Au marché c'est tout le monde qui me regardait ; vous savez comment ça se passe aux villages, tout est à nu ; on ne peut pas se cacher, et on ne peut rien cacher non plus...
Et pendant que maman Polline étalait ses tomates, les murmures battaient le record ; je pouvais bien entendre les gens parler de moi ; et même leurs regards les accusaient...
« « weee Leo va finir par épouser un animal weeeeh donc il monte sur ces os que je vois là ?» » « « tu ignores quoi ? pauvre Polline encore un bébé à allaiter, dire que son salop de mari ne perd pas le temps einh ? » » « « vous savez quoi ? il parait même qu'il a déjà un prétendant pour sa petite fille Angela ; celle qui a 13ans mais quelle sorcellerie ? » » « « tu es sérieuse là ? la petite Angela qui vient souvent avec sa maman Claudia ici ? la pauvre... Leo ne changera jamais... » » « « Moi-même je n'aime pas qu'il regarde deux fois ma fille... ses ambitions sont tellement contagieuses qu'il pourra contaminer mon mari » »
Tous ces regards me gênaient terriblement ; maman Polline l'avait remarqué et m'avait donné une tache qui devait m'occuper... je m'étais mise à laver les tomates ; l'eau était devenue sale et il fallait que je change ; alors maman Polline m'avait indiqué où se trouvait le robinet...
« « je veux m'enfuir... je veux m'enfuir... je rentre chez moi... je vais chercher la police du coin et je vais tout leur raconter... je suis sauvée, enfin je vais pouvoir rentrer en ville... je vais juste prendre un bus et une fois chez Luna, elle va payer ma course... oui... c'est tout ce que je dois faire » »
En allant puiser de l'eau, J'étais déterminée à rentrer chez moi ce matin là ; je ne pensais pas aller chez mes parents car je savais que papa Leo allait me retrouver et ça allait être encore pire pour moi ; jusque-là, papa Leo était juste un peu vulgaire avec moi mais pas brutal ; c'est juste son âge, son apparence, et le faite de savoir qu'il était mon mari qui me brutalisait ;
- C'est où le bureau de la police svp monsieur ? j'avais demandé à un vieux couturier
- Ma petite fille ... tu es perdue ? on t'a volé quelque chose ? pourquoi cherches-tu la police ?
- Non papa... je suis ne pas perdue et on ne m'a pas volé non plus... je veux déposer une plainte papa...
- Einh ? toi ? déposer plainte ? écoute petite fille circule ! enfant mal éduquée... donc comme ça il fallait que tu t'arrêtes là pour blaguer avec moi ?
- Non papa... je suis victime d'un kidnapping, je veux rentrer chez moi, aidez-moi svp papa...
- Ah bon einh ? et où est ton kidnappeur ? il t'a libéré pour marcher et prendre de l'air au marché avec un seau à la main ?
Il continuait de parler et comme quelques têtes curieuses s'approchaient déjà ; j'étais obligée de quitter le lieu de peur que les bla bla bla arrivent jusqu'à maman Polline ; j'avançais et là devant il y avait une petite cabane faite en contreplaqué avec mention Police... soulagée, j'avais accéléré mes pas, et juste au moment où j'avais ouvert la bouche pour m'adresser au policier en disant :
- Monsieur l'agent svp ; aidez-moi ; je suis en danger ; on m'a kidnappé...
Derrière moi j'entendais la voix de maman Polline m'appeler...
- Sarah... Sarah... mais que fais-tu ici ? je t'avais pourtant dit que le robinet était de l'autre coté... donc c'est monsieur l'agent qui devait te montrer le chemin ? disait maman Polline en m'attrapant par la main
- Madame c'est votre enfant ? demandait l'agent de la police
- oui monsieur... elle vient de la ville et c'est sa première fois de venir au village haha haha elle ne supporte pas la vie ici...
- c'est vrai ce que la dame dit ? tu la connais ? es-tu sa fille ? il n' ya pas de problème ? l'agent de la police qui s'adressait à moi en me fixant
- ce que... monsieur l'agent... elle, elle est gentille avec moi mais c'est plutôt papa Leo qui...
- monsieur l'agent... puisque je vous dis que c'est ma fille et qu'elle ne supporte pas la vie du village... on doit partir maintenant Sarah... tu veux me créer des problèmes avec Leo ? n'oublies pas que c'est moi qui suis sortie avec toi... tu veux qu'il finisse avec moi ?
- mais madame cette petite sait ce qu'elle dit alors venez avec nous ... disait le policier en nous obligeant d'entrer par un geste de la main
je voyais déjà les yeux de maman Polline rougir, je lisais la peur sur son visage, elle transpirait en plain matin en claquant ses doigts... elle était quand même très gentille avec moi ; mais en même temps, le Policier était mon unique chance pour pouvoir rentrer chez moi... je savais que papa Leo allait mener une vie dure à la pauvre femme ;
« « si seulement c'était avec Loraine... celle-là ne fait qu'augmenter ma tension avec les grossièretés qu'elle me disait souvent, ça allait être une bonne occasion de lui mettre ma charge sur la tête » »
je me disais cela en regardant maman polline couler des larmes... je ne m'étais même pas rendu compte qu'il y avait déjà une foule de gens dehors curieuse de voir une femme qui aurait volé une petite fille... et dans la foule, il y avait quelques amie de maman Polline.
En voyant cela, j'avais directement réalisé l'impact qu'avait cette affaire ; alors quand ce policier m'avait encore une fois interrogé, j'avais changé ma version en disant :
- monsieur l'agent... c'est vrai ce que maman Polline dit ... je n'aime pas le village mais mon papa m'a quand même envoyé ici... il faut juste dire à maman Polline de dire à papa Leo de me ramener chez moi...
- tu en es sure ma fille ? tu sais, on enregistre beaucoup de cas de vol d'enfants dans ce village alors...
- non non... je voulais juste que vous m'aidiez à m'enfuir... enfin... me faire monter dans un bus...
- vous voyez Monsieur l'agent... je vous ai dit qu'elle était juste dégoutée du village... maman Polline un peu soulagée
- ah je vois... puisqu'elle parlait d'un kidnapping alors il fallait y voir clair ; mais il faut bien la surveiller einh ? comme elle n'aime pas le village et qu'elle tient à rentrer en ville ; elle pourra faire à sa manière et tu connais bien le danger de ce délit...
- ok monsieur l'agent on sera plus prudent... mais je pense que la meilleure solution serait de la remmener en ville... j'en parlerai à mon mari...
- ok madame... c'est une bonne décision... vous pouvez partir...
on était sorti de cet endroit avec un sourire hypocrite sur les lèvres de maman Polline ; j'imagine à quel point elle devait réunir toutes ses forces pour lancer ce sourire au policier.
Elle m'avait attrapé la main et m'avait tiré jusqu'à son étalage sans mot dire... tous les regards étaient fixés sur nous ; LA HONTE !!!
Elle avait tout remballé et on avait pris le chemin de la maison...
Une fois à la maison, tout le monde était étonné de nous voir rentrer à cette heure là, même papa Leo lui-même...
Sans aucune explication ; maman Polline avait jeté sa gibecière et avait regagné sa maison...
- alors ??? comme ça même vendre au marché tu n'y arrive pas ? c'est vraiment le KO avec toi einh ? disait Loraine en pilant son foutou
je savais que ce que j'avais fait était mal ; pas pour moi mais plutôt pour maman Polline ; elle était sous le choc , elle n'avait vraiment pas mérité ça ; je l'avais rejoint dans sa maison pour m'excuser et je l'avais trouvé entrain de pleurer...
- je suis désolée maman Polline... je n'aurais pas dû... enfin pas à toi... tu es trop gentille avec moi...
elle ne pouvait pas me répondre en ce moment-là ; certainement elle imaginait encore le pire si seulement j'avais gardé ma version de Kidnapping.
plusieurs mois étaient passés ; les mois auxquels je planifiais chaque jour mon évasion ; j'avais déjà 13 ans ... il m'arrivais de jouer avec les autres enfants de papa Leo qui avaient mon âge ; à cet age on avait des jeux de notre age auxquels on jouait mais c'était seulement à l'absence de papa Leo car il ne me le permettait jamais... j'étais habituée à ma torture du massage de chaque jour ; enfin pas vraiment habituée mais je n'avais pas le choix ; je devais supporter la douleur et mes petits seins guettaient déjà ; j'avais mes menstruation donc j'étais déjà devenue une femme, et de temps en temps papa Leo me prenait par force pour dormir dans sa chambre... avec sa phrase fétiche « « je veux que tu t'habitue à mon odeur corporelle » »... maman polline quant à elle , m'avait pardonné et avait complètement mise aux oubliettes tout ce qui s'était passé au marché mais seulement elle ne sortait plus avec moi .
il fallait que je supporte tout ce monde... il ne fallait pas qu'il se doute de quelque chose... mais moi je traçais un chemin de retour dans ma tête ; j'avais appris du village, le chemin de la rivière, du marché ; disons que je connaissais déjà bien le village et mes petites économies étaient bien en sécurité ...
je me rappelle encore du jour où tout avait basculé... c'était un mardi et je devais me rendre au plus grand marché du village avec tantine Loraine pour quelques couses, alors ça tombait bien car c'était le jour favori pour mettre en place mon projet tellement que je détestais tantine Loraine , je me fichais pas mal de ce qui pouvait lui arriver avec papa Leo en m'évadant...
je n'avais rien pris pour ne pas éveiller les soupçons ; juste mon argent que j'avais longtemps économisé espérant que ça suffise pour le trajet...
papa Leo était sorti bien avant nous ; ce jour-là il était vraiment matinal...
on était sur une moto avec tantine Loraine et comme d'habitude, elle n'arrêtait pas de me taquiner ; au fond de moi je me disais « « supporte la encore un peu car dans quelques heures tu seras libre » »
arrivé au grand marché, je n'avais pas perdu du temps, pendant que tantine Loraine discutait les prix chez le premier marchand chez qui on s'était arrêté, moi je m'étais éclipsé dans la foule et m'étais mise à courir prenant la direction des grands bus de voyage ; et comme j'étais très jeune ; le contrôleur ne voulait pas me laisser entrer, il me fallait un parent ou m'importe qui d'adulte mais seulement je ne pouvais pas voyager seule...
je suppliais le chauffeur d'un bus qui était prêt à partir le seul bus d'ailleurs car c'était le dernier ... je suppliais ; j'avais beau menti mais c'était impossible il ne voulait pas me laisser monter dans son bus...
Tous ces brouhahas avaient attiré l'attention des passagers qui devenaient déjà impatients...
« « on va partir ou pas ? » » « « qu'est ce qui nous retient encore ici ? » » « « si la personne n'a pas le billet elle n'a qu'à attendre le prochain bus nous on doit partir » » « « stiuuuups » » « « stiuuuuupssss » »
Et comme j'étais à la base de toutes ces murmures j'avais décidé de crier peut être que quelqu'un allait m'aider ; mais en criant
- aidez-moi, je dois rentrer chez moi, je connais le chemin, un vieux papa veut me tuer ici au village il s'appelle papa Leo et il veut que je devienne sa femme aidez-moi svp je dois rentrer chez mes parents ; ce vieux m'a pris de force aidez-moi oooh
Je vous jure que j'ai vu la sorcellerie africaine en live... dans ce bus papa Leo y était, il devait se rendre en ville... pourquoi faire ? ça je ne pouvais pas savoir... il avait reconnu ma voix , avait quitté son siège et était là devant moi avec des yeux grandement ouverts et pleins de rage...
il était descendu du bus, m'avait attrapé par la main et m'avait jeté dans un taxi et avait demandé au chauffeur de rouler au grand étonnement des passagers et la foule (caravane)
- donc comme ça tu voulais t'enfuir avec ton petit vagin là einh ? tu voulais vraiment jouer à ça avec moi ? j'ai été trop patient et gentil avec toi !! tu vas voir aujourd'hui ... je vais te tuer aujourd'hui petite malintentionnée... tu vas connaitre qui est vraiment Leo aujourd'hui...