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Le play boy sans cœur
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Chapitre 10 No.10

Point de vue de Béthanie

Assise dans le bureau de Ferdinand, je regardais mon fils avec attention. Dès qu'Elenie m' avait accompagné jusqu'à la porte du bureau de mon fils,j'avais vu un changement subtil mais indéniable. La rigidité de son expression, son masque de glace qu'il arborait devant tous, s'était fissuré. Même pour quelques secondes, il avait montré quelque chose que je n'avais pas vu depuis des années : de l'hésitation, de la curiosité, un intérêt sincère.

Je connaissais Ferdinand comme personne. Je savais quand il mentait, quand il dissimulait quelque chose et quand il était touché. Et là, il était clairement touché. La jeune femme, malgré son apparente fragilité, avait éveillé en lui quelque chose de puissant. Une curiosité qu'il n'aimait pas reconnaître, un trouble qu'il cherchait à ignorer.

Mon instinct maternel ne me trompait jamais. Je savais immédiatement qu'Elenie n'était pas simplement une nouvelle secrétaire ; elle représentait quelque chose de rare et précieux : la possibilité de rédemption, de bonheur, pour mon fils. Ce n'était pas facile, je le savais. Mon fils était un homme exigeant, dur, presque cruel dans ses interactions avec les autres. Mais je voyais dans son regard, quand elle posait les yeux sur lui, qu'une partie de lui ne pouvait pas rester insensible.

-Maman dit t'il doucement, tu n'as pas le droit de lui remettre ce que tu as préparé pour moi .

_Je fais ce que je veux répondis je

Il se raidit immédiatement, le visage dur et fermé. Ses mâchoires se contractèrent, et je pouvais voir l'éclat de colère dans ses yeux noirs.

- Maman... souffla-t-il, sa voix basse et glaciale. Je... je ne peux pas...

- Si, mon fils, répliquai-je d'un ton ferme mais tendre. Tu n'as rien à dire. Ce que j'ai préparé, je le donne à qui je veux et je décide de le lui donner. Ce n'est pas toi qui décides.

Son silence fut la seule réponse. Je vis son front se plisser, son regard se durcir encore plus, et je compris qu'il réfléchissait à la manière de contester ma décision. Mais je ne bougerais pas. Je savais que cette jeune femme méritait un peu de chaleur, un geste simple et humain dans ce monde cruel qu'il imposait autour de lui.

- Appelle-la, maintenant, ordonnai-je calmement. Qu'elle vienne dans ton bureau.

Il hésita, et je pus lire le conflit intérieur qui le traversait. Son ego, son besoin de contrôle, sa méfiance envers toute personne... tout cela l'empêchait de céder facilement. Mais finalement, il soupira, comme s'il se résignait à mon autorité maternelle, et appuya sur le bouton de son interphone.

Quelques minutes plus tard, **Elenie** apparut dans le bureau la peur clairement visible sur son visage. Ses yeux balayaient la pièce comme pour s'assurer que tout était en ordre, ses mains légèrement tremblantes, ses épaules voûtées par la fatigue. La pauvre... elle avait travaillé sans pause, sous l'œil critique et impitoyable de Leonardo, et pourtant elle avançait avec une dignité que peu auraient eue.

- Mademoiselle, dis-je en souriant doucement. C'est moi qui vous ai appelée.

Elle leva timidement les yeux vers moi. Ses traits montraient une combinaison d'étonnement et de méfiance, comme si elle craignait un piège. Je tendis alors la boîte que je tenais depuis quelques instants.

- Ceci est pour vous, expliquai-je.

Ses yeux s'écarquillèrent légèrement. Elle baissa le regard vers la boîte, l'observant avec hésitation, incertaine de ce qu'elle devait faire.

- Je... je ne peux pas l'accepter, murmura-t-elle, sa voix tremblante mais ferme.

Je m'approchai d'elle, posai mes mains sur ses épaules avec un geste rassurant.

- Ce n'est pas ton patron qui te le donne, mon ange. C'est moi. Il n'y a aucun problème, tu peux accepter.

Elle hésita, mais finalement, elle prit la boîte entre ses mains, la serrant contre elle comme si elle craignait qu'on la lui retire. Un petit sourire, timide mais sincère, éclaira son visage. Je savais que ce simple geste allait créer un lien entre nous.

Alors qu'elle s'apprêtait à partir, Ferdinand tonna depuis son siège sa voix résonnant à travers les murs vitrés :

- Tu n'as pas terminé ton travail ! Tu ne peux pas manger avant !

Je vis l'éclair de colère passer dans ses yeux. Normal. Leonardo était exigeant, cruel parfois, mais elle devait comprendre la nature de l'homme face à elle. Je soupirai intérieurement en observant la scène. Bientôt, mon fils tomberait amoureux d'elle. Il ne le savait pas encore, mais cela allait arriver.

Après son départ, je voulus lui parler davantage, mais Leonardo m'interrompit, catégorique :

- Maman... ne me parle plus de cette jeune femme.

Je laissai échapper un long soupir. Il voulait garder son indépendance émotionnelle, ignorer ses sentiments. Mais je savais que ce qu'il ressentait pour elle était réel, profond, irrémédiable. Bientôt, ce miracle se manifesterait.

Point de vue de Ferdinand

La nuit était tombée sur **New York**, et les couloirs de l'entreprise étaient presque déserts. Seules quelques lumières scintillaient dans les bureaux vides, projetant des ombres sur les murs. Je restai assis derrière mon bureau, scrutant les écrans et les papiers étalés devant moi. Malgré la fatigue qui me pesait sur les épaules, je ne pouvais pas me permettre de relâcher ma vigilance. Mon esprit était obsédé par cette conversation avec ma mère, par ce qu'elle avait vu, et surtout par la jeune femme qui travaillait avec moi.

Elle avait travaillé toute la journée sans pause, exécutant mes ordres avec une efficacité qui me dérangeait presque. Chaque dossier qu'elle traitait, chaque décision rapide qu'elle prenait me rappelait combien elle pouvait être intelligente et compétente. Et pourtant... elle m'évitait. Elle détournait les yeux quand je lui parlais. Ce simple affront me mettait hors de moi.

Je pris le téléphone et l'appelai :

- Mademoiselle Woldof... vous pouvez rentrer.

Pas de réponse. Elle avait raccroché sans même un mot. **Le culot !** Mon sang bouillonnait. Je me passai une main sur le visage, craquant presque ma nuque sous la frustration. La fatigue était là, mais il me restait encore beaucoup à faire.

Je pris mon sac et sortis de mon bureau, seulement pour la voir apparaître elle aussi. Elle était visiblement épuisée, mais son regard restait fier, distant, presque provocateur. Et cela m'énervait encore plus. Comment osait-elle me défier ainsi ?

Nous nous rencontrâmes devant l'ascenseur. Elle ne leva pas les yeux vers moi. Son silence était une provocation silencieuse. Pour la faire céder, je lançai, froid et autoritaire :

- Dorénavant, pour rentrer, vous passerez par les escaliers. Vous descendrez les douze étages jusqu'au hall principal.

Elle ne répondit pas. Ses yeux fixaient droit devant elle, défiant silencieusement ma volonté. La pire erreur qu'elle pouvait faire avec moi.

Je souriais, savourant sa résistance. Chaque pas qu'elle prenait, tenant ses chaussures à la main, montrait sa détermination et sa nature indomptable. Chaque pas me fascinait et m'irritait à la fois.

Lorsque l'ascenseur s'arrêta, elle s'éloigna précipitamment, comme si elle voulait disparaître avant que je ne puisse l'atteindre. Je ne pus m'empêcher de sourire. Le jeu ne faisait que commencer.

Quelques minutes plus tard, je la vis debout sur le trottoir, probablement pour héler un taxi. Elle était là, fatiguée, naturelle, avec ses chaussures à la main. Et malgré tout, mon cœur refusait de rester impassible.

- Faites demi-tour, ordonnai-je à mon chauffeur.

Le véhicule obéit immédiatement. Elle me vit arriver, mais resta immobile.

Je baissai la vitre et l'invitai :

- Montez.

Elle me lança un regard noir, plein de défi et de colère, et dit sèchement :

- Jamais je ne monterai dans la voiture d'un démon comme vous.

Ce regard... cette rébellion silencieuse... fit vibrer quelque chose en moi que je refusais de nommer. Elle n'était pas comme les autres. Elle m'affrontait directement, et pour la première fois depuis longtemps, je ressentais ce mélange irritant d'obsession et de fascination. Le jeu venait de prendre un tournant dangereux.

Je refermai la vitre lentement, un sourire froid sur les lèvres. **Le chapitre de notre affrontement venait de commencer.**

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