Le lendemain matin à mon retour du travail, la femme de mon oncle Rodrigue vient me réveiller. Mes oncles voulaient me parler. Je me lève toute épuisée.
Ashley : Bonjour Tonton Joseph. Bonjour tonton Rodrigue.
Joseph : Bonjour, tu as bien dormi ?
Ashley : Oui Tonton. Vous vouliez me voir ?
Rodrigue : Que s'est-il passé hier avec ta grande sœur ?
Ashley : Tonton je m'apprêtais à partir quand elle est venue me reprocher de ne pas avoir prévenue Sonia que tonton Joseph arrivait. On discute et elle m'accuse de vouloir leur voler la maison familiale. Tour d'un coup, elle essaie de renverser la nourriture que j'ai préparée le pied. Je me suis emportée et on s'est battue.
Joseph : Merci Ashley va te reposer s'il te plaît.
Ashley : Tonton cela tombe bien que je vous trouve tous les deux ici.
Rodrigue : Tu veux nous dire quelque chose ?
Ashley : Oui Tonton j'ai décidée de quitter la maison familiale. J'ai déjà trouvée une petite maison pas loin d'ici à moins coût.
Joseph : Tu es folle ou quoi ? Tu quitteras cette maison le jour de ton mariage mais pas avant. Tu m'as bien compris ?
Ashley : Tonton ne le prend pas mal mais mes parents sont déjà mort je ne veux pas de problème et vu l'allure que les choses prennent dans la maison, je préfère partir avec Idriss. Tante Eliane et ses filles sont capables de tout. Moi je peux me défendre mais Cédric est encore trop petit. Il vient à peine de commencer l'école.
Rodrigue : De quoi parles-tu ma fille ? Je ne comprends rien du tout.
Ashley : Tonton, apparemment Tante Eliane pense que je veux voler la maison familiale à tonton Joseph. Mon père n'avait rien donc Idriss et moi ne discuteront rien avec quiconque. Ce n'est pas la première fois que cette phrase est lancée à mon égard. C'est mieux que nous partons avant qu'on ne nous accuse de n'importe quelle chose.
Joseph : Écoute, ton père était chez lui ici. Le pavillon dans lequel tu vis appartient à ton père. C'est ton grand père qui le lui a donné et cette cours nous appartient tous et si cette folle d'Eliane dit autre chose, elle ment.
Ashley : Tonton je comprends mais s'il vous plaît je veux aller vivre là-bas. En plus je ne vais pas là-bas seule car grand-mère viendra aussi avec moi.
Dans la journée, je serai ici et le soir, on sera la bas avec la vielle.
Rodrigue : C'est hors de question. Maintenant va te couche.
Je les laisse seul et je retourne au pavillon pour dormir mais je me rend vite compte que le sommeil m'avait quitté. Je vais m'apprêter pour me rendre au marché quand tout d'un coup un homme vêtu d'un costume cravate m'aborde devant la maison.
Avocat : Bonjour demoiselle je cherche le domicile Mensah.
Ashley : Bonjour. C'est ici. Je peux vous aider ?
Avocat : Je cherche une certaine Ashley Jennifer Mensah.
Ashley : C'est moi. Que puis-je pour vous ?
Avocat : Je suis maître Djogbénou, l'avocat de Monsieur Luc.
Ashley : C'est mon père mais il est mort il y'a deux ans déjà. Entrez mes oncles pourront vous éclairer.
Avocat : Non merci. Dîtes moi, avez-vous une pièce d'identité officielle ?
Je lui réponds oui en sortant ma carte d'identité de mon porte monnaie et en lui montrant. Il affiche aussitôt un grand sourire.
Avocat : Celà particulièrement un an que vos oncles me tournent en boucle.
Je ne comprenais rien et me demande de le suivre. J'hésite mais je m'y résigne.
Nous sommes allé dans un restaurant tout juste à côté et l'avocat me livre le tableau du vrai visage de mes oncles.
Avocat : Mademoiselle, Monsieur Luc votre père a laissé un héritage considérable à vous et à votre petit frère vous nommant ainsi comme sa tutrice légale dès l'âge de 18 ans. Cela fait bientôt 1 an que je fais les allers-retours pour faire votre connaissance et à chaque fois vos oncles me disaient que vous avez voyagé qu'ils étaient vos tuteurs légales. De ce droit, ils me demandent de leur mettre à ciel découvert le testament de votre père ce que j'ai toujours refusé.
Ashley : Je n'ai jamais voyagé de toute ma vie.
Avocat : C'est votre voisin monsieur Stéphane qui m'a éclairé sur votre situation de vie ce matin. Mademoiselle, je peux maintenant vous lire le testament de vos parents ?
Ashley : Pas ici monsieur l'avocat.
Avocat : Ne vous inquiétez pas. Venez demain matin dans le bureau du notaire Charbel Adjasse pour la lecture du document. Si vous avez du temps, on peut y aller ensemble.
Ashley : Non j'ai un rendez-vous que je ne peux pas rater. Je peux venir vers 14 heures.
Est-ce que cela vous conviendrait ?
Avocat : Oui mais évitez de venir avec vos oncles c'est plus sûr.
Ashley : Ne vous inquiétez pas pour cela.
L'après-midi je fini de mettre mon Attièkê au feu et je cour supplier Stéphane de m'emmener voir l'avocat chez ce notaire.
Je rentre seul dans ce bureau et ce que j'apprends du testament de mon père me laisse sans voix. Je considère tout et je retourne à la maison avec Stéphane qui préparait son petit coin de café. Mon père ne nous avait pas laissé beaucoup d'argent mais des terrains sur lesquels construire qui avaient été prise en charge par le service notarial jusqu'à mes 18 ans.
Le lundi matin, Stéphane m'emmène voir chacun de ces terrains clôturés et bien entretenu. Je me fond en larme. Mon père n'avait pas laisser ces enfants sans rien. Stéphane me calme.
Stephane : Ma voisine calme toi maintenant. Tu dois tout faire pour construire avant que tes oncles ne viennent mettre la main dessus.
Ashley : Même si je travaille et que je vend Attièkê pendant 5 ans, même la Fondation d'un lot je ne peux pas financer.
Stéphane : Commence au moins par économiser sur ton compte.
Nous reprenons le chemin de la maison. Sombrée dans mes pensées, je ne pouvais pas croire que mon père nous avait laisser de quoi sortir des problèmes. Je me garde d'en parler à Amandine. Je connais ma grand-mère elle risque de réprimander mes oncles et je ne saurais comment défendre tous ses biens. Je pars mettre les documents dans un coffre à la banque et je retourne à la maison finir de cuisiner mon Attièkê. Donc c'était pour cela que mes oncles voulaient me garder dans la maison familiale. Selon nos coutumes, les biens de mon père revenaient aux hommes de la famille ce qui voulait dire à mon petit frère.
Mes oncles nous auraient tout pris en prétextant vouloir protéger les intérêts de Idriss jusqu'à sa majorité. En bref mon petit frère et moi pouvions faire une croix sur tout cela. C'était maintenant clair que je ne pouvais pas déménager. L'argent d'un studio représente un paquet de ciment.
Je vais me tuer à la tâche. Je suis devenue une machine ; je cuisinais Attièkê sur Attièkê. Un soir alors que je somnolais devant mon stand, trois voitures de luxe viennent s'arrêter devant nous. Un groupe d'hommes en costume cravate bien parfumé accompagné de leur femme se dirige vers nous. L'un d'eux commande pour un total de 3 milles francs. Je finis la commande et je reçois l'argent.
Pendant qu'ils demarraient la voiture, je remarque qu'il y avait 5 milles francs de trop. Je fais un signe à l'un des conducteurs qui descend la vitre du véhicule et je lui remets les 5 milles.
Ashley : Monsieur il y a 5 milles de trop.
Inconnu : Garde le c'est pour toi.
Il remonte la vitre et ils s'en vont me laissant sans voix. Les riches donnent 5 milles francs à quelqu'un comme ça juste à volonté. Au moins ils avaient presque fini la moitié de la bassine. Je n'avais pas vu le regard de Stéphane qui affichait un grand sourire. Notre autre compagne de galère, la vendeuse de brochettes, de porc grillé l'avait remarqué.
Voisine : Stéphane tu ris comme ça pourquoi ?
Stéphane : Vous ne connaissez pas ce monsieur ?
Ashley : Eh Stéphane toi tu connais tout le monde. À ce rythme tu commences par me faire peur mon frère.
Voisine : En tout cas moi je suis fan de toi Stéphane.
Stéphane : Je suis affairé c'est tout. Ma chérie, le monsieur qui t'a donné 5 milles francs de plus c'est le bras droit de Yayi.
Voisine : Quel Yayi ?
Stéphane : Le président Yayi Lee bien sûr. Nia prépare toi car ce mec là ne va plus te lâcher.
Ashley : Pardon laisse moi ici oh j'ai déjà assez de problème comme ça. Il va même vouloir quoi d'une vendeuse d'Attiékê ? Pardon attend je vais donner à manger au petit ci.
Deux heures plus tard, une autre grosse voiture vient s'arrêter à notre niveau. En regardant bien, c'était la même voiture que tout à l'heure. Un homme différent descend de la voiture et vient vers nous.
Chauffeur : Bonsoir mademoiselle. Monsieur Yayi Lee voudrait savoir si vous auriez l'amabilité de le rejoindre demain midi pour déjeuner et parler d'affaires.
Ashley : Tchiéé chauffeur tu ne t'es pas trompé d'adresse par hasard ? Ici on parle d'Attiékê et non d'affaires.
Chauffeur :Ne vous inquiétez pas je suis bel et bien à la bonne adresse.
Ashley : De quel genre d'affaire parlez-vous ?
Amandine :Hé va dire à ton Yayi et son ministère que moi la grand-mère je refuse. Au-revoir chauffeur.
Discussion close. Fin du dossier et le chauffeur s'en va. En même temps, ma grand-mère me met en garde.
Amandine : Je ne veux pas voir tes pieds là-bas. M'as-tu comprise ?
Les jours vont passer et je ne déconcentre entre l'école de mon petit frère et mon commerce. J'avais même failli oubliée l'anniversaire de Idriss. Je ne savais pas quoi lui acheter donc je l'emmène au glacier accompagné de Stéphane et j'offre une belle journée au petit.
Maman ne jouait pas avec son anniversaire. Je voulais qu'il ne manque de rien. Je ne sais pas pourquoi mais tant qu'il était heureux, j'étais contente.
Pendant que le petit dégustait sa glace, Stéphane sort un nouveau téléphone de la poche. Ce qui m'étonne, ce commerce de café ne peut pas acheter un téléphone pareille.
Ashley : Stéphane toi tu me fais peur ces derniers temps je te dis.
Stéphane : Et pourquoi celà ? Je ne suis pas au parfum ou quoi?
Ashley : Tu sors le téléphone là d'où même ? Hum toi là hein.
Stéphane : Ma chérie c'est mon nouveau compteur qui a envoyé.
Ashley : Ah ok d'accord je comprends mieux maintenant. En tout cas tu fais du sérieux avec lui j'espère bien !
Stéphane : Dans Cotonou on peut faire du sérieux dans ma catégorie ? Ma chérie faut pas rêver.
Ashley : Pourquoi pas? Relation c'est relation mon frère.
Stéphane : Écoute ce n'est pas tout le monde qui accepte la féminité.
Ashley : Stéphane tant que toi même tu es heureux avec ta vie, les autres tu t'en fou d'eux.
Stéphane : On peut pas s'en foutre ma chérie car ils peuvent bien me tuer à tout moment. Je vis risquer et mes sponsors aussi.
Ashley : Tes sponsors tu as dis ? Attend ils sont combien ?
Stéphane : 4 seulement mais bon je suis tranquille. Ils sont mariés avec femme et enfant.
Ashley : Tu n'es pas sérieux tu ne peux pas prendre mari d'autrui.
Stéphane : C'est autrui qui connait pas son conjoint qui doit se plaindre. Je n'ai dragué personne en premier en tout cas.
Pendant qu'on discutait, une personne vient vers moi et c'est à nouveau le chauffeur de ce monsieur Yayi.
Il me donne la carte de son patron et je le mets dans mon portefeuille désintéressée. Ma grand-mère avait été clair avec moi à ce sujet et je ne voulais pas la décevoir. Idriss qui était encore sous le choc de la mort de notre maman, avait déjà commencé à m'appeler maman.
Le pédiatre m'avait dit que ce n'est pas grave, qu'il projetait son amour sur moi qu'il fallait lui laisser du temps. Stéphane et moi avions offert une belle journée à mon petit frère.
Le soir couchée dans mon lit, je me posais des questions sur mon avenir, comment est ce que je vais faire pour élever Idriss.
Plus les jours passent, plus il grandit, plus il coûte chère. Je peux encore gérer mais bientôt cela va se compliquer et moi je n'attendais pas de grande chose. J'avais à ma charge ma grand-mère, Cédric, sans compter mes oncles qui ont commencé par me voir comme une banque. Nous voilà à la place habituelle trois jours plus tard pour vendre quand un représentant de la mairie vient nous voir en nous donnant un avis de céder.
Nous n'avions plus le droit de vendre en bordure de route. Une nouvelle qui a failli me tuer. Où vais-je aller ? Stéphane décide d'aller à la mairie pour en savoir plus.
À son retour, la voisine et moi tournaient comme des lions en cage. Dès qu'il descend de la voiture, on cour vers lui mais il nous confirme la décision de la mairie. J'étais effondrée. On avait jusqu'à la fin du mois pour débarrasser le plancher. Je voulais me faire autant d'argent que possible.