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Chapitre 5
Lorenzo entra sans prévenir, les yeux plongés dans l'obscurité du club privé. La musique pulsait, trop forte pour qu'il puisse entendre ses pensées, mais assez pour que chaque battement de la basse résonne dans ses tempes. Il savait pourquoi il était là. Pas pour l'ambiance, pas pour les femmes autour de lui qui se pavanaient, ni pour les hommes qui se congratulaient entre eux. Non, il était là pour elle. Et elle, il savait qu'elle l'attendait. Pas comme un piège, non. Plutôt comme une invitation. Valeria Moretti n'était pas du genre à se cacher derrière des jeux de pouvoir discrets. Elle préférait les confrontations directes. Il était temps qu'ils en aient une.
Les regards se tournaient sur son passage, mais il ne les remarqua même pas. Il n'y avait qu'elle dans la pièce, même si elle n'était pas encore apparente. Un frisson d'anticipation lui courut dans le dos. Il savait que l'instant où il la verrait, tout changerait.
Il l'aperçut enfin, un sourire en coin sur ses lèvres, son corps presque trop parfait pour être réel. Elle le repéra en un instant, comme une bête sauvage qui sent la menace dans l'air. Il s'approcha d'elle, sans hésiter, sans la moindre crainte.
« Je vois que tu sais comment te faire désirer, » dit-il d'un ton sec, une pointe de mépris dans la voix. Mais son regard restait fixement posé sur elle, aucune tentative de dissimulation de la colère qu'il ressentait. « Tu t'es bien amusée, la nuit dernière ? Ou était-ce juste un autre de tes jeux ? »
Elle leva un sourcil, son sourire ne faiblit pas. Elle savait qu'elle était plus forte que lui. C'était écrit dans la façon dont elle le regardait, détachée, presque amusée.
« Je ne sais pas de quoi tu parles, » répondit-elle d'une voix calme. « Je ne fais pas dans la manipulation, Lorenzo. Tout ce que j'ai fait, c'était te donner ce que tu voulais. »
Il ricana, ses dents serrées. « Tu veux vraiment qu'on parle de ça ? C'est ton 'cadeau', Valeria ? Me faire croire que tu ne sais pas pourquoi tu es là ? Parce que je n'ai pas l'impression d'avoir payé pour juste... ça. Tu veux me faire croire que tu n'as pas déjà décidé de ce que tu allais faire ensuite ? »
Elle se leva légèrement de son siège, croisant les bras, un mouvement d'agacement perceptible dans sa posture. « T'es marrant. Vraiment. Parce que je croyais que c'était toi qui voulais ça, non ? Tu m'as draguée, tu m'as prise dans ton jeu. Moi, j'étais là juste pour m'amuser, pour casser un peu la routine. Mais toi, tu t'es vu comment, Lorenzo ? En quête de vengeance, déjà. Mais que tu sois prêt à tout, pour ça ? À perdre un empire pour une nuit d'orgueil ? »
Ses mots étaient des aiguilles, des piques qu'elle enfonçait lentement mais sûrement. Il sentait la colère monter en lui, mais aussi quelque chose d'autre. Un désir qu'il n'arrivait pas à réprimer, un mélange toxique de frustration et d'attirance. Il secoua la tête, comme pour se réveiller de son propre piège.
« Tu te moques de moi, Valeria ? Tu crois vraiment que je vais te laisser jouer avec tout ce que j'ai construit ? C'est toi qui vas finir par comprendre que je suis prêt à tout. Que ce soit pour toi ou contre toi. »
Elle haussait les épaules, désinvolte. « Tu crois vraiment que tout ça m'impressionne ? La richesse, le pouvoir. J'ai vu pire. Beaucoup pire. » Elle le fixa intensément, comme pour le déstabiliser encore plus. « Si tu crois que tu peux m'acheter avec ton argent, tu t'es trompé. Ce n'est pas ça que je veux, Lorenzo. »
Il fit un pas en avant, son regard dur comme l'acier. « Alors quoi ? Tu veux vraiment tout détruire ? Me faire tomber, me faire perdre tout ce que j'ai ? Parce que je vais te dire une chose, Valeria. Si tu crois qu'il y a une chance que tu t'en sortes vivante, tu te fais des illusions. »
Elle ne se laissa pas intimider. Elle s'avança vers lui, son regard glacé. « Tu me parles de vie et de mort, mais tu oublies une chose, Lorenzo. C'est toi qui as décidé de me défier. Tu as voulu jouer avec le feu, alors ne sois pas surpris si tu te brûles. Et si tu crois que tu peux me faire peur avec tes menaces, tu te trompes encore. »
Il s'arrêta juste devant elle, le souffle court. Il n'y avait plus de distance, plus de moyens de fuir la confrontation. C'était une question de survie, et il le savait. Ils étaient maintenant deux à jouer à un jeu dangereux, et l'un d'eux allait y laisser sa peau.
« Tu sais ce que je pense ? » dit-il d'une voix rauque. « Je pense que tu n'as rien d'autre à offrir qu'une illusion de contrôle. Tu veux me faire tomber, mais tu n'as pas compris que tu n'es qu'un pion dans ton propre jeu. »
Elle le fixa avec un sourire provocateur. « Tu n'as toujours rien compris, Lorenzo. Je ne suis ni une pion, ni une marionnette. Et toi, tu veux quoi au juste ? Jouer à la guerre avec moi ? C'est ce que tu veux vraiment ? »
Il se pencha en avan t, une étincelle de défi dans le regard. « Je vais te montrer que je suis capable de te détruire plus que tu ne peux l'imaginer. »
La tension entre eux était palpable. Comme un courant électrique qui traversait l'espace. Ils se fixaient, leurs visages proches, leurs respirations se mêlant dans une danse dangereuse. Leurs corps se cherchaient, mais dans une lutte mortelle, dans un face-à-face où l'un ne sortirait pas indemne.
« Tu veux me détruire ? » souffla-t-elle, presque doucement. « Mais tu sais que ça te coûtera plus que tu n'es prêt à payer. Et je suis prête à ça. »
Il s'approcha encore un peu, son souffle chaud contre sa peau. « Je n'ai pas peur de payer, Valeria. Et toi, tu vas payer cher d'avoir cru que tu pouvais jouer avec moi. »
Tout semblait figé, suspendu, avant que la réalité ne vienne frapper. Leurs lèvres se frôlèrent brièvement, mais ce n'était pas un baiser. C'était une promesse. Une promesse de souffrance, de destruction, mais aussi de quelque chose de plus dangereux. Quelque chose de plus intense.
« Tu veux savoir ce que je vais faire maintenant ? » dit-il d'une voix basse, en se retirant lentement, tout en la scrutant. « Je vais te détruire. Je vais détruire tout ce que tu as construit, tout ce que tu crois posséder. Et je vais te regarder tomber. »
Elle le regarda, impassible, avant de répondre d'un ton moqueur. « Tu crois que c'est toi qui vas gagner, Lorenzo ? »
Il haussait les épaules, un sourire en coin. « On verra bien. »