/0/10002/coverbig.jpg?v=a31aa23a7534da52ae0c647eebd97d5a)
Amanda marchait dans les champs, en pensant à combien son père avait eu raison de l'amener dans ce domaine, ça lui faisait un bien fou de pouvoir respirer l'air de la campagne. Elle regarda le paysage autour d'elle et sourit, elle adorait cette maison, c'était là l'une des rares choses que sa mère lui avait légué, elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux. Sa mère elle aussi avait hérité cette maison de la part de ses grands-parents, elle disait souvent à sa fille que c'était son trésor familial et Amanda comptait bien en prendre soin.
Le jardin était rempli de mauvaises herbes, ce qui l'a désola un peu car avant le décès de sa mère, le jardin était magnifiquement entretenu, mais depuis qu'elle est morte, plus rien ne va.
À commencer par son père. Après le décès de sa femme bien aimée, Sir Horsborn s'est complètement laissé aller. Ça a commencé par de petites sorties, au début, il rentrait tôt et puis il a commencé à rentrer de plus en plus tard. Amanda le soupçonnait même de jouer à ce jeux de paris, qui elle en était certaine était la cause de sa soudaine ruine. Oui, ils étaient ruinés ! La joyeuse famille Horsborn qui autrefois avait fait la fierté et l'envie de plusieurs, se retrouve aujourd'hui plongée dans un abîme sans fond. Et comme si ça ne suffisait pas, son père s'est remarié et non loin d'arranger les choses, cela les compliqua encore plus. Sa belle-mère, une jeune et ravissante française, la détestait, pour une sombre raison qu'Amanda ne connaissait pas. Elle saisit chaque occasion pour l'humilier, la rabaisser, mais Amanda n'avait rien à faire, elle se contentait de profiter de la vie. Tout en gardant son unique rêve en tête. Elle voulait être institutrice, c'était son plus grand rêve. Elle adorait les enfants et son plus grand rêve était de leur inculquer tout ce qu'elle savait. Elle n'avait pas de rêve de mariage comme toutes ces autres filles qu'elle côtoyait, non ! Son rêve à elle était d'enseigner, passer toute la journée auprès d'eux, rire, chanter. C'était de cette vie dont elle rêvait. Elle poussa un long soupir et s'accroupit pour arracher une mauvaise herbe. Elle savait que ça ne servait à rien, cette mauvaise herbe repousserait tôt ou tard. Ce qu'il lui fallait vraiment c'était une montagne d'employés pour faire ce travail. Mais voilà elle n'avait pas les moyens de le permettre. Ça faisait même des années qu'elle n'avait pas acheté de nouvelles robes. Sa cousine Sophie lui donnait ses vieilles robes et cela lui allait aussi bien. Elle se jura que lorsqu'elle le pourra, quand elle aura assez d'argent, elle restaurera le manoir de sa mère, son héritage à elle.
- Mademoiselle ?
Elle se retourne sans toutefois me lever et elle fait face à Cécile, ma vieille gouvernante. Elle lui sourit, Amanda l'aimait beaucoup, c'est à elle qu'elle doit son éducation entière. Quand la mère d'Amanda est morte alors qu'elle n'avait que dix ans, c'est elle qui a pris en main son éducation, elle est comme sa deuxième maman. Mais elle se faisait déjà vieille et Amanda s'inquiétait pour sa santé.
- Que faites-vous donc là accroupie par terre ?
- J'essayais d'enlever quelques mauvaises herbes dit-elle en se frottant les mains pour enlever la saleté.
- Mais ce n'est pas à vous de faire ça. Une lady se doit de...
- Jouer à la poupée, servir du thé et toutes ces choses. Je sais tout cela Cécile. Mais ça dis-je en ouvrant les bras pour lui montrer l'ensemble du domaine, c'est ce que m'a laissé ma mère. Ça me fait tellement de peine que le domaine soit dans cet état.
- À moi aussi, je me souviens encore des grandes réceptions que donnaient vos parents ici, votre mère adorait cet endroit.
Amanda se redressa et épousseta sa robe, qui datait de la saison d'il y'a deux ans. Aujourd'hui la mode n'est plus aux robes à volant, mais à des robes un peu plus légères.
- Votre père vous demande.
Il va enfin me dire pourquoi il nous a amené ici.
Je prends la main de Cécile et nous parcourons l'immense jardin en direction de la maison. Un noeud se forme dans la gorge d'Amanda, elle appréhende beaucoup cette discussion, car son père n'aurait jamais pris autant de précaution pour lui parler d'un sujet, ça fait bien longtemps qu'il ne se souciait plus d'elle, cela devait être une idée de Rosemary. Mais qu'avec t'il donc de si important à lui dire ? Cécile l'aida à pousser l'immense porte de la maison déjà vide, parce qu'ils ont vendu tout le mobilier. Amanda marcha jusqu'à la bibliothèque et frappa une fois avant d'entrer. Son père était debout près de la fenêtre et sa belle-mère était assise juste à côté de lui.
- Vous m'avez fait demander père ?
- Oui en effet approchez donc et refermer la porte derrière vous.
Sans même la regarder Amanda s'exécuta, en se tournant pour la porte, un rayon de soleil vint se poser sur sa peau, faisant ainsi ressortir ses adorables taches de rousseurs, ce qui agaça Lady Horsborn qui était secrètement jalouse de la beauté presqu'innocente d'Amanda. En réalité Amanda était magnifique, mais seule elle ne semblait pas s'en rendre compte. Elle ferme la porte et se tourne ensuite vers son père.
- Votre père et moi avons pris une décision.
Amanda fronça les sourcils en posant enfin un regard à sa belle-mère pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans la pièce.
- Je ne suis pas sûr dit son père en se tournant...
- Nous en avons déjà parlé Harry, ce n'est vraiment pas le moment de faire machine arrière.
- Que se passe t'il père ?
Son père ne la regardait pas, il regardait sa femme avec un air étrange sur le visage.
- Votre père et moi avons décidé de vous marier.
Le monde d'Amanda se brisa instantanément, se marier ? Mais comment ?
- Mais je ne veux pas me marier ! Hurla t'elle.
- Ne soyez donc pas sotte ! Toutes les filles rêvent de se marier.
- Pas moi !
- De toute façon, la décision a été prise, de plus cette union sera bénéfique pour votre père, avec tout ce qu'il doit au duc, il aurait pu aller en prison si je n'avais pas négocié ce mariage.
- Vous m'avez vendue ? Demanda Amanda d'un air totalement effaré.
- Qui aurait voulu de vous sans aucune dote ? Nous n'avons plus rien, nous sommes complètement ruinés ! Hurla Lady Horsborn.
- Mais nous pouvons rester vivre ici, dans la maison que m'a légué ma mère, elle est à moi.
- Oh ce que vous pouvez être naïve ! Cette maison aussi n'est plus à vous.
Amanda senti une vive émotion lui enserrer le cœur, elle qui avait toujours été aussi douce et gentille sentait la colère envenimer son cœur.
- Vous avez parié la maison de ma mère aux jeux ?
- Comment osez-vous me parler de la sorte jeune fille ? Dit son père en levant un regard furieux vers Amanda.
- De la même manière que vous avez oser parier au jeu la maison de ma mère. C'est l'as seul héritage qui me restait d'elle.
Le visage de Lord Horsborn blêmit sous le coup de la honte et il se détourna une fois de plus vers la fenêtre.
Toute cette scène ne sert à rien, le mariage a déjà été négocié, vous épouserez le duc de Bastille.
Le duc de Bastille ? Mais je ne le connais même pas.
- Vous n'avez nullement besoin de le connaître. Lui il vous connaît et c'est l'essentiel. Vous serez prête à accepter de voir votre père tout perdre ? Ou encore pire le voir aller en prison ? Quel genre de fille êtes-vous ? Vous n'avez donc pas de cœur ?
Amanda baissa la tête et les larmes se mirent à couler de ses yeux. C'était injuste, de la mettre face à quelque chose d'aussi affreux ? Bien sûr qu'elle ne pouvait pas voir son père tout perdre, encore moins aller en prison, mais elle ne voulait pas non plus se marier. Mais ils avaient décidé pour elle, elle n'avait d'autre choix que d'accepter cela. Mais au fond d'elle, tout au fond d'elle, elle se promit de faire payer l'homme qui lui brisait ainsi toute sa vie.