Aïta le trouve là bas, pleurant comme un enfant qu'on vient de corriger, une mère que son enfant bien d'abandonner, un père qui vient d'être humilié par son fils, un adolescent qui vient de perdre son petit copain. Ses sanglots sont bruyants et l'agace beaucoup. Elle se met en face de lui et commence à parler.
-Moustapha, pourquoi tu pleures ? Un homme ne doit pas pleurer. Ce n'est pas très... Bon, Arrête maintenant. Tu pleures pour une femme qui n'en vaut pas la peine. Sa place c'est dehors avec son bâtard de fils. Elle est trop collante et elle ne sait pas s'occuper de toi. Moi je vais te rendre heureux avec les enfants qu'on aura. Je te ferais des filles et des garçons qui seront les héritiers de Ndoye Consortium. Tu as fait le bon choix, tu as bien fait de la laisser partir.
Écoute moi, ne culpabilise pas, je t'aiderai à l'oublier vite. Elle n'est pas attirante, elle a trop de débordements au niveau des fesses et des hanches. Une femme n'a pas besoin d'autant de fesses, moi je suis fine, je suis légère et apte à porter tous tes enfants. Oh mon chéri, j'ai attendu ce jour avec tellement d'impatience.
Tapha essuie ses larmes d'un revers de main et porte son regard sur Aïta.
-Tu as raison Aïta. Tu m'as ouvert les yeux. Wouly ne mérite pas mes larmes. Elle est ronde en bas et ce n'est pas très commode pour une femme. En plus elle ne me serre qu'à m'amener des problèmes.
-Très bien mon chéri. Tu as bien fait de tout comprendre. Maintenant tu vas m'épouser et je vais m'installer ici. N'est ce pas ?
-Bien sûr, c'est ta place.
Diooop crie Tapha. Diop.
-Tu vas l'appeler pour lui dire d'aller chercher mes affaires. Demande Aïta avec un grand sourire.
-Exactement ! Assure Tapha.
-Youpi, crie de victoire Aïta. C'est fantastique.
Diop accourt et se positionne devant Tapha. Ce dernier lui demande de lui donner l'oreille pour qu'il lui parle.
Après lui avoir dit, il sort un billet de sa poche et lui tend.
Sans dire un mot, Diop prend de force la main d'Aita pour la faire sortir.
-Mais Qu'est ce qui se passe ? Moustapha ? Pourquoi il me traîne comme ça ? Hé lâche moi.
-Reconnais la Diop, qu'elle ne remette plus les pieds chez moi. Paie lui le taxi et adieu Aïta.
Amy arrive en souriant face à la scène que fait Aïta et se met à côté de Tapha.
-Vous deux, employés de merde. Vous serez les premiers sur ma liste que je vais faire sortir de cette maison. Je vais personnellement m'en charger dès mon installation. Bande de cons. Vous verrez, je vais vous jeter à la rue quand je serai la dame de cette maison.
Aïta disparait de la maison avec Diop et Tapha souffle de soulagement.
-Elle m'énerve. Confie Tapha à Amy.
Celle-ci lui tend la main pour l'aider à se lever. Il saisit sa main et se lève. Tapha passe sa main sur son épaule et ils marchent doucement.
Une fois dans le salon, Tapha se couche sur ses cuisses et Amy comme une mère, lui touche la tête.
-Ça va ? Comment tu te sens ? Demande Amy.
-Vide. Comme cette maison. Je ne veux plus rien de cette vie. Confie-t-il.
-Ne dis pas cela. Repens toi chez Dieu et essaie d'obtenir son pardon. Elle pourra te pardonner et vous serez de nouveau ensemble.
-Donc toi aussi Ma Amy ? Constate Tapha en se redressant. Toi aussi tu crois que j'ai une relation avec cette garce. Décidément !
-Ah, mon petit, c'est juste que la jeune femme a montré des photos.
-Les photos ? Encore ce discours. Je veux que vous me croyiez sur parole. Moi je suis incapable de faire cela à Wouly. Est ce que c'est dans mes habitudes de mentir? Dis moi.
-Non, toi tu dis toujours la vérité. Ne te fâche pas. J'admets que je n'aurai pas dû douter de toi. Excuse moi mon fils.
Tapha se recouche sur sa cuisse tout en fixant le bas de la table.
-Qu'est ce que tu vas faire maintenant ?
-Partir! Je vais faire comme Wouly et m'en aller d'ici. Je ne reste pas dans une maison où ma femme n'est plus ici avec mon fils. Cela fait trop de souvenirs.
-Je ne comprends pas, tu vas où ?
-Chez Djily, dit Tapha en montant trois par trois les escaliers.
-Djily ? Demande amy confuse.
-Oui, un de mes amis.
Quelques minutes après, Tapha redescend avec un sac rempli d'habits et effets personnels.
-Vous êtes fous, tous les deux. C'est quoi ces manières ? Quelle est cette manie de vouloir laisser votre maison pour vous installer ailleurs?
-Je ne remettrai les pieds ici qu'avec ma femme et mon fils. Je dois vraiment y aller Ma Amy. Tu peux rester ici, toi. Reste ici avec Diop et prend ça. C'est sont les clés de la chambre et cet argent, c'est pour vos besoins dans la maison.
Ne dis rien, je suis juste très triste mais j'ai toute ma tête.
Tapha la serre dans ses bras et court avec sa valise la laissant stupéfaite, la bouche ouverte de surprise.
Après avoir déposé son sac derrière, Tapha monte dans la voiture et sort du garage. Il sort devant la porte de la maison pour parler à Diop.
-Moustapha, j'ai payé le taxi pour la dame et voici la monnaie.
-C'est pour toi Diop. Je m'en vais. Il n'y a plus que Ma Amy et toi dans la maison. Ne laisse absolument personne entrer dans la maison. S'il y a des personnes qui demandent après moi ou mon épouse, dis lui que nous sommes en voyage. Tout simplement ! Ne rajoute rien. Surveille bien la maison. J'ai laissé un peu d'argent chez Amy pour tout ce dont vous aurez besoin. Je vous enverrai régulièrement de l'argent plus vos salaires.
C'est bon ?
-Oui Moustapha. Mais où allez-vous tous les deux ?
-Tu vois la femme que je t'ai demandé de faire sortir, elle veut ruiner mon ménage mais je ne la laisserai pas faire. Wouly est en colère et a quitté la maison à cause de cela. Moi, je ne peux pas rester ici sans eux. En bref, c'est tout ce qui m'est arrivé ce soir.
-Les femmes d'aujourd'hui sont dangereuses, il faut faire attention.
-Je ne te dirai pas le contraire. J'en suis là sur le point de perdre ma famille à cause de ses mensonges. Mais bof... Au-revoir.
Tapha se dirige pour aller dans sa voiture quand Diop l'interpelle.
-Viens s'il te plaît. Demande Diop.
-Oui, dit Tapha en s'approchant.
-Mon fils ! Garde ton sang froid, fais tout dans le calme. Va, fais tes ablutions et prie. Dieu est plus grand que les marabouts, les malfaiteurs. Partout où tu seras, tout le temps, reste avec les ablutions. Cette fille que je vois ne s'arrêtera pas à cela. Elle ira sûrement voir quelqu'un pour vous séparer. Tu connais le "deudelé", c'est pratique de nos jours. Pour te protéger, sois toujours avec tes ablutions et prie le Seigneur pour que tu retrouves ta femme.
Tu as compris ?
Tapha acquiesce, il a compris même si Diop parle wolof.
-Donne moi tes mains, je vais faire une prière pour toi.
Tapha présente ses mains et Diop récite des versets de Coran sur ses mains et souffle dessus.
-Amin, dit Tapha en recouvrant ses mains sur son visage et sur sa poitrine. Merci beaucoup pour les conseils et prières. Au-revoir.
-Bonne chance Moustapha. N'en veux pas à ta femme. C'est toi qui a la vérité, c'est juste la colère qui l'a poussée à faire cela. Au revoir.
Les larmes aux yeux, Tapha monte dans sa voiture. En conduisant, il se rappelle des paroles de Wouly et laisse libre cours à ses larmes.
Aujourd'hui, ce n'est pas le moment de dire que je suis un homme alors je ne pleure pas. Il fait le fort mais il est abattu, désolé et très triste. Ça fait mal de ne pas être compris, de ne pas avoir la confiance de sa conjointe. Il souffre et ne se gêne pas pour le montrer.
Les larmes aident à essuyer les yeux. Elles les nettoient mais Tapha ne veut pas que ses yeux se nettoient. Il veut que sa vie soit nettoyée, que le changement qu'est en train de faire son existence ne perdure pas. Un changement qui ne l'arrange pas, négatif.
Tapha entre dans la maison avec l'aide du gardien qui lui a ouvert la porte du garage. Il verrouille la porte de sa voiture et le gardien lui propose de tenir sa valise.
Il sonne et c'est une des servantes qui ouvre la porte.
-Bonsoir monsieur. Oh mon Dieu ! Anna, viens voir, c'est Moustapha Ndoye. Le célèbre entrepreneur. Oh, entrez monsieur. Quelle chance, enfin je vous vois. S'exclame la jeune fille.
-Euh...oui, bonsoir demoiselle. Djily est là ?
-Oh Anna, sa voix. Je l'entends en live. C'est une chance. Dit-elle à Anna qui a couru croyant qu'elle racontait des salades.
-Tu as eu raison, c'est bien lui. Moustapha Ndoye, ici? C'est génial!
-Heu...Vous allez me laisser devant la porte pendant longtemps? Je viens voir Djily.
-Qui me cherche ? Demande quelqu'un. Ah, el maroqui. Ndoye, tu te décides à venir chez moi.
Vous pouvez aller vaquer à vos occupations.
-Je crois que tes servantes ne vont pas biens. Dit Tapha en prenant Djily dans ses bras pour un câlin amical.
-C'est toi qui ne va pas bien. J'ai l'impression que tu as... pleuré. Je me trompe ? Qui a fait du mal à mon petit frère ? Se moque Djily.
Tapha éclate encore en sanglots et Djily, surpris le prend dans ses bras.
-Noon, hé, Ndoye, mais qu'est ce que tu fais ? Qu'est ce qui t'arrive? Viens, viens par là.
Il l'entraîne dans le salon et le fait s'assoir à côté de lui sur un sofa.
-Calme toi. Tu me fais peur. Qu'est ce qui t'arrive ? Il s'est passé quelque chose. C'est Wouly ? C'est Junior ? Dis moi. C'est une de tes sœurs.
-Wouly est parti, Djily. Elle est partie de la maison. Elle ne croit plus en moi.
Tapha sombre encore dans ses larmes et Djily le relève.
-Hé, hé, je veux que tu arrêtes de pleurer. Arrête moi tout de suite ces larmes. Wouly est partie donc tu pleures. Depuis quand es-tu faible ? Qu'est ce que pleurer peut arranger? Viens il y a une chambre là haut. Tu vas prendre une douche, prier et nous allons discuter. Lève toi.
Djily aide Tapha à monter après avoir demandé à une certaine Anna de faire monter la valise de Tapha.
Tapha prend sa douche, change ses habits, fait ses ablutions et prie
Il porte ses mains au ciel et demande à Dieu d'éclaircir son chemin et de faire triompher la vérité.
Il s'installe sur le lit en serrant le coussin.
On tape à la porte.
-Entrez, demande-t-il doucement.
-Ndoye, voici Salma, mon épouse. Présente Djily en lui montrant sa femme.
Tapha se lève pour serrer la main à Salma.
-Bonsoir. J'espère que je ne vous dérange pas en venant à cette heure de la nuit.
-Non, loin de là, vous êtes le bienvenu ici. Comment allez vous ?
-Bien... Je vais bien.
Amigo, es muy guapa.
-Tu as de la chance, je me suis assuré pour qu'elle ne comprenne pas l'espagnol.
-Comme ma femme, sinon, elles vont comprendre nos codes.
-Je crois que je vais aller dormir. Bonne nuit Moustapha. Dors bien.
-Bonne nuit, Salma. Je vais t'emprunter Djily pendant un moment.
-Oh, qu'il dorme avec toi. Il va juste me fatiguer.
-J'ai compris. Dit Tapha en riant. À demain !
Salma lui fait un bisou et embrasse langoureusement son mari qui réussit difficilement à la laisser partir.
-Bonne nuit, chérie. Souhaite Djily.
-Bonne nuit. Je t'aime.
-Moi aussi.
Dès que Salma ferme la porte, Djily saute sur le lit de Tapha et se couche sur le dos.
-Allez explique moi maintenant, sans pleurer. D'accord ?
-Arrête, je viens de perdre ma femme et tu te mets à te moquer de moi.
-Je ne me moque pas. Bref, raconte après on cherchera une solution.
Tapha se met à expliquer de A à Z, allant de la fête à sa venue ici.