Chapitre 3 Chapitre 3

Chapitre 3

Lorenzo n'arrivait pas à chasser cette pensée de sa tête. Il l'avait vue, il l'avait touchée, il l'avait... goûtée, et maintenant, il se retrouvait à la fixer, la même image de Valeria Moretti, l'intensité de son regard implacable sur l'écran de son téléphone. Une nuit. Une seule nuit, et elle était entrée dans sa vie, dans sa tête, de la manière la plus perverse qui soit. Il l'avait voulu, il l'avait désirée comme un homme affamé, et voilà où cela l'avait mené : au bord du précipice. Elle n'était pas une inconnue. Elle était un monstre déguisé en femme fatale, prête à le broyer sous ses talons aiguilles. Mais son corps, ses gestes, sa voix, tout chez elle l'appelait, l'attirait comme un magnétisme qu'il n'arrivait pas à comprendre.

La rage bouillonnait en lui. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Comment avait-il pu la laisser le manipuler ainsi ? Tout ça n'était qu'un jeu pour elle, un divertissement, un coup d'un soir. Mais pour lui, c'était bien plus que ça. Elle n'avait pas juste pris une nuit de son temps. Elle avait pris son calme, sa concentration. Elle avait planté un poison dans ses veines.

Lorenzo se leva brusquement de son bureau, les poings serrés. Les informations continuaient d'affluer sur son téléphone, des chiffres, des visages, des messages codés. Ils savaient que l'organisation Moretti n'était pas un simple groupe criminel. C'était un empire, une machine bien huilée. Et il venait de la nourrir avec sa propre inconscience. Cette femme... il n'arrivait pas à la détester. Pas entièrement. Une partie de lui se sentait encore attirée par ce qu'elle représentait. Sa force. Son intelligence. Cette beauté glacée qui n'avait aucune pitié. Il y avait quelque chose de magnétique chez elle, et c'était probablement ce qui le terrifiait le plus.

Il prit une profonde inspiration, se ressaisissant. Il devait agir. Il ne pouvait pas se permettre de sombrer dans la culpabilité ou de se perdre dans la confusion. Il savait ce qu'il devait faire. Il savait que le seul moyen de se débarrasser de cette emprise qu'elle avait sur lui était de la retrouver. De la comprendre. De la confronter. Pas pour la séduire à nouveau, mais pour la briser. Pour la faire tomber. Mais d'abord, il devait la retrouver. Il se tourna vers l'équipe qui l'attendait, prête à exécuter ses ordres.

"Vous allez la retrouver," dit-il, sa voix dure, sans laisser la moindre place à l'hésitation. "Je veux savoir tout ce qu'il y a à savoir sur Valeria Moretti. Je veux connaître chaque membre de son organisation. Chaque mouvement, chaque transaction, chaque parole prononcée. Cette femme veut détruire tout ce que j'ai. Elle veut mon empire, elle veut me voir à genoux. Et je vais lui montrer que ce n'est pas comme ça que ça va se passer."

Les regards des hommes autour de lui étaient sérieux. Ils comprenaient l'enjeu. Ils savaient qu'il ne s'agissait pas seulement de repérer une cible. C'était une guerre. Une guerre qu'il venait de commencer sans même le vouloir, sans même savoir dans quoi il mettait les pieds. Mais c'était trop tard. Il avait franchi la ligne. Et tout ce qui comptait maintenant, c'était d'écraser Valeria Moretti sous le poids de ses erreurs.

Il savait que l'organisation Moretti avait des alliés dans des coins sombres de la ville, des personnes prêtes à tout pour obtenir plus de pouvoir, plus d'argent. Ils avaient des connexions, des ressources. Mais Lorenzo aussi. Il avait ses propres alliés, des gens prêts à mourir pour lui. Ce n'était pas juste une question de pouvoir ou d'argent. Il n'avait pas l'intention de laisser cette femme l'humilier.

Il se tourna vers un de ses hommes, plus expérimenté, plus discret. "Je veux qu'on monte un plan. Je veux que vous alliez au plus profond de son réseau. Comprenez comment elle opère. Trouvez-moi des failles. Je veux tout savoir. Nous n'avons pas de temps à perdre."

Le regard de l'homme ne vacilla pas. "On s'en occupe. Vous serez informé dès qu'on a quelque chose."

Lorenzo hocha la tête. Il attendait cette information, mais plus que tout, il sentait un besoin viscéral de comprendre cette femme. Pourquoi était-elle là ? Pourquoi l'avait-elle choisi, lui, pour sa manipulation ? Pourquoi lui, et pas quelqu'un d'autre ? Peut-être qu'au fond, il savait déjà la réponse. Peut-être qu'elle avait vu en lui une faiblesse. Et il se demandait si cette faiblesse était toujours là, en lui, à la attendre, prête à ressortir.

Il ferma les yeux un instant, cherchant à calmer la tempête qui grondait dans son esprit. Mais à chaque fois qu'il se détournait de cette pensée, elle revenait, comme une ombre persistante. Ses yeux. Ce regard. Ce mélange de défi et de désir. Il s'était cru plus malin, plus fort qu'elle, mais il était évident qu'il était tombé dans son piège. Elle l'avait vu, elle l'avait compris, et maintenant elle le manipulait à sa manière. Elle savait exactement comment jouer avec lui. Et peut-être qu'elle se jouait de lui plus que ce qu'il ne voulait bien l'admettre.

Il inspira profondément, chassant cette idée de sa tête. Il n'avait pas le temps pour ça. Pas maintenant. Il devait la retrouver. Il devait la neutraliser avant qu'elle ne prenne tout. Avant qu'il ne soit trop tard.

Les heures passèrent en un éclair. Il n'arrivait pas à se concentrer. Son esprit tournait autour d'elle, autour de ce corps parfait, de ces lèvres pleines qu'il avait goûtées, de cette froideur qui l'avait envahi. Pourquoi la désirait-il encore ? Pourquoi, alors qu'il savait ce qu'elle représentait, il ne pouvait pas se débarrasser de cette obsession qui le consumait ? Il ferma les yeux un instant, se rappelant son souffle contre sa peau, sa chaleur, la manière dont elle l'avait laissé sans défense.

"Putain..." il souffla, les poings fermés.

Il n'avait pas le droit d'être faible. Pas le droit de céder. Il n'allait pas perdre contre une femme. Pas contre elle. Pas contre une organisation criminelle qui voulait le voir tomber. Il n'allait pas les laisser gagner. Il avait trop à perdre. Pas question de se laisser emporter par ce désir malsain.

Il sortit du bureau, déterminé. "On la retrouve," dit-il à ses hommes. "On l'écrase. Elle a joué avec le feu, et maintenant c'est nous qui allons la brûler."

Mais au fond de lui, une petite voix, qu'il refoulait de plus en plus, lui murmurait que ce serait plus difficile qu'il ne le pensait. Qu'il n'avait pas encore vu la vraie Valeria Moretti. Que cette guerre n'était pas juste une question de pouvoir. C'était aussi une question de cœur.

            
            

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