Elle n'avait pas terminé sa phrase que déjà Julie disparaissait dans la pénombre. Frédérique avait remarqué que sa sœur était préoccupée mais elle savait aussi que Julie ne se confiait pas sous pression elle attendrait sagement sa prochaine visite pour en savoir plus.
Durant le reste du week-end Frédérique n eut aucune nouvelle de ses sœurs tant mieux se disait-elle. Si seulement elle savait ce qui se ramait.
La semaine repris et elle rentra dans sa routine. Au bureau elle n aperçu pas Elidja c'était un peu normal vu qu'il travaillait dans un autre département mais en même temps elle ne le cherchait pas non plus
Adèle ne sut que Mardi lors du lunch que sa copine avait passé la soirée avec Elidja et par un pur hasard.
Adèle déjeunait avec une autre collègue au restaurant de l'entreprise quand Elidja l interpella.
- Eli: bonjour les filles et bon appétit. Adèle dis-moi elle est ou Frédérique ?
- Adèle: elle est encore en haut elle finit un truc rapidement après elle vient nous rejoindre
- Eli: tu peux me donner son numéro stp ?
- Adèle: pourquoi? Elidja je te vois venir hein
Il éclata de rire
- Eli : non c'est pas ce que tu crois. Elle a juste oublié la veste de son fils dans ma voiture et veux la lui remettre
- Adèle: son fils? La veste? Attend vous vous êtes vu ou pour que son fils oubli sa veste avec toi?
- Eli stp donne-moi son numéro, il faut que je reparte bosser
-Adèle; je te donne le numéro, même si tous les deux on sait que si c'était vraiment pour la remettre la veste tu devais ramener ca ici ou déposer au secrétariat
Quelques minutes après Frédérique arriva. Commanda son plat et alla retrouver Adèle et Vanessa qui avait presque fini
-Vanessa: Fred c'est l'entreprise de ton père? C'est comment tu bouffes mm ton heure de pause ou bien tu veux trop nous montrer que tu aimes ton travail
- Fred : j'aime pas accumuler le travail c'est tout
- Adèle: Elidja est passé te chercher ici. Tu n'as rien à me dire?
Frédérique se mit à sourire
- Fred : non rien.
- Adèle: comment la veste d'Henri est arrivé dans sa voiture?
Fred: Kiakiakia on était ensemble samedi
- Adèle: et c'est mardi que tu me dis ca. Ça c'est un événement que tu aurais du me relater immédiatement. Même sur facebook on peut déjà faire des directs. Raconte !
- fred: kiakiakia je l ai trouvé à la piscine. Il accompagnait son fils. On a discuté à la fin du cours il nous a invité au restaurant, on est parti.
- Adèle: donc étiez en famille quoi, genre papa, maman et les deux enfants
- fred: Kiakiakia Adèle pardon laisse-moi tranquille je mange
- Adèle : en tout il voulait ton numéro, je le lui ai donné
- fred: pourquoi tu as donné
-Adèle: pourquoi je ne donne pas? Frédérique faut te revoir hein, je vais te parler de lui combien de fois?
- Vanessa: c'est vrai Frédérique, Elidja c'est un bel homme.
L'intervention de Vanessa rappela à Frédérique et Adèle quelle n'étaient pas seule, alors elles changèrent de sujet
De retour dans leur bureau commun Adèle relança la discussion.
- Adèle: Vous avez parlé de quoi?
-Fred : De tout et rien. Il est vraiment sympathique. Il a de la discussion, il est charmant enfin il est intéressant quoi?
- Adèle: c'est un bon début. Mais bon pour le moment laisse les choses se faire et resté discret
- Fred : En parlant de discrétion, comment tu as pu parler de tout ca devant Vanessa tu sais bien qu'elle parle trop.
- Adèle: vraiment Fred accuse moi. Je l'avais oublié. Mais c'est aussi de ta faute tu m'abandonne à midi, je suis obligé de manger avec n'importe qui.
-Fred : attend mon téléphone sonne, c'est ma mère. Elle veut quoi ?
- Fred : (froidement) Allo
- maman : Ce n' est pas la peine de me faire la gueule Frédérique, on a un problème plus grave. Là je suis à l'hôpital Johanne est internée
- Fred surprise : elle a quoi?
-Maman: elle a perdu le bébé
- Fred quoi? Perdu le bébé comment?
-Maman : l'enfant est sorti, il n'a pas survécu
-Fred : oh Seigneur, je vais passer après le boulot
-Maman : Après le boulot? On te dit que ta sœur est l'hôpital internée elle a perdu son enfant et tu parles de boulot.
-Fred : maman je ne suis pas médecin pour venir de suite. En plus, je travaille je ne peux pas comme ca tout laisser pour venir au chevet de Johanne. (elle a raccroché)
-Adèle : C'est quoi le problème ?
-Fred : Johanne a perdu son bébé
-Adèle : mais si ta mère veut que tu ailles vas-y. C'est quand même un décès si tu vas expliquer ca au boss il va comprendre.
-Fred : Tu ne sais pas qui est ma mère, je vais arriver là-bas elle va me prendre pour le bouc émissaire, ca va devenir subitement de ma faute, je préfère attendre et partir le soir. J'irais après le boulot
***
Frédérique arriva à l'hôpital vers 18h. Quand elle entra dans la chambre, elle trouva sa mère et Julie au chevet de Johanne qui semblait dévastée. Plus que tout c'est la présence de Julie dans cette chambre qui la dérangeait mais bon c'était aussi sa petite sœur.
L'atmosphère était à la fois lourde et tendue. Julie couchait avec le mari de sa petite sœur. Frédérique s'était disputée avec sa mère et Johanne pleurait son bébé. Mais peu importe c'est la famille et il fallait être là pour Johanne.
Frédérique s'assit à côté de sa petite sœur et la prit dans ses bras. Johanne se mit alors à pleurer son incompréhension et sa tristesse. C'est méchant de le dire mais Johanne était aimable lorsqu'elle souffrait.
A un moment Frédérique sortit de la chambre, elle se souvenait qu'il était tard Frida devait l'attendre
-Fred : allo Frida c'est moi
-Frida : oui madame
-Fred : je suis à l'hôpital Johanne ma petite sœur, elle est internée, dis-moi tu peux rester ce soir à la maison je vais rentrer tard.
-Frida : pas de problème madame. Je peux aussi vous faire à manger vu que vous allez rentrer tard ?
-Fred : oui Frida merci beaucoup tu me sauves, n'oublie pas d'appeler ta tante pour lui dire que tu dors à la maison ce soir.
-Frida : ok madame
Elle raccrocha en se disant que cette fille là était vraiment sa sauveuse. Quand elle tomba nez à nez avec Matias.
-Matias : Frédérique je veux te parler
-Frédérique : je t'écoute
-Matias : je sais que tu es fâchée contre moi. Mais là, la situation me dépasse, je perds le contrôle de tout.
Il avait vraiment l'air désemparé, il s'assit sur un banc placé juste devant la chambre
-Fred : qu'est ce qui se passe ?
-Matias : c'est Julie qui a tué l'enfant
-Fred : quoi !
Ce que Frédérique ne savait pas c'est que pendant qu'elle passait l'après-midi avec Elidja, Johanne avait expliqué à son père dans quelles conditions elle était tombée enceinte. Elle avait été un peu contrainte. Lorsqu'elle était rentrée chez elle, son père y était toujours, il discutait avec son beau-fils. Il obligea Johanne à parler en lui promettant de ne rien dire à sa femme.
Lorsqu'André appris comment et pourquoi sa fille n'était pas enceinte de son mari. Il imposa à Matias d'emmener Johanne avec lui à Lambaréné il était tellement furieux que son beau-fils n'osa même pas objecter.
Matias appela Julie pour lui dire qu'elle devait revenir à Libreville, ce projet de Lambaréné ne tenait plus. C'est la raison pour laquelle en rentrant ce soir-là Frédérique la trouva chez elle avec ses bagages.
Mais Julie était profondément blessée. Une fois de plus son père, sa famille et même Matias préférait Johanne à elle. Apres réflexion elle décida de passer à l'action.
-Matias : quand je suis rentré à la maison lundi à midi je les ai vu à table. C'était étrange parce que Johanne et Julie c'est pas le grand amour, mais je n'ai rien. Cette même nuit on a pas dormi, Johanne avait des violent maux de ventre et ce matin elle a perdu le bébé. Je ne sais pas ce que Julie lui a fait.
-Frédérique : mais c'est impossible, c'est quelle histoire de fou, Julie ne peut pas faire ca
Matias lui tendit son téléphone
-Matias : lis ce qu'elle m'a écrit ce matin
« Ce n'est que le début Matias, tu vas regretter de l'avoir choisi elle et pas moi. on se voit à l'hôpital. »