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Alister lisait de la peur dans les yeux de la jeune fille, tant mieux, c'est exactement ce qu'il voulait qu'elle ressente pour lui. Il ne prit même pas la peine de se lever pour les accueillir, pas comme Tony en tout cas qui regardait les deux jeunes filles avec un énorme sourire aux lèvres. Il la détailla de la tête aux pieds et dû admettre qu'elle était plutôt pas mal dans son genre. Le genre de beauté angélique et perverse qui a sans doute un passé trouble. La jeune fille s'avança vers eux et effectua une révérence.
- Vous êtes absolument charmante mes jeunes dames.
- Merci, se contenta de répondre la jeune fille qui était à côté de la fiancée d'Alister.
Il posa tout de suite ses yeux inquisiteurs sur elle. Il ne l'a connaissait pas et ça c'était un problème. Il a tout le temps besoin d'avoir la mainmise sur les gens qu'il va rencontrer. Qui sait si cette fille deviendra un problème supplémentaire demain ? Et qui est cette autre fille qui l'accompagne ? Comme si elle savait qu'il s'interrogeait sur la présence de l'autre jeune fille, Lady Horsborn vint tout de suite arrondir les angles.
- Laissez-moi vous présenter Mademoiselle Sophie Horsborn, la cousine d'Amanda.
Alister secoua la tête et avala une gorgée de whisky qui lui brûla la gorge au passage, une sensation qu'il détestait, mais Lord Horsborn n'avait pas assez de moyens pour se permettre d'acheter du vin de qualité. Son regard se posa à nouveau sur la jeune fille et il rencontra le sien, elle rougit et détourna les yeux. Alister ressentit tout de suite du dégoût, qu'essayait elle de faire ? Le séduire en jouant à la vierge effarouchée ? La jeune fille timide et naïve ? Décidément, elle s'était trompée de cible, je suis tout sauf un idiot pense t'il.
- Pouvez-vous nous laisser discuter ? Demande Alister sans la quitter des yeux.
- Bien sûr, répondit Lady Horsborn en regardant froidement sa belle-fille.
Alister remarqua tout de suite le geste mais fit comme si de rien n'était
- Toutefois vous savez que nous ne pouvons décemment pas vous laisser seuls, que penseront les gens ? Sophie et votre ami vont rester pour vous servir de chaperons.
- Je n'y vois aucune objection.
- Bien dit Lady Horsborn.
Elle marcha ensuite vers la porte tout en continuant à regarder sa belle-fille avec un air de dire ne faites pas de bêtises. Une fois que la porte se fût refermée, la jeune fille frissonna, comme si on venait de sonner sa sentence de mort. Si Alister en fut étonné, il n'en montra rien. Tony prit la main de Sophie et l'entraîna de l'autre côté de la pièce, suffisamment loin pour ne pas entendre leur conversation, mais suffisamment proche pour les surveiller. Alister regarda la robe que portait la jeune fille, il n'était pas aveugle au point de remarquer qu'elle avait perdu de son éclat. Elle s'avança jusqu'au fauteuil et s'assit dessus en lissant les pans de sa robe de façon si naturelle que ça passait pour un geste simple alors que tout le monde sait bien que c'est une méthode de séduction.
- Je ne crois pas vous avoir demandé de vous asseoir assène durement Alister.
Amanda se crispa une seconde et serra sa robe du bout des doigts au point où les jointures de ses mains blanchirent.
- Je ne pense pas avoir besoin de votre permission pour m'asseoir dans la maison de mon père.
- Cette maison n'est plus à votre père au cas où vous l'aurez oublié.
Elle se tut un instant et une émotion étrange voila ses yeux.
- Est-ce pour me le rappeler que vous m'avez demandé de rester ? Demande-t-elle d'une petite voix.
- Je vous ai demandé de rester parce que je voulais voir à qui est-ce que j'avais à faire et fort est de constater que vous êtes encore plus maligne que ce à quoi je m'attendais.
- Maligne ?
- Ne vous êtes pas vendue, comme une vulgaire marchandise pour ne pas perdre le niveau de vie luxueux auquel vous êtes habituée ? Vous n'êtes en rien supérieure à une putain.
Sans même avoir eu le temps de réaliser ce qu'elle faisait, la main d'Amanda s'abattit violemment sur la joue de l'homme assis en face d'elle. Alister sous le choc ferma un instant les yeux puis pour les rouvrit quelques secondes plus tard et rencontrer le regard furieux de la jeune fille en face de lui. Tony s'approcha et appela Alister. Il leva la main pour signifier à son ami que tout allait bien et ne put donc pas voir la lueur moqueuse dans le regard de celui-ci, qui comme il l'avait pensé en voyant les photographies d'Amanda, elle allait enfin faire réagir son ami et le faire sortir de ce monde dans lequel il s'est enfermé.
- Vous avez osé me frapper ? Demande t'il en serrant les dents pour ne pas lui rendre sa gifle.
- Et je le referais encore si vous vous avisez à me manquer encore une fois de respect.
- Si dire la vérité est devenu une forme de manque de respect, alors nous devrions tous fermer nos bouches.
- Une vérité que vous avez monté de toutes pièces, vous ne me connaissez pas, mais vous vous permettez de m'insulter.
- Oh mais les femmes comme vous je les connais, elles sont prêtes à tout pour être bien vues, pour préserver les apparences. N'est-ce pas pour cette raison que vous vous êtes vendue ?
- Je ne me suis pas...
- Quand vous serez ma femme, je vous apprendrais le respect et à rester à votre place.
- Si vous pensez que je suis un animal que vous pourrez dresser, monseigneur vous serez amèrement déçu. Vous savez dit-elle en le regardant droit dans les yeux, le plus grand service que vous pourrez nous rendre à tous les deux serait de ne surtout pas m'épouser !
Alister plissa les yeux et rencontra son regard, elle ne pouvait pas avoir dit ça, elle ne pouvait pas avoir dit qu'elle ne voulait pas l'épouser. C'était sans doute une ruse de leur part pour gagner quelque chose en retour mais quoi ? Ou alors elle avait un amant.
- Vous préférez sans doute continuer à aller voir votre amant en cachette pour qu'il vous prenne encore et encore et que vous puissiez laisser libre cours à tous vos fantasmes.
Pour la seconde fois en l'espace de deux minutes, Amanda frappa Alister, parce qu'elle ne savait pas quoi faire d'autre. Parce qu'il la dégoûte, il est grossier et insultant et par-dessus tout il lui dit des choses tout simplement scandaleuses. Il se leva et se rapprocha d'elle, agrippa rudement sa main et la secoua.
- Si vous vous avisez de porter encore main sur moi une seule fois, je vous promets que personne ne pourra vous venir en aide.
Elle frissonna de peur et n'osa plus bouger, en plus de la froideur dans son regard, une lueur animale brillait aussi dans ses yeux et elle eut peur de ce qu'il pourrait lui faire. Ils se regardèrent menant un combat silencieux, Amanda avait peur, elle ne voulait qu'une chose que quelqu'un vienne la défendre, mais on dirait que Sophie était plus concentrée sur sa discussion avec Lord Delacroix que sur le bien-être de sa cousine.
Ils furent interrompus par la porte qui s'ouvrait derrière eux.
- Nous vous avons apporté quelques rafraîchissements.
- Ce n'était pas la peine de vous donner tout ce mal, je parie que c'est aussi imbuvable que de mauvais whisky dit-il en relâchant sa main.
Il se leva et posa son verre sur la table basse.
- Et puis de toute façon, nous nous en allions.
- Si tôt ? Demanda Lady Horsborn dans une tentative désespérée pour retenir ses prestigieux invités.
- Oui, nous avons beaucoup de choses à faire, après tout nous avons un mariage à célébrer.
Lady Horsborn n'avait jamais arboré un tel sourire de contentement.
- Alors vous êtes toujours d'accord pour le mariage ?
- Maintenant plus que jamais dit-il en regardant Amanda dans les yeux avec une lueur de mépris.
Il prit congé d'eux et s'avança vers la porte son ami le suivant de près. Ils montèrent tous deux dans la voiture et le cocher partir en direction du domaine du duc. Tony ne put se retenir plus longtemps d'éclater de rire, Alister leva les yeux au ciel, parce qu'il savait parfaitement pourquoi son ami riait. Aucune femme ne l'avait jamais frappé et encore moins deux fois de suite.
- C'est bon tu as fini ?
- Non, je dois admettre que ça avait un petit côté jouissif de voir cette jeune fille te frapper de cette manière.
- Je ne vois vraiment pas pourquoi, j'ai du me retenir de ne pas lui rendre ses gifles.
- Qu'en as-tu pensé ?
Alister se tut un moment, c'était justement ça le problème, il ne savait pas quoi penser d'elle. Il était arrivé ici avec une idée précise en tête, l'idée d'une femme qui ne cachait pas sa soif de pouvoir et de réussite et puis lorsqu'il lui avait dit ce dont il pensait d'elle, elle l'avait giflé comme si elle se sentait offenser. Une actrice ! Voilà ce qu'elle était et Alister était bien résolu à faire disparaître ce petit air plein de fierté qu'il a vu briller dans ses yeux.