Il ne pouvait plus étudier, ni même respirer normalement. Son cerveau d'étudiant en médecine cherchait un diagnostic à son mal : obsession, délire de fixation, crise morale aiguë. Mais les mots scientifiques étaient vides. C'était du désir à l'état pur, mélangé à une tendresse inavouable.
Et si j'avouais ? La pensée revint, insistante. Avouer à qui ? À son père ? Jamais. À elle ? C'était la seule issue. Une confession sincère, une explication, avant de partir pour toujours. Un dernier acte d'honnêteté avant la fuite.
Dans la chambre principale, Brunette était aussi éveillée. Elle ne dormait pas du côté de Daniel, mais au milieu du lit conjugal, le vaste espace entre elle et l'oreiller de son mari étant un gouffre. Elle était assise, le dos contre le chevet, serrant son oreiller contre elle avec une force désespérée. La main de Marc sur son bras. Ses mots : « Ça va. Je suis là. » Ce n'était pas un jeune homme qu'elle avait vu dans l'obscurité, mais un protecteur, une âme aussi seule qu'elle, mais avec une vitalité que le deuil de Daniel avait éteinte.
Elle revivait le regard, le frôlement, la puissance de l'interdit. Elle savait qu'en restant, elle avait trahi Daniel, pas physiquement, mais dans l'intention. L'excitation et la peur dansaient dans son ventre. Elle était perdue.
L'attraction devint physique, magnétique. Marc quitta sa chambre. Il n'avait pris le temps que d'enfiler un pantalon de pyjama, laissant son torse nu exposé. Il se déplaçait comme un somnambule, attiré par la porte de la chambre conjugale, le lieu le plus tabou de la maison. Il était sur le point de frapper, de tout avouer, de demander pardon, de mettre fin à son calvaire.
Sa main levée hésita. C'était la folie. Il se tourna pour fuir, pour se réfugier dans la raison.
C'est à cet instant précis que la porte s'ouvrit.
Brunette était là, vêtue d'une simple nuisette de soie, les cheveux défaits. Elle cherchait peut-être de l'eau, ou était-elle simplement attirée par le silence de Marc ? Ils se heurtèrent. Dans le choc, le corps de Brunette s'écrasa contre le torse nu et chaud de Marc. Le contact fut un décharge électrique qui fit taire toute rationalité. Le parfum de sa belle-mère, le velours de sa peau contre la sienne, étaient une évidence brutale et irrésistible.
Les deux se redressèrent, haletants, la réalité de l'endroit et de l'heure flottant autour d'eux.
- Brunette... euh, écoute, c'est pas... Marc bégaya, ses mots s'échappant en un souffle, essayant de retrouver le fil de sa confession avortée.
Soudain, Brunette posa son index délicat sur les lèvres de Marc. Un geste d'une audace et d'une tendresse folles.
- Ne dis plus rien, murmura-t-elle. Je ressens la même chose.
La culpabilité et le soulagement s'entremêlèrent sur le visage de Marc. Elle avait brisé la digue. Elle l'avait libéré du fardeau de l'aveu. Elle se pressa contre lui, son corps s'ajustant parfaitement au sien. Elle prit la main de Marc et, dans un geste de possession passionnelle, la guida vers son propre corps, puis saisit son érection dure et palpable à travers le pyjama.
Le premier baiser fut une explosion. Il n'était pas tendre, il était urgent, plein de larmes non versées, de peurs refoulées, et du goût salé de la trahison imminente.
Marc répondit à son baiser, sa raison s'effaçant. Il commença à la faire reculer, Brunette s'abandonnant à ce mouvement jusqu'à ce que, le dos heurtant le chambranle, ils soient dans la chambre. La porte se referma avec un petit "clic" sonore qui scella leur secret.
Ils trébuchèrent, s'effondrant sur le lit, le grand lit conjugal de Daniel. C'était la trahison ultime, un sacrilège commis sur le lieu même de l'amour de son père.
La passion les submergea. Brunette, dans un élan de domination passionnelle, le retourna et monta à califourchon sur lui, prenant le contrôle du baiser. Elle était au-dessus de lui, l'épouse de son père, mais sa maîtresse désormais.
Marc ne fit plus attention à la culpabilité. Ses mains explorèrent les cuisses de Brunette, sentant la douceur de sa peau sous la soie de la nuisette. Il défît le soutien-gorge. L'attente était trop longue, l'urgence, trop forte. Le soutien-gorge tomba. Les seins de Brunette, arrondis et magnifiquement fermes, descendirent sur la face de Marc. Il répondit avec une ferveur dévastatrice. Sa langue traça un chemin, saisissant le mamelon d'un coup. Un tremblement violent secoua le corps de Brunette.
- Ah... ah... ôh oui... Marc... super... Marc... gémit-elle, des sons qui ne ressemblaient ni à elle ni à la nouvelle épouse douce.
L'érection de Marc, dure et douloureuse, ne pouvait plus attendre. Il n'eut pas la patience de retirer ses propres vêtements ou ceux de Brunette. Il tira de côté le pyjama et la culotte de Brunette. Le tissu glissa sur sa peau. La vision de son intimité était une dernière invitation. Brunette était profondément mouillée par la passion et la honte, le signe irréfutable de son propre désir.
Marc saisit son membre, cracha de la salive pour faciliter la voie, et sans attendre un instant de plus, glissa son érection entre ses jambes. L'entrée fut tendre et immédiate, facilitée par la chaleur et l'humidité de Brunette.
L'union fut un choc sensoriel, une fusion de l'interdit et de l'extase. Brunette poussa un cri d'exaltation et de culpabilité, sa voix se brisant. Marc commença à aller et venir, d'abord avec une tendresse magnifique, puis avec une accélération impeccable, pressé par des mois de désir refoulé.
- Oui ! Marc... vas-y ! Plus vite ! cria Brunette, savourant chaque instant, emportée par la douceur et la puissance de ce jeune corps qui la possédait.
Marc ralentit, subitement frappé par l'ampleur de ce qu'ils faisaient, sur ce lit.
- Pourquoi t'arrêtes-tu ? demanda Brunette, la voix pleine de reproches.
- Change de position, dit Marc, sa voix grave et perplexe.
Brunette comprit. - Ôh, je te vois venir.
Elle retira d'un coup le restant de sa culotte et la jeta sur le sol. Elle se tourna, s'agenouillant sur le lit, offrant son dos dans une soumission passionnelle. Marc recracha de la salive sur sa main, l'étala sur son érection, et l'enfonça à nouveau en elle, cette fois dans une position plus brutale, plus animale. Brunette ne fit que gémir des mots inintelligibles, un mélange de plaisir et d'abandon, le corps secoué par des tremblements qui n'annonçaient pas seulement le plaisir, mais la destruction de trois vies.