... Ange Froid ...
img img ... Ange Froid ... img Chapitre 5 La Chambre
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Chapitre 6 Mauvais Présentiment img
Chapitre 7 Coïncidences img
Chapitre 8 Le Médaillon img
Chapitre 9 Souvenir img
Chapitre 10 Inquiétudes img
Chapitre 11 Le Journal de Jenny img
Chapitre 12 Crises img
Chapitre 13 Silence et Souvenirs img
Chapitre 14 Les malheurs de Jenny img
Chapitre 15 Le Réveil img
Chapitre 16 Entretien avec un fantôme img
Chapitre 17 Les Malheurs de Noah Henry img
Chapitre 18 Jalousie img
Chapitre 19 Pris au piège img
Chapitre 20 la Chartres des Non-Vivants img
Chapitre 21 Le Médaillon img
Chapitre 22 Héritage img
Chapitre 23 Oubliée img
Chapitre 24 Trahison img
Chapitre 25 Amour et Amitié img
Chapitre 26 Mauvaise Conscience & Dignité img
Chapitre 27 Remise en Question img
Chapitre 28 Perdue entre Deux Mondes img
Chapitre 29 Le Droit du Sang img
Chapitre 30 L'enfant Maudit img
Chapitre 31 Deux Cœurs pour un Corps img
Chapitre 32 La Frayeur d Isobel img
Chapitre 33 Vérités img
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Chapitre 5 La Chambre

Je sautai du lit, bien décidé à m'occuper l'esprit et provoqua un nuage de poussière autour de moi ce qui me fit éternuer. Au contact de mes pieds, le parquet _ ou ce qu'il restait de ce qui jadis avait dû être un joli parquet _ émit une drôle de plainte qui était loin d'être rassurant et je me fis la promesse de ne plus taquiner ce sol douteux, craignant de passer au travers et d'atterrir dans le salon de la tante Myriam _ ni elle ni moi n'aurais apprécié, je pense ! Et puis je n'étais déjà pas dans ses petits papiers depuis ce matin mieux valait pas pousser le bouchon trop loin.

Je m'approchai du mur le plus proche de moi _ à savoir celui où logeait la grosse porte de bois massif, usée et marquée par le temps qui a passé. C'était une belle porte, taillé dans le bois que mon père, fils d'ébéniste utilisait couramment pour ses bricolages maison avant de succomber à un ulcère trop près du cœur, le chêne. J'essayais d'imaginer ce chêne plutôt que son père, avant qu'il soit sacrifié, droit et fier, parmi les siens. Il avait dû être beau et grand probablement.

Il me revint en mémoire l'un des cours de sciences de madame Cleveland lors d'un cours de botanique particulièrement ennuyeux au mois d'avril dernier : certain chêne pouvait atteindre les quarante-cinq mètres ! _ La tête qu'elle aurait fait cette vieille chouette de prof si elle savait que je m'en souvenais ! _ pire, celle de Carly, ma meilleure amie si elle savait que j'avais un jour écouté un de ses laborieux cours, elle aurait halluciné !!

- « Carly... » murmurais-je

C'est dingue à quel point elle me manquait. Elle était pour moi comme une extension de ma personnalité, plus importante encore que moi-même. Son absence me pesait plus que tout autre. Je l'imaginais, en vacances en Allemagne avec son beau rugbyman, Cédric, tandis que j'étais coincé ici ! Pff !! Traîtresse !! Et voilà que je jalousais ma meilleure amie qui pour une fois dans sa vie catastrophique avait un peu de chance. J'étais une amie pathétique !! J'avais honte. Ma pauvre Carly ne méritait pas ça.

Je continuai mon inspection que je n'avais même pas véritablement commencé en fait, en songeant que bientôt _ à savoir, si même calculs étaient exacts, huit jours à peu près !! _ J'allais revoir Carly. Elle revenait en France et viendrait passer le reste de ses vacances chez moi _ donc quasiment la totalité en fait _ pour me rapporter des news de son pays qu'elle avait quitté à contre cœur à la mort de son grand-père il y aurait bientôt sept ans.

J'examinai les murs. Ils étaient sales, et gris de la poussière avait remplacé la peinture qui un jour avait dû être blanche ou crème voire pêche et qui avait jauni en même temps que les années s'étaient écoulées. Je distinguai, enseveli sous la poussière de vieilles photos qu'il était impossible d'identifier tant elles étaient poussiéreuses. Je soufflai dessus, chassant un peu de poussière _ suffisamment pour distinguer ce qu'elles représentaient en tout cas ! _ Et éternua encore face à ce nuage poussiéreux. On voyait mal mais c'était déjà ça.

Il y avait une bonne petite dizaine de photos, toutes en noires et blancs, comme Carly les adorait. Elle adorait la photographie là où je préférais le dessin. On s'entendait toutefois pour notre passion pour l'écriture. La première photographie montrait une petite famille classique de l'époque : un père moustachu aux cheveux sombres qui souriait à l'objectif, le bras musclé et puissant posé sur l'épaule de son épouse, une petite femme maigrichonne et souriante, tenant sur ses genoux un bébé de quelques mois. À ses côtés se tenait également une jeune fille qui devait avoir à peu près dix ans, brune comme sa mère mais qui regardait l'objectif avec un regard vide et dépourvu de joie. Elle ne souriait pas et c'était dommage car la fillette était plutôt jolie.

La photo était légendée à l'encre noire, l'écriture étant droite et nette : papa, maman, Elle et moi.

- « mouais...Elle ! On dirait qu'elle n'aimait pas beaucoup sa petite sœur ! » constatais-je

Je regardai les autres photographies, qui représentait toute la famille ou seulement les deux sœurs, mais à diverses années d'intervalles chaque fois. C'était toujours la même mention qui désignait la fillette, Elle, jamais un prénom ou un signe montrant un quelconque lien entre les sœurs. La fillette de dix ans grandissait au fil des photos, devenant une adolescente qui semblait taciturne et renfermée, ne montrant qu'un visage grave et de plus en plus blafard et dont le regard évoluait au fil des images vers la peur, le désarroi la haine et la terreur. De nos jours, elle se serait surement tournée vers le mouvement gothique, ces êtres qui souffrent mais je suppose qu'à l'époque ce n'était pas un choix qui s'offrait à une jeune fille. Quoiqu'il en fût, l'adolescente me fit de la peine et m'intriguait. Je ne comprenais pas qu'on puisse être si malheureux. Et si peu enclin à aimer sa sœur. Alana était ma demi-sœur, notre seul lien était ma mère avec laquelle je ne m'entendais pas mais quand même, jamais je ne pourrais laisser entrevoir un tel ressentiment palpable sur ces photos. J'étais intriguée, confuse et avide de comprendre cette mystérieuse adolescente.

Mon regard s'attarda enfin sur une photo en particulier, elle suscita mon intérêt. Elle représentait les deux sœurs et je devinai que c'en l'une des photos les plus « récentes » parmi les autres _ cela me semblait ridicule de qualifier de récent un truc plus vieux que ma grand-mère. La photo en question était celle qui était le plus près de la grande bibliothèque. Quand je l'examinai de plus près, je compris ce qui avait éveillé mon intérêt. J'écarquillai les yeux de surprise et étouffa un hoquet _ de frayeur ou de stupeur ou de surprise ? Je ne saurais trop le dire, des trois peut-être ! _ Mes mains tremblèrent et je dus me concentrer pour empêcher mes jambes de se dérober.

Les deux sœurs posaient sûrement pour leurs parents sous le vieil arbre où Franky jouait hier dans la cour. L'adolescente ne parvenait pas à sourire de façon convaincante et avait mis de l'espace entre elle et sa petite sœur. Mais ce n'était pas là ce qui m'intéressait malgré l'étrange attitude de l'adolescente, c'était sa jeune sœur qui m'intéressait en réalité.

Elle avait huit ans si je m'en référais à la légende qui disait « 8e anniversaire, juin 1835 ». Elle avait huit ans en 1835 et pourtant son visage m'était familier. Je la connaissais, du moins, je l'avais déjà vu...

- « Elle ?! » m'exclamais-je sans même m'en rendre compte. Moi qui avais voulu m'empêcher de penser à elle en examinant la chambre, c'était raté !

- « moi-même ! » me répondit-on dans le dos.

Je fis volte-face si vite que j'en eu un vertige et je vis quelqu'un que je ne voulais pas voir mais mes yeux émeraudes croisèrent tout de même les siens.

Le bébé... la fillette...Cette fillette de 8ans en 1835 ; enfin, je ne savais pas trop qui se tenait là, face à moi, me toisant du haut de ses huit ans qu'elle ne devrait plus avoir. Je reconnu en elle mon arrogance et constata que la mienne était partit en miette tellement sa vision me terrifiait.

Perplexe, je regardai la grosse porte, elle était toujours fermée, le verrou étant tiré. Rien n'avait bougé pourtant, elle se tenait là, face à moi. Elle braqua son regard impérial dans la même direction puis me dévisagea comme si j'étais stupide et m'informa de ce qu'elle devait juger de plus qu'évident avec prétention :

- « non, je n'en suis plus besoin ! »

Sa voix était désincarnée, comme sortit d'un gouffre où elle aurait dû avoir disparu il y a tant de temps. Elle était si sure d'elle qu'elle m'exaspérait. Bien sûr, c'était évident qu'elle n'avait pas besoin de porte ! Nan, mais quelle plaie celle-là _ oh mon dieu ! mais en y pensant, comment était-elle..., non, je ne voulais pas le savoir finalement.

- « Qui es-tu ? » demandais-je, me maîtrisant malgré mes peurs qui fourmillaient en moi, rendant ma voix aiguë et incertaine.

- « Pff, Jenny ! Je suis la même que la dernière fois ! » s'exclama la fillette en parodiant, mais alors très mal, l'espièglerie qu'une fillette de son âge aurait dû avoir.

...Alice...

Encore cette voix dans ma tête. La voix était plus présente que l'autre jour, plus pressante.

...Sauve-toi, Alice... sauve toi vite...

- « Jenny... tu es toujours aussi naïve, ma parole ! » la voix de la fillette était mielleuse ce qui la rendait plus effrayante encore.

Jenny.

Qui était donc cette Jenny avec laquelle cette sale môme semblait me confondre ? Sa sœur ? Une de ses connaissances ? Qui ? Et qui était-elle, elle qui déraillait en me confondant avec une autre et qui surgissait ici dieu seul savait comment ?! La seule chose que je ne remettais pas en cause c'était que cette gamine était folle et que je le devenais aussi, ayant cru reconnaître en elle la fillette de la photo prise il y avait de cela cent trois ans. J'avais peur : où étais-je tombé ? Y avait-il de la cocaïne dans mon café ce matin ou bien dormais-je encore ? Je ne savais pas mais j'étais terrifier !!

- « Mais...je... écoute, je ne sais pas qui est Jenny mais, ce... ce n'est pas moi ! Je suis, je m'appelle Alice, Marie Alice » bégayais-je

La honte !! J'avais peur d'une gosse de huit ans _ mais à ma décharge, elle avait siphonné la mioche !! _ Vraiment peur, ma voix en tremblait et mes mains que je tortillais l'une avec l'autre tremblaient également. Elle éclata de rire _ un rire mauvais, cruel, démentiel qui me mit mal à l'aise _ non pas que je ne l'étais pas déjà ! _ Et me déclara, avec cette espèce d'échos qui résonnait en moi comme les paroles dont je me remémorais :

- « Tu n'es plus Jenny certes mais tu l'as été et une part de toi le sera toujours, il est tant d'achever ce que je n'ai pas terminé, je dois réparer les erreurs et injustices commises dont tu es responsable !! »

.... Alice...Aliiiiiiice!!

La voix dans ma tête criait, hurlait si fort que je dû prendre ma tête dans mes mains tant cela me faisait mal.

Alice...

La voix était déchirante, elle hurlait à m'en déchirer les tympans. Elle scandait mon nom.

...Pars tant qu'il en est temps...Alice...

La fillette s'avança vers moi, lentement et je reculai jusqu'à être dos au mur, songeant à ces paroles qui n'avait aucun sens pour moi et qui me fit rappeler la phrase de mon petit cousin « elle a dit que le temps était enfin venu de punir et que la fille allait mourir ». J'avais vu juste, la fille c'était moi. Et j'allais mourir !! Mais pourquoi ?! Pour « réparer les erreurs et injustices dont je suis responsable » ? Mais qu'avais-je fais ? Je ne connaissais même pas cette fillette qui me haïssait tant, pas même son nom !!

.... Non pas toi aussi, va-t'en Alice, NON !!

Elle était à quelques pas de moi et me regardait avec ce même regard haineux que cette nuit lorsque je l'avais vu dehors, elle ne bluffait pas _ ou alors extrêmement bien _, elle voulait ma mort. J'étais paralyser de terreur et la voix dans ma tête aussi l'était m'intimant de crier au secours. La main de la fillette était à quelques millimètres de mon visage lorsqu'un bruit de verre brisé survint du réez de chaussée _ mon oncle l'ignorait, mais il venait, grâce à sa légendaire maladresse de me sauver la vie, temporairement tout au moins.

En effet, je jetai un coup bref coup d'œil vers la porte, imitée par la gamine avant de me focaliser sur miss Psychopathe, mais, en l'espace d'un quart de seconde, elle s'était évaporée comme par magie. Me laissant seule et tremblante dans la pièce. La voix s'était tue.

Tout semblait être redevenu normal. Si cela était possible. Il n'y avait plus personne, j'étais seule à nouveau. Mais loin d'être rassuré. Je tremblais comme une feuille sans parvenir à me calmer. Je crois même que je pleurais mais j'étais dans un état second tel que je n'en suis pas certaine.

Il était 17h48. Ils quittèrent l'aéroport, dans deux heures maximums, si tout allait bien sur la route, ils auraient rejoint la vieille bâtisse que la grand-tante Myriam, gentille mais aux idées farfelues venait d'acquérir, au détriment de sa villa de Phoenix où leur amie Alice les invitait à le rejoindre tous les ans en août.

La jeune fille était préoccupée. Elle ne cessait de tripoter son étrange médaillon et de soupirer, priant pour que sa mauvaise impression soit infondée. Elle reposa son téléphone portable en se mordillant la lèvre inferieur. Elle savait qu'il se tramait quelque chose d'anormal, jamais Alice n'aurait étend son téléphone.

Elle reprit son téléphone malgré elle et recomposa une fois encore les dix numéros de sa meilleure amie qu'elle connaissait par cœur à force de les composer jour et nuit et s'agaça quand elle tomba une fois encore sur le répondeur ridicule de sa meilleure amie qui avait voulu un répondeur original et stupide plutôt que classique, cela énerva la jeune fille anxieuse encore plus. Elle décida d'y laisser un ultime message :

-"Bon c'est encore moi ! Je pense que tu n'as pas de réseau mais je voulais te prévenir que Ced et moi rentions plutôt que prévu ! On sera bientôt la... "

Elle raccrocha et serra la main de son petit ami qui sans quitter la route des yeux lui rendit son étreinte, promesse silencieuse qui lui affirmait que tout irait bien. Il n'était pas sans ignorer la tempête qui se déroulait dans la tête de sa bien-aimée comme si elle s'insinuait en lui, filtrant à travers les pores de la peau calcaire de la jeune fille assise qui ne cessait de gigoter, libérant le trop plein d'énergie qui l'animait comme chaque fois qu'elle s'inquiétait.

Elle lui sourit même si elle savait que tout n'irait pas bien car au contraire, tout allait déjà mal sans qu'elle puisse dire d'où lui venait cette impression mais Carly sentait quand les choses allaient mal, étant habituer aux situations difficiles, et elle était si proche d'Alice qu'elles étaient unis l'une à l'autre pareille à deux jumelles. C'est pourquoi Carly savait que sa place était auprès d'Alice.

Je commençais peu à peu à reprendre mes esprits. Je ne tremblais plus mais mes mains restaient moites et mon cœur battait à m'en faire mal, voulant sortir de ma poitrine avec perte et fracas. Je venais d'avoir la trouille de ma vie et ce n'était pas qu'une expression.

Mon premier réflexe, lorsque j'eus retrouvé l'usage de mes jambes fut de déverrouiller la porte _ mieux valait une issue pour m'enfuir des fois que... Je sortis mon téléphone de ma poche, pure reflexe également mais aucun réseau ne captait ici. Je soupirais et tentais de calmer ma respiration.

Je descendis rapidement, jugeant préférable de ne pas rester une fois encore seule dans cette maudite baraque et du subir le regard remplit de reproche de ma mère mais j'étais tellement perturbée par l'apparition de la fillette dans la chambre fermée à clef et son étrange similitude avec la fillette des photos de 1835 que ma mère et ses reproches ne me firent ni chaud ni froid. Bizarrement cela me réconfortait, c'était dire que j'étais perturbée. Mais une chose était sure, elle n'avait toujours pas digéré ce qui me paraissait déjà loin ! Ma grand-tante, elle, se contenta de m'ignorer royalement _ conclusion : elle m'en voulait également, ce que je pouvais comprendre d'un côté _ mais cela ne me gêna pas plus que cela, elle s'en remettrait contrairement à mon cœur qui battait la chamade au point de cogner dans ma poitrine avec une violence nouvelle. Je devais me calmer. Et vite.

Je pris une pomme bien rouge et juteuse dans le panier à fruits et légumes de ma tante et me servit un verre _ toujours trop grand selon moi _ d'eau fraiche. Le contact de l'eau glacé dans ma gorge sèche me fit du bien et je me sentis un peu mieux comme ragaillardi. Mon cœur s'apaisait doucement. Je repassai devant ma mère sans lui accorder le moindre signe témoignant que j'avais remarqué sa présence et m'apprêtais à remonter à l'étage pour mettre de la distance entre les ondes négatives de maman et moi, ne supportant pas être dans la même pièce qu'elle, lorsque mon oncle m'appela.

- « oui ? » demandais-je excédé d'être importunée mais ravie que mon oncle soit égal à lui-même _ à savoir, un chieur de première, un mec quoi, mais qui ne jugeait pas sans savoir !

- « Dis-moi Alice, tu capte ou pas ? Mon tel ne veut rien entendre, pas même un seul petit message ! C'est dommage j'avais un message à envoyer à Drea ! »

Drea, c'était une amie avec qui je le soupçonnais d'avoir eu une relation plus qu'amical et qu'il aimait depuis toujours selon mes souvenirs.

Je sortis mon précieux téléphone portable _ c'était comme un membre de ma famille sans qui je ne pouvais envisager de sortir ! Il connaissait tout de moi _ et je lui confirmais que je ne captais pas du tout.

- « Et merde !! » vociférais-je en rangeant mon portable dans la poche de mon jean en guise de réponse à mon presque frère.

- « j'aurais dû m'en douter ! » répliqua mon oncle à la fois dépité et amusé. « C'est pour cela que l'allemande n'a pas fait brailler ton téléphone cette nuit ! » taquina-t-il.

Je le fusillai du regard, indignée. J'avais horreur qu'il parle ainsi de Carly même si cela n'avait rien de méchant vu qu'il l'adorait autant qu'il m'adorait mais c'était par principe. Et puis était-ce la faute de Carly si elle était en illimité jour et nuit ?! Personnellement ses messages ne m'avaient pas inquiété tellement j'étais épuisée mais je dois dire que maintenant que Rémy abordait le sujet, la plaie causée par l'absence de ma meilleure amie s'était ravivée, il venait d'ajouter un peu de sel à cette douleur involontairement ; tant que je serais coincée ici, je n'aurais pas de nouvelle d'elle !!

Vexée par la pique de mon oncle, _ enfin, c'était plus pour faire une sortie théâtrale, j'en convins _ je sortis de la pièce et regagna la chambre malgré mes appréhensions. Cependant, contrairement à mes habitudes, je ne refermai pas la porte à clef, pas du tout même ! Je me jetai sur le lit, les vieux ressorts grincèrent à m'en faire mal aux dents et je me mis à pleurer pensant à tout à la fois : la gamine, les photos, plus de téléphone, maman, pas de Carly..., tout cela hantant mes pensées.

- « Carly... » sanglotais-je la tête dans les draps.

J'aurais tellement besoin d'elle à mes côtés en ce moment plus que jamais !

                         

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