Chapitre 5 Chapitre 5

Chapitre 5

Le bruit des pas derrière lui se faisait plus pressant, mais Maxime n'y prêta pas attention. Son regard restait fixé sur la silhouette qui marchait devant lui, une femme qu'il n'avait pas vue depuis des années mais dont chaque trait était gravé dans sa mémoire. Elle était là, juste devant lui, mais elle semblait être une étrangère. Elle portait un manteau sombre qui cachait sa silhouette, mais il n'y avait pas de doute, c'était bien elle.

Il s'arrêta, le cœur battant plus fort. L'adrénaline dévalait ses veines comme un feu, mais il retint sa respiration. Elle tourna la tête, et leurs regards se croisèrent. Le monde sembla s'arrêter un instant. Elle l'observa, mais sans la moindre reconnaissance. Ses yeux étaient froids, durs, et ses lèvres se pincèrent lorsqu'elle le reconnut.

« Maxime, » murmura-t-elle, son ton glacé comme un vent d'hiver. « Je n'ai aucune idée de ce que tu veux, mais tu t'es trompé de personne. »

Elle fit demi-tour et commença à s'éloigner à une vitesse qui ne laissait place à aucun doute : elle voulait le fuir. Ses pas étaient rapides, décidés, comme si elle n'avait aucune intention de se laisser rattraper par son passé. Mais Maxime, accablé par une émotion qu'il n'avait pas anticipée, se lança à sa poursuite.

« Non, attends ! » appela-t-il, mais elle ne s'arrêta pas.

Il accéléra, ses muscles tendus par l'effort, mais aussi par la tension. Le simple fait qu'elle soit là, vivante, le frappait comme un coup de poing. Chaque pas qu'il faisait vers elle semblait le rapprocher de la vérité qu'il n'avait pas osé affronter. Mais la vérité était plus compliquée, plus douloureuse, que ce qu'il imaginait.

Elle s'arrêta finalement, mais ce n'était pas par volonté. Un éclat métallique scintilla dans l'air, et un bruit sec résonna. Un homme se dressa devant elle, un couteau à la main, la pointe brillant sous la lumière. Maxime se figea. Elle n'avait pas bougé, ses yeux fixés sur le nouveau danger qui se présentait à elle.

« Tu penses vraiment que tu peux t'échapper, petite ? » L'homme ricana, un sourire cruel s'étirant sur ses lèvres. « On a été patient, mais ce n'est pas ton jour. »

Maxime avança d'un pas, son regard se durcissant. Son instinct lui hurlait de l'aider, mais il se retrouvait en pleine confusion. Elle l'avait rejeté, elle l'avait nié, et pourtant... elle était là, en danger. Il n'hésita pas. Il s'élança en direction de l'homme.

« Recule ! » ordonna-t-il d'une voix glaciale.

L'homme se tourna juste à temps pour voir Maxime fondre sur lui, l'épaule en avant. Il l'attrapa en plein vol, et dans une explosion de violence maîtrisée, il le repoussa. Le couteau tomba au sol, et l'homme se retrouva au sol, son visage masqué par la douleur. Maxime n'attendit pas, l'attrapant par le col pour le soulever. « Qui t'envoie ? » gronda-t-il.

L'homme ne répondit pas, mais une lueur de panique traversa ses yeux. Maxime, voyant qu'il n'allait rien obtenir de lui, le lâcha brusquement et se tourna vers la femme. Elle le fixait toujours, mais cette fois, il y avait une lueur de colère dans ses yeux.

« Tu n'avais pas à intervenir, » dit-elle, sa voix froide, tranchante comme une lame.

« Et toi, tu n'avais pas à fuir, » répliqua-t-il, sa propre colère bouillonnant sous la surface. « Je suis venu te retrouver, tu crois que c'est facile pour moi ? »

Elle baissa les yeux, un instant d'hésitation traversant son visage, avant de se redresser. « Je n'ai pas besoin de toi, Maxime. Je ne suis plus celle que tu cherches. Je ne suis plus cette personne. »

Il la fixa, sa gorge se nouant. « Non. Tu ne peux pas dire ça. Ce n'est pas ce que tu es. Ce n'est pas ce que nous étions. » Il fit un pas vers elle, mais elle recula vivement.

« Ne me suis pas, » dit-elle d'une voix basse mais ferme. « Je ne veux rien de toi. Je n'ai jamais voulu que tu fasses partie de tout ça. »

Maxime sentit une déchirure profonde dans sa poitrine. Il avait espéré, il avait cru, pendant des années, que tout pouvait s'arranger, que le temps les ramènerait l'un vers l'autre. Mais en un instant, il comprenait que les choses n'étaient plus aussi simples. Elle l'avait rejeté, elle s'était éloignée, et elle ne voulait plus de lui.

Il tourna la tête vers l'homme qu'il avait mis à terre. Il semblait se relever lentement, mais d'autres silhouettes commençaient à apparaître dans l'ombre. Des mouvements furtifs, des pas qui s'approchaient.

« On dirait que tes problèmes ne font que commencer, » dit-elle d'une voix presque dénuée de tout sentiment.

Maxime n'eut pas le temps de répondre. Des silhouettes armées surgirent de l'ombre, des hommes bien entraînés, visiblement là pour l'arrêter, ou pire encore. Il se prépara à se défendre, mais quelque chose d'inattendu se produisit. La femme qu'il avait cherchée pendant tout ce temps se jeta au milieu de la mêlée, son corps s'enroulant autour de lui comme si elle était prête à se sacrifier pour sa propre protection.

« Je t'ai dit de ne pas me suivre ! » cria-t-elle, mais sa main se tendit déjà pour lui saisir la sienne.

Maxime ne comprenait plus rien. Elle l'avait rejeté, elle l'avait repoussé, et maintenant elle se battait à ses côtés. Le paradoxe, l'ironie de la situation, le frappait de plein fouet. Il serra sa main dans la sienne, sans réfléchir, et ils se retrouvèrent tous les deux à défendre leurs vies contre ceux qui semblaient vouloir les séparer à tout prix.

Les ennemis les entouraient, mais un lien fragile s'était formé entre eux, un lien brisé et recousu en un instant, alors qu'ils se battaient côte à côte. Les coups pleuvaient, les éclats métalliques résonnaient, mais pour la première fois depuis longtemps, Maxime se sentait pleinement vivant. Et en cet instant précis, il comprit que peu importe combien elle le rejetait, il ferait tout ce qu'il pouvait pour la protéger.

« Tu ne peux pas m'échapper, » murmura-t-il à travers les éclats de la bataille. « Nous avons un passé, et ce passé... il nous rattrapera toujours. »

                         

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