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Les Cicatrices qu'elle cachait au monde
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Chapitre 3 3

Le silence dans la voiture était plus lourd que la tempête à l'extérieur. Le seul son était le battement rythmique des essuie-glaces et le bourdonnement des pneus sur l'asphalte mouillé.

Alphonse plongea la main dans la petite console réfrigérée entre les sièges. Il en sortit une bouteille d'Evian.

Il la lui tendit.

Clarisse fixa la bouteille. Sa gorge semblait tapissée de papier de verre. Elle était déshydratée, étourdie. Mais la prendre donnait l'impression d'accepter un pot-de-vin.

"Prends-la", dit Alphonse.

Elle ne bougea pas.

Il soupira, une expiration brève par le nez. Il se pencha et fourra la bouteille dans sa main. Le bout de ses doigts effleura le dos de la main de Clarisse.

Clarisse tressaillit violemment. Ce fut une secousse de tout le corps, comme s'il l'avait brûlée avec une cigarette. Sa main eut un spasme, et la lourde bouteille en verre glissa de sa prise, tombant sourdement sur le tapis de sol.

Alphonse se figea. Il retira sa main lentement, ses yeux se plissant.

"Tu as peur de moi", déclara-t-il. Ce n'était pas une question.

Clarisse se précipita pour ramasser la bouteille. Ses mains tremblaient. "Non. Mes mains sont juste... froides. Glissantes."

Elle brisa le sceau et prit une gorgée. Elle voulait la descendre d'un trait, mais elle se força à prendre de petites gorgées mesurées. Ne pas montrer la faim. Ne pas montrer la soif. Ne pas montrer le besoin.

Alphonse l'observait. Il se souvenait d'une fille qui parlait à cent à l'heure, qui s'accrochait à son bras et mendiait son attention. Cette femme était un fantôme.

"Ils t'ont laissée sortir plus tôt", observa Alphonse, le ton neutre, inquisiteur. "Quelle était la raison officielle ?"

Clarisse agrippa la bouteille jusqu'à ce que ses jointures blanchissent. Elle ne le regarda pas, son regard fixé sur l'eau qui clapotait à l'intérieur. Elle fit un minuscule signe de tête, presque imperceptible, comme pour chasser un son qu'elle seule pouvait entendre. "Sais pas", marmonna-t-elle, les mots à peine audibles.

Le mot resta suspendu dans l'air. Ce n'était pas un mensonge, ni une réplique sarcastique. C'était un vide. Une absence d'information qu'elle refusait, ou ne pouvait pas, fournir.

Alphonse remarqua quelque chose sur son poignet. Sa manche était légèrement remontée quand elle avait bu. Il y avait une marque. Une ecchymose sombre et violette qui encerclait l'os. Une marque de contention.

Il se pencha légèrement en avant. "Laisse-moi voir ton bras."

Clarisse tira brusquement sur sa manche, enfouissant sa main dans le tissu. "Maëlys t'attend probablement. Tu ne devrais pas être vu avec la détenue. C'est mauvais pour le cours de l'action."

Alphonse ressentit un éclair d'irritation. Elle détournait la conversation. Et elle avait raison, mais il détestait qu'elle ait raison.

"Tu es très prévenante tout d'un coup", dit-il, sa voix dégoulinant de sarcasme.

Clarisse appuya sa tête contre le siège et ferma les yeux. "Je suis juste fatiguée, Alphonse. Laisse tomber."

La voiture commença à ralentir. Ils tournaient pour entrer dans le Domaine Desmoulins.

Les grilles en fer – plus ornées que celles du camp, mais des grilles tout de même – s'ouvrirent. La maison principale se dressait devant eux, un monstre géorgien de brique et de verre, flamboyant de lumières. Elle ressemblait à la gueule d'une bête attendant de l'avaler tout rond.

La Rolls-Royce glissa jusqu'à l'arrêt sous le portique.

Clarisse ouvrit les yeux. À travers la vitre striée de pluie, elle les vit.

Sa mère. Son père. Maëlys.

Ils se tenaient sur le perron, encadrés par la lueur chaude de l'entrée. Un portrait de famille parfait.

Le chauffeur ouvrit la porte de Clarisse. L'air froid s'engouffra de nouveau.

Clarisse prit une profonde inspiration. C'est l'heure du spectacle.

Elle sortit ses jambes. Lorsque son pied blessé toucha le pavé, son genou se déroba. La douleur fut aveuglante. Elle bascula vers l'avant.

Alphonse était là. Il était sorti de son côté et avait contourné la voiture plus vite qu'elle ne l'avait prévu. Il la rattrapa par le coude, sa prise ferme.

"Je te tiens", murmura-t-il.

Clarisse réagit à l'instinct. Elle le repoussa, fort. "Lâche-moi !"

Le cri résonna sous l'arche de pierre.

Alphonse recula d'un pas, trébuchant presque, les mains levées en signe de reddition. Son expression s'assombrit.

Clarisse se tenait sur une jambe, tremblante, serrant son sac en plastique. Elle le regarda, les yeux écarquillés par une sorte de panique sauvage. Puis elle réalisa où elle était. Elle réalisa qui regardait.

Elle redressa sa colonne vertébrale.

"Je peux marcher", dit-elle, sa voix tombant dans un murmure. "Je n'ai pas besoin de ton aide."

Elle se tourna et boita vers la porte d'entrée, traînant son pied enflé. Alphonse resta sous la pluie, regardant son dos. Il sortit son téléphone de sa poche.

Il tapa un message à son chef de la sécurité : Trouve-moi son dossier du camp. Le vrai. Ce soir.

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