Chapitre 4 Seduire mon prof

Ma propre mère est-elle vraiment mon alliée ? Sinon, pourquoi faire des conclusions hâtives ? Je me demande si elle est vraiment ma vraie mère, ou si c'est l'alcool qui la fait réagir de la sorte.

D'abord, ma mère a une haleine qui pue très fort l'alcool, ce qui me donne envie de vomir. Elle me secoue comme une marionnette.

- Riade, réponds-moi pour l'amour de Dieu !

De ma vie, je n'ai jamais été traumatisée. Qui aurait imaginé qu'un jour, elle pourrait croire que je serais capable de tuer quelqu'un ? C'est dingue.

J'hurle très fort pour qu'elle entende raison, qu'elle arrête avec ses questions obscures.

- Maman, tu vas m'écouter, oui ?

Elle respire très fort.

- Oui, réponds-moi !

Je la regarde avec mépris. Après qu'elle se soit un peu calmée, elle me relance.

- Tu as tué qui, Riade ? Dis-moi avant que je ne...

- Assez ! m'écriai-je. Oui, assez, ça suffit, maman ! Ordonnais-je de fermer sa putain de gueule.

Je veux me faire entendre, mais à ce stade, elle ne me donne pas cette opportunité. Je m'enrage aussi vite que je peux poursuivre la discussion.

- C'est Marlène qui est morte, maman. Donc pour toi, je peux tuer ?

- Attends, du calme, Riade. Tu n'as vraiment tué personne ?

- Je ne sais pas si je dois vraiment t'appeler maman. Tu penses que je serais capable de tuer ?

- Écoute, mon cœur, non, jamais. Ne te fâche pas, j'avais peur que tu aies fait une bêtise, dit-elle.

- J'ai 25 ans, maman. Donc pour toi, je peux encore faire des bêtises ?

- Je n'ai pas dit ça. Il n'y a pas d'âge quand un individu commet un crime, ma chérie.

- J'ai envie de te foutre à la porte, maman. Tu ne mérites pas d'être ma mère.

- Mais arrête ! Je suis ta mère, donc je ne devrais pas m'en faire ? Et si c'était vrai, d'abord ?

- Stoppe ! m'écriai-je. Arrête de parler de meurtre, s'il te plaît, maman.

Je craque, éclatant de sanglots. Ma mère est folle, elle est vraiment folle. Je peux sentir qu'elle est sous l'emprise de l'alcool, et je le sens sur cette femme alcoolique.

Dans le silence, elle se ressaisit et me relance en s'excusant: «Je suis désolée, mon cœur, je suis désolée pour tout à l'heure » s'excuse-t-elle.

- Maman, tu es folle, oui, tu es vraiment folle, et je vois que j'ai mal fait de te parler de mes affaires. Maman, tu es folle... m'écriai-je.

- Je suis désolée, Riade, crois-moi. Bref, dis-moi comment ta copine est morte.

- Ce n'est pas important, et d'abord, qu'est-ce que ça peut te faire ? Où sont tes copines, la pute ?

- S'il te plaît, n'insulte pas mes amies et encore moins moi . Dis-le-moi, je partage ta peine, et c'est vrai.

- Je ne sais pas... Je ne sais pas, maman. Je crois qu'elle a été tuée par balle ! On a dit que c'était un règlement de comptes, mais connaissant son caractère, elle me dirait cela.

- Oh, je suis vraiment désolée, Riade, je ne savais pas. Mais si elle te le cachait depuis le début ?

Je réfléchis un instant.

- Maman, elle était ma meilleure amie, et elle ne me cacherait jamais un truc pareil.

- Écoute, ne le prends pas mal, mais elle est déjà MORTE.

- Quoi ?

- Mais bien sûr, elle ne reviendra pas à la vie, il faut le comprendre comme ça.

- Maman, tu t'entends parler là ? demandai-je.

- Riade, ne me regarde pas de cette façon. Je n'ai fait que dire la vérité, tu dois aller de l'avant.

- Maman ?

- Riade, je ne veux que ton bien.

- Maman, elle était ma meilleure amie. Tu ne peux pas comprendre ça ? Elle était tout pour moi, nous étions inséparables. Maman, s'il te plaît, sors de ma chambre.

- Quoi, je sors de ta chambre ? demande-t-elle.

- Oui, maman, va-t'en, je ne veux plus te voir. Dégage, s'il te plaît !

- Donc, tu mets ta mère dehors ?

- Va-t'en, maman, je t'en supplie. Je veux être seule. Va-t'en, sniff sniff ! m'écriai-je.

- Très bien, je vais m'en aller. Je te pose cette dernière question : tu descends, oui ou non ?

- Non, je préfère pas. Va-t'en, s'il te plaît, et laisse-moi tranquille !

Furieuse, elle se retire de mon lit, se tenant devant moi, le visage froissé. Elle décide de se retourner et de partir sans dire un mot. Au pas de la porte, elle s'arrête et me dit :

- Bah tant mieux pour toi. Quand tu auras faim, tu descendras de toute façon. Quant à moi, j'en ai assez de tes crises d'ado, ça m'énerve ! s'écrie-t-elle.

- Oui, c'est ça ! Va-t'en !

Elle s'en va en me claquant très fort la porte au nez. Aussitôt, la porte s'ouvre à cause de la pression.

Je referme la porte.

- Pourquoi ai-je une maman pareille ? Jamais je ne ferai de bonnes choses dans ma vie ! Jamais !

Tout ce qui compte pour ma mère, c'est elle. Elle ne se préoccupe de personne d'autre qu'elle. Tout ça me dégoûte ; elle me fait honte, j'ai vraiment honte d'être sa fille.

La seule chose que je veux, c'est que ma pote sache que j'ai toujours été une amie pour elle. Avec Marlène, c'était de la vraie amitié, sans arrière-pensée .

Ma mère ne sait rien faire à part se prostituer et se pavaner tard dans la nuit dans les rues de Paris ou dans les boîtes de nuit à la recherche de clients.

Elle ne fait rien d'excellent de sa vie de merde, à part se mêler de la vie des gens avec ses deux amies : Ses copines sont cette bande de commères noyé d'hypocrisie dans leur sang empoisonné.

Je n'ai aucun doute qu'elles sont celles qui poussent ma mère à l'erreur, mais je ferai tout pour les éloigner.

J'ai l'intention de détruire leur amitié.

Mon père s'est séparé de ma mère à cause des sorties nocturnes, alcool, hommes douteux.

*** Alberta ***

Ma fille, avec son caractère de mouton, croit-elle à la vraie amitié en ses jours du 21 ème siècle ? Pense-t-elle vraiment avoir eu une amie ? Mon œil !

Je ne comprends pas pourquoi elle s'entête à être aussi bornée. Je ne comprends pas sa façon de se comporter avec moi, sa mère, qui me suis sacrifiée pendant des années pour lui offrir une vie stable.

Je me suis toujours privée d'une vie saine uniquement pour la voir heureuse, mais cette imbécile m'a montré le contraire d'une de ses vraies couleurs.

Riade en fait beaucoup trop. Si ça continue comme ça, je pense que je vais péter un câble avec elle.

De toute façon, je risque de la mettre à la porte si elle se croit grande ou de l'amener au bled. Qu'elle se paye un appartement ! Pour qui se prend-elle à la fin ? Forte à toujours m'insulter de manière hostile ?

Je me dirige vers le jardin, vers mon petit groupe d'amies. Elles ont déjà commencé à manger, tandis que moi, je suis vraiment au bout de mes nerfs. En vociférant, je marche et prends place à côté d'Anaïs, qui ressent ma mine avachie.

- Qu'est-ce qu'il y a, ma chérie ? me demande Anaïs.

- Elle m'énerve, cette fille. Elle croit qu' parce qu'elle a 25 ans, elle peut m'humilier à tout bout de champ ! dis-je.

Je suis nerveuse tandis que les yeux sont complètement rivés sur moi, lance aussitôt Madame Rodriguez.

- Ma chère, qu'est-ce qui se passe encore avec ta fille ? Elle refuse de venir dîner avec nous ? demande-t-elle.

- Il se trouve que cette petite sotte est allée un peu, je dirais, beaucoup trop loin avec moi. Sur ce coup, je risque de vraiment péter un câble, retiens-moi s'il te plaît, réponds-je colériquement.

Anaïs Latour me lance un regard critique en buvant son verre.

- Ma chérie, c'est ainsi que les jeunes filles sont, tu n'y peux rien, dit-elle.

Aussitôt, elle en rigole. Je ne suis pas d'humeur à supporter les crises d'une ado. Moi, en Afrique, elle aurait déjà trouvé un homme qui lui donnerait des enfants, un foyer.

Je suis perdue, exaspérée. J'ai l'appétit coupé tandis que les deux femmes s'empiffrent de nourriture.

Je m'assois.

- Mais attendez, pourquoi riez-vous les filles ? Ce n'est vraiment pas drôle. Cette fille me fatigue ; je risque de l'amener dans un bled au Burkina ou chez des indigènes, crois-moi.

- Oh, mais non, ma très chère Alberta, ta fille est une enfant, voyons. Elle y mourra entre les mains de ces gens. Mais dis-moi, ta fille ne t'en voudra pas de quelque chose ?

- Je ne sais pas, je suis confuse. Cette fille va me tuer. Je me demande aussi si elle ne connaît pas les hommes ! réponds-je en secouant la tête.

Aussitôt, les deux femmes éclatent de rire, moi, confuse, sans dire un mot. Anaïs Latour me lance :

- Toi, à cet âge, étais-tu encore vierge ? demande-t-elle.

Ce n'est pas le moment, mais je ris. Ces deux femmes sont vraiment de mèche avec ma fille, toujours prêtes à la défendre.

Elles ont tous les moyens pour me faire sourire, même si ce n'est vraiment pas le moment.

- Non, Anaïs, s'il te plaît, lançai-je. Là, c'est différent. Je n'ai pas les moyens ; j'étais obligée de me prostituer pour gagner ma vie. Tu connais ma vie, Anaïs.

- Donc, tu refuses que ta fille puisse mener la même vie que la tienne ? demande Rachelle Rodriguez.

- Mais bien sûr ! Voudrais-tu que ta fille Anastasie fasse la même chose que nous ? Tu sais très bien, Rachelle, que la vie est tellement difficile qu'on est parfois obligées de faire certaines choses. Je ne veux pas que ma fille vive cette vie de merde.

- Quand tu t'es mariée, ça ne t'a quand même pas empêchée de cocufier ton homme. Tu couchais avec d'autres hommes, même dans le foyer, rigole Anaïs.

Je souris.

- Hmmm, je regrette, mais je n'avais pas le choix. D'ailleurs, ce n'était pas mon mari, mais un simple concubin. Il était si jaloux qu'il ne voulait pas continuer cette relation. Bah, je m'en fous de lui, qu'il s'en aille au diable !

- Mais pourquoi raconte-t-on qu'il t'a épousée ? demanda Anaïs.

- Ce con ne m'a jamais épousée, croyez-moi, réponds-je.

- Non mais, ce n'est pas vrai, Alberta ? demande Rachelle Rodriguez.

- Donc il mentait, oh mon Dieu ! s'écrie Anaïs Latour.

- Écoutez les filles, pouvons-nous changer de sujet et parler d'autre chose ? Vous savez, ma vie est un livre sombre, pas facile à raconter.

- Oui, pourquoi pas. Sinon, il y a Asas qui a demandé après toi, Alberta ! Figure-toi qu'il voulait venir avec nous. Ma chérie, tu dois le prendre en considération ; il est jeune et beau, tu ne dois pas rater ça, dit Rachelle Rodriguez.

- Vraiment, les filles ? réponds-je d'une voix coquine.

- Oui, ma chère, Asas est amoureux de toi. Saisis cette chance, ma grande, il est trop mignon, ce mec, rigole Anaïs.

- Rho les filles, ce n'est pas génial ça ? demande Rachelle Rodriguez.

- Bien sûr ! Vous avez bien fait. Ne vous inquiétez pas, je gère, il mangera dans ma main, ce gamin ! réponds-je.

Aussitôt, nous rions, et l'ambiance devient très vite conviviale et chaleureuse. J'ai hâte de voir Asas, le jeune de 28 ans, très mature moralement ; c'est dans la poche.

- Ne t'en fais pas, demain je l'emmènerai avant d'aller au snack, promis. Je dois avouer que ce petit aime bien les femmes mûres, dit Anaïs en rigolant, titubant de joie.

- Oh merci, ma belle ! Un toast ? proposai-je.

- Oui.

***3 Days LATER*** Riade.

**8:40 AM**

C'est un nouveau jour. Le soleil filtre une nuance sombre à travers les nuages assombrissants, propageant d'énormes éclairs blancs. Aujourd'hui, c'est l'enterrement de Marlène. J'ai prévu d'y aller malgré le refus de ma mère. Elle déteste voir du noir et entendre parler de mort.

Je descends de mon lit, portant seulement une petite culotte. Je sens un courant d'air passer. Je vais vérifier la fenêtre. Je me rends compte qu'elle est à peine fermée.

- Saperlipopette, ce n'était pas fermé ! m'écriai-je.

Je ferme la fenêtre tout doucement, puis je vais me déshabiller. J'entre dans les toilettes pour me relaxer.

- Ahhh ! lançai-je en poussant un profond soupir. J'espère que je ne vais pas pleurer une fois là-bas. Je dois être forte.

Soudain, j'ai envie d'éclater en sanglots. Je me précipite jusqu'à ma chambre. Dans ma lingerie, je sors cette robe noire, tout noire.

Je humile cette robe, et des souvenirs lointains resurgissent dans ma tête. Insensible, je ne suis pas. Je dépose la robe sur mon lit. Je sombre lentement vers le sol froid carrelé, dos contre le mur, assise à terre, en laissant couler mes larmes.

- Non, pourquoi moi ? Pourquoi ? Marlène, je suis tellement désolée !

Je me relève en hâte, trépignant d'impatience. J'allais rater la cérémonie de prière si je ne me bougeais pas le cul. Je mets ma robe noire et prends mon sac à main.

Une fois dans la rue, je lève les yeux vers le ciel. Le vent devient de plus en plus fort. Soudain, un taxi s'arrête et la vitre descend.

- Mademoiselle, je vous dépose ? propose un homme en cravate grise.

Je jette mon regard vers la voix, je souris à peine puis hoche la tête. Tout excité, le monsieur ouvre la portière.

- Allez, madame, venez, il va pleuvoir, sauf si vous ne voulez pas de mon aide.

Je m'approche de lui, entre dans la voiture et referme la portière. Je tends mon visage en lui remerciant.

- Merci, monsieur.

- Alors, vous allez où ?

- Je me rends à la rue du repos , au cimetière du Père Lachaise.

- Mmmmm, ouais, je connais. Mmmmm, bien sûr ! me répond-il en mâchant du chewing-gum.

- Merci beaucoup, monsieur.

- Ha oui, ça va, jeune fille. Je m'y rends aussi, tu sais. Hummm, j'y vais pour prendre des amies à la Maison Blanche.

Ce monsieur respire la joie de vivre, tandis que tout est différent pour moi. Il me parle de son épouse.

- Jeune fille, sais-tu qu'une femme peut parfois être très têtue et dérangeante ?

- Heu, non, c'est la première fois que j'entends ça, réponds-je de manière froide.

Il éclate de rire, puis change aussitôt de mine, prenant un air sérieux.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Vous avez l'air triste. Je me trompe ?

Subitement, des larmes surgissent de mes yeux comme un ruisseau.

Il me lance un regard décomposé puis dit d'une voix basse et douce :

- Je sais ce que tu ressens. Je vais arrêter de te persécuter avec mes paroles, d'accord ?

Je le regarde avec un visage étriqué, puis je craque et je pleure.

- Merci ! Vraiment, merci, monsieur, réponds-je.

- Oh, je t'en prie, jeune femme. Je crois qu'on y est déjà. Allez, tu peux t'en aller.

Aussitôt, j'entends le moteur s'arrêter. Je lève les yeux vers lui et le remercie encore.

- Merci beaucoup, monsieur.

Il me regarde avec attention et réjouissance d'avoir pu m'aider.

- Au contraire, merci à toi.

J'ouvre la portière, je règle mes dues, et je descends du véhicule sans regarder en arrière. Ce qui compte, c'est d'affronter mes peurs et de ne pas pouvoir supporter nos adieux unanimes.

**[ 1 SEMAINE PLUS TARD ]**

********** RIADE *********

J'assiste à la commémoration de la défunte Marlène sans l'accord de ma mère.

Le jour de l'enterrement de la défunte, toute l'école est présente au lycée. Ils ont fait de ce jour le Samedi Noir, hélas, je n'ai pas pu y assister à cause de l'enterrement.

J'ai juré de ne pas pleurer, mais au moment des adieux au cimetière, lorsque l'on devait placer son cercueil dans sa tombe, je n'ai pas pu avoir le courage de le supporter.

Durant ce moment triste, je comprends ce que ça fait de perdre un être cher. J'ai tout essayé, mais je n'y parviens pas, cette force joue à cache-cache avec moi.

Depuis ce jour, ma mère a décidé de couper la parole avec moi.

J'ai porté du noir ce jour-là, mais elle m'en a interdit. Pour elle, nous n'avons perdu personne et je n'ai aucun droit de porter du noir.

Nous commençons à nous parler rarement. Chacune reste de son côté sans parler à l'autre ; c'est loin d'être une famille rêvée.

**5 MOIS PLUS TARD**

Les cours reprennent un peu plus normalement pour moi ce matin, le lundi.

Être avec les deux vipères à deux balles dans la même classe est plutôt un challenge qui reprend. Sous mes pieds, l'une pourrait me piquer le mec de mes rêves sur qui j'ai des vues, et l'autre salope pense que je vais me faire son mec.

J'ai très hâte de voir notre professeur d'anglais, Jules Ferry, aujourd'hui, ce lundi. Nous avons cours avec lui dans les minutes qui suivent avant la fin de l'heure.

J'ai des plans en marche, infaillibles pour ma réussite. Je suis sûre de moi, c'est dans la poche.

**[ 11:00 AM ]**

La cloche retentit. Dans la classe, notre professeur d'anglais, Jules Ferry Andros, pénètre sans souci. Soudain, sa première attention est portée sur la fille de la classe, Sheila, comme d'habitude, murmurai-je.

- Non, mais à quoi il joue là ? Suis-je autant laide que ça ? me demande-je, le salaud !

Je suis morte de jalousie et hors de moi. Tout est différent ; je me demande pourquoi elle, et pourquoi, quand elle est absente, c'est moi qu'il regarde à chaque fois. Il a une façon perverse de me fixer quand Sheila n'est pas là. Pourquoi est-il moins attentionné avec moi qu'avec Sheila ?

- Le con ! murmurai-je, exaspérée.

Son regard est si attrayant qu'on ne peut qu'en déduire qu'ils couchent déjà ensemble. Il n'est point indifférent avec la meuf, discutant de n'importe quoi juste pour parler avec elle, aux yeux de tout le monde et sans gêne.

Je suis dans tous mes états, je n'en reviens pas. J'en ai marre de voir cette scène ; ils sont tellement proches, tous les deux.

Je vois le jeu de Sheila, qui joue un jeu dangereux avec moi en voulant me rendre jalouse. Elle a réussi à le faire, mais cela ne se terminera pas comme elle l'espère.

Son attention est portée sur moi ; cela l'amuse de me rendre jalouse aux yeux de tous.

- Qu'est-ce qu'elle fait, cette pute ? murmure-je. Pense-t-elle vraiment me rendre jalouse ? Rira bien qui rira le dernier, folle.

Elias, mon camarade de table, fait un dessin sur du Canson. Brusquement, il lève les yeux vers moi.

Je suis ailleurs. Il me regarde sans dire un mot, puis dirige ses yeux vers Sheila, puis vers le professeur. Tout suspicieux, il me lance un sourire.

- Riade, pourquoi les regardes-tu de cette façon ? demande-t-il.

Surprise, je sursaute aussitôt et reviens vers lui avec les yeux écarquillés, le regard pas très convaincant.

- Heu, non, je ne fais rien du tout. Pourquoi ? réponds-je anxieusement, n'ayant aucune réponse valable.

Aussitôt, il éclate de rire, jusqu'à s'en tordre, me laissant sans voix. Je suis confuse ; même un rat ne m'aurait jamais crue. Ça saute aux yeux, je suis jalouse à mourir.

- Ouais, je vois ça ! réplique-t-il.

- Puff.

Aussitôt, il continue avec son dessin tandis que je me remets à regarder les amoureux comme une obsédée.

- Qu'est-ce qu'il attend, celui-là encore ? Le salaud ne peut-il pas commencer le cours ? Pfff.Ils couchent sûrement ensemble !

Brusquement, Elias tousse.

- Ne redis plus jamais ça , nous sommes en cours..!

« Chuuipe! Je suis sûre qu'il a oublié pourquoi il est venu dans cette classe.» j'ajoutais «Quelle honte de faire ça aux yeux de toute la classe !»

Élias me fixa à nouveau, je l'agace.

J'ajoute «Je ne peux pas continuer à regarder ça. Je dois faire quelque chose immédiatement, me dis-je pensivement.»

- Que fais-je pour interrompre cela ? .... Dis-je a voix haute , Élias me fixa encore et me dit. : « Tu as raison mais on y peux rien beaucoup de professeur son comme ça »

Ça n'a pas pris de temps et ce n'est pas bien difficile. Je regarde Elias, il rive ses yeux sur sa feuille, puis je me jette sur lui, fermant les yeux et respirant très fort. J'accélère ma respiration. Il s'écrie de peur, me secouant en tapotant sur moi.

- Riade ? Riade ! Au secours, Elle est morte, venez m'aider, elle est morte ! Monsieur, elle s'est évanouie ! annonce-t-il en tremblant.

Elias est vraiment inquiet ; je ne l'avais jamais vu comme ça. Il fixe le professeur, sachant bien qu'il le soupçonne de sortir avec moi.

Toute la classe est en effervescence ; ça crie et hurle dans tous les sens. Ce n'était pas prévu, mais c'étaient les retombées de ma manigance, d'avoir autant d'agitation dans la salle.

Nerveusement, le professeur Jules se retourne vers nous, toujours assis, n'imaginant pas les dégâts.

- Qu'est-ce qui se passe encore ? demande-t-il.

                         

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