-Ce qui me fais le plus mal, c'est qu'elles ne conduisent que de belles voitures, de luxes et très chères alors qu'elles ne savent rien faire. Elles ne maitrisent même pas les principes de la bonne conduite. Jeune dame, regarde ce que vous avez causé.
-Je...je...je suis désolée. Je n'ai pas fait exprès. Dit Wouly toujours sous le choc.
Elle conduit depuis des années mais n'a jamais fait d'accident. C'est une première fois pour elle et elle ne s'y attendait point.
-Appelez la police, clame une dame derrière une table de maïs. Elle devra répondre de sa faute.
-Non, intervient un vieillard. Niit degn koy soutoural. Cette femme est apeurée. Au moins, elle n'a pas pris la tangente dès qu'elle l'a touché.
-Je ne pense pas qu'il y ait besoin de prévenir la police. Nous pouvons régler cela entre nous sans porter préjudice à cette bonne dame.
-Je propose qu'on le transporte dans un hôpital puisqu'il a l'air inconscient.
-Aidez-moi monsieur, et vous aussi, faites le entrer dans la voiture. Il y a un hôpital tout près, je vais l'y conduire moi-même. Dit Wouly en ouvrant la porte arrière.
Dès que les deux plus jeunes et semblants plus forts commencent à porter le petit garçon, il ouvre ses yeux et fixent tour à tour les gens qui l'entourent. Il se dégage de leurs bras et se met debout normalement.
-Qu'est ce qui se passe ? Demande-t-il paniqué.
Soulagée, Wouly s'accroupit devant lui et lui prend ses deux mains.
-Ça va toi ? Tu n'as rien ? Je t'ai touché quelque part ?
-Non madame. J'ai juste eu peur et me suis évanouie mais je vais bien, vous ne m'avez pas touché. Rassure l'enfant.
-Viens, je vais t'amener à l'hôpital, ainsi je serai plus tranquille.
Les gens se sont rapidement dispersés entre temps étant donné que la victime semble être dans un bon état.
-Je vais bien, merci beaucoup. Je crois que je vais rentrer chez moi.
-Non, je préfère voir et m'assurer que tu vas bien. C'est plus sûr. Fais le pour moi, d'accord ?
-Je vous ai dit que je vais bien. Que me voulez vous d'autre ? Laissez moi, dit acerbement le petit.
-Je ne ferai jamais de mal à un enfant surtout s'il peut être mon fils. C'est juste que...pour plus de sécurité, je voudrai qu'on aille voir un médecin. Je te promets que ce ne sera pas long, je peux même te déposer chez toi après. Qu'est ce que tu en dis ?
-Heu... D'accord mais juste pour l'hôpital, je rentrerai seul chez moi. Je n'ai besoin de personne pour m'amener chez moi. Je connais bien la ville. Dit le petit garçon toujours avec ce ton dur.
-Allez monte dans la voiture, c'est juste 10 minutes de route, d'accord ?
Wouly monte aussi de son côté après s'être assurée que Junior est bien installé et dort toujours.
-Attache ta ceinture, demande-t-elle à l'adolescent.
Chose faite, elle met en marche l'auto pour la direction de l'hôpital.
À l'arrivée, le petit inconnu descend aussitôt. Wouly porte Junior dans ses bras et franchit derrière le jeune la porte de l'urgence.
Un médecin l'ayant reconnu lui demande tout de suite s'il peut faire une chose pour elle. Elle saisit cette opportunité et entraîne le garçon dans le cabinet de cette femme.
Wouly se met à l'écart, les laissant tous les deux pour son examen.
-Merci docteur, dit-elle une fois qu'elle lui a assuré que les battements de son cœur étaient juste effrénés et qu'il devait bien se nourrir et se reposer.
-C'est un réel plaisir pour moi de m'occuper d'un enfant de Mme Ndoye. Dit la jeune femme avec un sourire et des yeux pétillants.
-Heu, entame Wouly.
-Je ne suis pas son fils, madame, coupe impoliment l'enfant. Cette femme m'a juste heurté et a voulu voir si je vais bien mais elle n'est pas ma mère. Je n'ai pas de mère. Je peux rentrer chez moi, Madame Ndoye ?
-OK, madame, c'est vraiment gentil de votre part. Vous nous avez soulagé. Encore merci.
-Pas de quoi, voyons. À très bientôt j'espère.
Elles se servent la main et Wouly prend le petit par les épaules pour qu'ils sortent d'ici.
-Dans la voiture, jeune homme, ordonne presque Wouly en le voyant sortir.
-Merci mais je peux rentrer seul. Je suis assez grand, je n'ai pas 7 ans.
Wouly le rattrape et le retourne afin qu'il soit face à elle. Elle le fixe et un frisson la prend d'un coup en voyant ces yeux qui la regardent avec de la colère mais qui derrière... elle ne sait même pas.
-Laissez moi tranquille madame. Quoi ? Vous avez besoin d'autres choses encore à part essayer de me tuer.
-Te tuer ? Non mais ça ne va pas ? Je veux t'inviter à manger, rien d'autre.
-Mon père peut me donner à manger. De plus, il m'est interdit de parler à des inconnus.
-Je ne suis pas une inconnue mais...
-Oui, je sais. Vous êtes Sirène Ndoye mais cela m'est complètement égal en ce moment. J'ai d'autres priorités. Si vous me permettez, dit-il en dégageant le bras de Wouly.
-Tu n'iras nulle part, pas tant que je ne l'aurai décidé.
-Si vous voulez donner des ordres, vos enfants sont là et quand ce bébé grandira, vous les lui donnerez. Ne m'énervez pas.
-Il est temps de te dire la vérité. Tu es impoli, jeune homme. Tu ne sais pas parler à une personne plus âgée que toi. Je pourrai être ta mère...
-Mais tu ne l'es pas et tu ne le seras jamais. Dit-il avec arrogance.
-Ne m'interromps plus quand je parle, ne crie plus. Je ne suis pas ta camarade de classe. C'est clair ? Moi aussi, je peux être impolie et crois moi, si j'essaie je serai pire que toi. Insolent !
Non seulement, tu vas parler autrement mais également, tu vas gentillement monter dans cette voiture en changeant ce visage. Allez vite. Ordonne Wouly.
L'adolescent remonte dans la voiture comme établie. Wouly fait de même et constate que Junior s'est réveillé et pleure derrière.
Elle le porte dans ses bras et le berce mais il semble qu'il ait faim et Wouly n'a pas d'eau minérale dans la voiture.
Junior continue de pleurer et Wouly ne sait plus quoi faire. Elle a bercé sans s'arrêter et se fatiguer mais il persiste à crier.
-Donnez le moi, je vais essayer. Demande timidement le garçon.
Wouly hésite un peu et lui tend le bébé qu'il prend avec beaucoup de précaution avant de commencer à conduire.
Il ne fait que bercer et faire bouger le bébé pendant moins de 3 minutes qu'il stoppe ses pleurs et fixe le petit.
-Je crois que les étrangers qu'il voit contribue à son calme, constate Wouly.
-Il pleure beaucoup ?
-Non, il est un peu capricieux des fois mais il est relativement calme. Répond Wouly.
-En tout cas, il est mignon et il a de beaux yeux.
-Il est laid. Il était beau à sa naissance mais maintenant.... Hun, se moque Wouly.
-Je crois qu'il n'y a que vous qui le dites, moi je trouve qu'il est très beau.
-Non, je blague. C'est mon petit chéri, lui. Il s'appelle, Mouhamadou Moustapha Ndoye mais on l'appelle Junior.
-Junior ? Donc si je comprends bien, il a le même nom que votre mari.
-Tu as tout compris. Dit Wouly en éteignant le moteur de la voiture.
Tiens, non avant donne moi Junior et va prendre à manger dans ce fast-food. Prend tout ce que tu voudras pour toi et achète un petit quelque chose pour moi, de la boisson aussi et une bouteille d'eau minérale pour que je fasse son biberon.
-D'accord. Je reviens tout de suite.
Pendant ce temps, Wouly va à l'arrière et remplit le biberon en verre de lait pour bébé en attendant l'eau qui arrive.
Le jeune homme arrive avec deux sachets plastiques blancs et monte aux côtés de Wouly, c'est à dire derrière.
Il donne à Wouly la bouteille d'eau minérale qu'elle avait demandé de prendre, elle remplit aussitôt le biberon et fait téter son bébé.
Wouly et le jeune garçon mangent et sirotent leurs boissons fraîches en discutant, bébé dort encore sur l'épaule de Wouly.
-Alors, mon ami insolent. Tu ne m'as toujours pas dit comment tu t'appelles.
-Je ne suis pas insolent, madame, rit le gamin. C'est juste que je suis assez nerveux aujourd'hui, j'ai des problèmes de famille.
-Des problèmes, tout le monde en a. Moi même j'ai mes problèmes et pourtant je pense aux autres et à leurs sentiments. Pourquoi pas toi ? La politesse, elle commence lors de notre jeunesse, sinon tu seras un vieux sans respect et non respecté. Hum?
-Oui, de nature je ne suis pas comme cela. À l'école et dans mon quartier, on dit souvent que je suis l'un des plus posés et polis. Je m'excuse, madame pour mes paroles blessantes.
-C'est oublié maintenant. Tu sais, j'adore les enfants et surtout ceux qui ont du respect et qui souhaitent voir dans les yeux de leurs parents delà fierté. N'est-ce pas vrai que tu veux que ta mère soit contente pour toi et que tu la couvres de cadeaux pour tout ce qu'elle a fait depuis ta naissance?
-Je vous ai dit que je n'ai pas de mère, répond le petit garçon sans complexe.
-Elle est morte ? Oh, je ne savais pas. Pardon. Je comprends, la mienne aussi nous a quittés.
-Je n'ai jamais vu ma mère et si elle est morte, C' est tant mieux. Elle n'est même pas une mère. Cette femme qui m'a mis au monde m'a abandonné, dit-il très énervé.
Wouly ne répond rien et le fixe avec pitié.
-Oh non, pas ça. Ne me regardez pas avec ces yeux de pitié. J'ai l'habitude, cela fait presque 15 ans.
-Non, ce n'est pas de la pitié. C'est de l'admiration. Tu as vécu sans ta mère depuis ta naissance et tu parais fort.
Il y a des femmes sans coeur, abandonner son enfant est ignoble. Être mère, c'est le meilleur cadeau du Ciel. Et ton père ?
-Il est pire que ma mère. Lui, il est là sans être là. C'est à cause de lui que j'ai fugué. Il me rabâche tout le temps. Il dit que je suis comme ma mère, que je lui ressemble beaucoup surtout avec mon caractère d'imbécile. Ce sont ses mots, il dit ça tout le temps. Il me fait du mal et après, il veut que je m'excuse, je refuse et il dit que je suis comme ma mère. Il ne peut pas rester un jour sans me répéter cette phrase. En plus, il paie mes études mais s'en fiche pas mal de mes notes et bulletins. Je signe seul et lors des rencontres avec les professeurs, je paie un homme dans la rue pour qu'il parte à sa place.
C'est pour ça que d'un côté, j'ai compris ma mère. Personne ne peut vivre avec un homme aussi mauvais. Mais, elle aurait pu m'amener avec elle. Elle ne s'inquiète pas et je suppose qu'elle est allée fonder son propre foyer sans se soucier de son premier enfant. Je vous jure, madame que je voudrai savoir comment est une mère avec son enfant. À l'école, on me surnomme l'orphelin. Ce n'est pas que les orphelins ne sont pas de bonnes personnes mais ils le disent pour me faire comprendre que je n'ai ni père, ni mère.
Je déteste ma mère, je la déteste et si je la verrai un jour, je lui dirai tout ce que j'ai sur le cœur et que j'ai gardé. Je l'ai promis et je le ferai. Rugit-il avec une larme qu'il fait vite d'effacer.
Wouly couche Junior sur le côté et s'approche de lui pour poser sa tête sur sa poitrine. Il se laisse faire et ferme les yeux pour savourer ce sentiment nouveau qui l'habite. Beaucoup de femmes l'ont bercé mais ceci, ce frisson, ce coeur qui bat fort et cette proximité le tourmente chaque seconde qui passe.
-Ne sois pas si amer, ce n'est pas bon pour ton petit cœur. J'en ai voulu à des gens. J'ai même eu à me venger, à me battre. Je te déconseille fortement de garder de la rancoeur. C'est vrai que ta mère est une mauvaise femme car elle ignore le bonheur de vivre la maternité. Elle est égoïste, sans cœur et peut-être folle. Tu es un bon garçon, n'accepte pas de vivre avec cette rancune. Lorsqu'elle se présentera comme ta mère, crache lui tout ce que tu ressens mais n'oublie pas qu'une mère reste une mère. Je te dis ce que j'aurai fait à ta place. Tu le feras ?
Il acquiesce sans soulever sa tête. Wouly poursuit.
-J'en ai perdu, moi aussi des gens. D'abord ma mère, ensuite mon premier fils et son père. Ce soir, j'ai perdu mon mari.
-Votre mari ? M.Ndoye est mort.
-Non, non, non, on s'est séparé. Il va avoir un enfant avec ma meilleure amie. Répond tristement Wouly.
-C'est incroyable. Vous êtes tout le temps baptisés couple de l'année. Noon, il y a sûrement une erreur. Votre mari crie partout, à la télé, à la radio et même sur les journaux qu'il vous aime. Avec votre meilleure amie ? Vous êtes sûre, madame Sirène ?
-Appèle moi Wouly, je n'ai pas envie de parler de ces deux traîtres. Parlons plutôt de toi.
-Moi ? OK. Mon nom est Badara. Et...
-Attends, j'ai bien entendu. Badara tu as dit ? Oh non ! Quel hasard ! Mon enfant qui est mort-né devait porter ce même nom. Je n'ai même pas pu le voir une seule fois. Il n'a pas pu vivre et aujourd'hui, je rencontre un garçon qui porte son nom et qui a l'âge qu'il aurait dû avoir s'il était vivant. J'avoue que Dieu est vraiment Grand. Dit Wouly, émue.
-Je suis désolé pour votre fils mais maintenant vous en avez un autre, moi je n'ai pas de frère. Mon père refusait de se marier malgré les insistances de mes grands-parents. Nous sommes tous rentrés de la Belgique quand j'avais sept ans. Après mon rétablissement. J'avais des problèmes cardiaques et j'ai vécu les deux premières années de ma vie à l'hôpital. Mon cœur était en danger et j'avais du mal à bien respirer. Les médecins m'ont fait sortir des mois après. À l'âge de cinq ans, je devais commencer à aller à l'école mais j'ai refait une chute, j'ai encore été interné pour un an etet quelques mois. Mon père et ma grand-mère ont décidé de rentrer au pays. J'ai commencé le primaire et le climat sénégalais m'a aidé à ne plus avoir de crises. À douze ans, j'ai eu mon CFEE, mon père m'a juste dit : Au moins, tu sers à ton école. Il partait tôt au travail et rentrait tard toujours avec une femme différente de celle de la veille. On ne se voyait que le matin des week-ends. Un mois après ma réussite, grand-mère est morte en laissant mon grand-père paralysé. La haine de mon père a décuplé. La seule chose qu'il ne fait pas est de me frapper. C'est tout le temps des: Tu es comme ta mère, tu fais comme cette femme légère et j'en passe.
À l'école, j'ai un seul ami, Ousseynou. Les autres se moquent de mon âge et de l'absence de mes parents. Pourtant, quand ils ont besoin d'explications, ils viennent me voir et je pardonne tout le temps. Rien ne va chez moi, autant à l'école que dans notre maison.
-Tu es un garçon adorable. Ton père doit être le dernier à te rejeter, tu es de son sang. Vous devez être unis pour vivre cette perte, toi de ta mère et lui de sa femme. Je te propose une chose, je vais t'aider à chercher ta mère. Nous allons lui parler et savoir si elle accepte de te parler, qu'elle t'explique pourquoi elle est partie, qu'elle élucide tous tes doutes.
-Je ne veux pas. Je ne veux pas imaginer comment elle est. Aussi, je ne connais même pas son nom, mon père ne veut pas me montrer sa photo. Nous ne parlons jamais d'elle. A vrai dire, même si je lui demande, il m'insultera encore. J'apprécie ton aide, tata Wouly mais je pense que c'est mieux. Je veux oublier et rentrer chez moi. J'ai fui depuis ce matin car mon père a dit à sa compagne de la nuit dernière qu'il m'a ramassé devant l'hôpital, ensuite ils ont rigolé. Je suis parti de la maison énervé et triste.
-N'y pense plus. Viens devant, je vais te ramener chez toi.
Ils s'installent et Badara lui donne le nom du quartier où il habite.
-Je t'ai fatigué avec mes problèmes alors que toi aussi tu en as. C'est la première fois que je me confie à un inconnu, une personne que j'ai connu il y a des heures seulement. J'ai une confiance en vous et je veux pouvoir vous voir souvent et parler avec vous. Je ne sais pas si je vais vous déranger car vous êtes une femme occupée...
-Du tout, je ne fais plus rien, je vais m'installer dans une chambre d'hôtel pendant que je cherche un appartement pour nous deux. Je consacrerai mon temps à m'occuper de Junior et moi aussi je vais te demander de me considérer comme une mère. Je te donnerai mon numéro pour que tu m'appelles dès que tu en as envie, la nuit et le jour. N'hésite pas. Tu pourras aussi venir me voir. Tu confirmes?
-Pourquoi pas ? Je crois qu'on va bien s'entendre.
Les deux nouveaux amis continuent de discuter jusqu'à ce que Badara lui demande de se garer devant un immeuble beige. Elle descend aussi après qu'ils se sont échangés de numéros pour le prendre dans ses bras.
-Encore merci, tata. J'ai adoré notre rencontre.
-Moi de même, tu as fait en sorte que j'oublie mes propres soucis. J'ai passé une belle soirée. On se dit à bientôt. Et surtout, ne fugue plus, ta place est chez toi, à côté de ton père, quelque soit son attitude. Ignore ses mots blessants et continue de bien travailler. Réfléchis à ma proposition, celle de faire des recherches sur ta mère. D'accord ?
-Oui, je le ferai. Allez, je rentre. On se salue comme des garçons. Bon moi, je suis un garçon déjà mais allez viens.
Ils se tapent dans la main, puis sur le dos de la main. Ils se frottent les poings, puis les pouces
Badara lui demande de soulever son pied pour qu'ils se touchent la plante des pieds, ensuite ils se font un coup d'épaule et sautent.
Wouly rit jusqu'à avoir mal aux entrailles.
Ce petit est si spontané, si tactile qu'elle se demande comment sa mère a fait pour laisser un enfant aussi chou. Badara n'est pas mal chanceux, c'est cette femme qui a perdu la plus grande chance de sa vie.
Wouly lui fait un bisou sur la joue et monte dans sa voiture.
Trouver un hôtel en cette nuit a été très difficile pour Wouly qui fait couler beaucoup d'essence en faisant le tour des hôtels pour trouver une chambre, même la moins chère. L'été sénégalais attire les touristes, ce qui cause le manque de place dans les lieux de loisirs et dans les hôtels.
Finalement, Wouly a pu s'installer dans une chambre très simple.
La réalité la rattrape dès qu'elle se couche comme poussée par un vent très fort, sur le lit. Junior dort dans son berceau pliant sur le lit. Cette secousse n'a même pas pu le réveiller tellement il est paisible et dort dans les profondeurs...
Étalée sur le dos, deux larmes coulent. Ensuite, les sanglots s'intensifient et se renforcent de plus en plus. Elle pose sa tête sur son bras gauche et se laisse aller dans les cris, les sanglots et les larmes qui tombent sur le drap housse du lit. Son téléphone sonne, c'est Tapha, elle coupe sans répondre. Il résonne encore avec un numéro inconnu et elle répond en lançant un "allô" à peine audible. La conversation est coupée. Elle ne porte pas une importance à ça et continue de verser ses larmes.