/0/12159/coverbig.jpg?v=1bff499400ca1db24098ca115eb34b3e)
Une douce lumière vient me piquer les yeux. Je les ouvre avec difficulté. En regardant autour de moi, je réalise que nous sommes déjà au petit matin, bien que je ne sache pas vraiment quelle heure il est. Il semblerait que je me sois endormi à un moment donné, mes pensées m'ayant épuisé. Bien que je n'aie pas beaucoup bu la veille, une migraine terrible me tenaille. En me levant péniblement, je remarque que Maggie est déjà partie.
Sans vraiment m'en rendre compte, mes pensées se dirigent vers l'homme de la veille, et un frisson intense parcourt tout mon corps. Je m'étais pourtant promis, en rentrant hier, de ne plus penser à lui. Je dois honorer cette promesse faite à moi-même. Alors que je suis absorbée dans cette conversation intérieure, je suis soudainement interrompue par la sonnette de l'appartement. Je jette un coup d'œil à l'heure : 11h32. Je n'attends personne, et Maggie est au travail. Toujours en pyjama, j'ouvre la porte avec la ferme intention de renvoyer cet intrus.
- Bonjour, désolé... eh merde, mais tu es la fille d'hier ? s'exclame-t-il, l'air très surpris.
- Euh, oui. Et toi ? Que fais-tu devant chez moi ?
C'est bien Arthur, si je me souviens bien. Mais que fait-il ici ?
- Eh bien, quelle surprise ! Je ne pensais pas que tu habitais ici, dis donc.
- Ouais, et alors ? répliqué-je, un peu agacée.
- Rassure-toi, on ne t'a pas suivie hier. On a emménagé dans l'appartement au-dessus.
- On ?
- Moi et Léo, me répond-il avec un sourire éclatant.
Ma mâchoire se décroche littéralement. Lui et Léo sont nos nouveaux voisins du dessus. Merde. C'est une coïncidence que je déteste. Un coup du destin que je redoute encore plus.
- Alors, euh, tu es notre voisine, du coup ?
- Super analyse... Arthur, c'est ça ?
- Exact, et toi, Élisabeth ?
- Beth ! l'interromps-je, mon prénom c'est Beth.
- Oh, d'accord.
- Tu es venu pour quelque chose en particulier ? demandai-je presque agacée.
- Ah oui, j'ai un petit souci. Tout n'est pas encore installé dans l'appartement, et nous n'avons pas de micro-ondes. J'ai besoin de faire chauffer ça. Indique t-il en secouant un plat dans sa main.
- J'ai compris. Passe-moi ça, je vais te le faire chauffer.
- Merci, c'est sympa.
- T'inquiète, tu peux rentrer si tu veux.
Je me dirige vers le micro-ondes sans attendre sa réponse. En entendant ses pas derrière moi, je réalise qu'il me suit.
- C'est sympa ici. Tu vis toute seule ?
- Non, je vis avec Maggie, la fille d'hier.
- La fille qui parle beaucoup, tu veux dire ? me répond-il en riant.
Je hoche la tête en acquiesçant.
Avec ses cheveux mi-longs noirs, ses yeux marron et un corps musclé, elle est grande de 1m74 comparée à mon 1m59. En comparaison, je suis le petit canard avec mes formes trop prononcées, mes cheveux blonds et mes yeux bleus clairs. J'ai toujours rêvé de ressembler à Maggie, mais je ne comprends toujours pas pourquoi elle n'est pas encore mannequin. Malgré nos différences physiques, nos personnalités complémentaires sont parfaites pour notre duo.
Maggie est toujours en mouvement, elle adore explorer des endroits nouveaux et prendre des risques. Elle est optimiste et voit toujours le côté positif des choses. Moi, je suis plus calme et réfléchie, et je prends mon temps pour réfléchir aux conséquences de mes décisions. Notre duo fonctionne parfaitement depuis un peu plus de 4 ans et je remercie chaque jour la vie de m'avoir mise sur le chemin de Maggie.
- Tu es parti brusquement hier. J'espère que tu vas mieux aujourd'hui, me dit-il d'un ton rassurant.
- Oui, merci, répondis-je, un peu gênée.
- Alors, euh, ça fait longtemps que vous habitez ici ?
- Ça fera bientôt deux ans, dis-je fièrement.
- Vous êtes amis depuis longtemps ?
- Quatre ans. Et toi, avec Léo ?
- On se connaît depuis notre enfance. Il fait partie des meubles de ma vie, me répond-il en riant.
Il a l'air simple, et j'apprécie beaucoup cela. La sonnerie du micro-ondes nous fait sursauter. Je lui rends son plat chaud et le reconduis à la porte dans un silence un peu pesant.
- Merci pour le plat, en désignant le récipient.
- T'inquiète, c'est avec plaisir, je suis là pour rendre service.
Honnêtement, je ne pense pas un mot de ce que je viens de dire.
- Bonne journée à toi, Beth, et sûrement à la prochaine.
- Oui, bonne journée.
J'étais sur le point de fermer la porte lorsqu'il ajouta une phrase qui me prit au dépourvu :
- Et tu sais, Léo, c'est un type bien.
Sur ces mots, il s'éloigna, disparaissant dans l'ascenseur, me laissant perplexe. Pourquoi cela devrait-il m'intéresser ? Je m'en moque. C'est vrai. Je me suis promis de ne plus penser à hier, à lui. Rien ne doit changer, même s'il habite l'appartement au-dessus. D'ailleurs, je vais tout faire pour l'éviter.