AMOUR BRISÉ
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Chapitre 3 Chapitre 03

A la pause entre deux cours je n'ai pas voulu sortir et pour que Cédric ne reste pas avec moi je lui ai fait comprendre que je devais faire un truc important. En réalité je voulais juste éviter la foule. C'était vraiment bizarre, j'avais l'impression d'être une nouvelle dans cette école alors que j'étais en terminale et j'ai aussi fait mon collège là-bas donc en tout j'en étais à ma septième année là-bas. Cette école était très huppée et affichait souvent un taux de réussite de 100% au BAC ce qui avait motivé mes parents à m'y inscrire.

La majorité des élèves ici étaient des fils à papa ou des surdoués. Ce qui avait valu à cette école d'être toujours classé dans le top 3 des meilleurs lycées de la ville.

Je pris mon tel pour envoyer un message à Manon et je vis que j'avais reçu un message 2 minutes plus tôt. Comme le numéro m'était inconnu je décidai de le lire plus tard et écrivis à Manon : « t'as réussi à foutre le bordel dans ma tête ! lol ». Je ne m'attendais pas vraiment à une réponse mais j'ai quand même eu droit à une floppée de smileys pleurant de rire. J'adorai cette fille sauf quand elle avait raison, elle n'avait jamais la victoire modeste ; mais bref passons.

Le reste de la journée était assez nul, je n'étais présent que physiquement. Mon esprit quant à lui distribuait des tracts à la recherche de mon cher Nabil ! il me manquait, j'avais envie de l'entendre me parler, de rire avec moi...

A la fin de la journée et comme d'habitude je rentrai avec ma copine que je boudai toujours mais elle semblait bien s'amuser de la situation. Je suis descendu au même arrêt qu'elle pour marcher le reste du trajet entre chez elle et chez moi. Sur la route je sentis mon téléphone vibrer et découvris un message moqueur de Manon « Cédric ou Nabil ? ». Après lui avoir répondu de me laisser tranquille en des termes peu élégants, je m'aperçus que je n'avais toujours pas lu le message de l'expéditeur inconnu. Je l'ouvris donc : « Coucou ! comme promis, voici mon num, je t'appelle plus tard. Nabil ». Mon cœur ne fit qu'un tour, j'étais aux anges. Mais pourquoi diable ai-je attendu aussi longtemps pour ouvrir ce message ?! qu'est ce qu'il devait se dire en voyant mon absence de réponse ? j'espérais juste que je ne venais pas de tout gâcher. Je lui répondis alors avec un message qui se voulait détacher « Coucou, je viens juste de voir ton message. J'attends ton appel. Bisous ».

J'appelai tout de suite ma copine pour lui raconter ce qui venait de m'arriver mais personne au bout du fil. J'avais oublié qu'elle n'avait pas droit au téléphone quand elle rentrait chez elle, saleté de punition ! ça nous apprendra à moins faire de conneries à l'avenir.

J'étais donc dans une euphorie totale mais je n'avais personne avec qui partager ma joie ! et soudain une idée amère me traversa l'esprit : Cédric. J'avais de plus en plus de la peine pour lui. C'est tellement injuste. En moment je souhaitais intérieurement qu'il soit un ami gay à qui je pourrai raconter mon voyage émotionnel en l'absence de ma copine.

En arrivant chez moi je ne pouvais rien faire, je n'arrivais pas à me concentrer sur quoi que ce soit. Je guettai mon téléphone comme si l'appel avait déjà du retard. En réalité je ne savais même à quelle heure il appellerait, ni même s'il appellera... Je décidai de ranger un peu ma chambre en attendant puis je descendis vers 19h30 manger quand mes parents furent rentrés. Comme à notre habitude on se racontait notre journée, enfin ils se racontaient leur journée et moi je me contentai d'écouter et de faire des petits commentaires de temps à autres... d'habitude j'aimais assez bien ces moments mais ce jour-là je ne les écoutai même pas.

Vers 20h passé de quelques minutes je décidai de prendre congé de mes parents et remonter dans ma chambre. Je regardai mon téléphone une fois seule et rien... alors je commençai à préparer mes affaires pour le lendemain. Quelques minutes plus tard mon téléphone se mit à sonner et mon à jouer au yoyo dans mon cœur. Impossible de garder mon calme. Je ne regardai même pas qui m'appelait, je le savais déjà et décrochai :

-Allo

-Oui bonsoir Angélina, je te dérange pas ?

Il m'énervait à continuer de m'appeler Angélina ! je détestai ce prénom. Mais je ne voulais pas lui dire pour l'instant.

-Non ça va, j'attendais un peu ton appel. La prochaine donne une heure exacte hein

-Oui c'est vrai mais comme je savais pas à quelle heure j'allais rentrer...

On continua à bavarder de banalités de tout et de rien. En fait je disais tout et lui ne disait rien... il arrivait toujours à trouver une pirouette pour ne pas répondre aux questions que je posais et c'était très frustrant. En moment je sus qu'il ne me restait qu'une chose à faire

-Dis Nabil, j'aimerai qu'on se voie ce weekend, t'en penses quoi ?

-Hmm... faut que je voie si je suis pas pris

Sa réponse ressemblait beaucoup à une réponse de politesse pour ne pas dire non. Mais j'étais déterminé et il ne me dira pas non, je ferai ce qu'il faut.

-Ok donc regarde et fais moi signe demain matin pour me dire

-Euh t'es du genre pressé toi, dit-il en rigolant

-Ben c'est interdit ?

-Hmm je suppose que non. Allez faut que je te laisse, passe une bonne nuit demain je t'envoie un sms

-Bonne nuit à toi aussi. Bisou

Il avait raccroché et j'étais aux anges malgré ma frustration je venai de faire un grand pas en avant dans « ma relation » avec Nabil. Je contemplai encore mon téléphone quelques minutes avant d'écrire un sms : « c'était un plaisir d'entendre ta voix, au plaisir de te revoir, bonne nuit bisous ». j'attendais pas qu'il me réponde, j'ai directement mis mon téléphone sur mode avion avant de me réfugier dans les bras de Morphée pour une nuit de rêves pailletés.

La semaine s'est bien mieux finie qu'elle n'avait commencé. J'étais content d'aller en cours. En fait j'étais surtout impatient de voir se finir cette semaine. Vu mon état de béatitude continu Manon me fit remarquer que je ressemblais à une idiote à sourire aussi bêtement tout le temps. J'adorais le langage fleuri de cette fille. Mais dans le fond elle n'avait pas tort. Mais pourquoi bouder ma joie ? j'allais rencontrer Nabil à nouveau le weekend, il me l'avait confirmé et j'étais aux anges.

Je n'arrivais pas à me concentrer sur mes cours, je ne pourrais même pas dire à quel cours j'avais assisté cette semaine-là. Heureusement mes profs n'ont rien remarqué, ou du moins ne me l'ont pas fait remarquer. Toute la semaine j'ai échangé des petits sms avec Nabil, des banalités mais ça me faisait du bien de savoir que le lien existait bel et bien entre nous.

La semaine passait quand même trop lentement au point que le vendredi semblait ne jamais vouloir arriver. Quand enfin la sonnerie annonçant le weekend retentit dans le lycée, mon premier réflexe fut d'envoyer un sms à mon rencard pour lui demander si c'était toujours d'actualité. En réalité je connaissais déjà la réponse mais je voulais juste avoir l'occasion de lui reparler par sms. Mais en envoyant le sms je me suis rendu compte que je venais de lui donner l'occasion d'annuler et je m'en suis voulu terriblement. Heureusement il ne semblait être de ceux qui se défilent à la moindre occasion.

Le samedi matin, contrairement à mes habitudes je me suis levée aux aurores, je n'arrivais plus à dormir de toute façon. Je pris un petit déjeuner très rapide et remontai dans ma chambre. Je restai au lit à trainer sur internet avec un millier de question qui me traversaient l'esprit et m'assaillaient de doutes. Et là commença le marathon des « et si... ». Et si ça se passait mal ? et s'il me trouvait stupide ? et s'il me trouvait bourge ? et s'il me posait un lapin ?

A un moment donné je me rendis compte que je me faisais du mal pour rien avec toutes ces questions mais je ne pouvais pas m'en empêcher, c'était plus fort que moi. Vers midi, à trois heures du rendez-vous je pris une longue douche qui m'a beaucoup calmé avant de stresser à nouveau face à mon dressing. Je ne savais pas quoi mettre. J'avais sous les yeux des milliers de combinaisons possibles dans mon armoire mais rien n'allait. J'étais énervé contre moi-même et je n'arrivais pas à me calmer. Les secondes défilèrent et se transformèrent en minutes qui à leur tour se transformèrent en heure.

Je me résignai et voulus appeler Manon mais elle était toujours punie et donc pas de téléphone le weekend. « Tu es vraiment toute seule ma vieille » me dis-je. Pourquoi, nous les filles nous compliquons toujours la vie ? pourquoi ne pouvons-nous pas juste nous montrer telles qu'on est à un premier rendez-vous ? en plus les mecs ne sont pas naïfs et s'en amusent même à notre détriment. Tu sais ma fille, on a beau savoir que la manière dont on va s'habiller à un rendez-vous ne changera pas grand-chose à l'opinion de l'autre, on se cassera toujours la tête pour s'habiller le mieux possible. Et finalement, cela nous énerve et pendant le rendez-vous on stresse et on ne profite pas vraiment des moments qu'on est censé passer avec l'autre. Mais bon je suppose que c'est notre fardeau.

Ce qui était censé être un jour parfait commençait à dériver dangereusement vers le chemin du désastre. Je commençai à paniquer. Cela faisait une semaine que je me préparai pour ce jour, une semaine que je ne vivais que pour ce rendez-vous et voilà qu'à trente minutes de l'heure je n'étais même pas fichu de trouver quoi de mettre. Quel paradoxe ! à quoi ça a servi de se lever à 5h du mat avec un seul objectif préparer un rendez-vous dans 10h et ne pas être à l'heure ? Je crois bien ma fille que cela aurait pu rentrer dans le Guinness book des records, c'était quand même une sacrée performance.

Je me résignai donc à mettre un jean déchiré noir et un haut moulant, les cheveux détachés, direction la place Masséna, lieu de notre rendez-vous ! il était 14h55 et je savais que j'allais être en retard mais si ça se trouve lui aussi, après tout il vient de plus loin.

On avait de la chance il faisait beau ce jour là et pas encore trop chaud, le temps idéal pour profiter du soleil. A peine j'étais sortie de chez moi, je reçus un sms. C'était lui ! « Je suis à la fontaine, je t'attends ». J'ai cru devenir folle ! c'est quoi cette ponctualité, il était 15h00. J'avais honte, je ne pouvais tout de même pas lui dire que je venais de sortir de chez moi, c'était hors que question. Je me contentai alors de mettre : « j'arrive, attends-moi ». C'était pas très loin mais comme le bus n'arrivait pas encore je savais vraiment pas quand j'y serai et ça me rendait vraiment folle.

Enfin arrivée avec une bonne vingtaine de minute de retard, je l'aperçus de loin assis sur les rebords de la fontaine. Malgré le monde qu'il y avait je reconnus au premier coup d'œil. J'étais surexcitée et n'arrivais plus à garder mon calme et pourtant il fallait que je sois impeccable devant lui.

En arrivant à sa hauteur il avait les yeux rivés sur son téléphone et ne prêtait guère attention à ce qui l'entourait.

- Désolé du retard, lui lançai-je.

- - Hmm ok. Se contenta t-il de dire les yeux toujours sur son téléphone.

J'étais extrêmement déçu, je me sentais presque humiliée. Le Nabil que je veux était éloquent, gentil et respectueux, mais le Nabil que j'avais en face de moi semblait presque un connard comme tous les mecs de son âge. Mais je n'allais pas renoncer bien au contraire son attitude me donnait juste envie de mieux le connaitre.

- Alors on va où et on va faire quoi ? lui demandai-je.

- C'est toi qui m'as fait venir non ? alors propose... mais de toute façon moi je suis bien ici au niveau de la fontaine alors posons-nous là.

Encore une réponse assassine ! mais à quoi diable il jouait ? bon la bonne nouvelle c'était qu'il m'avait regardé en me répondant la deuxième fois. Je commençais néanmoins à perdre patience avec ce garçon qui était parfait dans mes souvenirs. Mais ce jour là je n'avais que le fantôme de mon chevalier servant.

Je me posai alors à coté de lui de sorte que nos bras se touchent mais il eut un petit mouvement de recul comme pour éviter le contact. Mais c'était quoi ce mec franchement ?! il faisait tout le contraire de ce que faisaient les mecs normaux, surtout un ado de son âge. Et tout de suite une idée amère me traversa l'esprit et sans réfléchir je lui posai la question.

- Est-ce que tu as une copine ? lançai-je sans réfléchir.

A peine ces mots traversèrent mes lèvres que je les regrettai déjà. Il se tourna vers moi avec un sourire en coin comme prêt à me remettre à ma place. Je rougis comme une tomate murie au soleil, j'étais vraiment gênée. En remarquant cela, il radoucit son visage certainement pour atténuer mon malaise et me sourit.

- Je pense que si on doit apprendre à se connaitre il y a des étapes avant cette question non ? me dit-il en rigolant.

Il avait réussi, je me sentis de suite mieux ! à ce moment-là, l'espace d'une minute je reconnus mon Nabil, celui qui avait le bon mot à chaque situation. Je saisis alors l'occasion pour le bombarder de questions mais il restait évasif et cela m'énervait vraiment ! au bout du compte je n'appris rien de bien significatif sur lui. Il a joué tout l'après midi avec mes nerfs, il m'a frustré et je savais que ce n'était pas ce à quoi je m'étais attendu.

L'humiliation ultime pour moi était le fait qu'il regardait l'heure sur son téléphone tous les quarts d'heure comme s'il se trouvait au pays de l'ennui. En temps normal je pense que je l'aurais envoyé paitre et rentrer chez moi mais quelque chose en lui me retenait tel un aimant. Le moindre mot aussi ridicule soit-il qu'il prononçait me transperçait de joie. Étais-je en train de tomber amoureuse de cet homme qui, visiblement n'en avait rien à faire ? ça serait dur à supporter. J'avais toujours rêvé d'un homme doux et romantique et le visage que Nabil a voulu me présenter aujourd'hui était tout le contraire. Qu'étais-je sensée faire ? ne plus le revoir pour éviter de souffrir ? ma raison me dictait évidemment cette option et ma fierté était bien d'accord. Après tout je trouverais sûrement un homme qui connaisse ma valeur et me respecte.

            
            

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