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Il y a un Alpha nu dans mon lit
img img Il y a un Alpha nu dans mon lit img Chapitre 2 02
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Chapitre 2 02

Ok. Ok, Ethel, respire. Tout va bien. Le loup préféré de ta grand-mère a disparu et a été remplacé par un inconnu nu comme le jour de sa naissance dans ton lit, mais tout va bien.

« Quoi ? » fait la voix de ma grand-mère.

Évidemment. Elle doit penser avoir mal compris, qu'il s'agit encore d'une folie de sa petite fille citadine. Je me retourne vers le lit, où l'étrange individu est encore assoupi. Oh mon dieu, mon dieu...

« J'ai dit... Ah ! » je m'exclame.

Les yeux de l'inconnu se sont ouverts brusquement. Ils sont d'un bleu saisissant. Un bleu... comme celui des yeux d'Echo, le loup disparu. Ce regard profond semble scanner les environs, puis se pose sur moi. Je me tends. J'ai l'impression d'être dans la ligne de mire d'une bête sauvage.

Il se relève difficilement sur le lit. La lune l'éclaire de tout son long : ses joues sont parsemées d'une légère barbe, ses yeux se font plus éclatants... Je fais de mon mieux pour ne pas me concentrer sur son visage, et pas... sur le reste. Je ne suis peut-être qu'une adolescente aux mœurs débridées d'Orlando, mais j'ai encore une certaine éducation.

Pourtant, je ne peux pas empêcher mon regard de s'égarer sur sa hanche. Quelque chose y attire mes yeux. Une sorte de marque, trois lignes... Non, c'est impossible.

« Je... » je bafouille, complètement paralysée face à cet inconnu mi-homme, mi-bête.

En seule réponse, je reçois un [un] grognement profond sortant de sa gorge, comme s'il n'avait pas parlé depuis longtemps. Tout à coup, il se redresse totalement sur le lit. Impressionnant et intimidant, ses muscles saillants, il semble brutalement réaliser qu'il a des bras et des jambes. Il sursaute violemment en voyant ses mains, et se vautre à mes pieds dans un fracas intenable faisant tout voler autour de moi, à commencer par mes cheveux roux libérés de leur chignon. Pour la grandeur, on repassera. Un rire nerveux s'échappe de mes lèvres face à ce piètre spectacle.

« Hé ! Tout va bien ? » je demande en me précipitant vers lui.

Presque animalement, l'homme redresse la tête. Il continue de regarder ses mains, puis il toise son propre corps. Il pousse un grognement paniqué, qui m'affole moi aussi et m'enlève toute envie de rire. Il a l'air complètement terrifié.

« Heu... Tout va bien se passer ! Je te... je vous garantis que tout va bien se passer, je ne sais pas comment vous êtes arrivé là, mais... » je commence en m'agenouillant près de lui. « Hé ! »

Le type a fourré sa tête dans mon cou et [la] renifle tel un chien. Il prend de grandes inspirations, et je ressens toute sa chaleur contre moi. Comment un type ayant dormi nu dans une chambre dans les Montagnes Rocheuses peut dégager une telle température corporelle ? Je secoue la tête, réalisant que je n'ai pas le temps de m'étendre sur sa chaleur hors-norme. Un inconnu est en train de renifler mon cou, bon sang !

« Mais... » je commence à protester.

- Ethel, tout va bien ?... Ta grand-mère veut que tu arrêtes d'inventer des histoires, que tu descendes pour manger et... Wow !

Hécate vient d'entrer dans la pièce, au pire moment. Comment je vais lui expliquer que je n'ai ni choisi d'avoir un inconnu complètement nu dans mon lit, ni qu'il me renifle le cou ? Je grimace pour lui signaler tout ça, mais je ne crois pas qu'Hécate saisisse le message. Posant ses mains sur ses larges hanches dignes d'une femme fatale des années 50, elle hausse un sourcil.

« Eh bien, eh bien... D'où sort ce charmant jeune homme ? [Supprimé : ce] Tu l'as ramené d'Orlando dans ta valise ? »

Sa réflexion me ramène à la réalité et j'attrape l'individu par les épaules pour le repousser. C'est peine perdue : le colosse ne bouge pas d'un poil. Quelle force ! Il se recule de lui-même après avoir fini de me renifler, me lançant un regard perturbé. Je me relève à toute vitesse, courant vers la porte pour la claquer brusquement, puis je me retourne vers Hécate. La chaleur sur mes joues m'indique que je dois être cramoisie. Avec mes yeux écarquillés, je dois avoir l'air d'une folle furieuse.

« Écoute, je n'ai aucune idée d'où est passé le loup, ni de qui est ce type, mais Grand-Mère ne doit absolument pas savoir qu'il est là !

- Hein ? Pourquoi ?

- Qu'est-ce qu'elle va me dire quand elle saura que son précieux Echo est perdu ? Elle va croire que je l'ai remplacé par ce... par ce type, là, qu'on faisait des choses pendant que son loup blessé a disparu dans la nature ! » je panique.

L'inconnu est toujours en train de scruter ses différents membres, ses bras, ses jambes, la respiration haletante. Il n'a vraiment rien à voir avec mes amis garçons d'Orlando, ceux avec qui j'avais l'habitude de m'amuser. Même si je ne connais rien de la raison pour laquelle je suis coincée au domaine Burnwood à traquer du loup cet été, je soupçonne Grand-Mère de désapprouver mon train de vie d'adolescente un peu agitée et de vouloir me reconnecter avec la nature. Si elle croit que je joue encore à l'ingénue avec un inconnu complètement nu dans son précieux domaine Burnwood, elle va me chasser à coups de fusil anesthésiant de chez elle.

« Les filles ! Que faites-vous, à la fin ? Vous voulez manger froid, c'est ça ? » s'agace ma grand-mère, un étage plus bas.

- Oh non... » je gémis, m'attendant à la voir d'un instant à l'autre débarquer dans toute son impétuosité.

- Ce n'est rien, Mary-Jane ! s'écrie subitement Hécate à l'intention de Grand-Mère. Ethel est juste un peu malade... Je m'occupe d'elle, vous pouvez commencer à dîner.

Elle me fait un clin d'œil. Affalée contre la porte, je me demande si je ne vais pas pleurer de soulagement face à la solidarité d'Hécate. Être renvoyée à Orlando avec la désapprobation de ma Grand-Mère, qui dirige ma famille d'une main de fer du haut de ses soixante-dix ans, c'est le reniement total, la perte totale d'espoir dans mon cas désespéré. Mes parents ne poseraient même plus les yeux sur moi.

Hécate s'avance vers l'inconnu qui redresse la tête vers elle, aussi tendu qu'un animal aux aguets. Elle s'accroupit devant lui, n'hésite pas à jeter un regard franc vers son entrejambe, avant de tirer la couette encore tachée [tâchée] du sang du loup sur son corps pour cacher des zones intimes un peu gênantes. L'inconnu ne semble pas comprendre, et place ses mains sur la couette. Tout à coup, je réalise qu'il est couvert d'entailles, de marques de morsure, d'ecchymoses.

« Salut beau gosse, commence-t-elle. Tu es drôlement amoché, dis-moi. C'est quoi, ton petit nom ? »

L'inconnu jette un regard perplexe à Hécate, fronçant les sourcils. Je m'éloigne de la porte pour me rapprocher de lui et de ma partenaire. Elle semble parfaitement savoir ce qu'elle fait, comme toujours ; on croirait presque que des inconnus entièrement nus se réveillent dans son lit tous les jours. L'homme-bête semble réfléchir quelques instants, bouge sa bouche comme s'il n'était plus habitué à parler depuis longtemps, avant de croasser :

« To... Tobias. Je m'appelle... Tobias...

- Enchanté, Tobias. Moi, c'est Hécate. Et la fille que tu renifflais [reniflais] tout à l'heure s'appelle Ethel. » nous présente la belle brune.

Sa prononciation est un peu pâteuse, mais après qu'il ait prononcé ces premiers mots, le visage de Tobias se barre d'un large sourire, comme s'il avait accompli un incroyable exploit. Il hoche la tête frénétiquement.

« Hécate. Ethel. En...chanté. »

Son regard s'attarde un peu sur moi et je détourne les yeux. Je n'ai pas oublié l'épisode de son nez dans mon cou. Hécate, elle, continue son interrogatoire.

« Est-ce que tu sais comment tu es arrivé là, Tobias ? »

Il pointe un long doigt vers moi et je frissonne. Qu'est-ce qu'il me veut encore ? Avec son comportement presque canin, je ne serais même pas étonnée s'il tentait de renifler mes fesses pour mieux me connaître.

« Elle... Ethel... Elle m'a sauvé.

- Ah bon ? fait Hécate avec un petit rire en se tournant vers moi. Et tu ne me préviens pas quand tu sauves un type aussi charmant que lui ?

- Je n'ai sauvé personne ! je proteste. J'ai juste aidé... »

...Echo. Le loup blessé. C'est la seule personne – ou plutôt, le seul animal – que j'ai secouru récemment. Mais c'est impossible que ce Tobias et Echo soient une seule et même créature. Ce genre de théorie n'est bonne que pour les gamines fans de Twilight et autres romans de bit-lit.

« Tu m'as sauvé ! répète Tobias dont la prononciation s'améliore très vite. De Cyrus.

- Qui est Cyrus ? je l'interpelle, complètement incrédule.

- Un loup roux. Endormi avant qu'il ne m'attaque, quand j'étais sur le rocher.

- Hein ? »

J'ignore qui est ce Cyrus dont Tobias parle – Grand-Mère n'a jamais mentionné aucun loup s'appelant de la sorte –, mais je me rappelle bien de ce loup roux, de sa gueule béante, de son air féroce, et de la fléchette anesthésiante que je lui ai fichée entre les deux yeux.

« Hm... » fait Hécate, en pleine réflexion.

Elle se relève, faisant les cent pas. Elle me tourne autour semblant m'examiner sous toutes les coutures. La moutarde me monte au nez quand elle s'approche de mon cou, puis lorsqu'elle l'effleure, intriguée.

« Hécate, tu ne vas pas commencer avec tes mystères, toi aussi ! je m'agace.

- C'est nouveau, ce tatouage ? me demande-t-elle.

- Quoi ?! »

Hécate se rapproche de moi, soulevant le col de mon T-shirt. Sur mon épaule part une sorte de marque en forme de griffure. Trois traits. Comme sur la hanche de Tobias. Comme sur le flanc d'Echo. Je sens la panique m'envahir.

« Je ne me suis jamais tatouée ! Qu'est-ce que... » je m'affole.

- C'est une marque, m'informe Tobias de sa voix rauque. Parce que tu m'as sauvé la vie.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Tu as sauvé un loup, moi, poursuit-il en pointant un doigt sur son torse. J'ai une dette envers toi, continue-t-il en tendant le même doigt vers moi. Cette marque ne disparaîtra pas tant que je ne l'aurai [l'aurais] pas remboursée. »

Mes yeux s'écarquillent, et je réalise que je tremble. Cette marque est sortie de nulle part, sans aucune explication plausible, et cet hurluberlu vient me sortir des histoires de dettes, de loup ? On marche sur les mains, là ! Je fronce les sourcils.

« Tu n'es pas un loup, alors pourquoi je devrais te croire ?

- Loup-garou, m'interrompt Hécate.

- Hein ? Tu crois le discours de ce... de ce taré ? Qu'il est un... un...

- Regarde-le. Regarde comment il agit. »

Hécate a raison, toutes les preuves sont devant moi. Ce comportement animal, la nudité, les blessures sur le corps, les liens sacrés, la façon qu'il a de tout renifler, la béatitude d'avoir retrouvé une forme humaine. Tout est là, sous mes yeux, mais je me refuse à y croire. On est soit loup, soit humain. Pas les deux.

Les yeux d'Hécate brillent d'une lueur étrange. Contrairement à moi, cette manifestation du surnaturel ne semble pas la faire paniquer. Au contraire, on dirait presque que ça l'intéresse profondément.

Tout à coup, un cri retentit, provenant de l'étage du dessous. Grand-Mère.

« Aria... Velvet... Les loups... Partis... ! » hurle-t-elle, complètement en panique au point d'en perdre les mots.

Les yeux de Tobias s'écarquillent. Hécate se retourne vers moi, avec un air signifiant « Je te l'avais bien dit ». Je tremble encore plus fort.

« Aria et Velvet... Si je me souviens bien, c'était...

- Les deux loups dans la salle de soin de ta grand-mère, la louve et le louveteau, m'apprend Hécate. Que tu veuilles l'admettre ou non, la vérité est bien là. Ils n'auraient pas pu quitter la salle de soin en étant toujours des créatures à quatre pattes. Les loups sont devenus humains, et c'est peut-être le cas pour toute la Meute. Et ce Tobias, si je ne me trompe pas, c'est...

- Echo. » je murmure en complétant la phrase de ma partenaire.

Tout à coup, le rang d'Echo dans la Meute, celui que je cherchais tant avant que tout ne commence, me revient en mémoire. La première lettre de l'alphabet grec : Alpha.

Je suis face à un loup-garou Alpha.

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