De la HAINE à L' AMOUR
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Chapitre 2 Chapitre 02

Omar n'a pu envoyer que son maître et quelques collègues pour la célébration du mariage religieux. Après la prière du takussan*, les choses se sont passées très vite. Khar n'y croyait pas quand sa mère lui a dit qu'elle est désormais Mme Ndir. La cola a été distribuée et des sachets contenant des beignets, bonbons et petites bouteilles de jus de gingembre que la maman de Khar a faits faire ont été donnés aux quelques invités.

Le samedi qui a suivi, Maman Aida a fêté comme il se doit le mariage de son unique fille. Elle a regroupé tout l'argent qu'elle avait placé dans les differentes tontines auxquelles elle fait partie pour honorer Khar. Même si la dot n'était pas conséquente, avec ses soeurs et l'aide de son mari, tout s'est bien passé.

C'est durant ce même samedi que Khar a rejoint la maison de son époux. Accompagnée par une forte delégation, elle a quitté avec le coeur gros la maison de son enfance.

Les gens ne cachaient pas leur étonnement quant à la situation du mari de Khar. Un quartier qu'on dit dangereux et donc pauvre, une maison délabrée en location avec de petites chambres et le plus choquant, une chambre qui ne comporte qu'un matelas gisant au sol, un sol sans carreaux, juste un tapis usé. En face, se trouve un placard très petit, bricolé il n'y a pas longtemps.

Les femmes chuchotaient entre elles et après quelques échanges avec le voisinage qui était présent pour faire des témoignages sur Omar. Ce même voisinage qui a préparé du laxx*. Cette bouillie qu'on doit donner aux nouveaux mariés et après distribuer aux accompagnants.

Suites aux dernières recommandations sur la vie de couple dans un mariage, les proches de Khar ont pris congés.

Le lendemain matin, très tôt, Omar a fait appel à sa voisine, Ndèye pour qu'elle vienne l'aider avec Khar. En effet, en voulant consommer le mariage, il s'est rendu compte qu'il y avait une barrière. Ainsi toute la nuit, il a essayé et c'est le même problème. C'est serré et Khar ne cesse de crier. Ndèye a trouvé Khar couverte d'un pagne, les yeux fermés. Après lui avoir posé quelques questions, elle en a déduit qu'il y avait de petits boutons qu'on appelle sothiet* qui bouchent l'entrée de sa partie intime. Elle a dit à Omar qu'elle connaît une dame qui n'habite pas très loin et qui pourra les enlever. Omar lui a donné l'argent pour le transport et la femme est partie chercher celle qui soignera Khar.

Omar s'est assis près de sa femme et a couché sa tête sur son buste en lui chuchotant que tout va bien se passer, qu'elle n'a pas à s'inquiéter.

Ndèye est revenue dans la chambre presqu'une heure après avec une dame qui avait le même âge qu'elle. Omar est sorti avec Ndèye pour laisser la femme s'occuper de son épouse. Omar a entendu un cri puis un autre. Il a compris que Khar avait mal et il s'est senti coupable. Et pendant des minutes qui lui semblaient interminables, la guérisseuse est sortie de la chambre. Il lui a conseillé de recommencer tout de suite avant de partir. Omar l'a payé et Ndèye l'a raccompagnée...

Dans la chambre, Khar avait l'air calme mais son visage était visiblement triste. Omar a eu pitié d'elle. Il s'est donc couché derrière elle avant de serrer son corps avec ses mains. Soudain Khar s'est tournée et d'une toute petite voix, elle lui a dit que la dame lui avait conseillé d'être forte car c'est le moment propice pour consommer ce mariage. Elle lui a dit qu'elle essaiera de tenir bon. Omar a loué son courage avant de lui rappeler à quel point il l'aime et ne veut que rien de mal lui arrive.

Cette fois était la bonne. L'amie de Ndèye n'a pas eu tort. Khar a certes crié mais c'était parce que son hymen venait de se faire déchirer. Omar l'avait dans ses bras pendant qu'elle pleurait encore et encore.

Quand il a senti qu'elle était calme, il a demandé à Ndèye de venir s'occuper d'elle pendant qu'il allait chercher la mère de Khar. Cette dernière était émue jusqu'aux larmes quand le jeune Omar lui a appris qu'il a trouvé sa fille comme elle devait être.

Omar a offert quelques billets en guise de gnenguenaye* à Khar et les soirs, elle se faisait masser le corps en entier par une connaissance de sa mère. Khar n'a pas accepté qu'on organise un laaban* pour elle. Selon elle, le gaspillage du mariage suffit amplement et à vrai dire, elle n'avait pas d'amies à part ses soeurs qui sont elles aussi mariées.

Les jours devenaient des semaines, les semaines se transformaient en mois et les mois aboutissaient aux années. Khar et Omar? Toujours plus amoureux. Un couple hors pair. Certes avec quelques bisbilles de temps à autre, mais ils vivent toujours cette complicité. Les choses évoluent normalement. Par exemple, Omar est passé d'apprenti à chauffeur de car rapide, quelques mois après avoir obtenu son permis de conduire payé par son beau-père avec qui il entretient désormais une relation exemplaire. Avec ce qu'il a gagné, ils ont déménagé dans un autre quartier plus éloigné. Il a donné de l'argent à un de ses amis menuisier qui lui a fait un lit simple pour deux personnes. Le placard s'est fait remplacé par une armoire à deux portes. Khar continuait de vendre ses jus et avec son bénéfice, elle a obtenu un autre réfrigérateur. Maintenant, elle vend du ngalax* et du thiakry avec du lait caillé. Le matin, après avoir bien pris soin de son mari, elle balaie sa chambre, range bien, fait sa toilette puis s'occupe de sa vente. Elle va au garage et lorsqu'elle a écoulé toute sa marchandise, elle retourne chez elle et après 17 heures, elle se fait belle pour attendre son mari, l'odeur d'encens se répand petit à petit dans la chambre. De temps en temps, des personnes viennent acheter ce qu'elle garde dans son congélateur.

Khar se sent lourde. En vérité, elle est presque au terme d'une grossesse. Maintenant il lui est même difficile de faire son commerce. Son mari lui a donné l'ordre d'arrêter, il lui a dit qu'il pourra tout assurer, qu'elle ne devait pas s'en faire.

-Win win. Ça c'est le cri du petit Ass. Il vient d'avoir 6 semaines. Il fait le bonheur et la fierté de ses parents. Il développe une énorme ressemblance avec son père qui n'a cessé de le dire. Celui-ci lui a donné le nom de son propre père en guise d'hommage.

C'est un petit bonhomme très beau mais qui passe ses journées à pleurer. Il est terrible et en fait voir de toutes les couleurs à sa mère.

3 ans après la naissance de Ass. Khar et Omar ont eu un autre petit garçon du nom de Amadou. L'homonyme du père de Khar. L'enfant est né et n'a apporté que félicités et énormément de bien-être... La situation d'Omar allait super bien. Il a fait un prêt pour acheter un taxi jaune noir. Après quelques mois, le remboursement était terminé et il pouvait dormir tranquillement.

Pour Khar aussi, elle rend grâce à Dieu. Grâce à sa nouvelle voisine qui a de bonnes relations avec le directeur d'une école qui se trouve en plein centre-ville, elle y va aux environs de 7 heures pour vendre des bonbons pour enfants, tout ce qui peut servir de goûter à ces élèves de bonne famille. Et avant treize heures, elle revient de chez elle avec deux grosses glacières de jus et crèmes glacées. Les enfants en achètent tellement qu'elle s'est demandée pourquoi elle ne connaissait pas ce milieu plutôt. C'était tout le temps des "tata Khar, bouye", "tata Khar bissap", tata Khar cocktail" à n'en plus finir. Le jus était si délicieux que ce n'était pas seulement les élèves qui achètent, les professeurs aussi et même des personnes qui travaillent aux alentours. Un jour, un d'entre eux lui a révélé que quand il l'a vu au loin, il n'a pas cru qu'elle est celle qui vendait. Il lui a dit à quel point elle est belle et soignée. Pour éviter que la séance de drague ne continue, elle lui a dit en souriant qu'elle était mariée et maman de deux petits garçons qui fréquentent l'école publique qui est juste derrière.

C'était ainsi, Ass qui était âgé de 8 ans et Amadou 5 ans suivaient leur cours dans cette école. Le matin, avec leur mère, c'est Omar qui les dépose avec son taxi avant de faire sa ronde pour avoir des clients. Et le soir, il faisait tout pour venir les chercher avant de poursuivre son travail jusqu'à très tard.

            
            

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