AMOUR BRISÉ
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Chapitre 4 Chapitre 04

Mais soudain sa voix me tira de mon état songeur.

- On devrait peut-être y aller il commence à se faire tard me dit-il avec un sourire éclatant.

Ce sourire là me secoua. Et mon cœur prit le dessus sur ma raison, je devais persévérer pour percer cette carapace qu'arbore ce garçon.

- Oui t'as raison. Et quand est ce que je te reverrai ?

- Hmm on reste en contact. Se contenta-t-il de répondre.

On marcha en silence jusqu'à mon arrêt de bus ou on attendit sans dire un mot. Je rêvais en ce moment d'être télépathe et lire dans ses pensées ! qu'est ce qui pouvait bien lui traverser l'esprit pour justifier cette distance qu'il a créée entre nous ? pourtant il avait l'air d'être le garçon parfait et au fond de mon cœur je sentais qu'il était encore ce garçon parfait mais alors quoi ? pourquoi ?

Mon bus s'approchait et je pivotais pour lui faire face.

- Bon merci pour cet aprèm on reste en contact. Dis-je calmement

- Ça marche à bientôt.

Il s'approcha et j'espérais fortement qu'il m'embrasse mais il se contenta de me caresser les cheveux et me laissa monter dans le bus. La dernière fois que j'ai vu Nabil je rentrai chez moi des rêves pleins la tête cette fois là je le quittai des interrogations plein la tête. Mais par-dessus tout ma vie venait de prendre une nouvelle tournure sans que j'en sois consciente à cet instant.

Ah ! ma chère fille Cathy, à ce moment du récit je dois te faire de la peine ou tu dois encore plus me mépriser et je le méritais. Je crois que j'avais oublié ma lucidité là où j'avais rencontré Nabil pour la première fois. Cet homme me faisait littéralement perdre la tête et je n'y pouvais vraiment rien. Le dimanche je partis voir Manon pour lui raconter ma rencontre avec mon amoureux qui ne voulait pas de moi. Je voulais qu'elle compatisse avec moi, elle qui me connaissait et me comprenait mieux que tout le monde. Je voulais qu'on se mette à deux pour traiter Nabil de connard comme le feraient n'importe quelles bonnes copines. Mais en m'écoutant attentivement faire le récit de ma journée de samedi et sourit et me dit :

-T'avais raison c'est un homme exceptionnel ce Nabil je l'aime bien.

Je lui balançai l'oreiller que je tenais dans la figure mais elle esquiva avec un grand rire moqueur. Je croyais qu'elle se foutait juste de ma gueule pour ajouter une couche à ma frustration mais en fait non elle était sérieuse en disant cela.

-Tu sais Angie je t'adore mais depuis que tu connais Nabil tu te comportes comme une folle et encore je suis gentille !

-Tu veux dire quoi par-là ? rétorquai-je très irritée.

-Tu sais tu agis sans faire gaffe aux conséquences, tu te dévoiles sans aucune défense à ce garçon alors que tu le connais même pas tu te rends compte ? ce que je veux dire c'est que si c'était un gars animé de mauvaises intentions il aurait déjà profité de tes idioties et ça pourrait faire très mal... heureusement qu'il me semble plus responsable que toi ! Ecoute j'ai pas vraiment envie de te ramasser à la petite cuillère si jamais il te brise le cœur alors promets-moi de te calmer un peu.

J'aurais aimé en ce moment là avoir une répartie assez forte ou une contestation objective à lui opposer mais mon amie avait raison, elle avait toujours raison. Je ne sais pas ce qui me prenait moi qui ai toujours été taxée d'inaccessible je perdais complétement la tête. Je compris alors bien la célèbre maxime de Pascal ; ma raison ne comprenait pas du tout les raisons qui poussait mon cœur à me faire passer pour une folle à lier.

Ma fille tu as peut-être dû connaitre ce sentiment ou tu le connaitras, on le connait tous à un moment donné. Ce sentiment de voir un homme et penser que c'est lui et lui seul qui peut faire notre, que sans lui rien n'aura plus jamais de sens. La plupart du temps on se trompe et pour certaines la remontée de la pente est quasiment impossible. Se donner corps et âme au premier venu pour seule raison que c'est notre âme sœur alors qu'on ne connait même pas la définition de ce terme est une des aberrations les plus folles qui nous guette et pourtant je sombrai dedans à l'époque. Ma chance fut que je tombai sur un homme parfait et responsable qui n'a jamais voulu profiter de moi, bien au contraire.

-Promis je vais faire attention répondis-je sincèrement à Manon.

Elle m'avait convaincu, je devais arrêter de me comporter comme cette idiote écervelée que j'étais devenue. Je pris alors une grosse décision. Je n'allais plus demander un rendez-vous à Nabil j'attendrai qu'il le fasse. C'était ma façon à moi de me protéger après ma prise de conscience de mon état. Ça n'allait pas être simple mais il le fallait, il en allait de ma santé mentale.

Je continuai de discuter de tout et de rien avec mon amie avant de rentrer plus tard. Une fois seule à la maison l'envie d'appeler Nabil me démangeait mais je m'étais faite une promesse et je devais la tenir. Je me suis mis alors à faire mes devoirs pour me vider la tête et éviter de penser à tout cela.

Le retour à l'école fut comme tous les lundis, pas terrible. J'étais content de retrouver Manon. Comme je ne pouvais pas contacter Nabil, seule elle pouvait m'aider à tenir le coup. La semaine avançait dans une routine des plus banales. Et le jeudi soir je tenais encore le coup mais je me posais un certain nombre de questions. Pourquoi Nabil ne m'avait pas recontacté et une pensée morose me traversa l'esprit : je vivais une relation à sens unique, il n'en avait rien à faire et si je ne donnais pas de nouvelles il n'en donnerait pas. Ça m'a faisait mal de vivre cette situation. Pourquoi les gens ne se mettent jamais à la place des autres. Avoir quelqu'un qui se soucie de nous n'est pas un droit mais plutôt une chance. Alors pourquoi on ne se montre pas assez reconnaissant avec ceux qui se soucient de nous ? pourquoi on laisse toujours les mêmes faire les mêmes efforts dans une relation ? Ma fille ne commets jamais cette erreur. Si quelqu'un tient à toi sincèrement, montre-lui que tu tiens encore plus à lui sinon à force de le reléguer au second plan il finira vraiment par se détacher et tu le regretteras forcément.

Je commençais à ressentir cela pour Nabil. Ne te méprends pas, j'étais loin de le détester mais je me sentais juste abandonnée et pas considérée. Ça me faisait mal au cœur et j'avais envie de le lui reprocher mais on ne sortait même pas ensemble alors quel droit avais-je sur lui pour exiger quoi que ce soit ? Je reposai mon téléphone sur ma table de chevet pour dormir et tout de suite la lumière s'alluma, un sms. J'espérais que ça serait Nabil mais j'étais déçu c'était Cédric. Je reposais le téléphone sans le lire et me rendis compte que je faisais avec lui ce que je reprochais à Nabil. Je repris mon téléphone et le lus : « Bon voyage dans les bras du chanceux Morphée ».

Son message me mit un coup sec derrière la tête, il était sans équivoque Cédric me draguait. Fallait que je règle cette histoire mais pour l'instant la priorité c'était Nabil. Aussi je me contentais juste de lui répondre « Bonne nuit à toi » avant d'éteindre mon téléphone et de me coucher.

Le lendemain matin en rallumant mon téléphone je vus un message arriver, sûrement Cédric et je n'avais pas envie de le lire mais tant que je n'aurais pas mis les choses au point j'étais moralement obligée de lui répondre alors j'ouvris le message. Quelle belle surprise, c'était Nabil ! « Coucou excuse-moi j'ai essayé de t'appeler mais tu dois déjà dormir, j'ai été un peu aspiré par les cours cette semaine. Je voulais qu'on se revoie ce samedi mais j'ai un match de foot avec mon club, mais tu es bienvenue si tu veux assister au match. Bonne nuit ».

C'était plus que suffisant ce message pour illuminer ma journée. J'étais aux anges. La petite voix de la raison au fond de moi que j'avais réveillé cette semaine commença à me murmurer de me calmer et rester fidèle à mes résolutions.

Un match de foot ce n'était pas vraiment un rendez-vous des plus romantiques mais en même temps y avait-il meilleur moyen d'en apprendre sur ce mystérieux garçon que de le trouver dans son milieu naturel ?

Le samedi après midi je me préparai comme il faut pour aller regarder mon petit prince jouer au ballon. Je n'avais que des connaissances assez rudimentaires du football mais c'est l'acteur qui m'intéressait. A ma grande surprise il y avait du monde pour regarde ce match. Je pris alors place dans les gradins. Nabil m'avait prévenu qu'on ne se verrait qu'à la fin du match et ça m'allait très bien. Il était très doué au football. C'était le capitaine de son équipe et menait l'attaque. Il avait marqué deux ou trois buts je ne me souviens plus. J'avais surtout remarqué que j'étais pas la seule à être frappée par son charisme. On avait l'impression qu'il focalisait toute l'attention de son équipe et de l'assistance.

-Tu sais ce gars là a renoncé à devenir professionnel alors que c'est un vrai génie, c'est incompréhensible.

Un jeune à coté de moi venait de répondre à une question que je me posais intérieurement : pourquoi un tel talent n'a pas essayé de jouer au niveau professionnel mais ce n'était pas encore le moment de penser à ça, j'aurais le temps plus tard.

A la fin du match après avoir salué quelques fans il vint me retrouver. Je me sentais comme la fille que l'acteur vient embrasser dans les cérémonies des oscars, j'étais aux anges. On a commencé à marcher pour sortir du stade en bavardant. Il nous mena à un parc pas loin du stade assez calme avec des bancs pour s'assoir.

-C'était un bon match dis-je pour entamer la discussion.

-Ouais c'est toujours bon quand on gagne... moi je joue à la mémoire de mon père.

Je voulais rebondir et lui poser des milliers de questions mais l'expérience m'a montré qu'avec lui il faut le laisser aller à son rythme, il ne dira jamais ce qu'il n'a pas envie de dire. Il continua son récit à mon plus grand plaisir.

-A 10ans tous les recruteurs de mon quartier rêvaient de faire de moi le nouveau Maradona tant j'étais doué pour ce jeu. Et mon père qui avait une passion sans pareil du foot était heureux ! il vivait son rêve à travers moi... Moi, je n'ai jamais rêvé d'être footballeur professionnel, je veux juste jouer de temps en temps pour m'amuser et regarder mon équipe préférée, Manchester United. Mais pour mon père j'étais prêt à devenir un joueur pro. C'est ainsi que j'ai intégré le centre de formation de l'OGC Nice et en même temps je faisais du futsal. Malheureusement 3ans plus tard, à mes 13ans il nous a quitté...

L'émotion qui se lisait sur sa voix n'avait rien d'un sentiment de regret mais plutôt de la peine. Il avait prononcé la dernière phrase avec une souffrance caractéristique de ceux que la vie n'a pas épargné. Je ne savais que faire ni dire. Ce garçon si mystérieux était en fait le résultat d'une souffrance sans commune mesure. A mon avis je ne pouvais rien dire pour panser cette immense blessure que j'entrevoyais au fond de lui. Je me risquai quand même prudemment à lui dire :

-Je compatis sincèrement. Je sais ce que tu ressens

Il me regarda avec un sourire triste mais sincère.

-Merci mais franchement tu peux pas savoir. J'ai souvent entendu mon défunt père dire, la souffrance d'autrui n'est qu'un songe. On ne peut que l'imaginer mais pas la ressentir... Bref ! quand il est parti j'ai quitté le centre de formation pour poursuivre mes vrais rêves qui étaient loin du football professionnel et ma mère m'a toujours soutenu. Aujourd'hui je ne regrette rien, et de toute façon je suis toujours courtisé donc si je voulais jouer pro ça se ferait très rapidement mais c'est pas pour moi cette vie sous les projecteurs... J'aime les choses simples, j'aime pouvoir aller faire mes courses sans qu'un fan hystérique m'embête, je n'aimerais pas rentrer à la maison et voir ma mère, ma femme ou mes enfants en pleurs parce qu'un journaliste a écrit ou dit des choses qui les a atteints... enfin bref je parle trop aujourd'hui on devrait y aller il se fait tard.

            
            

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