Quand vient l'amour
img img Quand vient l'amour img Chapitre 9 Chapitre 10 - 11
9
Chapitre 11 Chapitre 14 img
Chapitre 12 Chapitre 15 img
Chapitre 13 Chapitre 16 img
Chapitre 14 Chapitre 17 img
Chapitre 15 Chapitre 18 img
Chapitre 16 Chapitre 19 img
Chapitre 17 Chapitre 20 img
Chapitre 18 Chapitre 21 img
Chapitre 19 Chapitre 22 img
Chapitre 20 Chapitre 23 img
Chapitre 21 Chapitre 24 img
Chapitre 22 Chapitre 25 img
Chapitre 23 Chapitre 23 img
Chapitre 24 Chapitre 24 img
Chapitre 25 Chapitre 25 img
Chapitre 26 Chapitre 26 img
Chapitre 27 Chapitre 27 img
img
  /  1
img

Chapitre 9 Chapitre 10 - 11

Quand j'arrive en haut de l'escalier, des larmes, que je ne peux retenir, ruissellent sur mes joues. Je déteste la fac, définitivement, même si je n'ai pas encore commencé les cours. Pourquoi a-t-il fallu que je tombe sur une coloc si différente de moi ? À l'heure qu'il est, je devrais dormir pour être en forme lundi. Je n'ai pas ma place dans ce genre de fête, et rien à voir avec ce genre de personnes. J'aime bien Steph, mais je n'ai pas l'étoffe pour gérer ce type de situation ni des types comme Hardin, qui reste un mystère pour moi.

Pourquoi faut-il qu'il se conduise toujours comme un abruti ? En même temps, je repense aux livres qui couvrent le mur de sa chambre... Il est impossible qu'un type grossier, irrespectueux et tatoué comme Hardin puisse apprécier ces œuvres magistrales. Je ne peux pas l'imaginer lisant... autre chose que l'étiquette d'une bouteille de bière. En me tamponnant les joues, je réfléchis, je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où nous sommes ni de comment je vais rentrer à la résidence.

Plus je pense aux décisions que j'ai prises ce soir, plus je m'en veux et plus je stresse. J'ai vraiment agi sans réfléchir, c'est justement pour ça que je planifie tout d'habitude, pour que ce genre de chose ne m'arrive pas. La maison ne désemplit pas et la musique est trop forte. Je ne vois nulle part Nate, ni Zed. Et si j'entrais dans une chambre au hasard pour dormir par terre ? Il y a au moins quinze chambres à l'étage et, avec un peu de chance, l'une d'elles sera vide. Malgré tous mes efforts, je n'arrive pas à cacher mes émotions et je ne veux pas que tout le monde me voie dans cet état. Je rebrousse chemin, entre dans la salle de bains où j'étais avec Steph et m'assieds par terre, la tête sur les genoux. Je rappelle Noah et, cette fois, il décroche à la deuxième sonnerie.

- Tess ? Tu as vu l'heure ? Tout va bien ? dit-il d'une voix endormie.

- Oui. Non. J'ai accompagné ma colocataire à une fête nulle et maintenant je suis coincée dans une maison d'étudiants, et je ne sais même pas où je vais dormir ni comment rentrer. Je sanglote. Ce n'est pas un problème vital, mais je suis vraiment furieuse contre moi de m'être mise dans cette situation inextricable.

- Une fête ? Avec la fille aux cheveux rouges ? Il a l'air surpris.

- Ouais. Steph. Mais elle est dans les vapes, dans une chambre.

- Waouh ! Mais qu'est-ce que tu fiches avec elle ? Elle est si... enfin, ce n'est pas le genre de personne que tu fréquentes d'habitude. Le mépris que je perçois dans sa voix me tape sur les nerfs. J'aurais voulu qu'il me dise que tout allait s'arranger, que demain serait un autre jour. Quelque chose de positif et d'encourageant au lieu de ce sermon sévère et moralisateur.

- Ce n'est pas la question, Noah... À ce moment-là, quelqu'un secoue la poignée de la porte et je me relève. Je crie à travers la porte :

- Une minute ! J'essuie mes yeux avec du papier toilette, ce qui a pour effet d'étaler un peu plus mon maquillage. C'est bien pour ça que je ne mets jamais d'eye-liner.

- Je te rappelle, il y a quelqu'un qui veut utiliser les toilettes. Je raccroche sans lui laisser le temps de protester. La personne dehors commence à tambouriner sur la porte que je me dépêche d'ouvrir en grognant, sans cesser de m'essuyer les yeux.

- J'ai dit une min... Je suis stoppée net par deux yeux verts étincelants qui transpercent les miens.

Jusque-là, je n'avais pas remarqué le vert extraordinaire de ses yeux. Pas la peine de me demander pourquoi, puisque Hardin ne m'a encore jamais regardée en face. Des yeux verts fascinants, profonds et étonnés, qu'il détourne vivement quand je le pousse pour passer. Il m'arrête en m'attrapant par le bras.

- Ne me touche pas ! je hurle en me dégageant brusquement.

- Tu as pleuré ?

- Fiche-moi la paix, Hardin. Sa demande était empreinte de curiosité. Si ce n'était pas Hardin, je croirais presque qu'il s'inquiète pour moi. Il vient se planter devant moi et, comme il est grand, il m'empêche de bouger. Je commence à en avoir marre.

- Hardin, s'il te plaît. Je t'en prie, si tu as un tant soit peu de gentillesse, laisse-moi tranquille. Garde tes vacheries pour demain. S'il te plaît. Je me fiche de savoir s'il perçoit la gêne et le désespoir dans ma voix. J'ai juste besoin qu'il me laisse en paix. Un éclair de perplexité passe dans ses yeux. Il m'observe un moment sans dire un mot.

- Il y a une chambre au bout du couloir où tu peux dormir, si tu veux. C'est là que j'ai mis Steph. J'attends une minute qu'il dise autre chose, mais il se contente de me regarder fixement.

- Ok, dis-je calmement, et il s'efface pour me laisser passer.

- C'est la troisième porte sur la gauche, indique-t-il d'un signe de tête, puis il disparaît dans sa chambre. C'était quoi ça ? Hardin qui ne dit pas une seule vacherie ? Je sens que je ne perds rien pour attendre. La troisième pièce sur la gauche est une chambre banale, avec deux lits jumeaux. Elle ressemble beaucoup plus à une chambre d'étudiant que celle, plus spacieuse, dont bénéficie Hardin. Il est peut-être le leader de la fraternité ? L'explication la plus plausible c'est que tout le monde a peur de lui et qu'il a obtenu la plus grande chambre par la menace. Steph dort sur le lit près de la fenêtre. J'enlève mes chaussures et pose une couverture sur elle avant de fermer la porte à clé et de me coucher sur l'autre lit. Je m'endors la tête en vrac, et des images de roses floutées et d'yeux verts furieux viennent peupler mes rêves.

            
            

COPYRIGHT(©) 2022