Théo, de son côté, gardait les yeux rivés sur le sentier devant eux. Son visage était impassible, mais Élodie pouvait sentir la tension dans son corps, comme s'il était prêt à affronter n'importe quel danger pour la protéger. Il ne disait rien, et elle n'osait pas rompre le silence. Les mots semblaient superflus, comme si tout avait déjà été dit dans ce simple geste de lui tendre la main.
Ils marchèrent ainsi pendant un moment, jusqu'à ce qu'ils atteignent une clairière où les gardes de Théo les attendaient. Gabriel se tenait à l'écart, observant la scène avec un regard attentif. Il s'approcha lorsque Théo et Élodie arrivèrent, inclinant légèrement la tête en signe de respect.
« Tout est prêt, Théo, dit-il. Nous pouvons partir dès que vous le souhaitez. »
Théo hocha la tête, puis se tourna vers Élodie. « Nous allons retourner à la Meute de l'Éclipse Lunaire, dit-il. Tu seras en sécurité là-bas. »
Élodie sentit son cœur battre plus vite. La Meute de l'Éclipse Lunaire... C'était un endroit dont elle avait entendu parler, mais qu'elle n'avait jamais imaginé pouvoir voir de ses propres yeux. Elle se demandait comment elle serait accueillie, comment les autres membres de la meute réagiraient à sa présence. Elle était une Oméga, après tout, et une étrangère. Mais avant qu'elle puisse poser des questions, Théo lui serra doucement la main.
« Ne t'inquiète pas, murmura-t-il. Personne ne te fera de mal. Tu es sous ma protection maintenant. »
Elle hocha la tête, essayant de se convaincre que tout irait bien. Mais au fond d'elle, une petite voix insistante murmurait que rien ne serait jamais simple. Elle avait quitté Marcus, mais elle savait qu'il ne laisserait pas ça passer. Il viendrait la chercher, et quand il le ferait, ce serait une guerre.
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**Dans la Meute de la Rivière Rapide :**
Marcus était furieux. Il avait découvert la disparition d'Élodie peu après son retour au camp, et sa colère était palpable. Les membres de la meute se tenaient à distance, craignant son courroux. Il frappa un arbre de son poing, le bois craquant sous la force du coup.
« Elle ose me défier ! rugit-il. Elle ose me quitter ! »
Dorian, l'Alpha de la Meute des Montagnes Noires, se tenait à l'écart, un sourire narquois aux lèvres. « Je t'avais prévenu, Marcus, dit-il. Théo ne laissera pas une Oméga comme elle lui échapper. »
Marcus se tourna vers lui, les yeux étincelants de colère. « Ça ne se passera pas comme ça, grogna-t-il. Elle m'appartient, et je la récupérerai. »
Dorian haussa les épaules, son regard malicieux. « Et comment comptes-tu faire ça ? Théo est le Roi Alpha. Tu ne peux pas le défier ouvertement. »
Marcus serra les poings, sentant la frustration monter en lui. Il savait que Dorian avait raison, mais il ne pouvait pas accepter ça. Élodie était à lui, et il ferait tout pour la récupérer.
« Rassemble les guerriers, ordonna-t-il à l'un de ses Bêtas. Nous partons dès que possible. »
Le Bêta hocha la tête et partit en courant, laissant Marcus seul avec ses pensées. Il regarda en direction de la Meute de l'Éclipse Lunaire, son visage dur et déterminé. « Tu crois que tu peux me la prendre, Théo ? murmura-t-il. Tu vas voir ce qui t'attend. »
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**Dans la Meute de l'Éclipse Lunaire :**
Élodie était assise dans une chambre spacieuse, les murs ornés de tapisseries représentant des scènes de chasse et de batailles. La pièce était simple mais confortable, avec un lit large, une table en bois sculpté et une fenêtre qui donnait sur les jardins du château. Elle se sentait étrangement déplacée, comme si elle n'avait pas sa place ici.
Elle entendit des pas dans le couloir, et la porte s'ouvrit pour révéler Théo. Il entra, son regard se posant sur elle avec une intensité qui la fit frissonner.
« Comment te sens-tu ? demanda-t-il, sa voix douce mais ferme. »
Élodie hésita, puis hocha la tête. « Je vais bien, murmura-t-elle. Merci. »
Théo s'approcha, s'asseyant sur le bord du lit à côté d'elle. « Tu es en sécurité ici, dit-il. Personne ne te fera de mal. »
Elle le regarda, essayant de lire dans ses yeux. « Pourquoi... pourquoi avez-vous fait ça ? demanda-t-elle enfin. Pourquoi m'avoir emmenée ici ? »
Théo soupira, tournant son regard vers la fenêtre. « Parce que tu es différente, Élodie, dit-il. Je le sens. La lune ne se trompe jamais. »
Elle ne comprenait pas ce qu'il voulait dire, mais ses paroles la réconfortèrent malgré tout. Elle sentait une étrange connexion entre eux, comme si quelque chose d'invisible les reliait. Elle ne pouvait pas l'expliquer, mais elle savait que c'était réel.