des hommes tels de vieilles chaussettes. La dompter
serait, selon lui, un vrai challenge.
Au cours des mois suivants, le désir de la battre à
son propre jeu, devint mon obsession. Mon intérêt
croissant pour ses aventures, souffla à l'esprit
machiavélique d'Alex, un défi. J'avais un mois, pour la
rendre dingue de moi. Bien évidemment, j'acceptai de
relever le challenge.
J'étais à l'époque d'une incroyable naïveté. Dans
mon esprit insouciant et limité d'alors, il était
impensable qu'une fille rejette mes avances. Qu'elle
ne tombe pas folle amoureuse, après trois passages
consécutifs dans mon lit et la fausse promesse d'une
magnifique bague à son doigt. J'étais après tout, un
excellent parti. Notez, que je le suis toujours. Je jouis
d'un physique agréable, j'ai du bagou, je suis
débrouillard, propriétaire d'un appartement et d'une
entreprise florissante. Et détail, non négligeable, mes
comptes bancaires sont bien fournis. Tous ses succès,
m'étaient montés à la tête. J'étais arrogant.
Alex avait fait la connaissance de Guenièvre sur un site
de rencontres peu catholique, où ils sévissaient tous
les deux, sans honte ni sans vergogne, depuis
quelques années. Selon Alex, elle était son alter ego,
raison pour laquelle il décida de la contacter. Après
quelques semaines à échanger des messages à faire
rougir une prude, ils décidèrent de se rencontrer pour
conclure l'affaire. Je vous laisse le soin, de lire entre
les lignes.
Toutefois, le soir de leur rencontre dans le monde
réel, ils s'entendirent si bien, qu'ils décidèrent d'être
de bons amis. Ils se reconnaissaient l'un dans l'autre
et étaient ravis de partager leurs faits d'armes. Ils
s'amusaient beaucoup, aux dépens des cœurs brisés
qu'ils semaient sur leur passage. Ensemble, ils
formaient, une réelle association de malfaiteurs.
Avant que nous ne nous lancions dans la réalisation
de ce défi, Alex m'incita vivement à la prudence.
Guenièvre n'était pas comme les autres et risquait d'être
une adversaire redoutable. De plus, je devais faire
attention à la préserver, car sous ses dehors durs et
indifférents, se cachait une femme sensible, dont la
fragilité, inconnue pour la plupart, ne se révélait que
lorsqu'elle était en confiance. Jurant le cœur sur la
main, je promis de préserver le cœur de l'innocente. Alex est un homme d'action. Ainsi, quelques jours
plus tard, il m'entraîna avec lui à une fête qu'elle
organisait dans son appartement. Avant notre
rencontre, Il lui parla brièvement de moi. Pour corser
le jeu, il dressa de moi, un portrait peu flatteur. J'étais
un timide, un solitaire qui, incapable de développer
son propre réseau social, avait pris l'habitude de
squatter les événements auxquels il était invité. J'étais
tout simplement, un looser. Heureusement, elle n'en
tint pas compte et fut ravie de me compter parmi ses
convives.
Pour une personne, réputée oisive, elle vivait
confortablement. Son appartement de plus de 150 m²,
situé non loin du jardin des Tuileries était le paradis
de l'immobilier. Ma petite était pleine de surprises.
À notre arrivée, elle ne me prêta aucune attention
et toutes mes tentatives au cours de la soirée, pour
l'approcher et l'appâter, se soldèrent par de cuisants
échecs.
Apparemment, ma belle infidèle avait déjà jeté son
dévolu sur un jeune homme et s'employait à le gagner
à sa cause. Elle ne le lâcha pas d'une semelle et lui
vendit outrageusement ses charmes, telle une
courtisane. J'essayai de me faire remarquer, mais
Elle ne l'entendait pas de cette oreille. Elle était
indifférente à mon charme.
Je ne saurais dire si je fus frappé par un coup de
foudre, ou si ce sont toutes ces semaines à penser à
elle, à définir une stratégie, qui causèrent ma perte,
me rendirent complètement fou d'elle, prêt à tout
accepter, pour rester dans sa vie et à tout pardonner
dès qu'elle se réfugiait en larmes dans mes bras.
Je voulais être son sauveur. Celui grâce à qui, elle
trouverait le salut. Notre rencontre était déterminée
par les lois de l'univers. J'avais une seule mission, la
sauver.