Pendant ce temps, Lucie et Florent sont encore dans leur chambre. C'est le week-end, et Lucie est rentrée de voyage la veille. Florent se réjouit à l'idée de passer du temps avec elle, mais il se trompe lourdement sans le savoir. Dès l'aube, Lucie s'est levée, a passé un moment devant son ordinateur, puis est allée prendre une douche en vue d'un rendez-vous professionnel.
Florent, encore engourdi par le sommeil, ouvre lentement les yeux et aperçoit sa femme devant le miroir, en train de se maquiller. Il ne comprend pas ce qui se passe. Se redressant, il lutte contre les dernières traces de fatigue pour mieux observer la scène. Oh oui, c'est bien Lucie, vêtue d'une robe élégante et perchée sur l'un de ses hauts talons qui lui donnent cet air assuré. Il s'apprête à parler quand elle, ayant fini de se préparer, remarque son regard et lui adresse un sourire.
- Bonjour mon chéri, tu es réveillé ? Je ne voulais pas te déranger, tu avais l'air épuisé.
- Tu vas quelque part ? » demande-t-il, intrigué.
- Oui, j'ai un rendez-vous avec un partenaire d'affaires. C'est mon patron seul qui devait s'y rendre, mais il m'a appelée ce matin pour me dire que ma présence était indispensable, alors je dois y aller.
Le ton de Florent change brusquement. Énervé, il se lève du lit.
- Est-ce que tes soi-disant patrons savent que tu es une femme mariée, avec des responsabilités et un rôle à jouer dans ton foyer ?
- S'il te plaît, chéri, ne recommence pas ce matin. Je t'ai déjà dit que ce n'est que temporaire, que bientôt tout rentrera dans l'ordre et que les voyages fréquents seront du passé. Je fais tout ça pour nous. Essaie de me comprendre, s'il te plaît. Parce que je t'aime et tu sais que je ne peux pas me permettre de perdre ce travail. J'ai tellement lutté pour l'obtenir... Sans oublier que j'ai des charges à assumer : ma famille, mes frères et sœurs qui comptent sur moi, les dépenses de la maison... Ton entreprise ne suffit pas pour tout couvrir.
- Toujours les mêmes excuses, et il n'y a jamais d'amélioration ! » rétorque Florent, agacé. « Dis-moi, c'est quand la dernière fois que nous avons fait l'amour comme un vrai couple marié ?
- Chéri, tu sais très bien pourquoi... Arrête de dramatiser!
- Ça fait deux mois, Lucie ! Je dis bien deux mois !
- Et alors ? Tu as passé des années à me faire l'amour, même avant notre mariage. Ce ne sont que deux mois, et tu réagis comme si c'était une éternité ? Je suis ta femme, tu le sais très bien. Cela veut dire que je serai toujours là pour toi, mais pour l'instant, ce n'est pas possible. Je suis débordée par le travail et j'ai besoin que tu me comprennes.
- J'ai envie de toi, Lucie... Même si ce n'est qu'un rapide moment, donne-moi ça avant de partir.
- Quoi ? Tu es sérieux ? Tu ne vois pas que je suis déjà prête à partir ? Écoute, on le fera à mon retour.
- Lucie, pourquoi tu me fais ça ?
- Je suis désolée, mon chéri...
Suite à ces mots, Lucie attrape son sac et quitte la chambre. Florent, abattu, se laisse tomber sur le bord du lit, ne sachant plus quoi faire.
Pendant ce temps, Lucie vient au salon et appelle Andréa pour lui donner des instructions. Cette dernière, occupée à dresser la table dans la salle à manger, accourt immédiatement.
- Oui, madame, vous m'avez appelée ?
- Le petit-déjeuner est prêt ?
- Oui, je viens de terminer de mettre la table.
- D'accord. Informe mon mari qu'il peut venir le prendre.
- C'est compris, madame.
- Faut préparer du riz au poulet pour le repas de midi.
- D'accord.
Sans ajouter un mot de plus, Lucie quitte la maison. Une fois dans la cour, elle demande au gardien d'ouvrir le portail, puis monte dans sa voiture. Lorsque le passage est dégagé, elle démarre et sort de la maison.
Dans la chambre, Florent se lève pour aller aux toilettes lorsqu'il entend quelqu'un frapper à la porte.
- Qui est-ce ? » demande-t-il.
- Monsieur, c'est moi, Andréa. Je viens vous informer que le petit-déjeuner est servi.
- D'accord, je viendrai le prendre tout à l'heure.
- Bien, monsieur.
Andréa retourne en cuisine et commence à préparer le déjeuner. C'est alors que Chakirou, le gardien de la maison, entre discrètement par la porte de derrière, comme il en a l'habitude. Lui aussi aime profiter du petit-déjeuner et ne manque jamais une occasion de courtiser Andréa, même si celle-ci l'ignore systématiquement.
- Ma jolie Andréa, ma belle au bois dormant... » dit-il en s'approchant. « Tu sais que j'aime te voir cuisiner. Tu es magnifique et je prie toujours Dieu pour qu'il t'ouvre les yeux sur la flamme de mon amour. Si seulement tu comprenais la langue de l'amour dans laquelle je te parle... Je t'aime, je t'aime tellement.
- S'il te plaît, arrête avec ça ! » soupire Andréa, exaspérée. « Ton repas est sur la table, prends-le et dégage. Je sais que c'est la seule raison de ta venue, alors inutile de me chanter toutes tes chansons.
- C'est vrai que j'ai très faim, mais je suis sincère quand je te dis que je suis fou amoureux de toi, ma...
- Tu vas prendre ton repas et partir ou bien...?
Andréa n'a pas le temps de terminer sa phrase que Chakirou attrape son assiette et s'éclipse, lançant avec un sourire taquin « N'oublie pas que je t'aime ! C'est même pour ça que j'adore manger tes plats. »
Andréa le regarde partir avant de murmurer, exaspérée « Ce mec m'étonne vraiment... Il pense sérieusement que je suis son genre de femme ? Pfff... Je n'ai pas de temps à perdre avec lui.
Elle s'apprête à se concentrer sur son travail lorsque son téléphone se met à sonner. En voyant le nom affiché, elle sort de la cuisine et se dirige vers le jardin pour répondre. C'est Jacques, son petit ami.
- Allô, mon chéri.
- Oui, mon bébé, comment vas-tu ce matin ? Je t'appelle pour savoir si tu peux me trouver ce que je t'ai demandé la dernière fois. Je suis vraiment à sec et j'ai besoin de ton aide.
- De quoi tu parles, Jacques ? Il y a à peine deux jours, je t'ai donné dix mille francs, et maintenant tu me redemandes encore de l'argent ?
- C'est quoi cette question ? Tu crois que je te demanderais si j'avais une autre solution ? Je te demande une aide et tu me parles mal. Maintenant, je vois à quel point tu m'aimes...
- Mais comment peux-tu dire ça ? Tu sais très bien que je t'aime. Mais je n'ai plus d'argent, j'ai déjà dépensé tout mon salaire. S'il te plaît, comprends-moi.
- D'accord... Dans tous les cas, fais de ton mieux pour me trouver quelque chose avant demain. Sinon, tu risques de me perdre.
- Mais...