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Le play boy sans cœur
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Chapitre 9 No.9

Point de vue d'Elenie

Je soufflai un long coup en m'installant enfin dans mon fauteuil. Mes jambes me semblaient molles après une journée qui ressemblait à un marathon. Une énième réunion avec **mon patron démoniaque**, Ferdinand Anton, venait de s'achever, et je n'avais toujours pas eu une minute de répit. Mon estomac protestait vivement ; je n'avais rien avalé depuis le matin.

Je sortis mon téléphone et composai rapidement le numéro de mon père.

- Allô... Papa ? murmurai-je, la voix un peu tremblante. Je... je ne sais pas à quelle heure je vais rentrer ce soir.

Il répondit immédiatement, sa voix chaleureuse malgré sa fatigue :

- Ma chérie, ça va ? Tu sembles épuisée.

Je mordis ma lèvre, gênée de l'inquiéter encore :

- Je suis désolée, Papa. Je... j'ai essayé de prendre quelque chose à manger mais... je suis tellement prise par le travail... Essaie de te faire quelque chose, s'il te plaît.

Il soupira doucement, sa voix rassurante :

- Ne t'inquiète pas pour ça, mon ange. Je vais me débrouiller. Concentre-toi sur ton travail. Et souviens-toi, rien ne m'arrivera.

Un petit sourire me vint malgré moi. Son calme me réconfortait.

- Merci, Papa... Je ferai de mon mieux. Promis.

Après avoir raccroché, je jetai un œil autour de moi. C'était l'heure de la pause, et tous mes collègues s'étaient déjà dirigés vers la cafétéria, bavardant et riant. Mais moi... je ne pouvais pas bouger. Devant moi s'empilait une montagne de dossiers que mon **boss démoniaque** avait exigé que je traite immédiatement.

Je serrai les poings, la frustration me gagnant. Comment pouvait-on travailler dans une entreprise où personne ne prenait de pause ? Cet homme... ce Ferdinand Anton... était carrément un tyran. Le mot seul semblait trop doux pour qualifier sa cruauté.

Si seulement je m'étais déjà familiarisée avec un des employés... je pourrais au moins commander quelque chose à manger et payer avec ma carte. Mais c'était peine perdue. Au 13ᵉ étage, il n'y avait que lui et moi. Isolation totale.

Je me mis au travail, le visage crispé par l'effort et la fatigue. Les heures passèrent, longues et monotones, entre les chiffres et les documents. Puis, en levant les yeux vers la fenêtre, je remarquai une femme élégante qui semblait visiblement perdue au niveau des bureaux.

Mon instinct me poussa à aller à sa rencontre.

- Bonjour, puis-je vous aider ? demandai-je poliment.

La dame me regarda avec un sourire reconnaissant.

- Oh, merci... Je suis la mère de Ferdinand. Je suis venue le voir.

Je restai un instant interdite. La mère de mon patron ? Elle ne ressemblait absolument pas à l'image que je m'étais faite. Sa prestance n'avait rien d'autoritaire, et son visage exprimait une douceur rare. Cependant, je remarquai qu'elle était essoufflée.

- Venez, asseyez-vous ici, soufflai-je, l'amenant dans mon bureau. Vous devez être fatiguée après tout ce trajet.

Elle s'installa et je lui tendis un verre d'eau. Elle le prit avec reconnaissance et un petit sourire éclaira son visage.

- Merci beaucoup, mademoiselle... ? demanda-t-elle.

- Woldof, Elenie Woldof, répondis-je en inclinant légèrement la tête. Je suis la secrétaire de votre fils.

Elle hocha la tête avec approbation, puis sortit son téléphone et appela Leonardo pour annoncer sa venue.

- Laissez-la entrer, répondit la voix froide de mon patron.

Je raccrochai, surprise par la simplicité de l'ordre, et accompagnai la dame jusqu'à la porte de son fils. Avant d'entrer, elle se pencha et me fit un petit bisou sur la joue, un geste tendre qui me déconcerta complètement.

- Merci pour votre gentillesse, mademoiselle Woldof, dit-elle avec un sourire.

Je retournai dans mon bureau, un peu détendue. Pour la première fois depuis des heures, je sentais mon cœur s'apaiser. Je n'aimais pas mon patron, certes, mais je ressentais une profonde affection pour sa mère. Une femme qui semblait si douce, si humaine, contrastant tellement avec son fils froid et cruel.

Point de vue de Ferdinand

Je n'avais rien manqué de la scène entre ma mère et ma secrétaire. Je restai derrière la porte, silencieux, observant chaque geste. C'était la première fois que ma mère appréciait quelqu'un au premier contact. Je me souvenais encore de ce qu'elle avait pensé d'Elise... et de toutes les mises en garde qu'elle m'avait données. Mais je n'avais pas écouté. Et voilà... combien de fois avais-je eu tort ?

Je notai également qu'Elenie n'avait pas eu de répit ni de pause. Pas un moment pour elle. Et pourtant, elle avait traité tous ces dossiers avec une efficacité et une intelligence impressionnantes. Grâce à elle, plusieurs contrats et marchés avaient été finalisés. Même si je ne le reconnaîtrais jamais devant elle, elle avait du talent. Mais mon objectif restait clair : je devais l'écraser, l'asservir, et garder la maîtrise de chaque situation, même si mon cœur refusait d'être en paix.

Je me dirigeai vers ma mère lorsqu'elle entra dans mon bureau. Elle m'embrassa avec chaleur, un geste que je n'appréciais guère à mon âge, mais que je ne pus m'empêcher de trouver rassurant malgré moi.

- Ferdinand ! s'exclama-t-elle. Tu as l'air épuisé, mon fils.

Je fronçai les sourcils mais esquissai un léger sourire. Elle sortit deux boîtes de nourriture, et un éclat de bonheur passa dans mes yeux. Ah, ma mère... je l'adorais malgré tout.

- Pour qui sont ces boîtes ? demandai-je, intrigué.

Elle sourit mystérieusement :

- La première est pour toi, évidemment. Et la seconde... eh bien, elle était destinée toujours à toi , mais plus maintenant.

Je clignai des yeux, perdu.

- Plus maintenant ? répétai-je. Pour qui était-elle maintenant ?

Elle posa un doigt sur ma main, avec douceur.

- Pour l'ange que j'ai rencontré aujourd'hui, répondit-elle calmement.

Je fronçai les sourcils, incapable de comprendre.

- L'ange ? De qui parle tu, Maman ?

Elle me sourit, un éclat de malice dans ses yeux :

- De ta nouvelle secrétaire, mon fils.

Mon esprit s'emballa. **Ma secrétaire ?!** Cette simple idée me perturba profondément. Comment osait-elle occuper une place dans mes pensées déjà si strictement ordonnées ? Elle était là, efficace, belle, mais surtout... elle avait réussi à attirer l'attention de ma mère dès le premier contact. Et cela, je ne pouvais l'accepter.

Je me passai une main sur le visage, frustré. Tout en moi voulait garder cette femme sous contrôle, tout en l'écrasant par ma froideur habituelle. Mais une part de moi... une part que je refusais d'admettre, voulait savoir pourquoi ma mère l'avait aimée si rapidement, et pourquoi elle avait qualifié Elenie d'ange.

- Dis-moi exactement ce que tu attends d'elle.

Ma mère éclata de rire, douce et cristalline, un son qui fit frissonner mon cœur malgré moi.

- Je n'attends rien, mon fils. Elle m'a juste inspiré confiance... c'est tout. Mais toi, Ferdinand tu devrais observer cette jeune femme attentivement. Elle pourrait bien te surprendre.

Je me tus, incapable de répondre immédiatement. Ma colère, mon orgueil et une curiosité involontaire se mêlaient. Cette femme... cette secrétaire... allait compliquer ma vie bien plus que je ne le pensais.

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