Mon professeur d'anglais a tous ces atouts : un corps de rêve, impossible de résister ou de rester indifférente.
Toutes les filles du lycée n'ont d'yeux que pour lui, posant leur regard sur lui jusqu'à en baver. Oh, que cela me rend folle quand j'y pense !
Malheureusement, mon prince charmant ne semble être attiré que par une seule et unique personne : la métisse de la classe, Sheila.
À chaque fois qu'il se présente dans notre salle de classe, Monsieur Jules Ferry Andros affiche un comportement énervant et fatiguant, car il s'intéresse toujours à Sheila et jamais à moi.
C'est ce comportement qui me fatigue, qui me répugne et qui me rend folle, en fait. Cette fille m'énerve tellement que je suis prête à lui arracher les yeux, juste pour ne plus être vue que par mon prince charmant, Jules.
Je suis jalouse, noyée de rancœur et de haine pour cette fille appelée Sheila. C'est un sentiment bien fondé, mais qui me qualifie de méchante fille.
Ma meilleure amie Marlène me voit toujours d'un certain point de vue, me définissant comme une égocentrique colérique qui ne pense qu'à elle-même. Quand elle me fait cette remarque, je me vois différemment ; pourtant, ce n'est pas vrai.
Concernant l'amour de ma vie, je ne baisse jamais les bras pour qu'une vilipende s'en rapproche en douce. Je jure de faire d'elle mon ennemie jurée.
Il est vrai qu'avec Sheila comme concurrente, cela n'est pas facile, mais je suis déterminée, car j'ai confiance en moi et en mes capacités de femme sexy.
Je suis une demoiselle, une vraie femme, qui ne demande que victoire en amour. En retour, Jules est mon trophée au sens du désir et de l'amour vrai.
La beauté de Sheila ne me fait pas peur, même si elle est plus belle que moi. J'ai du cran, du charisme et je suis très futée. J'ai un atout exceptionnel : mes yeux bleus et mes formes arrondies, harmonieuses et aussi généreuses qu'un plat de salsa bachata.
Sheila a beau être séduisante, je ne permets jamais qu'elle m'éloigne de Jules Ferry Andros.
- NON ! Jamais elle n'y parviendra, elle ne me détourne jamais de lui !
C'est le weekend aujourd'hui, il n'y a pas école. Je suis seule à la maison, tandis que ma mère est à son lieu de travail, en tant que gérante du petit bar qu'elle s'est acheté elle-même.
Dans la tranquillité possible, il y a de la joie qui anime nos cœurs, Marlène et moi. En effet, je ne suis pas totalement seule, car ma meilleure amie Marlène est avec moi. Elle vient me rendre visite, vu que ça fait un moment qu'on ne s'est plus vues à cause des nombreux devoirs qui nous faisaient face.
Nous discutons tranquillement sans être dérangées. Moi, je suis allongée sur le ventre tandis que Marlène est assise sur le lit, faisant face à la télévision.
On parle des professeurs de notre belle école, de l'amour en général, jusqu'à ce qu'elle prononce ce foutu prénom de malheur.
- Je crois que Sheila sort avec ton coup de cœur, Riade, m'annonce-t-elle d'un regard rigide.
- Marlène, qu'est-ce qui ne va pas chez toi ? m'écrie-je en furie. Pourquoi me parles-tu de cette imbécile de fille sans cervelle ?
- En fait, je parle de ton coup de cœur secret ! dit-elle avec une grande assurance et curiosité.
J'ai failli m'étouffer quand elle m'a parlé de cette poufiasse. D'un regard déterminé, elle me fixe.
- Riade, je te connais. J'espère que tu ne discutes pas encore avec elle à propos de ce mec ? me demande-t-elle, mourante de curiosité infantile.
- Un mec ? Quel mec, Marlène ? demandai-je en détournant le regard. À ce que je sache, je ne me dispute avec personne ! me défends-je contre ses allégations.
Dès lors, elle n'attend même pas que j'ajoute un mot pour me défendre ; elle confirme directement sa suspicion.
- Non, s'il te plaît, arrête de me mentir, meuf. Je sais que tu t'es encore battue avec Sheila à cause de lui, affirme-t-elle.
Je suis surprise qu'elle sache cette histoire, pourtant elle n'est pas présente ce jour-là à cause de sa maladie.
- Mais comment l'a-t-elle su ? je me pose la question dans ma tête. Heu, dis-moi Marlène, qui t'a dit tout ça au juste ? demande-je, le regard perçant sur elle.
- Écoute, ce n'est pas important, ma chérie. Le plus important est que tu me parles de cette histoire entre le prof et toi.
Un sourire radieux surgit sur son visage rond, avec mes dents aussi blanches qu'une graine de riz. Elle se rapproche de moi pour essayer d'avoir le maximum de réponses. Je lui dis nerveusement :
- Mais non, je... je ne suis pas... Ce n'est pas ce que tu penses, Marlène, réponds-je en lâchant la vérité, commençant à rougir comme une tomate.
- Je pensais que tu étais amoureuse, pourtant ! dit-elle en se la jouant prodige des confessions intimes.
- Amoureuse de qui, Marlène ? demande-je, levant les yeux vers elle. Puis j'enchaîne en souriant légèrement : tu sais très bien que je n'aime pas cette fille, alors pourquoi tu fais toujours tout pour l'introduire dans notre discussion ?
- Désolée, Riade... Au fait, dis-moi pourquoi tu la détestes autant. Pourtant, elle n'est pas si méchante que tu me le fais croire.
- Ah bon, c'est elle qui te parle de moi alors ? réponds-je d'un ton acide. Tu es une femme, pas une nulle, allez, parle ! Réponds-moi !
- Hé, du calme, Riade. Je te jure que ce n'est pas elle qui m'a parlé de tout ça, répond-elle.
- C'est qui alors ? demande-je.
- Riade, ce n'est pas nécessaire que je te le dise. Je trouve que tu haïs cette fille un peu trop pour un homme qui peut vous barrer d'un moment à l'autre. Et...
- Hé quoi ? m'écriai-je, les yeux totalement rivés sur elle.
- Rien, laisse tomber, Riade, répond-elle en baissant le ton.
- Écoute, mets-le définitivement dans le crâne, Marlène : cette fille et moi ne pouvons jamais faire bon ménage. Je la déteste, un point c'est tout. Tu peux comprendre ça maintenant ?
- Heum, très bien, ça va, j'ai compris. Sinon, j'ai toujours l'impression que tu me caches la vérité, et mon intuition me dit que tu aimes ce mec. Avoue maintenant la vérité, je suis ta meilleure amie, non ?
- Marlène, ça te donne quoi de gâcher ma journée ?
- Avoue-le, s'il te plaît. Tu es amoureuse du prof et tu as peur qu'elle ne te le piques, hum, c'est ça ?
- Tu es folle, Marlène. Parlons-en. Dis-moi aussi la vérité, comment tu l'as su d'abord ? En vrai de vrai ?
- Ça saute aux yeux, Riade, donc arrête de jouer la sainte nitouche avec moi. Qui ne le sait pas d'abord dans la classe ?
- Je suis surprise, Marlène. Tu m'apprends gros là. Et dans tout ça, personne ne me l'a jamais dit, pourquoi ?
- Oui, je sais, mais dis-moi, parlant d'Evan, comment tu le trouves, mon nouvel petit ami ? demande-t-elle, s'allongeant aussitôt sur le lit avec moi en caressant ses cheveux le plus doucement possible.
- Evan ?
En sursaut, je me redresse du lit minutieusement. Elle est surprise de ma réaction. Scandalisée, je m'allonge une nouvelle fois sur mon lit en faisant face au plafond.
- Pourquoi tu fais cette tête ? s'inquiète Marlène.
- Mais il est pauvre, Marlène ! Pourquoi tu as tendance à te choisir des mauvais partenaires ? m'écriai-je.
- Riade, s'il te plaît, arrête. Je ne t'ai pas demandé sa situation financière, d'accord ? Se tournant à son tour dans le lit pour me faire face, elle dit : alors, réponds-moi en toute sincérité, comment tu trouves mon nouveau mec ?
- Ma chérie, il est pauvre, et puis c'est tout. Alors qu'est-ce qu'il peut t'apporter dans la vie, ce trou du cul, hein ? Dis-moi ! Si ce n'est pas pour te raconter n'importe quoi... SMURK !
- Ça va, c'est bon, je préfère rentrer chez moi ! m'annonce-t-elle furieusement.
C'est comme si je ne devais pas lui dire la vérité. Au fond, c'était une vérité : ce mec ne la méritait pas. J'ai tout de suite compris que je l'avais vexée en lisant son visage froissé. Elle m'aurait tuée si on lui avait donné une machette.
Du lit, elle se retire avec son sac à main. Devant moi, elle se tient debout, prête à vouloir s'en aller.
- Tu rentres déjà ? demande-je d'une voix saccadée, tandis qu'elle me regarde avec un visage révolté, prête à se barrer.
- Ouais, je rentre, c'est tout ! Tu me dégoûtes, Riade, dit-elle avec une énorme colère.
- Bon, très bien, je suis désolée, lui suppliais-je d'une voix rauque, rouillée par le rhume.
- Pas la peine de t'excuser ! me dit-elle d'un ton froid.
- Ha, je vois ! lançai-je d'une colère noire. Très bien, alors si je comprends bien, c'est parce que j'ai parlé de la pauvreté de cet idiot ? Ôh mon Dieu, donc madame est fâchée parce que j'ai dit la vérité ? haussai-je la voix.
- Bien sûr que c'est à cause de ta méchanceté envers mon petit ami que je vais me faire le plaisir de rentrer chez moi. Riade, change de caractère, sinon je prendrai mes distances avec toi. Bonne journée !
- Quoi... Mais... Marlène, non, attends, tu n'iras nulle part ! Reviens ici, s'il te plaît.
En précipitation, je me lève et quitte mon lit, la boule au ventre, courant après elle. Sans aucune considération pour moi, elle préfère continuer son chemin vers la sortie du salon. Elle s'arrête en disant :
- À bientôt, Riade. S'il te plaît, reste ici, je n'ai pas envie de parler avec toi maintenant.
Elle quitte la maison en me claquant la porte au nez.
- Merde, la connasse ! m'écriai-je en tournant en rond.
J'étais perplexe. J'essaie une nouvelle fois de la retenir, mais elle est irraisonnable. Je vais jusqu'au jardin pour essayer de la raisonner.
- S'il te plaît, attends, Marlène ! Marlène ! Merde !
Elle refuse strictement de revenir. Je ne peux pas l'empêcher de partir. Je rentre, refermant la porte derrière moi, et vais dans ma chambre, je suis tout raplapla.
- Quelle conne cette meuf ! Hah ! lançai-je nerveusement en claquant plusieurs fois la porte de ma chambre derrière moi.
Je me jette sur mon lit. Je ne comprends pas cette attitude venant de Marlène ; pourtant, cet homme ne la mérite vraiment pas, mais elle ne le voit pas, cette idiote.
- Cette fille me fait vraiment honte ! m'écriai-je de colère. Elle ne mérite aucunement mon amitié après tout ce que j'ai fait pour elle !
Le comble dans tout ça, c'est qu'elle n'a même pas hésité à me claquer la porte au nez, la pétasse blonde ! Quel manque de respect.
Je m'étire sur mon lit, profitant du bruit de la télé qui ne sert à rien.
J'ai la gueule de bois. Il faut absolument que je me défonce avec de l'herbe. J'en ai un grand paquet, fraîchement acheté sous forme de cigarettes, dans un coffre-fort.
Pour moi, la drogue a une valeur inestimable, donc je ne m'amuse pas avec.
En prenant cette merde, je sais que tout ce bordel va passer comme si elle n'avait jamais fait éruption dans ma vie.
Il y a du feu ; ça tombe bien pour allumer la cigarette. J'en tire deux tirages successifs.
Je me plante sur le rebord de la fenêtre pour éviter que les odeurs ne se propagent dans la chambre, afin de ne pas alarmer ma mère quand elle va rentrer de son travail. Ma mère, du genre pointue comme une policière, ce n'est vraiment pas la joie.
J'ai le présentiment qu'elle me soupçonne déjà de prendre cette merde, donc je fais mes sales trucs en toute discrétion, en cachette, pour ne pas être prise en flagrant délit un jour.
Pour le moment, j'en profite avec un énorme plaisir, sans dédain. Il faut en profiter au maximum à mon aise, sans être jugée par qui que ce soit, tirant tranquillement ma drogue pour oublier tous mes problèmes.
Je lance la musique à fond pour ne rien entendre, ni écouter ma mère m'appeler quand elle va venir ou râler déjà qu'elle en a ras-le-bol de mon attitude. Pendant ce temps, j'en prends encore et encore.
- Il doit me faire l'amour, ce Jules ! lançai-je en souriant, prenant un air de bad trip. Que c'est chiant d'être amoureuse ! m'écriai-je en lambeaux.
Dans le son de la musique, je suis le rythme des hits jusqu'à me retrouver à twerker. Je continue à danser. Il y a de l'alcool à gogo en réserve et pour finir en beauté, je dois en boire le plus possible.
**12:05 PM**
Quelques minutes plus tard, je me sens très soûle après avoir terminé deux bouteilles de vodka. Fatiguée, je suis submergée par l'ambiance, je veux danser encore et encore avec ma beuh en main, la tirant avec finesse. Je me fiche éperdument de tout, de ma mère et de tous ceux qui me jugeront.
Je suis une adulte et j'ai le droit de faire tout ce dont j'ai envie. 25 ans, ce n'est pas être mineure. Je suis une adulte. L'effet de la beuh prend une emprise colossale sur moi, c'est inimaginable.
- Ô, qu'est-ce qui m'arrive ? lançai-je d'une voix morte. Je me sens si mal !
J'ai cette envie soudaine de faire l'amour, de coucher avec quelqu'un : Jules Ferry Andros, pourquoi pas ?
Je me mets à parler n'importe comment, je fantasme sur mon professeur d'anglais. Je sors sa photo de mon sac d'école et je me mets à l'embrasser. Je le vois déjà sur mon lit, me faisant l'amour, me tenant comme une femme.
- Jules, tu me plais tellement. Pourquoi ne m'acceptes-tu pas comme ta bad girl ? Je veux coucher avec lui ! Je suis sûre qu'il monte sur elle. Ôh, viens le faire avec moi au lieu d'elle ! S'il te plaît !
Je suis tellement soûle que je délire seule dans ma chambre. J'hurle alors que le tournis tente de me mettre KO. La cochonnerie a eu raison de moi. Je me allonge doucement sur mon lit, car je tiens à peine debout, fermant les yeux le moins possible. Je vois tout flou autour de moi, le mur semble se déplacer.
- Ah, qu'est-ce qui m'arrive ? Qu'est-ce qui m'arrive, Dieu du ciel ? C'est quoi tout ça ? m'écriai-je.
*** Marlène ***
Je suis énervée contre Riade. Je veux simplement m'en aller loin, très loin de chez elle. Je ne peux pas comprendre ni accepter qu'une personne soit autant hautaine et pleine de méchanceté. C'est tout Riade, ça.
Je marche dans la rue lorsque deux hommes en colère se dirigent vers moi avec un revolver en main. C'est dingue, je me fais violemment interpeller par ces deux derniers.
En peur, je m'arrête et me mets à genoux pendant qu'ils s'approchent de moi. J'ai horriblement peur, j'obéis pour ne pas qu'ils me tuent. Le monsieur, grand, porte une mini culotte de sport et un débardeur blanc.
- Hey, toi pétasse, donne ce sac ! m'ordonne le braqueur d'une voix rauque, en tirant une cigarette classique.
Aussitôt, j'éclate en sanglots, m'excusant sans savoir exactement pourquoi je m'excuse réellement. Il engage la conversation avec un tempérament fort et me demande de la fermer.
- Tu vas la fermer ou pas ? Donne-moi le sac avant que je ne te planque une balle dans la tête ! s'exclame-t-il.
Il s'écrit de rage sur moi, portant une cagoule noire de gang, avec son acolyte à ses côtés, affichant un air méchant.
- Désolée, je ne peux pas vous donner mon sac. Je suis vraiment désolée... Laissez-moi tranquille, sale bâtard ! m'écriai-je. Si c'est de l'argent que vous voulez, je vous en donnerai.
Malgré le flingue plaqué sur ma tempe, je maintiens ma position de refus. Le braqueur, furieux, me lance un avertissement, caressant ma joue et démêlant mes cheveux tout en fantasmant sur moi.
- Écoute-moi, sale pute, si tu veux vivre longtemps, il va falloir être gentille avec nous en nous filant ton pognon, ce petit sac et cette chose que tu appelles téléphone, dit-il d'une voix machiavélique.
- Jamais ! J'ai des documents importants dans ce sac. Pourquoi vous ne voulez pas comprendre ça ? réponds-je en sanglots, sans aucune défense. Si c'est de l'argent que vous voulez, pas de problème, je ferai un virement si tu veux, mais laisse-moi seulement la vie sauve.
Aussitôt, je reçois une gifle de la part de mon présumé braqueur, au visage sinistre couvert de cagoule. L'autre braqueur monte la garde, portant son flingue dans tous les sens, tandis que celui en face me rabaisse comme une moins que rien.
- La ferme, connasse ! ordonne-t-il.
- Je suis désolée, laissez-moi la vie sauve, je vous en supplie !
Je baigne dans mes larmes, tandis qu'ils se moquent de moi. Je ne pensais pas qu'ils allaient aller si loin, mais je continue à refuser. J'ai des choses vraiment importantes dans ce sac qui ne peuvent pas être données.
- Donc, tu ne me remets pas le sac ? demande le braqueur en éclatant de rage.
- Non, malheureusement, je ne... Je ne peux pas, comprenez-moi ! réponds-je en pleurs, désespérée.
- Mec, descends là maintenant ! ordonne à son complice de m'exécuter le plus vite possible. Celui-ci me jette un regard rempli de haine et plante délicatement son arme sur moi.
- Non ! Non ! Non ! Ne me tuez pas ! les supplie-je en vain, mais il tire juste une première balle, une deuxième suivie d'une troisième...
BOOM.
Et je m'écroule à terre, étendue complètement sur le sol froid et goudronné. Pour moi, c'est juste la gâchette qui a retenti, pourtant j'ai une sensation étrange qui se produit dans mon corps.
Mes yeux montent doucement vers le ciel tandis que les deux hommes s'accaparent de mes biens.
Du sang coule de mon crâne. Je perds aussitôt connaissance sans m'en rendre compte. Les deux braqueurs s'enfuient après avoir volé le sac que j'avais accroché à moi.
Je suis comme une marionnette allongée, complètement inerte, dépourvue de chance de survie.