Quand ils arrivèrent enfin au camp, Marcus se tourna vers elle, son regard glacé. « Tu as osé, grogna-t-il. Tu as osé danser avec lui. »
Élodie baissa les yeux, incapable de soutenir son regard. « Je... je n'ai pas eu le choix, murmura-t-elle. Il m'a demandé. »
Un rire sec et cruel échappa à Marcus. « Le Roi Alpha t'a demandé de danser ? Et tu as accepté ? Tu crois que tu mérites ça, toi ? Une Oméga faible, inutile ? »
Elle ne répondit pas. Les mots lui brûlaient la langue, mais elle savait que toute réponse ne ferait qu'empirer les choses. Marcus s'approcha, sa présence écrasante, menaçante. Elle recula instinctivement, mais il la saisit par le bras, ses doigts serrant comme des griffes.
« Tu m'appartiens, Élodie, dit-il d'une voix basse et dangereuse. N'oublie jamais ça. Si tu me fais honte encore une fois, tu regretteras d'être née. »
Il la lâcha brusquement, la faisant trébucher. Elle tomba à genoux, les larmes aux yeux, mais elle ne pleura pas. Elle avait appris à retenir ses larmes, à les garder pour elle, dans l'obscurité de sa cabane, où personne ne pouvait la voir.
Marcus partit sans un mot de plus, la laissant seule dans la clairière. Élodie resta un moment à genoux, les mains tremblantes, essayant de reprendre son souffle. Elle sentait le poids de ses paroles, de sa colère, comme une ombre qui planait sur elle.
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**Pendant ce temps, dans la Meute de l'Éclipse Lunaire :**
Théo se tenait sur le balcon de son château, les yeux fixés sur l'horizon. La lune, pleine et brillante, éclairait son visage austère. Il ne pouvait pas chasser l'image d'Élodie de son esprit. Sa fragilité, sa force silencieuse, la manière dont elle avait répondu à sa présence... tout cela le troublait.
Gabriel apparut à ses côtés, discret comme toujours. « Vous semblez préoccupé, Théo. »
Théo ne répondit pas tout de suite. Ses pensées étaient tourmentées, comme si une partie de lui-même avait été laissée dans cette salle de bal, avec Élodie. « Elle est différente, Gabriel, dit-il enfin. Je le sens. »
Gabriel hocha la tête, comprenant sans avoir besoin d'explications. « La lune ne se trompe jamais, Théo. Si vous sentez qu'elle est importante, alors elle l'est. »
Théo soupira, tournant son regard vers la forêt, vers les terres lointaines où Élodie était retournée. Il savait qu'il ne pouvait pas la laisser là-bas, dans cette meute qui la maltraitait. Mais il ne pouvait pas non plus agir impulsivement. Il était le Roi Alpha, et chaque décision qu'il prenait avait des conséquences.
« Rassemble les gardes, ordonna-t-il enfin. Nous partons demain matin. »
Gabriel inclina la tête, sans poser de questions. Il savait que Théo avait pris sa décision, et que rien ne le ferait changer d'avis.
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**Dans la cabane d'Élodie :**
Élodie était assise sur son lit de paille, les bras enroulés autour de ses genoux. La nuit était silencieuse, mais son esprit était en ébullition. Elle repensait à la danse, à la manière dont Théo l'avait regardée, comme si elle était importante, comme si elle comptait.
Mais elle savait que c'était une illusion. Elle n'était qu'une Oméga, une servante, une ombre dans son propre monde. Théo était le Roi Alpha, et il ne pouvait pas s'intéresser à elle. C'était impossible.
Pourtant, une petite voix insistante murmurait dans son esprit, lui disant que quelque chose avait changé. Elle ne savait pas quoi, ni comment, mais elle sentait que sa vie était sur le point de basculer.
Elle se leva et s'approcha de la fenêtre, contemplant la lune. Elle se sentait étrangement calme, comme si elle savait que quelque chose d'important allait se produire.
Et elle avait raison.
### **Chapitre Sept : L'Appel de la Lune**
Le lendemain matin, le camp de la Meute de la Rivière Rapide s'éveilla dans une atmosphère tendue. Les membres de la meute vaquaient à leurs occupations, mais leurs regards se tournaient souvent vers la cabane d'Élodie, où Marcus avait passé la nuit. Les murmures allaient bon train, les rumeurs se propageant comme une traînée de poudre. Élodie, elle, restait cloîtrée chez elle, les volets clos, essayant de se cacher du monde extérieur.
Mais elle ne pouvait pas échapper à Marcus. Il entra sans frapper, son visage dur et impassible. « Lève-toi, ordonna-t-il. Tu as du travail à faire. »
Élodie obéit sans protester, sachant que toute résistance serait inutile. Elle le suivit à l'extérieur, où les autres membres de la meute l'attendaient, leurs regards mêlés de pitié et de mépris. Elle baissa les yeux, essayant de se faire aussi petite que possible, mais elle sentait le poids de leurs regards sur elle.
Marcus la conduisit à la lisière de la forêt, où un tas de bois attendait d'être coupé. « Tu ne reviens pas avant que ce soit fini, dit-il. Et si tu essaies de fuir, tu sais ce qui t'attend. »
Elle hocha la tête, trop effrayée pour répondre. Marcus partit sans un mot de plus, la laissant seule avec sa hache et son désespoir.
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**Pendant ce temps, dans la Meute de l'Éclipse Lunaire :**
Théo rassemblait ses gardes, son visage impassible mais ses yeux trahissant une détermination farouche. Gabriel se tenait à ses côtés, silencieux mais attentif.
« Nous partons dans une heure, annonça Théo. Préparez-vous. »
Les gardes hochèrent la tête, sans poser de questions. Ils étaient habitués aux ordres de Théo, à sa manière de faire les choses. Mais cette fois, ils sentaient que quelque chose était différent. Théo semblait plus déterminé, plus intense, comme si cette mission était personnelle.
Gabriel s'approcha de Théo, baissant la voix. « Vous êtes sûr de vouloir faire ça ? demanda-t-il. Marcus ne va pas apprécier. »
Théo tourna son regard vers Gabriel, ses yeux froids et déterminés. « Je ne demande pas son approbation, répondit-il. Élodie n'appartient à personne. Et si Marcus a un problème avec ça, il devra me faire face. »
Gabriel hocha la tête, comprenant sans avoir besoin d'explications. Il savait que Théo avait pris sa décision, et que rien ne le ferait changer d'avis.
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**Dans la forêt :**
Élodie travaillait sans relâche, ses mains couvertes d'ampoules, son corps épuisé. Mais elle ne pouvait pas s'arrêter. Elle savait que Marcus reviendrait, et qu'il ne tolérerait aucune faiblesse.
Alors qu'elle levait la hache pour abattre un autre arbre, elle entendit un bruit derrière elle. Elle se retourna, le cœur battant, et vit une silhouette se détacher des arbres. C'était Théo.
Elle laissa tomber la hache, trop surprise pour réagir. Théo s'approcha lentement, son regard intense mais apaisant. « Élodie, dit-il simplement. Viens avec moi. »
Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais les mots lui manquèrent. Elle sentait une étrange connexion entre eux, comme si quelque chose d'invisible les reliait. Elle ne pouvait pas l'expliquer, mais elle savait que c'était réel.
« Je... je ne peux pas, murmura-t-elle enfin. Marcus... »
Théo l'interrompit d'un geste de la main. « Marcus n'a aucun pouvoir sur toi, dit-il. Tu es libre, Élodie. Viens avec moi. »
Elle hésita, son esprit en ébullition. Elle savait que si elle partait avec Théo, elle ne pourrait jamais revenir. Mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait pas rester ici, dans cette vie de souffrance et de peur.
Elle prit une profonde inspiration, puis hocha la tête. « D'accord, dit-elle. Je viens avec vous. »
Théo lui tendit la main, et elle la prit, sentant une étrange chaleur l'envahir. Ils partirent ensemble, laissant derrière eux la forêt, la meute, et la vie qu'Élodie avait toujours connue.