolita nous observe. Elle semble énervée et n'arrive pas à avaler cette scène, me voyant enlacée par son petit ami.

Sa jalousie de me voir dans les bras de Christian monte très fort dans sa tête. Elle me haït parce que son mec pourrait avoir des vues sur moi. Elle dit furieusement :

- Que fait cette fille avec mon mec ? Merde, elle va voir de quel bois je me chauffe ! dit-elle d'une voix basse sans éveiller les regards, et elle décide de se faire remarquer.

Elle surgit sans se gêner vers nous, et, d'un ton rageur, elle dit en posant sa main sur l'épaule de Christian, qui sursaute à sa vue. Entre-temps, je me retire de ses bras.

- Christian, tu viens ! Tu as promis de m'aider avec les devoirs ce soir, dit-elle, mourante de jalousie.

Il lève les yeux vers Lolita, confus, et dit :

- Lolita, de grâce, ne vois-tu pas que je suis avec Riade ? Elle a besoin de réconfort en ce moment, elle a perdu sa meilleure amie.

- Qu'est-ce que tu racontes, Christian ? Mais tu me l'avais promis, voyons ! dit-elle.

- Arrête d'être aussi insensible, Lolita. Ne vois-tu pas qu'elle a besoin de réconfort ?

La situation devient très gênante. Ce n'est pas mon intention de gâcher leur petit truc organisé entre eux, alors je trouve mieux de réagir avant que tout ne s'envenime.

- Christian, tu vas le faire, d'accord ? Je ne veux pas être la cause de vos problèmes de couple. S'il te plaît, je peux me débrouiller toute seule, lançai-je.

- Mais Riade, elle peut bien se débrouiller, n'est-ce pas, Lolita ?

Il se retourne vers elle, croyant qu'elle va accepter ça comme ça. Elle reste sur sa décision.

- Tu me l'as promis, Christian, répond-elle en fronçant les sourcils.

- Christian, j'insiste, je peux vraiment me débrouiller toute seule, dis-je en insistant.

Devant sa petite copine, il n'hésite pas à me donner un baiser sur le front avant de partir.

- Merci, Riade. Prends bien soin de toi, s'il te plaît, appelle-moi, d'accord ?

Il pose une note de papier sur la table. Je la prends en souriant, nourrie d'espoir que je vais vraiment l'appeler.

- Ouais, je le ferai. Merci d'avoir été là pour moi, Christian.

- À bientôt, Riade !

Je lui fais un au revoir fade de la main, puis je replonge dans le gouffre du malheur :

**Mes pensées :** C'est difficile et en même temps dur à croire, cette tragédie.

****** LOLITA ******

Je marche avec lui comme si je l'avais forcé à le faire. Il me tient la main de façon négligée ; ça se voit qu'il veut rester avec cette peste de Riade. Il pense vraiment que je suis une idiote pour croire en ses bonnes intentions. Meuh meuh meuh par ici ! Meuh meuh meuh par là ! Le con !

Ce qu'il oublie, c'est qu'il l'a déjà fait avec moi auparavant. Ce qu'il ne sait pas, c'est que je ne suis pas dupe. J'en sais beaucoup sur lui et ses intentions. Cependant, je l'arrête avec ma main, le forçant à ne faire plus aucun pas. Il se retourne vers moi, énervé, les sourcils froncés.

- Tu penses que je ne suis pas au courant ? lançai-je en hurlant haut et fort sur lui.

- Au courant de quoi, Lolita ? De grâce, je ne suis pas d'humeur, d'accord ? dit-il en évitant la question.

- Tu fantasmes sur elle, n'est-ce pas, Christian ? Tu la désires autant que moi ? Qu'a-t-elle de mieux que moi, sale porc ?

Je suis insistante dans mes questions, je veux découvrir la vérité, mais il ne me facilite pas la tâche. Il semble très difficile à faire avouer ce que je veux entendre de sa propre bouche.

- Lolita, arrête de t'énerver pour rien, ce n'est pas le moment, se défend-il en passant plusieurs fois sa main sur son visage d'hypocrite.

- Bien sûr que je vais m'énerver, connard ! Tu pensais à quoi, Christian ? Tu crois que je n'ai pas vu ton jeu ?

- Mais de quel jeu parles-tu encore, Lolita ? demande-t-il en jouant l'innocent.

- Avoue-le maintenant et qu'on en finisse. Tu désires cette fille, c'est ça ? Tu penses que je ne vois pas à quel point tu es doux et attentionné avec elle ? demandai-je en lui faisant face, droit dans les yeux. Nerveux, il détourne le regard.

- Lolita, arrête d'imaginer des trucs, je voulais juste l'aider, c'est tout, affirme-t-il sans dédain.

- Wouah, bravo ! Tu n'as pas honte de mentir, toi ? Non mais tu fais exprès ou quoi ? hurlai-je avec rage.

- Mais non, je te promets. Ah, je vois, je comprends, c'est parce que tu es jalouse !

- Non, tu ne comprends rien, imbécile. Moi, jalouse ? lui demandai-je, surprise.

- Oui, tu es jalouse, Lolita. Sinon, pourquoi te comportes-tu comme une fille obsédée ?

- Non mais attends, moi, jalouse de cette fille ? Tu me traites d'obsédée ? Donc pour toi, je dois avaler ça juste comme ça et te laisser vous foutre de moi ?

- Mais non, Lolita, voyons !

- Tu sais quoi ? Je te déteste, Christian !

- Lolita, de grâce, nous sommes en pleine rue. Tu peux te calmer une minute ?

- C'est toi qui vas te taire, imbécile !

- Bien, ça va. Écoute, je t'invite à prendre un café à côté et, une fois là-bas, on va mieux discuter, d'accord ?

- Tu iras seul, pauvre con, va t'en ! Misérable !

Non mais, il n'a aucune valeur, ce gars. En plus d'être pris en flagrant délit, il continue de nier encore et encore. Le salaud ! J'ai plus envie d'en discuter avec lui.

Étant très furieuse, je prends un autre chemin, tandis qu'il reste cloué sur le goudron, sans faire un pas, me regardant m'éloigner. Il hausse subitement les épaules en disant :

- Elle est vraiment folle, cette fille, dit-il en prenant un autre chemin pour rentrer chez lui.

Voix de l'auteur : « Il ne semble pas être affecté par la moindre des choses qui se sont passées entre lui et moi. Plus je m'éloigne de lui, plus je regrette mon acte. Je me sens très mal sur le chemin, je suis triste, mais ça valait le coup de le faire réfléchir ».

***** Riade *****

Après le cours, je prends le chemin pour rentrer chez moi, marchant nonchalamment dans les belles rues de Paris à la conquête d'un métro.

Il me manque quelque chose : «Marlène» Pour la première fois de ma vie , je marche seule ...Je sens un vide en moi, je le sens pétrir sans arrêt dans mon cœur.

Il y a un soleil immense à 40° qui pourrait certainement nous frire. Pour moi, c'est vraiment abominable. De plus en plus, cela devient très douloureux de porter cette douleur dans mon cœur. Quand je pense qu'avant la mort de Marlène, nous nous baladions toujours après les cours juste pour ne pas rentrer chez nous, cela me donne envie de pleurer à chaudes larmes, mais je m'en abstiens.

Nous avions pour habitude de vagabonder de restos en restos. Quand je pense que tout ça est fini, mon cœur se fissure et commence à saigner.

Tout est maintenant différent. Qui aurait cru qu'un jour, moi, Riade, j'allais faire une ligne droite ? Je suis complètement anéantie rien qu'en y pensant.

Dans le métro, je monte, seule avec mon sac posé sur mes cuisses, regardant les rues défiler. Quand soudain, je sens ce liquide rejaillir à nouveau de mes yeux, tout doucement, coulant sans arrêt. J'ai les yeux rivés sur les vitres pendant ce temps-là.

J'essaie de cacher mon regard durant le trajet. Au premier arrêt, je descends et continue à marcher dans le vide, sans compter le nombre de mes pas.

J'arrive aussitôt chez moi sans m'en rendre compte. Il y a ma mère qui fait un barbecue avec ses amies dans le jardin.

Ma mère, toute joyeuse et heureuse de me voir, tient une bouteille de limonade dans ses mains. Elle vient vers moi, se tenant droite et me lançant un regard perçant, demandeur.

Elle a sans doute le pressentiment qu'il y a quelque chose de pas normal dans mon comportement et ça c'est depuis ce matin.

Voix de l'auteur: « C'est à savoir si Riade lui dira ce qui se passe »

            
            

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