Mariée au Mafieux malgré Elle
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Chapitre 5 Chapitre 5

Le soir venu, Sofia était dans sa chambre, le dossier rouge hantant encore ses pensées. Elle ne comprenait pas tout ce qu'elle avait vu, mais une chose était certaine : Giovanni était bien plus dangereux qu'elle ne l'avait imaginé.

Pourtant, une partie d'elle ne pouvait s'empêcher de vouloir en savoir plus. Si elle devait survivre dans cet environnement hostile, elle devait comprendre les règles du jeu. Et pour cela, elle devait découvrir les secrets de Giovanni.

Mais à quel prix ?La nuit était tombée sur la villa, enveloppant les murs imposants d'un silence pesant. Sofia était assise dans le salon, un livre ouvert sur ses genoux, mais elle n'en lisait pas une ligne. Son esprit était ailleurs, perdu dans le tourbillon de souvenirs qui refusaient de la laisser en paix.

Giovanni entra dans la pièce, vêtu d'une chemise blanche légèrement déboutonnée. Il portait toujours cette aura intimidante, mais ce soir, quelque chose dans son regard semblait différent. Il s'arrêta en la voyant, silencieux pendant un moment.

« Tu ne dors pas ? » demanda-t-il finalement.

Elle releva les yeux vers lui, hésitante. « Non. »

Il s'approcha, prenant place dans le fauteuil en face d'elle. « Pourquoi ? »

Sofia soupira et referma son livre. Elle hésita à répondre, mais elle sentait qu'il y avait quelque chose dans l'air ce soir, une tension différente, moins hostile.

« Parfois, les souvenirs sont plus bruyants que le silence, » murmura-t-elle.

Giovanni resta immobile, ses yeux fixant les siens. Il ne dit rien, mais son regard l'invitait à continuer.

Elle détourna les yeux, serrant les mains sur le livre. « Vous m'avez enlevée, enfermée ici, et forcée à épouser un homme que je ne connais pas. Tout ça parce que vous pensez que je suis liée à Alexei. Mais vous vous trompez. Je n'ai jamais vraiment connu mon père. »

Cette déclaration sembla capter toute son attention. Giovanni s'appuya contre le dossier de son fauteuil, l'observant attentivement. « Continue, » dit-il d'une voix basse.

Sofia inspira profondément, comme pour se donner du courage. « J'ai grandi seule, ou presque. Ma mère était tout ce que j'avais, mais elle est morte quand j'avais dix ans. Après ça, j'ai été trimballée de famille d'accueil en famille d'accueil. Alexei n'était qu'un nom, un fantôme. Il n'a jamais été là pour moi. Je ne l'ai vu qu'une fois... »

Elle marqua une pause, la gorge serrée. Giovanni attendait patiemment, son visage impassible, mais il y avait une lueur dans ses yeux, comme s'il cherchait à déceler la vérité dans ses paroles.

« J'avais seize ans, » reprit-elle. « Il est venu me voir, un soir, comme ça, sans prévenir. Il m'a donné une enveloppe pleine d'argent et m'a dit que c'était pour m'aider. Mais il n'a pas posé de questions sur ma vie, sur ce dont j'avais besoin. Il est reparti aussi vite qu'il était venu. Je n'ai plus jamais entendu parler de lui après ça. »

Elle haussa les épaules, un rire amer s'échappant de ses lèvres. « Alors, non, Giovanni. Je ne suis pas la fille chérie d'Alexei. Je ne suis qu'un dégât collatéral, tout comme vous. »

Un silence lourd s'installa dans la pièce. Giovanni restait figé, son regard rivé sur elle. Pendant un instant, elle crut voir quelque chose vaciller dans son expression : de la compassion, peut-être ?

« Pourquoi me dire tout ça maintenant ? » demanda-t-il finalement, sa voix plus douce qu'elle ne l'avait jamais entendue.

Elle le fixa, ses yeux brillant de larmes qu'elle refusait de laisser couler. « Parce que je suis fatiguée. Fatiguée de cette guerre qui n'est pas la mienne. Vous voulez votre vengeance ? Très bien. Mais ne me traînez pas dans votre enfer. Je n'ai rien à voir avec tout ça. »

Giovanni ne répondit pas immédiatement. Il se leva, faisant les cent pas dans la pièce. Sofia pouvait presque sentir la tempête intérieure qui se déchaînait en lui, même s'il n'en montrait presque rien.

« Ce que tu dis change beaucoup de choses, » finit-il par dire.

Elle haussa les sourcils, surprise. « Vraiment ? »

Il s'arrêta, lui faisant face. « Peut-être pas dans la manière dont tu l'espères. Mais ça change ma perception de toi. »

Elle fronça les sourcils, cherchant à comprendre ses paroles. Mais avant qu'elle ne puisse poser une question, Giovanni sortit de la pièce, la laissant seule avec ses pensées.

---

Plus tard dans la nuit, Giovanni était dans son bureau, une bouteille de whisky à moitié vide à ses côtés. Il passait en revue des documents liés à Alexei, comme il l'avait fait des centaines de fois depuis sa mort. Mais ce soir, les mots de Sofia résonnaient dans son esprit.

C'est alors qu'il tomba sur une enveloppe qu'il n'avait jamais remarquée auparavant. Elle était glissée entre deux dossiers, scellée et portant le nom de Giovanni écrit à la main.

Il l'ouvrit avec précaution, découvrant une lettre écrite par Alexei lui-même.

« Giovanni,

Si tu lis ceci, alors je ne suis plus de ce monde. Je sais que tu me détestes, et tu as toutes les raisons de le faire. Mais avant de me juger, sache que tout ce que j'ai fait avait une raison. Une raison que tu ne comprendras peut-être jamais.

Je sais que ma fille, Sofia, est peut-être encore en vie. Si elle l'est, protège-la. Elle n'a rien à voir avec mes erreurs. Elle ne sait rien de mes affaires, et elle ne mérite pas de souffrir à cause de mes choix.

Il y a quelque chose que je dois te révéler, même si cela ne changera rien à ta haine : j'ai fait tout ça pour la sauver. Pour m'assurer qu'elle ait une chance de vivre une vie meilleure, loin de ce monde que nous avons créé.

Je sais que cela ne rachètera pas mes fautes, mais c'est tout ce que je peux offrir. »

Giovanni relut la lettre plusieurs fois, ses mains crispées autour du papier. Il sentit une colère sourde monter en lui, mais aussi une étrange forme de tristesse qu'il n'arrivait pas à chasser.

Il posa la lettre sur son bureau et se servit un autre verre de whisky. Ses pensées étaient un mélange confus de ressentiment, de doute et, pour la première fois, d'un semblant de culpabilité.

Sofia n'était peut-être pas responsable, mais pouvait-il vraiment la protéger sans renoncer à son désir de vengeance ? Et s'il ne le faisait pas, ne devenait-il pas un autre Alexei, sacrifiant tout sur l'autel de ses propres ambitions ?

Cette nuit-là, Giovanni ne trouva pas le sommeil. Le visage de Sofia hantait ses pensées, tout comme les mots de la lettre, imprimés dans son esprit comme une marque indélébile. Giovanni avait pris l'habitude de tout contrôler, de tout savoir, de tout diriger. Mais ce matin-là, lorsqu'il entra dans le salon, il ressentit pour la première fois une sensation qu'il n'aurait jamais cru éprouver : l'incertitude. Il trouva Sofia assise près de la fenêtre, les mains posées sur son ventre, les yeux perdus dans le vide. Elle n'entendit pas son arrivée, et c'est lui qui, instinctivement, se figea en la voyant ainsi, à la fois vulnérable et distante.

Il s'approcha, son regard fixé sur elle avec un intérêt étrange, presque nouveau. Mais son calme apparent ne trompait personne, pas même lui. Il savait que quelque chose n'allait pas, quelque chose qu'il ne contrôlait pas. Et cette incertitude... Cette incertitude, il la détestait.

Sofia tourna lentement la tête lorsqu'elle entendit ses pas, mais elle ne bougea pas de sa place. Giovanni resta debout, observant ses traits marqués par une fatigue évidente, mais aussi quelque chose de plus : de l'inquiétude, de la peur, peut-être même de la honte.

« Il y a quelque chose que tu veux me dire ? » demanda Giovanni d'une voix grave, presque trop calme.

Elle baissa les yeux, sa respiration devenue plus lourde. Elle savait que ce moment finirait par arriver, qu'il découvrirait la vérité tôt ou tard. Mais elle n'était pas prête. Pas encore.

« Sofia... » insista Giovanni, ses yeux s'assombrissant. « Tu sais que je déteste qu'on me cache des choses. »

Elle se leva enfin, son corps tendu par l'angoisse. « Giovanni, ce n'est pas ce que vous croyez. »

Son ton hésitant, sa voix tremblante n'échappèrent pas à Giovanni. Il s'approcha d'elle d'un pas rapide, son regard se durcissant. « Qu'est-ce que tu essaies de me dire, Sofia ? » demanda-t-il, son ton désormais autoritaire. « Tu crois que tu peux me mentir, me cacher une vérité aussi importante ? »

Elle recula d'un pas, cherchant désespérément les mots, mais il n'y en avait aucun qui puisse apaiser la tempête qu'il venait de déclencher. « Giovanni... » Elle s'arrêta un instant, prenant une profonde inspiration. « Je suis enceinte. »

Le silence tomba comme un couperet. Giovanni se figea, ses yeux cherchant des réponses dans les siens, comme s'il croyait ne pas avoir bien entendu. Puis, il secoua la tête, un rictus glacé effleurant ses lèvres.

« Qui est le père ? » La question, simple mais cruelle, était posée avec une froideur glaciale.

Sofia ferma les yeux un instant avant de répondre, ses mains serrées sur son ventre comme pour protéger ce qu'elle portait. « C'est... c'est un homme que j'ai connu avant. Avant tout ça. Je n'ai pas voulu... Mais c'est lui. »

Giovanni ne répondit pas tout de suite. Il tourna son regard ailleurs, fixant la fenêtre comme si il pouvait y trouver une réponse, quelque chose pour réparer cette situation qu'il n'arrivait pas à appréhender. Il était un homme qui contrôlait tout, mais là, il se sentait perdu. Il était en colère, oui, une colère sourde qui montait en lui comme une vague prête à tout engloutir.

« Et tu penses que tu vas garder cet enfant ? » demanda-t-il, sa voix froide et impitoyable.

Sofia sentit son cœur s'alourdir, mais elle ne détourna pas le regard. « Oui. Je vais le garder. »

Giovanni la fixa intensément, comme s'il cherchait à déchiffrer chaque mot, chaque nuance de sa réponse. Il ne pouvait pas comprendre. Comment pouvait-elle prendre une telle décision, dans un monde comme celui-ci ? Une femme enceinte, portant l'enfant d'un autre homme, et pourtant, elle s'accrochait à cette vie fragile comme si elle pouvait tout changer.

« Tu veux vraiment garder cet enfant ? » Il répéta la question, cette fois avec plus de dureté.

« Oui. » La réponse était ferme, sans hésitation. « Je vais le protéger. »

Il resta là, à la fixer, son regard insistant. « Et toi, Sofia ? » dit-il après un long silence. « Et toi, comment tu comptes survivre dans ce monde, avec cet enfant ? Tu penses que ce gamin va changer quoi que ce soit ? » Il s'approcha d'un pas, son visage tout près du sien. « Tu veux que je t'aide à garder cet enfant ? Tu crois que je vais m'attacher à un enfant qui n'est même pas le mien ? »

Sofia leva les yeux vers lui, son regard plus déterminé que jamais. « Je ne veux pas que vous vous attachiez à lui. Mais je vous demande de me laisser le garder. Je veux qu'il vive, Giovanni. Peu importe ce que vous en pensez, il a le droit de vivre. Il n'a rien à voir avec vous, ou avec ce monde que vous contrôlez. »

                         

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