Chapitre 5 Chapitre 5

Je m'arrête à quelques pas de mon domicile. J'observe Tomy qui discute avec la vieille folle, la vieille folle est ma voisine. Elle habite juste la maison en face de mon studio, une maison à son image, une collection de nains de jardin de toutes les couleurs dans des positions les plus rocambolesques, parsème le petit jardin, une collection de chats sur ses châssis de fenêtre et évidemment les rideaux grand ouvert, elle est toujours en train de m'espionner, une véritable voyeuse.

Enfin, elle m'espionne pour le peu qu'elle me voit, c'est-à-dire quasiment jamais ! Je l'ai toujours trouvé bizarre comme mamie, en apparence elle va vous paraître comme toute mamie gentille, avec sa petite robe à fleurs, sa canne et le sourire apaisant. Le genre de grand-mère qui vous offre du gâteau et des bonbons, mais celle-ci est le diable en personne, elle est à éviter comme la peste. Mais bon apparemment Tomy ne la toujours pas compris, quel naïf !

Celle-ci patiente avec ses sacs de course sur le trottoir, c'est une de ses tactiques habituelles pour attirer le gibier. Comme d'habitude, ça marche, le gibier en question est sans grande surprise...Tomy ! Le connaissant, il a sûrement eu pitié d'elle et à voulu jouer le bon samaritain. Du grand Tomy quoi si il ne fait pas de bonne action dans la journée, c'est la fin du monde.

Je suis assez proche pour entendre leur conversation, pour le moment aucun d'eux ne m'a encore aperçu, c'est une bonne chose, je vais profiter du spectacle quelques minutes, on va dire ma petite vengeance pour m'avoir interrompu dans mon moment de tranquillité de la matinée !

-Voulez-vous de l'aide ma petite dame ? Demande Tomy

Je la vois faire genre à être surprise, quelle vieille sorcière, elle fait le coup chaque semaine.

-Oh mon petit, avec plaisir, c'est vrai que je ne suis plus toute jeune, un homme fort comme toi ne serait pas de refus !

Tomy se penche pour ramasser les sacs, la folle en profite pour zieuter son cul, folle, vieille et perverse, tu as tiré le gros lot mon pote ! Il se relève avec tout les sac en bout de bras et mamie fait style de rien.

-Pas de soucis, c'est avec plaisir, je ne vais pas vous regarder suer jusque chez vous avec tous ces sacs !

Il lui répond avec son grand sourire d'idiot scotché sur la face, il ne va pas sourire longtemps, je vois mamie s'avancer vers lui, elle lui touche carrément son pectoral contracté dû aux nombreux sacs.

-Dit moi mon mignon, tu n'essayerais pas de me charmer plutôt ? Il ne faut pas avoir honte, tu sais, je suis peut-être plus vieille que toi, mais comme on dit, c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures ! J'ai beaucoup d'expériences, il ne faut pas prendre des pincettes avec moi.

Elle roucoule comme une chatte en chaleur, en ce frottant sur cet imbécile qui est devenu aussi blanc que la neige. Je vais finir par perdre la vue à ce rythme-là. Il attend quoi pour la poussée cet idiot ? Qu'elle baisse sa culotte au milieu du trottoir ? Il semble reprendre contenance et la pousse un peu trop doucement à mon goût. Avec moi, elle aurait déjà valsé à des kilomètres.

-Je...euh...ce n'est pas ça...Bégaie-t-il.

Je commence à avancer un peu plus discrètement, évidemment, mon objectif est de les surprendre. Face à ce rejet, grand-mère ne perd la face et reviens à la charge. Elle le prend carrément dans ses bras, blondinet sous le choque fait tomber les sachets qui s'éclate sur le sol. La folle n'en a que faire vu qu'elle y prête aucun intérêt tout ce qu'elle veut là, c'est le morceau de viande frais qu'elle tient de force contre elle. Un vrai cannibale, une chose est sur c'est qu'elle a faim la vieille. Et pas une faim habituelle non elle à faim de cul. Tout en serrant de force mon pote elle lui caresse le dos.

-Calme-toi mon chou, ne panique pas, c'est tout à fait normal d'avoir envie de découvrir d'autres horizons, et de vouloir assouvir ses fantasmes, même les plus sombres. Et je suis là pour ça, avec moi, tu vas en voir.

Tomy pose ses deux mains sur les épaules de la vieille, il fait pression afin de la repousser, mais grand-mère vivant dans le déni ne le voie pas de cette vision-là, elle lui agrippe fermement les poignets et poses les deux mains de mon pote sur son cul tout flasque. Un frisson de dégoût passe dans mon corps, Dégueulasse.

-Ça ne sert à rien de commencer par les épaules mon mignon, commence directe par l'essentiel, je ne suis pas le genre de femme qui aime la douceur, n'hésite pas à être un peu violent avec moi, ça rajoute du piment au lit.

Il perd ces couleurs, à ce rythme-là, il va clamser avant la vieille. J'hésite quand même un peu à le laisser avec elle. Mais bon mes yeux on assez subis d'horreur, je vais finir par perdre la vue-là. J'arrive juste derrière elle, en me voyant Tomy me lance un regard remplis de détresse. J'agrippe d'une main ferme l'épaule de la folle et la balance au loin comme un vulgaire microbe.

-Met tes patte toute fripé ailleurs grosse perverse.

En me voyant un sourire prend place sur sa gueule toute ridée, qui n'en ai finalement pas un vu la gueule qu'elle a, il lui manque la moitié de ses dents. Elle s'approche en respectant une bonne distance, elle sait que je ne suis pas tendre. Tomy se planque instinctivement derrière moi.

-Voyons mon petit Rhett ne soit pas jaloux, quand il y en a pour un, il y en à forcément pour deux ! Je suis assez pour le partage, puis comme on dit plus on est de fou, plus on rit.

Je la regarde de haut en bas avec un air de dégoût sur la gueule, elle est sérieuse ? Tu n'as aucune chance grand-mère, une jeune femme blonde occupe déjà mon esprit. Quand je repense à mon petit moment de plénitude de ce matin, en face de sa boutique, j'ai changé complètement de décor en revenant ici. Je suis passé du Paradis à l'enfer avec la morue face à moi. Je lui tourne le dos et avance vers mon entrée avec Blondinet qui me colle au cul.

-Retourne chez toi faire du tricot ou encore de la couture, tu vas finir par crever d'une crise cardiaque à force de profité de certaines choses qui ne sont plus de ton âge.

Je ne la laisse pas rétorquée, je rentre chez moi à toute vitesse avec blondinet. Je ferme la porte à double tour, j'enlève ma veste et la suspends sur le crochet. Je fixe Tomy, il est toujours sous le choc, pas étonnant, qui ne le serai pas face à cette vieille nymphomane. C'est incroyable, cela fait déjà quelques années que j'habite ici, mais elle persiste et avec tout le monde. Dès qu'un homme plus jeune croise ça route, elle va essayer de l'emmêler dans ses filets pour arriver à ses fins. Une vraie folle, elle a toujours essayé avec moi, jusqu'à maintenant, je ne l'ai jamais touché, il a fallu que cet imbécile blond, qui se trouve, face à moi, joue le gentleman pour que je touche l'épaule dégueulasse de cette mégère. Bien fait pour lui, ça lui servira de leçon. Comme dit l'expression trop bon, trop con.

D'un seul coup, il relève la tête vers moi, je n'ai pas le temps de réagir qu'il me prend dans ses bras. Il me sert avec force. Et renifle. Putain, fait chier, je lui tape doucement le dos, je ne sais jamais réagir dans ce genre de situation, je n'ai jamais vraiment connu le contact physique, à part celui de ma mère. Le seul contact que j'avais par mon géniteur était les coups.

-Merci, merci, merci mon pote, j'ai cru voir arriver mon heure. Je te serai éternellement reconnaissant.

-Arrête de dramatiser, ça te servira de leçon, cette vieille folle fait le coup à tout le monde et toi, tu fonces tête baissée dans son piège. Elle est folle mais aussi rusée qu'un renard. Maintenant, bouge ne me touche pas avec ses mains qui ont touché ce cul plein de merde.

Il se recule et fixe ses mains suite à mes paroles. Il me regarde et regarde le paquet de cigarette qui sort de ma poche.

-J'ai besoin d'une bonne clope pour me remettre de mes émotions.

On va s'asseoir ensemble dans mon canapé, Tomy en profite en passant pour allumer la télévision, je lui tends une cigarette et j'en coince une que j'allume directement entre mes lèvres. Je garde mon regard perdu dans les images qui passe sur l'écran.

-Bon sinon tu vas me dire pourquoi tu te retrouves chez moi ce matin, j'imagine que ce n'était pas pour fricoter avec la vieille ? Le questionnais-je

Je l'entends soupirer un grand coup, que les choses sérieuses commencent.

-Non, ce n'était pas pour tomber sur cette folle, je te rassure, j'ai compris la leçon Rhett, je ne le referais plus, ne t'inquiète pas !

-Je ne m'inquiète pas, mais sache que si jamais tu penses une seule fois à lui revenir en aide compte sur moi pour te le faire rentrer dans le crâne par tous les moyens.

Je me lève et me dirige vers mon frigo, je sort de cannette de bière et les décapsule. J'en donne une à monsieur gentleman et je bois une grande gorgé.

-Tu me paraissais bizarre au téléphone donc quand Néla et partie, j'ai décidé de passer. Après la soirée d'hier soir, je n'ai pas osé t'envoyer de message quand tu as quitté le bar. Je me suis dit que tu avais besoin de réfléchir et envie de solitude.

-Ouais, on peut dire que ça était un sacrer soirée. Dis-je en soupirant.

-Je sais que tu as fait beaucoup d'effort hier soir, et je sais aussi que tu as invité Néla à notre table pour moi. Un grand merci vieux.

Je le regarde, il a toujours été là pour moi, je le connais depuis l'école primaire, on s'est toujours soutenue mutuellement, c'est plus que mon meilleur pote, il est comme un frère pour moi. Il a été là dans les pires moments de ma vie comme dans le peu de meilleurs. Donc s'il dit qu'il a eu un "coup de foudre" pour cette satanée gonzesse, je ne peux que le croire.

-Apparemment la soirée elle sait mieux finis pour toi que pour moi, d'après ce que j'ai compris au téléphone, tu as réussi à finir ta nuit dans tes draps avec miss casse couille ?

Un sourire idiot prend place sur son visage et ses yeux s'illumine. Il est définitivement piqué.

-Tu n'imagines même pas la soirée que j'ai passée juste incroyable, on a discuté longuement avant de ce décidé de continuer ailleurs que dans ce vieux bar, finalement nous avons choisis de rentrer chez moi ! Par contre, je t'arrête toute suite même si ça va être difficile à croire on a rien fait ! Juste discuter, elle me racontait sa vie et moi la mienne, c'est tout, ensuite, on s'est endormis l'un à côté de l'autre, une de mes meilleures nuits, une chose qui est sur c'est que je l'apprécie, même beaucoup. Mais n'essaye pas de changer les rôles, je suis venu ici pour parler de toi et pas de moi, donc dit moi concrètement ce qui sait passer avec ta "boule à facettes" tu as pété un plomb et changer de comportement sans qu'on ne comprenne pourquoi.

Et voilà la fameuse question que je redoutais temps... Je ne peux pas lui dire que j'ai eu peur de ressentir ce genre de choses, il va tout de suite s'imaginer des scénarios. Je ne peux pas lui dire que son odeur, son visage, ses lèvres et son corps hante mon esprit depuis hier. Je ne peux pas lui dire que j'ai été jusqu'à me branler sous la douche comme un puceau, en pensant à tout ça...Pour, ensuite, allez l'espionner sur son lieu de travail. À moins que justement lui dire est la meilleure solution pour me la sortir de ma tête ? Putain, c'est reparti encore une fois, je ne sais pas quoi faire, rien d'étonnant, c'est bien la première fois que quelqu'un me perturbe autant, et bien la première fois que je me retrouve dans ce genre de situation.

                         

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