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Les Cicatrices qu'elle cachait au monde
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Chapitre 5 5

La bonne, Mireille, ne la conduisit pas vers le grand escalier. Au lieu de cela, elle tourna à gauche, se dirigeant vers le couloir menant à la cuisine et aux sorties de service.

Clarisse s'arrêta.

"Ma chambre est au premier étage", dit-elle. "La chambre bleue."

Mireille s'arrêta, les épaules voûtées. Elle ne se retourna pas. "La... la Maîtresse a dit que le premier étage est en rénovation. Les vapeurs. La peinture."

Clarisse leva les yeux vers le palier du premier étage. C'était silencieux. Il n'y avait pas de bâches de protection. Pas d'odeur de peinture. Juste le lourd silence de l'exclusion.

"Je vois", dit Clarisse. "Je ne suis pas autorisée dans la maison principale."

Mireille ne répondit pas. Elle ouvrit la porte arrière, menant Clarisse dehors sous la pluie à nouveau. Elles marchèrent le long d'un chemin de pierre jusqu'au "Pavillon des Lotus".

C'était une cabane glorifiée. C'était autrefois le logement du jardinier avant qu'ils n'externalisent l'aménagement paysager. C'était humide, isolé et loin de la famille.

Mireille ouvrit la porte. L'air à l'intérieur sentait le moisi et la poussière rance.

"Voilà, Mademoiselle", chuchota Mireille, puis elle s'enfuit comme si Clarisse était contagieuse.

Clarisse entra.

Il y avait quelqu'un d'autre dans la pièce.

Une jeune femme était assise au bord du petit lit grumeleux. Elle portait des lunettes épaisses et un tailleur gris sévère. Elle se leva immédiatement.

"Mademoiselle Desmoulins", dit la femme. "Je suis Bénédicte. Bastien m'a assignée comme votre... assistante."

Clarisse la regarda. Assistante. Non. Geôlière.

"Tu veux dire ma baby-sitter", corrigea Clarisse.

Bénédicte ajusta nerveusement ses lunettes. "Je suis là pour vous aider à vous adapter. Et pour gérer votre emploi du temps."

Clarisse passa devant elle. Elle posa son sac en plastique sur la table de nuit.

Bénédicte tendit la main. "Je peux déballer ça pour vous."

Clarisse pivota. Son mouvement fut si rapide, si agressif, que Bénédicte recula en trébuchant. Les yeux de Clarisse flambaient.

"Ne touche pas à mes affaires", dit Clarisse. Sa voix était basse, dangereuse. "Si tu touches à ce sac, je te brise les doigts."

Bénédicte déglutit difficilement. Elle hocha la tête.

Clarisse attrapa le petit paquet de vêtements qu'elle avait et marcha vers la salle de bain. Elle verrouilla la porte.

Elle ouvrit le robinet du lavabo, à fond. Puis la douche. Le bruit remplit la petite pièce carrelée.

Clarisse plongea la main dans son carnet. Avec des doigts experts, elle fit glisser un petit outil pointu le long de l'épaisse reliure en cuir, l'ouvrant d'un coup sec. Nichés à l'intérieur se trouvaient plusieurs composants électroniques minuscules et dépareillés, enveloppés dans du plastique – des résistances de récupération, un condensateur, une petite bobine d'induction. Il lui fallut moins d'une minute pour assembler le détecteur de signal rudimentaire, de la taille d'une poche.

Elle scanna la salle de bain. Le miroir. La ventilation. Le luminaire.

Pas de mouchards. Bastien était arrogant ; il ne pensait pas qu'elle était assez intelligente pour vérifier.

Clarisse retira ses vêtements mouillés. Ils atterrirent en un tas lourd sur le sol.

Elle se regarda dans le miroir.

Elle était un squelette drapé d'une peau pâle. Ses clavicules saillaient comme des couteaux. Mais c'étaient les cicatrices qui retenaient son attention.

Son dos était une carte de la douleur. Il y avait des marques de brûlures sur ses omoplates. De longues lignes blanches et fines sur ses cuisses, là où elle avait été traînée à travers les broussailles lors de "l'entraînement d'endurance".

Et les marques d'aiguilles sur l'intérieur de son bras. Les sédatifs qu'ils lui avaient imposés quand elle refusait d'admettre une addiction qu'elle n'avait pas.

Clarisse fixa son reflet. Elle ne pleura pas. Elle ne ressentit aucune pitié pour la fille dans le miroir. Elle sentit une rage froide et dure se solidifier dans ses entrailles.

"Mademoiselle ?" La voix de Bénédicte traversa la porte. "Avez-vous besoin d'aide pour vous laver le dos ?"

Clarisse ricana. Elle veut vérifier s'il y a des traces fraîches. Elle veut voir les dégâts.

"Éloigne-toi de la porte", hurla Clarisse par-dessus l'eau qui coulait. "J'ai dit éloigne-toi !"

Elle entendit les pas de Bénédicte battre en retraite.

Clarisse entra sous la douche. L'eau était tiède, mais elle semblait divine comparée aux tuyaux d'arrosage glacés du camp. Elle frotta sa peau jusqu'à ce qu'elle soit à vif. Elle lava la boue, l'odeur de la limousine, l'odeur du camp.

Elle ne pouvait pas laver les souvenirs.

Elle se sécha et enfila un peignoir qu'elle trouva accroché au crochet. C'était du coton rêche, qui grattait. Elle serra la ceinture fort, couvrant chaque centimètre de peau.

Quand elle sortit, Bénédicte tapait sur son téléphone.

Clarisse marcha vers le lit et s'assit. Elle observa Bénédicte.

Ennemie Numéro Un, pensa-t-elle. Ou... atout potentiel.

Elle verrait ça demain. Ce soir, elle devait juste survivre au silence.

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