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Chapitre 5 Chapitre 5

Mon cœur battait à un rythme normal à présent. Il n'était ni trop rapide, ni trop lent. En fait, pour une fois, je n'y pensais pas du tout.

Je me réveillai avec la lumière du soleil matinal qui me piquait les yeux. J'étais allongée sur le vieux tapis persan élimé du salon. La couverture en laine dans laquelle Grace s'était enveloppée la veille gisait en tas à côté de moi. Grace avait disparu.

Avant que je ne puisse me mettre à la recherche de ma sœur, un bourdonnement fort et agaçant retentit.

Drinn, drinn, drinn !

Je grimaçai sous la lueur du soleil et me dirigeai en trébuchant vers la source de ce bruit. Cela venait de la porte d'entrée. Quelqu'un sonnait sans s'arrêter.

- Maman ! Papa ? hurla une voix de l'autre côté. Jimmy ?

Je m'avançai vers la porte. À la taille de l'inconnu qui se dessinait derrière la vitre teintée du montant de la porte, je devinais que ce n'était pas Grace. J'ouvris, car de toute façon, le mécanisme de la poignée était probablement cassé.

C'était Holly. Sa bouche s'ouvrit de stupeur en me découvrant à l'intérieur de sa maison. Elle fronça les sourcils et posa les mains sur les hanches. Je remarquai qu'elle portait un pull bleu ciel, un jean, le tout complété par de superbes bottes en cuir. Elle portait des bottes noires à talons en pleine apocalypse. Il n'y avait qu'elle pour faire une chose pareille.

- Qu'est-ce que tu fais ICI ?

- J'étais dans le quartier, et je suis venue dans ta m-maison. La Ruine était vraiment terrible hier soir, balbutiai-je.

Oh, c'était probablement la conversation la plus embarrassante de toute ma vie. Je remarquai que son regard se figea sur le mien pendant une seconde. C'est alors que je compris ce qu'elle vérifiait : elle cherchait à voir si j'étais infectée.

J'imaginai que je passai l'inspection avec succès, car elle soupira et détourna les yeux. Je supposai qu'à ce stade, l'idée de voir des inconnus s'installer chez elle était un brin préférable à celle de voir sa maison envahie par des monstres infectés.

- Mes parents t'ont laissé entrer ? Où sont-ils ?

Holly me dépassa en courant pour s'enfoncer dans la maison et grimpa les escaliers vers le premier étage. Je l'entendis appeler ses parents à grands cris, et lorsqu'elle réapparut, elle me lança un regard désespéré, en quête de réponses.

- Je n'ai pas vu tes parents ici, bredouillai-je. Votre porte n'était pas verrouillée, alors ma sœur Grace et moi sommes entrées.

D'accord, c'était un mensonge. La porte de Holly était bel et bien verrouillée, mais je ne voulais pas qu'elle appelle les flics.

- Mes parents n'étaient pas là ? demanda Holly en fouillant dans la pile de courrier et les bibelots posés sur la console près de l'entrée. Leurs clés de voiture ne sont pas là. Ils ont peut-être emmené Jimmy chez le médecin.

- Peut-être, ajoutai-je pour me rendre utile, incertaine de devoir prendre la fuite avant qu'elle ne remarque la poignée cassée. Si seulement je pouvais trouver Grace, je l'aurais fait. J'observai mon téléphone portable. Fais chier, je n'avais plus la moindre barre de réseau. L'écran lui-même scintillait et brillait d'une lueur étrange et aveuglante. J'imagine que les Eaux Noires avaient aussi fait des ravages sur l'appareil. En parlant d'Eaux Noires, je me souvenais distinctement avoir été trempée jusqu'aux os la nuit dernière.

Je tendis ma main vers la lumière du soleil qui filtrait à travers la porte d'entrée. Ma main semblait tout à fait normale. Ma peau était un peu sèche et mes ongles étaient sales, mais mes mains restaient bel et bien mes mains. À la télévision, ils disaient que les infectés ne supportaient pas la lumière du soleil. Les Eaux Noires s'évaporaient au soleil. Une fois les nuages dissipés et le soleil levé, le monde redevenait sûr - à supposer que l'on soit encore humain.

Les infectés cherchaient les endroits humides et sombres, semblables aux eaux qui avaient donné naissance à l'infection qui les rongeait.

Une pensée glaçante me traversa soudain l'esprit.

Ce fut à mon tour de bousculer Holly. Je me précipitai vers la porte du sous-sol de la maison. Je passai devant le sauna en acajou poli et courus jusqu'à l'accès de leur piscine intérieure. La porte était équipée d'un de ces verrous de sécurité pour enfants où il fallait tourner un bouton de quinze manières différentes pour ouvrir. Je n'eus pas besoin d'entrer. À travers la vitre de la porte qui menait à l'espace piscine, je vis Grace assise, les pieds trempant dans l'eau.

Ma sœur entourait de ses bras l'un de ces lions de pierre au regard sinistre. Ses cheveux noirs lui masquaient tellement le visage que je pouvais à peine le distinguer.

Holly arriva à mes côtés.

- C'est ta sœur ? me demanda-t-elle en tendant la main vers le verrou.

J'attrapai la main soignée de Holly avant qu'elle ne puisse ouvrir.

- Ma sœur est infectée, dis-je, ayant moi-même du mal à croire aux mots qui franchissaient mes lèvres. Si on ouvre cette porte, elle va nous attaquer. Elle est malade.

Holly hocha la tête d'un air distrait, comme si ma révélation n'avait rien de bien surprenant. Je remarquai qu'elle avait une tache sur son pull bleu duveteux qui ressemblait fort à du sang séché. Je me demandai quel genre de paysage bizarre et dangereux elle avait dû traverser pour rentrer chez elle ce matin-là. Elle pinça les lèvres et tapota du pied contre le carrelage. Je vis des éclats de saleté couleur rouille tomber de sa chaussure sur le sol impeccable.

- À peu près tout le monde est infecté, finit par marmonner Holly en mordillant sa lèvre, toujours soigneusement dessinée au gloss rose. Je dois trouver mes parents et mon frère avant qu'il ne fasse nuit.

Je hochai la tête, me demandant ce qu'il était advenu de mes propres parents. J'aurais tellement voulu trouver une source d'information. Qu'est-ce que les chaînes de télévision avaient à dire maintenant ? Peut-être qu'après la tempête de la nuit dernière, à Windflower Springs, le nombre d'infectés dépassait désormais celui des êtres humains.

Nous étions en sécurité pour le moment, tant que le soleil brillait. Que Dieu nous vienne en aide si nous étions encore dans cette ville à la tombée de la nuit.

- Ta sœur a besoin de médicaments. Allons à l'hôpital pour en trouver. Tu as une voiture, non ? Pourquoi tu ne nous y conduis pas ?

- Tu n'as pas de voiture ? demandai-je. Comment tu es venue jusqu'ici ?

- À pied, trancha Holly. La pluie s'est arrêtée vers 4 heures du matin. Pas de questions. Allez, tu veux sauver ta sœur ou pas ?

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