La brèche
img img La brèche img Chapitre 4 Chapitre 3 : In ténébris
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Chapitre 6 Chapitre 5 : Frayeurs img
Chapitre 7 Chapitre 6 : Petite musique au musée img
Chapitre 8 Chapitre 7 : Enlèvement img
Chapitre 9 Chapitre 8 : Conseil de guerre img
Chapitre 10 Chapitre 9 : Suppositions img
Chapitre 11 Chapitre 10 : Différentes clartés avant l'obscurité img
Chapitre 12 Chapitre 12 : Petite matinée chez les morts img
Chapitre 13 Chapitre 13 : Visite à un défunt ami img
Chapitre 14 Chapitre 14 : Dans la gueule du loup img
Chapitre 15 Chapitre 15 : Éveils img
Chapitre 16 Chapitre 16 : Éveils (suite et fin) img
Chapitre 17 Chapitre 17 : Jour d'école img
Chapitre 18 Chapitre 18 : Jour d'école (suite et fin) img
Chapitre 19 Chapitre 19 : la sorcière img
Chapitre 20 Chapitre 20 : Absences img
Chapitre 21 Chapitre 21 : Quelques réminiscences img
Chapitre 22 Chapitre 22 : souvenons-nous encore img
Chapitre 23 Chapitre 24 : D'autres souvenirs img
Chapitre 24 Chapitre 24 : Des bugs dans la matrice img
Chapitre 25 Chapitre 25 : Des adultes dans des corps d'enfants img
Chapitre 26 Chapitre 26 : Enlèvement img
Chapitre 27 Chapitre 27 : Rôles img
Chapitre 28 Chapitre 28 : Sur les sentiers de la guerre img
Chapitre 29 Chapitre 29 : En route mauvaise troupe img
Chapitre 30 Chapitre 30 : Faux semblants img
Chapitre 31 Chapitre 31 : Au delà du bien et du mal img
Chapitre 32 Chapitre 32 : Épilogue img
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Chapitre 4 Chapitre 3 : In ténébris

Le dîner fut comme à son habitude un régal. Le poulet sauce aigre-douce rencontra un franc succès. Angèle pour une fois termina son assiette et Malo se resservit deux fois. Yann avait deux heures de retard et des regards inquiets commencèrent à circuler autour de la table. Jamais leur maître du jeu n'avait eu plus de cinq minutes de retard.

Azilis, l'appétit coupé avant le dessert s'était postée à la fenêtre, songeant à l'incident diplomatique du matin. Yann n'était pas parti fâché et c'est même lui qui lui avait parlé du rendez-vous prévu. Était-il possible qu'il ait changé d'avis ? Elle sentait le regard de Malo posé sur elle. Sans doute voulait-il qu'elle leur raconte ce qu'il s'était passé. Si elle racontait sa venue, elle serait obligée de parler du baiser ce que son ami d'enfance ne risquait pas d'apprécier. Alors, autant garder le silence.

Une sonnerie les fit tous sursauter. Angèle regarda son portable d'un air circonspect avant de le tendre à Morgan qui avec une moue réprobatrice la qualifia de sauvage avant de décrocher. Si sa compagne envoyait des textos et passait quelques appels, elle ne répondait jamais. Elle s'éloigna pour mieux écouter ce qu'une voix inconnue était en train de lui raconter.

Ses amis la virent écarquiller les yeux puis passer une main nerveuse dans ses cheveux. A plusieurs reprises, son visage se ferma. Une fois, elle eut un rire amer avant de hocher la tête. Lorsqu'elle raccrocha, la pièce tomba dans un silence de fin de monde. Tous restèrent cois, comme s'ils présageaient déjà que les mots prononcés allaient à jamais détruire leur fragile équilibre. Ils ne se trompaient pas.

« Yann est mort. »

Elle avait parlé d'un ton doux, d'une voix cassée par l'émotion. Mais il ne servait à rien de se perdre en fioritures. Pendant quelques secondes, il n'y eut plus aucun bruit, comme si le monde entier retenait son souffle. Puis le chagrin brutal et sans appel les cueillit tous. Sonné comme s'il venait de recevoir un coup, Malo eut cependant la force d'aller prendre Azilis dans ses bras. Elle se blottit contre lui, le serrant comme un rocher au milieu de la tempête. Il la sentit haleter, peinant à reprendre son souffle au milieu des sanglots. Il embrassa son front. Alors, lentement, elle leva vers lui un regard de noyée. Elle faillit lui faire part de la culpabilité qu'elle ressentait. Yann était parti, parce qu'elle l'avait repoussé ...

Bénédict regarda quelques instants le couple enlacé. Il se sentit impuissant,inutile, jaloux, furieux contre Malo. C'est à lui que revenait le devoir de consoler Azilis et non à cet intrus. Les lèvres pincées,les poings serrés, il les fixa un long moment sans sentir les bras d'Edwige se refermer autour de lui.

« Comment est-il mort ? Et quand ?»

Morgan ne reconnut pas tout de suite la voix de sa compagne. Debout, à quelques pas d'elle, elle se tenait droite. Son visage avait pris une teinte cireuse et elle tremblait. Elle-même peinait à comprendre ce qu'elle avait entendu. Il lui semblait qu'on venait de lui parler de quelqu'un d'autre et non de leur ami. Elle n'osait pas imaginer l'impact que la nouvelle avait eu sur elle. Elle avança tout doucement la main et la tira vers elle. Elle se déroba et croisa les bras autour d'elle, refusant tout contact. Elle faillit renoncer, la laisser se refermer une fois de plus mais elle ne pouvait laisser s'installer le chagrin. Si elle ne faisait rien, il allait la ronger jusqu'à la moelle et la tuer tout à fait. Un mort suffisait.

« Réponds. »

La voix s'était faite insistante, montant dans les aigus. Angèle avait l'air de s'attendre à la réponse, comme si l'abîme répondait à l'abîme. Mais elle n'avait pas envie de prononcer les mots.

« Ils 'est tué, hein ? C'est pour cela que tu ne veux rien dire ? »

Des regards horrifiés se tournèrent vers elle. Malo sentit Azilis peser dans ses bras. Il la serra plus fort, empêchant qu'elle ne tombe.Morgan fusilla son amie du regard.

« Il s'est pendu mardi. Tu es contente ? »

Elle regretta d'emblée ses mots. Angèle se laissa tomber sur une chaise où elle resta penchée, les genoux enserrant fermement ses bras.Edwige voulut se rapprocher mais elle l'arrêta d'un geste. C'était à elle d'essayer de la calmer, au risque d'être repoussée une fois de plus. Cela ne comptait pas. Elle alla s'agenouiller devant elle et enserra doucement ses mains. Elle releva la tête, révélant un regard vide qu'elle ne lui connaissait pas. Elle sentit des larmes rouler sur ses joues mais parvint à esquisser un faible sourire.

« ça va aller ... Je sais que c'est odieux mais ça va aller. Mais laisse-moi te consoler, d'accord ? »

Angèle secoua la tête. Non loin d'elles, Azilis pleurait dans les bras de Malo. Morgan les regarda à peine et se concentra sur sa compagne.

« Allez ma grande, tu ne peux pas rester comme ça. »

Avec d'infinies précautions, elle caressa sa joue et se rapprocha. De longues secondes, le regard d'Angèle resta fixe avant de venir se poser sur elle. Elle parvint une nouvelle fois à sourire. Soudain, Angèle posa sa tête sur son épaule, si brutalement qu'elle la fit vaciller et éclata en sanglots. Ignorant la douleur, elle l'enserra de ses bras et la garda contre elle.

Une heure passa, chargée de désespoir. Passé le choc, Azilis voulut savoir ce que Morgan n'avait pas traduit en langage des signes. Alors, elle s'étonna.

« Mardi ? Ce n'est pas possible. Il était chez moi tout à l'heure, je l'ai vu. Et puis, il nous a envoyé un mail hier, vous vous souvenez ? »

Ils se regardèrent intrigués. Chacun avait reçu le fameux devoir à faire pour le samedi. Malo fronça les sourcils.

« Vous pensez qu'il est en train de nous faire une blague ? »

Chacun prit le temps d'analyser la situation et de peser le pour et le contre. Un espoir infime persistait. Morgan secoua finalement la tête.

« Si c'est le cas, c'est totalement pervers. Je vais rappeler ... »

Cette fois, la conversation dura plus longtemps. Les autres eurent le temps de comprendre plusieurs éléments : la personne au bout du fil était la sœur jumelle de Yann qui était bien mort mardi et c'est elle qui, à sa demande avait envoyé les mails à la date demandée. C'était pour lui, une façon de leur dire au-revoir. Azilis à qui son ami d'enfance traduisait chaque mot cilla une fois de plus.

« Je suis sure de l'avoir vu. Je ne suis pas folle. »

Elle se tourna vers Malo, recherchant son appui. Il soutint son regard, sans trop savoir quoi dire. Il y avait certainement une explication logique. Et il trouva la plus plausible.

« Ce n'est pas impossible que tu te sois assoupie et que tu aies rêvé de lui. »

Elle secoua distraitement la tête. Pourtant, Mamika l'avait vu, elle en était certaine. Mais il n'était plus temps de se perdre dans les débats. Tout près d'elle, Bénédict hésitait. Il lisait l'abattement sur chacun des visages. Mais il avait une surprise pour éloigner les larmes, du moins pour quelques temps. Il s'éclipsa.

Lorsqu' il revint dans le salon, il avait l'air furieux et tenait une feuille de dessin à bout de bras.

« Les gars, ce n'est pas cool du tout. Bon, c'est bien joli mais vous auriez pu me demander avant de finir ma peinture. »

La surprise passée, les autres massés derrière son épaule comprirent de quoi il s'agissait. Il avait peint les personnages des membres du groupe. On reconnaissait sans mal sa pâte et ses couleurs. Mais l'arrière plan ne lui correspondait en rien.

C'était une forêt touffue et sombre, malgré la neige. Dedans, un sentier serpentait entre les arbres nus. L'endroit avait l'air froid, sinistre dans le crépuscule.

« Qui ? »,demanda Bénédict.

Tous secouèrent la tête. Il se tourna cependant vers Malo.

« Allez, avoue. Tu prenais bien des cours de dessin, avant. »

Il avait mal, pressé entre la colère et les larmes. Et il avait envie de le faire payer à celui qu'il jugeait responsable. Mais son ami lui répondit calmement.

« Bien vu chef. Mais si j'avais pu faire aussi bien, je m'en serais pas caché. »

Sans prévenir, Bénédict le poussa, visiblement hors de lui.

« M'appelle pas chef, d'accord ? Et puis arrêtes de te ficher de moi. Je sais bien que c'est toi. »

Edwige craignant un accès de rage l'attrapa par le bras.

" Allez,on se calme. Si Malo te dit que ce n'est pas lui, c'est que ce n'est pas lui. »

Il voulut répliquer mais fut dissuadé par le regard d'Azilis. Elle s'était postée entre lui et son rival et il lut de la colère au fond de ses yeux. Il baissa la tête, honteux. Morgan murmura avec douceur.

« Nous ferions peut-être mieux de rentrer. »

La soirée qu'ils avaient tant attendue avait viré au cauchemar le plus complet.

Les phares se reflétaient sur l'asphalte trempée. L'hiver de Vivaldi résonnait dans l'habitacle mais chacun se taisait. Angèle avait collé son front contre la vitre, les bras croisés, repliée surelle-même. En quelques minutes, elle s'était renfermée, faisant voler en éclat ses progrès. Morgan évitait de la regarder. Azilis se tenait droite sur son siège, les yeux grands ouverts. Quand ils étaient sortis de l'appartement, elle avait pris la main de Malo dans la sienne et ne l'avait pas lâchée.

Morgan tentait de se concentrer sur sa conduite tout en se battant avec des idées noires. La mort de Yann sonnait le glas sur leurs séances de jeu. Leur ami était en quelque sorte le mortier de leur groupe. A peine parti, il laissait les tensions apparaître. Il s'était suicidé. Cette pensée la laissait encore incrédule mais elle savait que sous peu, les questions viendraient. Un concert d'interrogations mêlées de larmes. N'auraient-ils rien pu faire pour éviter cela ? Elle-même n'avait rien vu. La dernière fois, ils avaient ri au téléphone. Depuis combien de temps avait-il en tête ce sordide projet ? Et pourquoi l'avait-on enterré sans prévenir aucun membre de groupe. Elle avait choisi de ne pas en parler, du moins pour le moment mais ne pouvait s'empêcher de se le demander. Était-ce une volonté de Yann ? Cherchant ses réponses, elle s'aperçut qu'elle ne le connaissait pas, du moins pas cette part sombre qui brusquement l'avait emporté.

Un portable vibra. Elle jeta un coup d'oeil à sa compagne. Angèle consulta ses messages avant d'annoncer.

« Catherine veut que je travaille demain soir. »

Malo derrière elle retint son souffle. Morgan sentit la colère poindre. ne nouvelle fois, elle s'était fait avoir.

« Attends,tu as déjà bossé vendredi. Normalement, tu devrais avoir tes deux jours. Tu as un peu le droit de te reposer, non ? »

Pour toute réponse, sa compagne haussa les épaules et se tint coite. Pas besoin d'insister, le débat était clos. La voiture replongea dans le silence. Avant de prendre la bretelle de sortie jusqu'à Vienne,la conductrice demanda.

« Je te dépose, Azilis ? »

La jeune femme eut l'air d'hésiter quelques secondes avant de répondre. Malo, qui traduisait en fut un peu surpris.

« Non, je dors chez Malo. Pas envie d'être seule là haut. Enfin, s'il veut bien. »

Il fit signe que oui, totalement sonné. Azilis ? Dormir chez lui ? Il était peut-être en train de rêver. Mais le véhicule stoppa devant le temple, et la pluie froide vint l'enchaîner à la réalité. Il fit le tour et ouvrit la portière du coté de son amie, s'attendant à ce qu'elle change d'avis. Elle sortit à sa suite. Il sourit à Morgan en claquant les deux portes.

Elle redémarra après un bonsoir qui se voulait joyeux. Azilis avait Malo. Malo avait Azilis. D'aussi longtemps qu'elle les connaissait, ils s'étaient toujours épaulés l'un et l'autre. Et elle était en train de perdre Angèle.Elle n'osait imaginer l'impact du geste de Yann sur sa compagne déjà fragile. Vingt années passées ensemble et tout volait à présent en éclats.

"Hé bien, la vie est courte. », soupira-t-elle en arrêtant l'espace devant le garage. Angèle lui lança un regard interrogateur.

« Plaît-il ?

Elle vit sa compagne se rembrunir et ses yeux se noyer.

« C'est pour ça qu'elle est moche.. »

Elle fit la moue et secoua la tête. Non, la dépression ne l'aurait pas avec ça. Et elle allait lui flanquer un grand coup de pied au derrière.

« Est-ce que tu veux te marier avec moi ? »

La bouche de son amie s'ouvrit, puis se referma. Elle devait assurément la prendre pour une folle. Elles venaient d'apprendre la mort d'un de leurs meilleurs amis et elle lui demandait de l'épouser ? Elle se demanda si elle avait vraiment toute sa tête mais le mal était fait. Une fraction de seconde, le visage d'Angèle s'éclaira.

« Là, maintenant, comme ça ? »

Elle devait apporter quelques nuances histoire de paraître quelque peu raisonnable.

« Quand la loi sera passée et que tu auras chassé l'autre Angèle de ta tête. Ensuite, oui, si tu n'as pas trop peur on pourra commencer les préparatifs. Est-ce que tu veux bien ? »

Angèle se rembrunit et se fit hésitante.

« Peut-être qu'on pourrait en reparler demain. »

Morgan n'en fut pas surprise.

**

Avant de passer la porte cochère, Azilis alla jeter un coup d'oeil à la vitrine de sa librairie préférée. Le Lucioles était une librairie indépendante qui ne se bornant pas à suivre l'air du temps proposait à ses clients pléthores de lectures intelligentes et de rencontres variées. Les deux nouveaux directeurs menaient leur commerce d'une main de maître. Cette fois-ci, les beaux jours étaient mis à l'honneur. Livres sur les arbres et sur le jardinage ; Azilis repéra un livre sur les boutures. Derrière elle, le reflet de Malo se tenait immobile.

En temps normal, ils auraient regardé le temple savamment éclairé.Depuis leur plus tendre enfance, ils étaient fascinés par cet édifice. Au fil des siècles, il était devenu église, puis prison pour ensuite redevenir ce qu'il avait toujours été : tout simplement magnifique. Ils avaient imaginé les hommes passant aux temps jadis, vêtus de toges romaines. Vienne avait été à l'époque une ville d'importance. La pluie redoubla, les ramenant au présent. Malo se dépêcha d'ouvrir la porte de son immeuble.

En montant les marches menant au troisième et dernier étage, il se souvint qu'il n'avait pas fait le ménage depuis une éternité. Il en ressentit un soupçon de panique. Il se tourna précipitamment vers Azilis.

« En fait, il y a plusieurs choses horribles qui traînent et que tu ne dois pas voir. Si tu veux bien, je vais faire un petit tour d'inspection avant que tu entres.

Malgré l'heure indue à laquelle ils rentraient et malgré son chagrin, il ne put s'empêcher de lui sourire. Elle avait toujours ce petit humour tranquille, cette faculté à mettre son petit monde à l'aise. S'il en avait eu le courage, il l'aurait embrassée. Elle ajouta pendant qu'il cherchait ses clés.

« Alors,je vais enfin voir où tu habites. »

Il réalisa avec effarement qu'elle disait vrai. Jamais, depuis qu'il avait quitté le domicile familial il n'avait osé l'inviter chez lui. Une honte au bout de tant d'années. Pendant qu'il fouillait dans ses poches à la recherche de clefs, Azilis ajouta.

« Bon, en même temps, je sais que je ne suis pas ton genre alors je me suis fait une raison. »

Il en resta bouche-bée. Pas son genre ? Elle était tout ce qu'il avait toujours aimé. Il commença à être saisi d'un doute affreux.

« Comment ça, pas mon genre ? »

Il vit son amie pincer les lèvres, visiblement contrariée avant de se lancer.

« Ben,ton genre c'est plutôt les garçons, non ? »

Elle fronça les sourcils. La bouche de Malo s'entrouvrit un peu plus.Non, il n'en revenait pas ... Azilis pensait ...

« Tu crois que je suis homosexuel, c'est ça ? »

Elle hocha la tête, gênée.

« Mais tu sais, j'attendais que tu me le dises. Et ça ne me gêne pas du tout. Enfin ... Depuis toujours, je ne t'ai vue t'intéresser à aucune fille à part ...moi. »

Ce fut à son tour de ciller. Il en resta béat. Elle pensait qu'il n'aimait pas les femmes. Cela lui rappelait une scène presque analogue dans sa série préférée : Amy pensait exactement la même chose de Rory son ami d'enfance qui l'aimait depuis qu'ils étaient petits. En la regardant, il en avait hurlé de rire. Maintenant qu'il vivait la scène, cela ne l'amusait plus du tout. Mais il ne put que répéter.

« Tu penses que je suis homosexuel ?

C'était le moment tant attendu de répondre par l'affirmative. Et le sourire qu'il lisait jusque dans ses yeux lui donnait une idée de la suite. Mais il était furieux d'avoir attendu tant d'années une tête de linotte qui pensait qu'il ne l'aimerait jamais ...

« Tu sais ce que je vais faire ? Je vais te raccompagner chez toi ,parce je crois qu'il vaut mieux"

Elle avait l'air déterminée à connaître la réponse, quitte à camper avec lui sur son palier. Alors, il hocha timidement la tête. Alors, à sa grande surprise, elle éclata en sanglots. Il la regarda pleurer, totalement démuni. Mais elle parvint à se calmer assez pour lui dire.

« Désolée. Yann qui est mort, Bénédict qui t'en veut et toi qui m'aimes ... Je suis désolée mais ça fait beaucoup en une seule soirée. Je vais rentrer chez moi ; tu as raison, c'est mieux. »

            
            

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